01.07.2009
Un prince qui cherche encore ses voix

C’est l’été, il fait beau. Si ça se trouve, cher lecteur, vu que le web est aujourd’hui mobile, tu te trouves actuellement sur une plage de Savoie ou d’ailleurs en train de lézarder au soleil. Et qu’est-ce qui fait fureur comme lecture sur la plage ? Le people bien sûr ! Alors voici un peu de peopolitique avec les dernières aventures électorales du Prince de Savoie, car Emmanuel-Philibert ne lâche pas l’affaire. Rappelez-vous, dans un entretien exclusif accordé à la Voix en 2006 (http://lavoixdesallobroges.hautetfort.com/media/02/02/113...), l’heureux époux de la belle Clothilde Courau nous avait confié vouloir redorer le blason familial en Italie, pays dont les Savoie furent chassés pendant 40 ans, en s’attaquant à une carrière politique dans la péninsule. Son crédo était de se tourner résolument vers la jeunesse : « J’ai vu, depuis que je suis rentré en Italie, un grand problème de dialogue entre les jeunes et la politique. Il y a là quelque chose à faire. Et moi je peux me proposer en tant que haut-parleur qui amplifierait la voix des jeunes. Un porte-parole des jeunes vers la politique. »
Depuis, la réalité souvent brutale du suffrage universel a rattrapé Emmanuel-Philibert. Tout d’abord avec une véritable déconvenue aux élections législatives de 2008. A la tête de son tout nouveau parti Valeurs et futur, il s’était pris un beau gadin : 0.44 % des voix. Autant dire que ce jour-là, les djeuns ritals n’avaient pas trop kiffé l’héritier. Du coup, changement de stratégie lors des dernières élections européennes. Valeurs et Futur a été mis au placard et le Manu de Savoie s’est présenté cette fois comme tête de liste du parti centriste UDC pour la région Nord-Ouest de l’Italie, avec un programme qui prônait la défense de la culture et des produits régionaux. En misant sur un parti déjà installé dans le paysage politique italien, le jeune prince pensait bien pouvoir devenir député européen. Résultat : encore un échec, bien que plus mesuré, puisqu’il obtint 6.51% des voix, mais pas de siège au parlement de Strasbourg. Son altesse se déclara tout de même « content », mais ce score apparaît forcément décevant quand on sait l’énergie déployée pendant des mois par Emmanuel pour convaincre ses électeurs potentiels. C’est qu’il a promené sa silhouette princière jusque dans les plus sombres ruelles de Turin et sur les marchés de bleds parmi les plus reculés du Piémont ou du Val d’Aoste. Il n’hésita pas non plus à donner de sa personne en dehors du champ politique, histoire d’assoire son image dans l’inconscient italien.
On a pu en effet le voir cet hiver le samedi soir en prime time sur la Rai Uno dans une émission de télé réalité intitulée Ballando con le stelle (Danser avec une étoile). L’objectif avoué d’Emmanuel était de faire découvrir aux Italiens l’homme qui se cachait derrière le prince. Et là, au moins, il a été véritablement plébiscité en remportant le 21 mars dernier la finale avec 70% des suffrages des téléspectateurs. Il fut proclamé roi de la rumba et du tcha tcha tcha, après avoir enchaîné les paso-doble aux bras d’une grande brune plantureuse comme seule sait nous en gratifier la télé italienne. Le descendant des Savoie n’en était pas à son premier coup médiatique, car on a déjà pu le voir vanter les mérites de chaussures ou d’olives dans des publicités. Il avait aussi animé une émission de foot. Voulant également donner dans le bisness, il a lancé récemment sa propre ligne de vêtement frappé d’un logo aux armes de Savoie et baptisée, tout simplement, Prince d’Italie.
