30.04.2009
Arso chez les boudhistes

09:54 Publié dans L'instant Arso | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arso, boudhistes, vacances
28.04.2009
Le verdict des urnes dauphinoises
Vous avez vu les résultats de la consultation du Dauphiné sur l’avenir de la Savoie ? Plutôt amusant. Mais aussi navrant.
Si l’on en croit le verdict sorti des urnes dauphinoises, à la veille des 150 ans de l’annexion, 40% des Savoyards souhaiteraient donc l’indépendance, 29% une région Savoie et 14% un rattachement à la Suisse. Seulement 15% voudraient ainsi rester divisés en deux départements au sein de Rhône-Alpes.
Les Savoyards seraient-ils donc prêts à hisser le drapeau rouge et blanc en haut du Château de Chambéry ? Evidemment non, car ce que rappelle surtout la consultation du DL, qui a recueilli 702 suffrages dont une centaine de bulletin nuls, c’est que, hors des rangs de la Ligue Savoisienne et d’une poignée de groupuscules, on se fout royalement de l’avenir de l’entité Savoie dans notre belle région.
Alors on peut aussi analyser ça comme le Dauphiné, pour qui le recensement par voie postale des sympathisants savoisiens révèlerait en fait que « l’identité savoyarde se confirme ».
Mais vous, qu’est-ce que vous en dites ?
23:56 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dauphiné libéré, consultation, savoie, avenir
27.04.2009
Avec Castellion, célébrons la Savoie à Genève
Il y a cinq cents ans, naissait (en Picardie) Jean Calvin, et la cité de Genève commémore abondamment cet anniversaire, comme on peut le comprendre : l’histoire de la cité est liée à ce grand personnage, principal Réformateur français. De fait, après avoir chassé son prince-évêque et obtenu son indépendance avec l’aide des Bernois, les Genevois appelèrent Calvin de la ville de Strasbourg, où il résidait, afin qu’il les guide sur la voie d’une république à la fois libre et fondée sur les principes de l’Evangile. Calvin affermit les bases de la cité genevoise, en créant une organisation sociale stable, fondée sur des règles claires et enracinées dans les textes sacrés. Cela permit à Genève de conserver son autonomie face au duc de Savoie, de qui elle dépendait depuis plus d’un siècle : Calvin souda psychiquement la nation. Il en fut le nouveau fondateur !
Mais avant même qu’il ne s’installe à Genève, il avait pris à ses côtés un disciple de valeur, Sébastien Castellion, qui lui-même était né sujet du duc de Savoie, dans le Bugey, en 1515 (le Bugey ne fut rattaché à la France qu’en 1601). Et à Genève, les réfractaires à la pensée de Calvin ont eu à cœur d’invoquer ce sympathique personnage. En effet, après avoir suivi son maître à Genève, il se brouillera avec lui au sujet de l’exécution de Michel Servet, réclamant la liberté de conscience pour tous et rejetant l’idée d’une république réformée qui reproduirait, au delà des apparences fondées sur l’Evangile, le système de l’Inquisition. Dès ce moment, Calvin se déchaîna, contre Castellion, qui dut s’exiler à Berne et à Bâle. Théodore de Bèze, le successeur de Calvin, ne sera pas plus tendre avec lui.
A Genève, les plaies de 1602 (ndlr: date de l'Escalade, la tentative de la Savoie de reprendre Genève) restent vives, et personne n’oserait, je pense, contester l’autorité posthume de Calvin en invoquant François de Sales ! Mais se référer à Castellion, lui-même un Réformateur respecté, est l’excellente solution qu’on peut trouver, y compris quand on veut faire valoir les grands noms de l’ancienne Savoie - puisque Castellion lui appartient par sa naissance. Genève a conservé à l’égard des Savoyards réformés et réfugiés en son sein, comme le fut aussi François Bonivard, une affection particulière.
Il faut savoir que la France honore pareillement la mémoire de Castellion, puisque, défendu en son temps par Montaigne, il fut, paraît-il, à l’origine de l’idée moderne de laïcité, telle qu’elle s’est exprimée à la Révolution. Castellion, outre des essais théoriques, écrivit de jolis poèmes latins et grecs qui reprenaient les formes de l’ancienne poésie profane pour évoquer les épisodes de la Bible : il créa des bergers inspirés de Virgile qui chantèrent la naissance de Jésus ! Atmosphère propre, sans doute, aux montagnards du Bugey, dont il était issu.