Mais voilà, malgré ce mélange des genres si tendance de l’autre côté des Alpes, n’est pas Berlusconi qui veut. Notre jeune héritier de Savoie est néanmoins convaincu qu’un avenir électoral plus radieux l’attend et il déclare vouloir poursuivre son chemin en politique. Il avance même, sans rire, un argument sensé démontrer qu’il serait vraiment à sa place dans les hautes sphères du pouvoir européen : « De toute façon, je connais bien les chefs d’Etat, puisqu’une bonne moitié sont de mes parents. » Imparable en ces temps de règne du peopolitique, non ?
Fred Delville
11:00 Publié dans Enquêtes et reportages | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emmanuel philibert, maison de savoie, roi de la dance, peopolitique
29.06.2009
Et de douze

Circulez y a rien à voir !
C'est le message véhiculé par l'Etat français qui ne souhaite pas faire savoir que des déchets nucléaires transitent régulièrement par la Savoie. Un nouveau convoi atomique est pourtant passé aujourd'hui au pied du Nivolet, comme on peut le voir sur cette photo.
Mais si Greenpeace n'était pas là pour évoquer le sujet et rappeler que la France sert aujourd'hui de poubelle nucléaire, qui le saurait ?
Découvrez ci-dessous le communiqué de l'association environnementale.
Depuis 8h00 ce matin, la gare de Modane était sous protection policière, pour le 12ème convoi de déchets Nucléaires en provenance d'Italie.
18:12 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : déchets nucléaires, savoie, transports, greenpeace
25.06.2009
Kabyle, donc têtue comme une Mauriennaise !
Elle sera notre représentante au Parlement européen (1). Et voilà une élue qui nous plait bien. Pourvu que ça dure ! Après avoir rencontré Malika Benarab-Attou, on se dit en tout cas que l’élection de cette Chambérienne qui revendique sa culture berbère est une vraie chance pour la Savoie. Car si nos conseillers généraux s’illustrent toujours par leur silence alors que se mitonne la réforme des collectivités locales, la représentante d’Europe Ecologie sera désormais l'avocate du régionalisme savoyard de Chambéry à Bruxelles. Un régionalisme qui revient vers ses fondamentaux écolos et humanistes développés dans les années 1970 pour répondre aux exigences du monde d’aujourd’hui. Tout ça grâce à cette députée verte à la chevelure violette qui a redonné des couleurs vives à la politique savoyarde, à force d’obstination. Car la Kabyle est têtue comme une Mauriennaise !
Malika Benarab-Attou, ça fait quoi de devenir députée européenne ?
Vous savez, j’ai un itinéraire de militante qui a débuté dans le monde associatif à Lyon au début des années 1980. C’était un moment où des gens se faisaient tirer dessus, simplement parce qu’ils étaient maghrébins. Et quand les coupables se retrouvaient devant la justice, ils recevaient une peine ridicule. On trouvait que la société française était globalement raciste, alors on a créé les JALB, les Jeunes Arabes de Lyon et Banlieue. On ne voulait surtout pas du mot beur, qui ne représentait pas une réalité violente. On ne voulait pas non plus de la politique d’assimilation d’une société française post-coloniale. Nous avions fédéré un mouvement politique plutôt radical avec les autres grandes villes de France et nous arrivions à nous faire entendre. Nous commencions à être assez craint par le pouvoir, car nous étions autonomes. Mais tout ça a été balayé par Mitterrand qui a créé de toutes pièces SOS racisme pour véhiculer le discours édifiant du « on s’aime tous ». Du jour au lendemain, les médias se sont mis à nous ignorer. Et sans les médias, qu’est-ce que tu peux faire en politique ?
C’est très intéressant, mais cela ne nous dit pas ce que ça vous fait d’être élue au Parlement de Strasbourg...
C’est juste pour vous dire pourquoi je reviens en politique. Car après cette époque lyonnaise, j’en suis arrivé au constat que la société française ne voulait pas de nous. Alors j’ai voulu aller voir ailleurs si l’herbe n’était pas plus verte et je suis partie aux Etats-Unis. J’étais encore Algérienne et ne souhaitais pas devenir Française. Mais aux Etats-Unis, tout le monde m’appelait la Française. Cela m’a questionné sur mon identité. Je me suis rendu compte que j’étais en fait plus française que ce que les Français m’avaient laissé croire. J’ai revu mon positionnement et je suis revenue. A la même époque, j’ai aussi eu un questionnement sur mes origines kabyles, et ma mère m’a enseigné la culture et la langue berbère.
Bien, maintenant, au moins, on vous connaît mieux. Mais, sinon, cette élection, ça ne vous a pas marqué plus que ça ?
Si, bien sûr, c’est très enthousiasmant. Car avec une troisième place sur la liste, c’était vraiment la candidature du pari. D’habitude, les Verts font dans les 10%, mais, là, il en fallait au moins 15. Alors je suis bien contente d’avoir gagné mon pari !
Même 10%, pour les Verts, c’était réservé aux grands millésimes électoraux. Mais vous pensiez quand même pouvoir être élue ?
Oui, je sentais que c’était possible. Les copains rigolaient et ne comprenaient pas pourquoi je me battais pour avoir cette troisième place sur la liste, car cela n’a pas été facile de l’obtenir. On me disait que ça ne servait à rien, qu’il n’y aurait pas plus de deux élus. Mais je suis Kabyle, donc assez têtue. En arrivant en Savoie, je me suis d’ailleurs rendue compte que les gens d’ici étaient pareils, surtout les Mauriennais. Je vois ça comme une qualité, celle de ceux qui s’accrochent, car ils sont montagnards. Les Kabyles et les Savoyards ont vraiment ça en commun. Après, cette élection, elle m’enthousiasme aussi car elle arrive à un moment important et décisif. Et je crois que l’Union Européenne est le bon niveau pour faire bouger les choses et prendre un vrai tournant. Le niveau national est un peu obsolète et l’Europe, si l’outil est bien utilisé, peut apporter des solutions dans le monde multipolaire qui est en train de se dessiner sous nos yeux. Alors au-delà de l’enthousiasme, il y a le sentiment d’une grande responsabilité. L’envie de ne pas décevoir.
Les politiques ont souvent donné l’impression qu’une place de député européen, c’est surtout une bonne planque assez bien payée où l’on peut se la couler douce car on n’a pas vraiment de comptes à rendre aux électeurs…
Le résultat de ça, c’est 60% d’abstention. Mais là, nous allons rendre des comptes aux citoyens. Je veux garder les pieds dans la glaise des territoires, même si la tête est dans les étoiles européennes. On retournera voir le peuple et on s’est engagé à faire des allers retours tous les quinze jours. Et puis j’aurais une assistante parlementaire à plein temps à Chambéry.
Vous considérez-vous comme une élue savoyarde ?
Oui, car le territoire est important. Et il y a le projet de création d’une région Savoie que les Verts ont présenté au comité Balladur pour la réforme des collectivités locales. C’est quelque chose qui me concerne aujourd’hui en tant que député, car la politique doit prendre en compte les réalités territoriales. On doit aussi favoriser une territorialisation de la production, notamment agricole, ce qui permettrait de diminuer le fret routier et les transports de marchandises. En Savoie, ce sont évidemment des problématiques qui se posent et une région permettrait de mieux prendre en compte les particularités de notre territoire.
Les Verts ont exposé à Balladur le concept de régionalisme différencié. De quoi s’agit-il ?
On ne doit pas se demander si une région doit couvrir deux ou dix départements. Ce n’est pas le problème. Il faut aussi évacuer ce comportement jacobin qui a conduit à créer des départements qui ne correspondent pas à grand-chose. La région doit avoir un fondement historique, culturel ou linguistique. La Savoie a ainsi été citée par Cécile Duflot (ndlr : secrétaire nationale des Verts) comme le cas typique de région différenciée que l’on souhaiterait avoir, car elle a une vraie cohérence qu’elle tire d’abord de son histoire.