Rémi Mogenet
10:18 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : castellion, hérétique, genève
25.04.2009
La Savoie frappée par la crise
La crise s'installe et la tension monte.
Et si une bonne saison d'hiver dans nos stations a pu laissé croire que l'économie savoyarde échappait à la débandade généralisée, ici comme ailleurs, désormais, les licenciements et les mise au chômage partiel se multiplient. Alors bien que les déboires de Caterpillar impactent aujourd'hui La Motte Servolex, on n'en est pas encore chez nous à enfermer les patrons. Mais l'union syndicale Solidaires de Savoie nous fait savoir qu'elle soutient toutes les luttes actuelles (en Savoie comme en France) et qu'elle comprend la radicalisation de certains salariés qui s'estiment floué. On notera au passage que 55% des Français, selon un sondage BVA, estiment justifiée cette radicalisation qui conduit à la séquestration de dirigeants d'entreprises.
On vous laisse donc découvrir le communiqué de l'Union syndicale Solidaires de Savoie. Après, si le MEDEF savoyard veut nous faire connaître son point de vue, on ne manquera pas de le publier aussi. Car tout le monde peut s'exprimer sur le blog de la Voix, terre hospitalière.
(photo ktsdesign - Fotolia.com)
SOUTIEN A LA LUTTE DES CATERPILLAR et CLERC et CARDONE
L' Union Syndicale SOLIDAIRES de la Savoie s' associe au communiqué de son homologue de l' Isère en apportant tout son soutien aux salariés en lutte contre les 733 licenciements annoncés par la Direction Américaine de CATERPILLAR.
Ces licenciements ont des conséquences directes avec les 36 annoncés dans l' Entreprise Clerc et Cardone à la Motte Servolex sur 71 salariés annoncés récemment par la Direction car cette entreprise travaille à 50% pour CATERPILLAR;
L' Union Syndicale Solidaires constate qu' en Savoie aussi "la crise" frappe de pelin fouet les entreprises : SOUDALP à St Etienne de Cuines, 35 salariés au chômage suite à la fermeture de l' usine, LST ELECTRONIC à St Genix sur Guiers, 36 salriés licenciés, BOLHOFF à La Ravoire (380 salariés), chômage parteil et projet de plan de licenciements, ALCAN - RIO
TINTO et METAL TEMPLE en Maurienne, licenciements des intérims et chômage partiel, VERRE TEXTILE à Chambéry, chômage partiel, à côté de la Savoie, à Chapareillan, fermeture de l' usine d' électronique avec 280 salariés au chômage...
La situation française est tout aussi dramatique avec CONTINENTAL, MOLEX, 3 M, FREESCALE, Dexia .... et bien d' autres entreprises. Tous les jours il y a une annonce de fermeture, délocalisation, chômage partiel !
Face à cette situation, les salariés réagissent, avec parfois de façon radicale qui se comprend. Les Patrons assignent les salariés devant les Tribunaux, portent plainte mais ce sont bien eux les responsables de cette casse.
L' Union Syndicale SOLIDAIRES Nationale et de la Savoie soutient toutes ces actions de défense des salariés et c' est ensemble dans un mouvement reconductible que nous pourrons arrêter ces licenciements. En Savoie, un COLLECTIF INTERPROFESSIONNEL s' est mis en place et tient régulièrement des Assemblées Générales pour définir la riposte nécessaire.
N' hésitez pas à nous contacter (04 79 71 63 88)
Permanence tous les jours de la semaine
Pour l' Union Syndicale SOLIDAIRES Savoie : Gérard ETELLIN
12:01 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : savoie, crise, lutte
23.04.2009
Vous voulez quoi ?

Hier, le Dauphiné Libéré proposait à ses lecteurs de se prononcer sur l’avenir de la Savoie. Et ceci un an pile avant le cent cinquantenaire du plébiscite des 22 et 23 avril 1860, qui avait vu 99,8% de ceux que l’on appelait alors les Savoisiens se prononcer en faveur de l’annexion de la Savoie à la France. Mais qui pouvait alors choisir autre chose quand tout avait été réglé deux ans auparavant à Plombières entre Napoléon III et Cavour ? Une solide propagande, dont on peut découvrir une illustration ci-dessus, avait d’ailleurs bien fait comprendre à chacun de nos aïeux qu’il s’agissait de marcher au pas vers les urnes comme ils allaient bientôt le faire vers les champs de bataille.