On comprend pourquoi vous avez eu le soutien du Mouvement Région Savoie, dont certains membres ont créé un comité pour faire campagne à vos côtés, ce qui n’a pas manqué de faire grincer quelques dents au sein des Verts savoyards…
Le MRS était avec nous car il fait partie de Régions et Peuples Solidaires, avec qui les Verts ont passé un accord national. Mais il peut y avoir une méconnaissance mutuelle et le régionalisme est parfois vu comme un enfermement sur soi, alors que cela doit être un moyen d’aller vers les autres en étant bien dans ses baskets. SOS racisme, c’était de l’interculturel reposant sur du vent. Or l’interculturel est intéressant si chacun a travaillé sur sa culture, ce qui permet ensuite d’aller vers l’universel. L’idée n’est pas de se dire qu’on est le plus beau ou le meilleur, mais de faire vivre à travers les régions des cultures différentes, comme on doit préserver la biodiversité.
La région pourrait aussi être un moyen de transcender les frontières actuelles, notamment en Savoie où une région naturelle et historique nous unie au bassin lémanique et aux versants suisses et italiens du pays du Mont-Blanc. Pensez-vous que l’Europe pourrait permettre la création d’un nouveau type de structure transfrontalière ?
Beaucoup de choses bougent actuellement et je crois que l’Europe a vocation à être plus intégrée. Les Verts sont pour un vrai fédéralisme qui implique un vrai regard transfrontalier. Mais je ne crois pas à des régions transfrontalières pour tout de suite. L’Europe est encore un cumul d’Etats qui sont trop puissants. Il y a une exigence d’arriver à dépasser l’Etat-Nation, mais cela va être difficile à mettre en œuvre.
Avant d’avoir en Savoie une région transfrontalière, il faudrait de toute façon commencer par être reconnue comme une région française suite à la réforme des collectivités locales…
Oui, et chez les Verts, on estime qu’il faut véritablement simplifier le mille-feuille administratif en le réduisant à trois échelons : la communauté de communes, la région et l’Etat. On pense que le département ne sert plus à grand-chose. Alors c’est sûr que quand on dit ça, les conseillers généraux ne sont pas d’accord…
Ils ne veulent pas perdre leur poste ! On pourrait d’ailleurs penser que les Verts adoptent une telle position parce qu’ils ont très peu de conseillers généraux…
On ne doit pas faire de la politique pour avoir des postes, mais pour changer ce monde et le rendre plus vivable pour tous.
Sur quoi allez-vous travailler en tant que députée européenne ?
Je veux défendre le programme d’Europe Ecologie pour rendre la société et l’économie plus écologique. Il faut lancer de grands travaux pour arriver à une décroissance de notre empreinte écologique. On va également préparer le sommet de Copenhague sur le climat. Et puis il y a le renouvellement de la PAC qui doit aller vers de moins en moins de pesticides et de plus en plus de bio, avec une agriculture qui crée d’avantage de travail. Personnellement, je suis aussi très intéressée par les relations nord-sud et le projet d’Union pour la Méditerranée. Mais je ne vois pas cela comme Sarkozy qui souhaite d’abord permettre aux pays du Nord d’obtenir de nouveaux marchés au Sud. On doit plutôt agir pour améliorer la coopération afin de rendre les pays du sud plus vivables. Finalement, le but est surtout que l’Europe retrouve ses valeurs et notamment la fraternité qu’elle a trop souvent oubliée. L’économie, c’est bien, mais cela doit rester un moyen. Or en privilégiant l’économie et la finance, on a surtout contribué à augmenter les écarts de revenus. L’Europe doit donc redonner un espoir et une vision alors que nous vivons un tournant civilisationnel. Il faut aller vers une société où la culture ait une place importante et les peuples un vrai rôle à jouer. Y compris en Savoie !
(1) La Savoie a désormais un deuxième député européen avec l’UMP Michel Dantin qui récupère la place de Norra Berra entrée au gouvernement.
Propos recueillis par Brice Perrier
16:19 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : malika benarab-attou, europe écologie, région savoie, députée
20.06.2009
Les dangers de la lecture

extrait de la série arso bleu blanc rouge
21:10 Publié dans L'instant Arso | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lucien mermet bouvier, arso, lecture, bleu blanc rouge
18.06.2009
Dernière tournée aux Halles
« Ils auraient mieux fait de raser le Palais de Justice ! » À l’image, l’homme, un verre à la main, se tient tout fier de sa saillie, au milieu de ses compagnons de comptoir occupés à s’esclaffer sur ce bon mot. Cette scène est l’une des nombreuses séquences drôles ou cocasses qui émaillent le documentaire de Christophe Colonel sur la rénovation des Halles de Chambéry, Mémoire des Halles.
Grâce à une technique que l’on pourrait qualifier de sous-marine, ce jeune réalisateur, Chambérien lui-même, a su prendre son temps afin d’amadouer l’autochtone. Pendant un an, de mars 2007 à mars 2008 - date qui coïncide à l’ouverture des halles provisoires place du Palais de Justice -, Christophe a fait du bar « Chez Christiane » son QG du samedi matin, jour de marché. Dans ce lieu mythique du coin des Halles, à la patronne haute en couleur, il a su enchaîner les tournées et se mêler subrepticement aux conversations en cours. « Il fallait absolument gagner la confiance des clients du bar qui sont des habitués et éviter au maximum le coté voyeur. Alors, on était bien obligés de tourner au blanc, comme tout le monde », raconte Christophe Colonel. Mais en sachant astucieusement porter le verre au bord des lèvres, quitte à balancer en catimini son contenu dans le bac à fleurs le plus proche, il a gardé les idées claires en se focalisant sur l’objectif initial : dégainer sa micro caméra (pour plus de discrétion) et prendre le pouls de cette populace occupée à diluer dans l’alcool son émoi de voir disparaître ses Halles.
Mais réduire ce film aux seules scènes de bar serait une erreur, même si elles en constituent les moments les plus croustillants. Car c’est avec la même dextérité que Christophe Colonel, Philippe Bard (à l’origine du projet) et Jean-Paul Collomb-Gris (conseiller technique) ont traîné leurs mocassins et leur pellicules à hauteur des étales du marché et jusque dans les ruelles avoisinantes. L’aspect historique des lieux est également traité de manière intéressante par Monique Dacquin, des Amis du vieux Chambéry. Les fans d’architecture n’ont pas non plus été oubliés avec l’intervention de Robert Dussud. Il nous éclaire sur les étonnantes utilisations passées du bâtiment, avant malheureusement de se perdre un peu dans des passages un poil technique sur les différences de béton, qui ont tendance à nous laisser de marbre.
Au final, ce sont les témoignages de ce que représentaient les Halles pour les Chambériens que l’on retient. Et si la nostalgie ou même une certaine fatalité face à ce que l’on nomme le progrès semble s’imposer à mesure que le film défile, c’est que l’attachement des Chambériens pour ce lieu emblématique, où toutes les classes sociales se brassent, est réel. Ce document a en tout cas le mérite de nous montrer la vie des Halles par le coté humain de la lorgnette, loin des agitations politico-économiques qui ont accompagné ce projet de rénovation depuis plus de 40 ans… (voir La Voix des Allobroges n° 10). Juste un mot pour finir à l’intention du pilier de chez Christiane. Le Palais de Justice, au cas où vous ne le sauriez pas, c’est l’ancien Sénat de Savoie. Et ça ne rase pas !
Frédéric Delville
Visionner ce documentaire :
http://www.dailymotion.com/user/chatboite/video/x68ajb_me...
01:08 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chambéry, les halles, documentaire, christophe colonel
14.06.2009
Un Savoisien mis à l’honneur par Sarközy
Nicolas Sarközy a souvent pourfendu l’élitisme de la fonction publique française en prenant pour exemple les concours de recrutement des agents au sein desquels on posait des questions sur La Princesse de Clèves. Ce roman du XVIIe siècle, écrit par Mme de Lafayette, raconte une histoire d’amour tragique et en même temps idéalisée : le style est épuré, et les relations restent platoniques ! Or, depuis que le président de la République a ainsi fulminé contre ce roman à ses yeux abstrait et aristocratique, celui-ci est devenu un étonnant succès de librairie - plus de trois siècles après sa création. Les milieux cultivés aiment prendre le contre-pied d’un président qui n’est pas des leurs.