En 1860, on ne trouvait même pas de bulletin non. En Savoie du Nord, on disposait en revanche de bulletins « oui et zone » qui allaient consacrer l’instauration d’une grande zone franche sur l’immense majorité du territoire du tout nouveau département de Haute-Savoie. Cette zone (supprimée en 1919 sans consultation de la population) ne figure pas parmis les différentes options soumises au vote par le Dauphiné, mais un choix très large est néanmoins proposé, puisqu’il s’agit de choisir entre cinq solutions :
- Le maintien de la situation actuelle
- La création d'une région française constituée des deux départements Savoie et Haute-Savoie
- Un rattachement à la Suisse
- Un rattachement à l'Italie
- Un Etat savoyard indépendant
Alors que la question de l’avenir institutionnel de la Savoie est éludée par nos élus bien que se profile une réforme des collectivités locales, l’initiative du Dauphiné est sympathique, même si une telle consultation aurait du s'accompagner d'un large débat préalable. Mais peut-être contribuera-t-elle à lancer ce débat qui se doit de concerner tous les Savoyards à la veille de l’anniversaire de l’annexion d’un territoire appelé à devenir une véritable région consciente d’elle même en transcendant les frontières.
En attendant, les lecteurs du quotidien dauphinois ont jusqu’au 25 avril pour envoyer leur bulletin de vote découpé dans le journal, et non photocopié car le but était sans doute davantage de vendre des journaux que de sonder les cœurs.
Les Savoyards, eux, ont encore quelques mois pour prendre leur destin en main. Et il serait vraiment temps de s’y mettre.
Mais au fait, et vous, vous voulez quoi pour la Savoie ?
11:48 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dauphiné libéré, savoie, consultation
22.04.2009
Tous à Bonneville !
Dimanche prochain, 26 avril, aura lieu le 11e salon des écrivains, à Bonneville (Gymnase Pierre Fallion, entrée libre, 10 h - 19 h, interruption entre 12 h et 14 h). L’invité d’honneur sera Jean-Vincent Verdonnet (en photo ci-contre), sans doute le plus grand poète savoyard vivant. Il a chanté son vieux pays du pied des Bornes et du Salève, entre Genevois et Faucigny : il en a extrait l’âme, l’essence immortelle. Il dira quelques mots, et le poète annécien Michel Dunand lira plusieurs de ses poèmes.
De nombreux écrivains savoyards seront présents. Et il est important d’aller à leur rencontre, car ils sont souvent étouffés, y compris dans la Savoie historique, par ceux qui ont eu leur heure de gloire à Paris : le centralisme fait volontiers croire que les écrivains qui ont choisi de rester loin de la capitale sont moins importants que ceux qui ont pu s’y faire couronner. Mais ce n’est pas forcément le cas. Nos écrivains de Savoie sont dignes d’être lus.
En outre, pour ceux qui ne connaissent pas bien Bonneville, c’est une ville qui mérite le détour. Elle fut la capitale du Faucigny, rattaché à la Savoie en 1355 ; mais le Comte Pierre II, dès le XIIIe siècle, a participé à la construction de Bonneville, en tant qu’époux de la Dame du Faucigny (lequel se transmettait aussi par les femmes) et administrateur de ses biens. Le château est ce qui en est resté, dit-on.
Autre monument à voir : la colonne Charles-Félix, qui, sur le modèle des colonnes trajanes, a placé dans les airs, sous le regard de la Vierge d’Andey, le roi de Sardaigne qui a endigué l’Arve à Bonneville ; la nymphe de l’Arve se voit sur son socle : Bonneville est bien la capitale de la vallée de l’Arve, puisqu’elle abrite sa nymphe !
D’illustres écrivains sont passés à Bonneville et ont laissé sur elle de belles pages : Gœthe, Shelley, Théophile Gautier, notamment.
D’illustres Savoyards en furent originaires : Guillaume Fichet, par exemple, était des environs (il a introduit l’imprimerie en France, en permettant son installation à la Sorbonne, dont il était recteur). Bonneville, vieux fief républicain et démocrate, fut influencée dès le XVIIIe siècle par Genève après avoir été dominée par les prêtres (dont les jésuites Pierre Monod et Philibert Monet sont les plus illustres représentants). Ainsi, l’avocat bonnevillois Jean-François Décret présida l’Assemblée des Allobroges à Paris, à la Révolution, et c’est un autre avocat bonnevillois, Jacquier, qui proposa la “Grande Zône” à Napoléon III, en 1860, car Bonneville fut aussi le principal foyer de résistance à l’empire français : on y défendait l’idée d’un rattachement à la Suisse.
Bref, il faut absolument venir à Bonneville, haut lieu d’histoire !
Rémi Mogenet
09:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : verdonnet, bonneville, salon du livre
12.04.2009
Philippe Deparis trace un sentier citoyen
Après avoir surpris tout le monde en réalisant un excellent score aux dernières élections cantonales sur le canton de Sallanches, Philippe Deparis continue sur sa lancée. Animé du désir de responsabiliser le citoyen en lui permettant de prendre la parole, il est devenu cet automne le président d’une nouvelle association, Sentiers Citoyens, qui s’est donnée trois missions principales : l’observation du territoire et des politiques locales du Pays du Mont-Blanc et de la Vallée de l’Arve ; la diffusion et le partage de l’information liée au territoire et aux politiques locales ; la facilitation des relations élus-citoyens. En découvrant sur le site de Sentiers Citoyens (http://sentiers-citoyens.reputaction.com/) une lettre envoyée à Hervé Gaymard concernant la réforme des collectivités locales, on a décidé d’inviter l’animateur de la place du village – et ami de la Voix – à nous expliquer sa démarche qui contribue à faire que les enjeux des débats citoyens soient enfin mis sur la place publique. Alors si vous ne connaissiez que le Philippe interrogeant les anciens pour mieux comprendre ce qu’était la Savoie d’antan, découvrez ici celui qui nous rappelle que l’avenir de ce territoire doit être notre affaire.
Philippe Deparis, comment est née l’association Sentiers Citoyens ?
Lors de la dernière élection cantonale, j’ai fait bien plus de voix que prévu. Je pensais arrivé à 5% pour être remboursé des frais de campagne, mais j’ai finalement atteint 43%. Du coup, les décideurs et tous les opposants du coin sont venus me voir. Ils cherchaient une structure pour pouvoir dire des choses. On a donc pensé qu’il fallait créer cette association pour relayer la parole des citoyens.
Etes-vous nombreux ?
Pour l’instant, il n’y a qu’une vingtaine d’adhérents, mais c’est dû à la volonté d’avoir un noyau pour réfléchir et organiser des rencontres publiques. L’étape suivante sera de renforcer notre réseau, d’avoir un blog qui atteigne sa vitesse de croisière. Quand ce sera le cas, on dira aux gens de venir nous rejoindre. On sait qu’il y a un gros potentiel, car, au niveau des problèmes citoyens, il y a beaucoup d’associations qui répondent à des besoins précis, notamment sur l’environnement, mais il y a très peu de vue d’ensemble. Et les gens sont prêts à adhérer à une association qui ne roule pas pour un parti politique.
C’est pour porter cette parole citoyenne que vous avez écrit au président de l’Assemblée des pays de Savoie au sujet de la réforme des collectivités locales ?
Exactement, car chaque fait politique intéresse le citoyen. Et on veut le rapprocher de l’élu. Or là, le problème de la réforme des collectivités est réservé à une élite. Le citoyen reste très loin de ça. Il ne sait même pas quelles sont les compétences du conseil général ou du conseil régional, alors si vous lui parlez d’une réforme… C’est un constat terrible, mais cette réforme lui échappe complètement. Et nos politiques n’arrivent pas à prendre une position commune. Chaque élu a la sienne, il y a une cacophonie absolument incroyable et personne n’a rien à proposer. Le seul projet sérieux, c’était celui de Gaymard, mais là, on voit qu’il baisse la tête et semble renoncer. Dans cette cacophonie, le grand perdant est le citoyen savoyard. Car la question qui se pose, c’est : quelle place pour le territoire savoyard ?