Ce curieux phénomène montre, d’abord, qu’il est faux que, comme on le dit souvent, les gens ne s’intéressent plus à la grande littérature. Mais il nous intéresse également parce que le roman met en scène en réalité un grand prince de Savoie, que Mme de Lafayette a pris pour modèle : Jacques de Savoie, duc de Genevois et duc de Nemours. C’est lui qui est le héros de l’histoire et qui aime et qui est aimé platoniquement de la princesse de Clèves.
Ce personnage a réellement existé. Il était cousin de Henri II, dont le père, François Ier, avait donné à son propre oncle, grand-père de Jacques de Savoie, le duché de Nemours, près de Paris. Ce grand-père était en froid avec son cousin le duc de Savoie, Charles III, et on se souvient que François Ier était lui-même le petit-fils du duc Philippe. De cette époque date l’hôtel des Savoie-Nemours, à Paris : il fallait un pied à terre dans la capitale française, à ces princes étrangers.
On a pu dire qu’à cette époque, le Genevois, dont la capitale était Annecy, fut sous influence française. Politiquement, le duché de Nemours n’en était pas moins une concession, en Île-de-France, de la Maison de Savoie. D’ailleurs, après avoir vécu à la cour de France, Jacques de Savoie mourut au château d’Annecy, où il passa ses dernières années. Il y développa les arts, et Vaugelas lui doit peut-être quelque chose ; il mena aussi depuis son duché de Genevois des attaques contre les Genevois.
Jacques de Savoie symbolisait en tout cas le prestige et la gloire de la cour des Valois, qui devait tant à Louise de Savoie : il incarnait l’esprit qui régnait alors, et Mme de Lafayette a fait de sa personne un véritable héros. La meilleure preuve qu’elle le regardait comme un prince savoisien est que la fin de sa vie fut marquée par une correspondance qu’elle entretint avec la Maison de Savoie, à Turin : elle avait cherché ce lien, comme la ramenant vers le siècle éclatant qu’elle regrettait.
Il est heureux que Nicolas Sarközy ait pu ainsi mettre à l’honneur, indirectement, la Maison de Savoie, par un roman qui l’a rendue particulièrement illustre !
Rémi Mogenet
11:28 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, princesse de clèves, jacques de savoie
11.06.2009
La Savoie super tendance
Les élections européennes ont démontré que les Savoyards étaient plus "tendance" que les autres citoyens de l'hexagone. Ils ont plutot plus boudé les urnes qu'ailleurs et ils ont plus sanctionné le PS qu'ailleurs (encore que la Haute-Savoie ne donne que 10, 90 % à Vincent Peillon alors que la Savoie le gratifie de 14, 48%). Outre le très bon score de l'UMP (32,09 et 29,20%), ils ont aussi plébicité les Verts avec un 22,19 % pour la Yaute et 19,86 % dans le 73 ! Le Modem et le FN qui avaient le vent en poupe dans nos deux départements se rangent cette fois-ci dans la moyenne nationale. Les partis à gauche du PS n'apparaissent pas au dessus des 5 % fatidiques en Haute-Savoie et font un timide 5,51 % en Savoie. C'est donc un constat de "modernité" ou en tous cas de mode, tandis que certains départements ont cédé à l'attraction du régional de l'étape - comme la Vendée avec De Villiers - ou encore ont continué à mettre en tête les socialistes - comme l'Aude et le Pas de Calais. Mais ceci relève plus du reflexe que de la volonté de marquer la crise sociale par un vote de défiance.