Dans votre lettre à Hervé Gaymard, vous prenez position pour une région des pays de Savoie…
Au sein de l’association, il y a différents sons de cloches. Mais on veut profiter de ce moment pour poser le problème et aller plus loin pour que, enfin, les Savoyards avancent ensemble. Pour que leur territoire se fortifie, il faut qu’ils se rapprochent, car ils sont trop éloignés les uns des autres. Et en premier lieu les élus. Depuis quand Gaymard n’est-il pas venu à Sallanches, Chamonix ou Thonon ? Comme aujourd’hui se présente une occasion assez unique de se rapprocher, on pensait qu’on allait assister à un grand mouvement, à des réunions publiques pour débattre du sujet. Mais il n’y a rien. Alors nous, on va organiser une réunion publique sur ce sujet. Car si on ne se manifeste pas, ce n’est pas les Parisiens qui vont le faire pour nous, ni le législateur. Maintenant, cela ne veut pas dire que l’on appelle à la création d’une région Savoie. On ne prétend pas avoir la solution.
Mais vous estimez que le territoire savoyard serait un échelon pertinent…
Nous sommes persuadés d’une chose : c’est l’échelon de protection le plus proche après la commune ou la communauté de communes. Et il doit gagner des compétences. Or les propositions du rapport Balladur conduiraient au contraire à fragiliser cet échelon aujourd’hui représenté par le département. L’idée d’avoir un seul département me séduit beaucoup, car il y a une même histoire, une même culture, ce qui permet de travailler ensemble. Alors on dit toujours qu’il y a le problème des conseillers généraux, plus nombreux en Savoie qu’en Haute-Savoie, mais la réforme doit justement permettre de tout revoir de fond en comble. Faire de nouveaux découpages ne devrait pas être un problème. Ce qu’on regrette beaucoup, c’est qu’on est en train de rater une occasion. Car on entend qui sur ce projet ? Pas grand monde. Monteil semble ne pas vouloir en parler, le maire d’Annecy est occupé par les JO de 2018. Cela pourrait pourtant être une occasion d’accompagner cette réforme pour faire les jeux de tous les pays de Savoie.
Ce qui éviterait d’avoir à construire une nouvelle patinoire au pays du Mont-Blanc. Cette patinoire serait-elle un symbole de l’absence de collaboration entre les Savoyards ?
Oui, c’en est un parfait résumé. Dans le pays du Mont-Blanc, on a déjà trois patinoires, mais pour les JO, il en faut une grande. On pourrait très bien utiliser le Hall olympique d’Albertville ou le Phare de Chambéry, mais on reste trop étriqué. Les JO de 2018 devraient permettre de réfléchir à ce territoire et donner une motivation pour le transformer d’ici là. Et si tous les pays de Savoie portaient ces jeux, il y aurait beaucoup moins d’infrastructures à construire.
Dans sa réponse à votre lettre, Gaymard disait : « Je vous invite à suivre l’évolution de nos débats. » Sur ce sujet de la réforme des collectivités, il semble donc vous inviter à être spectateur de ce qui se décidera entre parlementaires à Paris…
C’est ça. Mais c’est peut-être encore pire au niveau de l’intercommunalité. Les élus décident à trois ou quatre de tout. Et plus cela échappe au citoyen, mieux c’est pour les élus. Ils ne veulent pas qu’on puisse leur dire ce qu’il faudrait faire, alors même que l’intercommunalité, c’est l’enjeu des trente prochaines années.
Vous mettez en avant la notion de pays et votre association couvre la vallée de l’Arve et le pays du Mont-Blanc. Le pays serait-il un échelon d’avenir entre la commune et un département/région ?
Oui, et d’abord parce que le pays représente une formule affective. On dit de quelqu’un qu’il est du pays. Et pour travailler ensemble, il faut être bien ensemble et avoir des choses à partager. Je suis persuadé que le pays représente une dimension importante, car si on fait des divisions artificielles, comme Rhône-Alpes, cela ne permet pas de bien travailler.
Le pays pourrait-il remplacer le canton qui ne représente plus forcément grand chose ?