Concernant les élus, le seul savoyard historique de l'étape, c'est Michel Barnier qui a d'ailleurs des chances d'accéder à la présidence du parlement ou d'intégrer la commission. Mais "notre" ministre s'est fait élire à la tête de la liste UMP en Ile de France. Et dans sa courte biographie sur internet le nom de la Savoie n'apparaît même pas (http://www.euractiv.fr/priorites-de-lue-elections/article/biographies-parlement-europeen-deputes-francais-2009-2014-001702). Pas plus d'ailleurs que dans celle de la "vraie" savoyarde de l'étape envoyée à Strasbourg : Malika Benarab-Attou, militante Verte, cadre à la sécurité sociale et qui travaille effectivement en Savoie depuis quelques années aprés être arrivée du "neuf quatre" (lisez Val de Marne), comme on dit aujourd'hui.
20:18 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : élections européennes, savoie, michel barnier, malika benarab-attou
08.06.2009
Malika, on compte sur toi !
Surfant sur la vague qui vient de porter haut les couleurs d'Europe Ecologie, particulièrement en Savoie, Malika Benarab Attou est devenue député européen. Elle sera donc la représentante de la Savoie à Strasourg. Et on peut espérer que cette berbère devenue savoyarde portera notre voix à l'échelon européen, car la défense des régions et de leurs réalités culturelles fait partie de ses fondamentaux en politique.
Alors, Malika, on compte sur toi !
15:19 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : malika benarab attou, député européen, écologie, région, savoie
05.06.2009
Le vote utile pour une région Savoie
La Savoie a sa propre histoire ; elle doit donc bénéficier sur son territoire d'une véritable assemblée démocratique, l'Assemblée de Savoie, organe élu d'une Région Savoie, légitime revendication de simple bon sens. Pourquoi faire disparaître les siècles et les siècles d'Histoire de la Savoie qui ont précédé 1860 ? Dans un an on commémorera le 150ème anniversaire du rattachement. Les avis divergent sans doute parmi les savoyards sur le bilan de cette période récente, finalement assez courte au regard de l'Histoire. Mais, à tous, une évidence s'impose : l'Histoire de la Savoie est bien antérieure à cette date, et elle s'inscrit au cœur des Alpes.
La Savoie n'a jamais été partie prenante du « sillon rhodanien » que commande Lyon. Elle est bien plus une composante de la « République des Alpes » dont le dirigeant résistant valdotain Emile Chanoux avait, avant d'être assassiné par l'Etat italien, dessiné les contours politiques en unissant contre le fascisme les résistants alpins par delà leurs vallées. La Savoie doit valoriser son identité alpine dans le cadre de la construction européenne, et comment y parvenir sans s'appuyer sur une institution propre à la Savoie? Le rattachement à Rhône-Alpes étouffe l'identité savoyarde. Les Savoyards en ressentent une réelle frustration.
Mais, à ce jour, aucun mouvement politique n'a fait sienne cette revendication d'une Région Savoie, à l'exception des régionalistes et des écologistes. La liste Europe Ecologie réunit en effet les régionalistes de RPS (Régions et Peuples Solidaires) et l'ensemble des organisations du mouvement écologiste, et ils portent ensemble la revendication d'une Région Savoie. Les Verts l'ont fait savoir très officiellement lors des auditions menées par la « Commission Balladur » de l'Assemblée Nationale à propos de la future réforme administrative de la France. Et, dans le cadre du Rassemblement Europe Ecologie, ils réaffirment leur position en désignant un réginaliste corse en seconde position sur la liste de la Région Sud-Est, place que j'occupe derrière Michèle Rivasi, avec notamment le soutien du Mouvement Région Savoie.
Pour mieux assurer l'avenir de la Savoie, la création d'une Région peut intervenir dans le cadre de la Constitution française, et cela dès les prochaines réformes qui sont programmées suite aux travaux de la Commission Balladur. Encore faut-il en faire monter la revendication de façon explicite et forte. En donnant à Europe Ecologie un score important le 7 juin prochain, les électeurs savoyards peuvent y contribuer. Elus députés européens, nous serons avec Michèle Rivasi mobilisés pour soutenir cette démarche qui seule peut définir un avenir européen à une Région Savoie forte de son identité propre.