Oui. A l’origine, le canton avait sa raison d’être. Celui de St Gervais, par exemple, avait un sens. Mais avec l’arrivée des stations, il n’y a plus les mêmes intérêts en haut et en bas. L’intercommunalité aussi devrait rassembler des gens qui ont les mêmes préoccupations. Et si le pays du Mont-Blanc existe, là, on veut nous faire une intercommunalité avec quatorze communes très disparates. En même temps, certaines communes devraient pouvoir fusionner, comme Demi-Quartier et Megève. Quoi qu’il en soit, il faut pouvoir discuter de ces sujets avant de prendre des décisions. Mais quel est l’endroit où le citoyen peut s’exprimer là-dessus ? En fait, le maire a tous les pouvoirs et il décide sans jamais interroger le citoyen. Alors avec notre association, il a au moins la possibilité de dire quelque chose. Les gens peuvent ainsi commencer à poser des questions alors qu’ils n’ont jamais l’occasion de s’exprimer.
Comment votre association est-elle perçu par ces élus que vous n’hésitez pas à critiquer ?
On est respecté pour ce qu’on est. Et on n’est pas contre les élus, même si on ne va pas hésiter à publier un classement de ceux qui cumulent pour éclairer les citoyens. Mais on sait qu’on peut déplaire à des élus, car on s’immisce dans leur petit pré carré. Depuis que je me suis présenté aux cantonales, on m’a dit au moins dix fois que j’ambitionnais de le faire aux législatives de 2012. L’UMP est d’ailleurs prête à me donner l’investiture dans la vallée de l’Arve, ce que, bien sûr, je refuse. Le sous-préfet m’a même appelé monsieur le député. Dès que vous commencez à vous engager quelque part, on vous suspecte d’autre chose. Pourtant, je ne veux pas faire de politique.
Mais en vous présentant à une élection, vous êtes entré dans le jeu politique…
Oui, mais juste pour que les citoyens connaissent mieux les choses. Car notre petite expérience nous impose de les aider.
Et si vous étiez élu ?
J’aurais envie des défendre mes idées, car il y a tellement à faire. Et d’abord lutter contre le cumul des mandats qui est une catastrophe.
On peut d’ailleurs penser que si Gaymard, président du conseil général de Savoie et président de l’APS, estime que c’est à l’Assemblée Nationale qu’il faut débattre de la réforme des collectivités, c’est parce qu’il est député…
Bien sûr ! Pour lui, c’est une tare ce cumul. A cause de cela, il exclut du débat les Savoyards. Il pense que c’est au parlement de décider parce qu’il est parlementaire. On vit comme au temps du Moyen Age ! Mais quand on imagine le boulot d’un parlementaire et celui d’un président de conseil général, on se dit que c’est intenable. C’est comme Martial Saddier qui, à force de tout cumuler, est partout ailleurs. Il y a vraiment un combat à mener là-dessus et on sera ferme jusqu’au bout. Mais c’est une réforme qui va passer dans les années qui viennent.
Pour conclure sur cette réforme des collectivités locales, peut-on résumer votre position au désir de parvenir à une organisation territoriale fondée sur les trois échelons que sont la commune et la communauté de communes, le pays et enfin une région qui serait pour nous celles des pays de Savoie ?
C’est clair que ce sont les trois échelons que l’on met en avant et qui alimentent notre réflexion. Maintenant, ce qu’on veut, c’est permettre au citoyen de donner son point de vue. Celui du président de l’association est bien moins intéressant que la méthode que l’on souhaite mettre en œuvre. Et d’ailleurs, les membres de l’association pensent différemment. Alors c’est sûr qu’un jour ou l’autre on sera amené à prendre position, sans pour autant devenir complètement politique. Mais quand tu prends position, ça devient politique. Et les propositions vont arrivées car les citoyens ont plein d’idées.
Entretien : Brice Perrier
17:20 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : philippe deparis, citoyens, pays de savoie
11.04.2009
Avertissements sans frais

Dix ans après l'accident du tunnel du Mont-Blanc, l'Association pour le respect du site du Mont-Blanc nous rappelle que les poids lourds, non seulement polluent, mais peuvent également prendre feu. C'est ce qui s'est produit à plusieurs reprises lors d'un mois de mars particulièrement chaud malgré un trafic en baisse.
Pour le transport des ministres comme pour celui les marchandises, la solution reste le rail.
Retrouvez ci dessous le communiqué de l'ARSMB.
En moins d'un mois, plusieurs accidents, départs de feu, et incendies importants de camions se sont produits sous le tunnel du Mont-Blanc ou sur l'A40. Tous n'impliquaient que des camions:
- Fumées suspectes sous le tunnel dues à des ruptures de turbos de poids lourds, nécessitant la mise aux abris des usagers.
- Incendie d'un poids lourd à Vougy sur l'A40 nécessitant l'arrêt de circulation dans le sens Cluses-Annemasse.
- Accident d'une semi-remorque chargée qui se couche sur le côté au niveau des travaux de la 2x2 voies des Bossons à Chamonix.
- Incendie d'un poids lourd chargé sur l'A40 à Etrembières nécessitant l'arrêt de circulation durant de très longues heures.
Si aucune victime n'est heureusement à déplorer, force est de constater que ces « incidents » ont provoqué des bouchons importants et durables, et des difficultés pour les secours à intervenir rapidement.
L'Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc prend note d'un avertissement sans frais rappelant la face accidentogène d'un trafic poids lourds dont la très légère baisse n'est due qu'à la seule crise.
La communication paradisiaque d'ATMB dans la presse et sur les ondes se prévalant d'un souci permanent à l'égard de la sécurité des usagers et de l'environnement ne doit pas autoriser quiconque à baisser la garde. Au risque que les heures les plus sombres ne resurgissent sournoisement en pleine lumière, dix ans après.
Chamonix ce 10 avril 2009.
L'A.R.S.M.B.
21:59 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : camions, incendie, mont-blanc
10.04.2009
Même les ministres s'y perdent

La semaine dernière, les 28 et 29 mars, c'était le salon du livre d'Evian : Le Léman du livre. L'ancien ministre et toujours philosophe Luc Ferry y était aussi invité, mais n'est pas arrivé en temps et heure suite... à un problème de train. Car à Bellegarde, on quitte le TGV pour prendre des correspondances, et les trains sont doubles. A Annemasse, ils se coupent en deux : une partie pour la vallée de l'Arve et l'autre pour le Chablais. Luc Ferry s'est retrouvé à la Roche, direction Chamonix. Pas du tout sur la ligne d'Evian... Alors quand même les ministres s'y perdent, comment pouvons-nous nous y retrouver ? Si quelqu'un ose vous dire que les trains, chez nous, ça marche...
(photo: PLB)
21:43 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : train, évian, luc ferry
08.04.2009
C'est pas la faute à Rousseau
La municipalité de Chambéry a prévu de commémorer l’Annexion, en 2010, en fêtant notamment Jean-Jacques Rousseau, qui n’eut pourtant aucun rôle à jouer dans l’Annexion, si ce n’est, peut-être, de susciter des disciples républicains en Savoie. Mais cela ne joua justement pas de rôle en 1860 : cela n’en joua qu’en 1792 ! Il est de toute façon douteux que le séjour de Rousseau à Chambéry y ait créé des vocations républicaines spéciales : il n’avait alors encore rien écrit !
On sent bien le désir de la municipalité de Chambéry de se rattacher ostensiblement à la République française, puisque Rousseau est au Panthéon, à Paris. Or, en 1860, ce sont au contraire les catholiques qui ont encouragé les Savoyards à rejoindre la France de Napoléon III. De la part des Chambériens, cela manque un peu de cohérence, et même de dignité, à mon avis. Ils jouent la carte de la ville provinciale fidèle. Mais Chambéry a son histoire propre : elle n’est pas seulement une ville de la province française. Stendhal la louait, du reste, de ne pas imiter Paris. Ferait-il le même compliment aujourd’hui ? On peut en douter.
Pourtant, une voie de sortie est possible : un Chambérien important en son temps a joué un vrai rôle, dans l’Annexion : l’écrivain Jacques Replat, qui a vécu à Annecy, mais était né à Chambéry. Il a fait partie de la délégation des Savoyards qui se sont rendus à Paris pour que la Savoie ne fût pas partagée entre la France et la Suisse, et qu’elle demeure dans toute sa séculaire intégrité ! Replat fut lui-même catholique et patriote : il chantait la Savoie et ses grands hommes, dans ses livres. J’espère que ce n’est pas cela qui ne le rend pas enthousiasmant aux yeux des Chambériens actuels ; car le fait est qu’ils ne s’y intéressent guère.
Rémi Mogenet
09:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rousseau, annexion, chambéry