François ALFONSI
porte parole de Régions et Peuples Solidaires
n°2 de la liste Europe Ecologie conduite par Michèle Rivasi
09:48 Publié dans Tribune libre | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : élection européenne, région savoie, europe écologie, françois alfonsi
03.06.2009
Vers un contrat de co-habitation ?
A l'invitation du comité local d'Europe Écologie, une rencontre organisée par Pierre Viguié, secrétaire des Verts-Région Savoie, a eu lieu à Annecy, quai des Clarisses, le 27 mai à 11 heures, entre les chasseurs, les éleveurs et les régionalistes savoyards avec la participation de Michèle Rivasi, tête de la liste sud-est d'Europe Écologie et de Noël Mamère, député Vert de la Gironde.
Les chasseurs étaient représentés par M. François Mugnier, vice-président de la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Savoie; les éleveurs par Christian Convert (FNSEA) et Georges Vuillet (Confédération Paysanne) associés dans une plateforme commune sur le loup; les régionalistes étaient représentés par Thierry Dupassieux et Pierre Ottin Pecchio du Mouvement Région Savoie-RPS.
Les chasseurs sont complètement exaspérés par la montée des périls pour la faune sauvage et, au delà, ses conséquences sur la perturbation des équilibres naturels, causés par le loup. Les mesures mises en place sont inefficaces et le mécontentement grandit : « on nous a menés en bateau depuis 15 ans », dit M. Mugnier.
Les éleveurs, eux, semblent désespérés. Ils constatent l'échec de leurs efforts d'adaptation et de leur politique de reconquête des alpages. Ils déplorent amèrement la faillite prévisible de leur profession, déjà avérée pour de nombreux double-actifs, qui ne peut plus s'exercer sur le terrain si particulier de la montagne ouverte au tourisme. Enfin, et surtout, ils ne croient plus aux « parlottes » et veulent des mesures efficaces tout de suite ! Sinon, ils craignent, comme les chasseurs, la généralisation d'actions incontrôlées, un pétage de plomb général avec violences inappropriées et condamnables.
Pour les régionalistes, Thierry Dupassieux déplore que le pouvoir central parisien accorde si peu d'intérêt aux drames qui déchirent les pays de Savoie où la conjonction de l'exaspération et du désespoir se sont traduits encore par des situations conflictuelles divisant des populations aux détriment de la quiétude du monde rurale si appréciable.
Michèle Rivasi, forte de son expérience du loup dans la Drôme et l'Ardèche, se dit convaincue qu'il faut passer au niveau supérieur, celui de l'Europe. Elle introduit la notion d'écologie humaine, qui n'est pas suffisamment prise en compte, y compris par les écologistes : les éleveurs, les randonneurs et les chasseurs font partie de la biodiversité du milieu montagnard. L'Union Européenne doit répondre aux menaces qu'ils subissent. Michèle Rivasi s'engage à activer, dès son élection, avec le groupe des Verts au parlement européen, la lourde mais puissante machine législative de l'U.E. afin d'adapter la convention de Berne aux réalités actuelles. Mais cela prendra du temps... et il y a urgence !
En raison de cette urgence, Noël Mamère s'engage à poser, dès ce mois de juin, une question écrite au gouvernement. Il y soulignera le problème de la co-habitation des éleveurs et de la faune sauvage avec le loup, particulièrement aigu dans les départements savoyards. Il préconisera que soit privilégiée la gestion locale, avec une délégation de pouvoir importante à des comités de gestion formés entre les parties prenantes : éleveurs, chasseurs, associations et administration.
Il reste du chemin à faire, avec Europe Écologie, avant d'arriver au contrat de co-habitation avec le loup qui rendra leur sérénité aux acteurs de la biodiversité montagnarde! Cependant, grâce à leur volonté d'écoute, à leur souci de rigueur et à leur comportement responsable, à leur attention permanente aux réalités locales, grâce aussi à Europe Écologie... les protagonistes de cette table ronde devraient sortir gagnants de cette confrontation difficile avec le loup.
Pierre Ottin Pecchio
09:37 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : loup, europe, biodiversité, élevage



