30.05.2009
La tentation négationniste
Il y a cinquante ans, quand le monde avait encore des certitudes forgées dans les camps de concentration et la haine totalitaire, on nous a appris, à l’école, à la maison, dans la rue, à savoir dire oui... Il y avait bien ceux qui traînaient les pieds comme les gaullistes et les communistes. Ceux-là avaient fait capoter la Communauté Européenne de Défense, mais, malgré ces accrocs, nous, les jeunes de l'époque, nous savions que dire oui c’était mieux que de ronchonner dans son coin. Même les manifs et les grèves avaient quelque chose de constructif : on savait pourquoi on bougeait, on obtenait gain de cause, un ministre tombait et on retournait au boulot content... 68 est passé par là, les slogans les plus drôles ont fait florès comme « l'interdit d'interdire », « sous les pavés la plage »... Les communistes étaient accusés d’être « fachos », de même que les gaullistes. La lutte anti-nucléaire et le Larzac donnaient le ton des grands rassemblements contestataires. Pendant ce temps, l’Europe, celle des six, puis neuf, puis douze, puis quinze, jusqu'à vingt-sept, se construisait, à l’abri du tumulte hexagonal.
En 1979, la France, qui en était toujours à cet affrontement droite gauche (souvenez-vous Giscard contre Mitterrand) se réveilla un jour avec le devoir de voter pour des... députés européens. Ni une ni deux, la vieille pratique du cumul fut appliquée par notre classe politique complètement sclérosée. Fallait aller à Strasbourg, déjà pour montrer que ce n'était pas Bruxelles le centre de tout. Les autres Européens ont honoré alors une grande dame de la politique en élisant Simone Veil au perchoir de ce premier Parlement élu au suffrage universel. Mais depuis, les Français se sont installés dans l’indicible, quand un ministre se cramponne à son siège, quand un président se défile devant la justice ou, pire, quand il reprend sans honte le contrôle des médias à son profit personnel.
Oui, les choses ont bien changé : les Français ont montré leur détestable goût du dénigrement et de la division pour amener à Strasbourg des gus qui n’avaient pas grand-chose à y faire car ils n’avaient pas de « projet européen ». Ces mêmes gus qui ne faisaient pas pour autant avancer la démocratie chez eux. Mais comment en sommes-nous arrivés à léguer aux générations montantes la méfiance vis-à-vis de notre avenir ? Les scandales qui ont agité Bruxelles ne sont rien en comparaison avec ceux qui se déroulent tous les jours sous nos yeux et la monarchisation toujours plus forte du pouvoir en France. Et pourtant c'est Bruxelles et ses lobbies qui sont montrés du doigt comme si au Palais Bourbon et au sénat français, il n'y avait pas de forces occultes qui gangrènent notre vie politique nationale de façon bien plus grave. Nous avons été montrés du doigt, en son temps, quand on a vu que la France était derrière la Grèce pour la place faite aux femmes en politique. L’Europe nous a poussé à faire le ménage chez nous dans bien des domaines. Et aujourd'hui, on accuse cette même Europe de manque de clarté, car il y a des gens de gauche et de droite qui mènent ensemble les affaires. Les Suisses, qui regardent d’assez près nos convulsions, sont amusés car, chez eux, c’est une obligation que tous les partis présents au Parlement participent aux décisions et à l’autorité fédérale. On n’a jamais vu ça en France depuis 50 ans, hormis l’horrible débauchage de tel ou tel, à droite comme à gauche, que l’on oblige à renier l'appartenance pour accéder à des responsabilités souvent légitimes. C'est bien notre système stupide qui est en cause et non celui qui, comme en Allemagne aujourd'hui, réuni la droite et la gauche (CDU et SPD) dans un gouvernement mieux à même de lutter contre la crise.
Même les socialistes français, pourtant fervents défenseurs de l’Europe dans le passé, sont pris dans le tournis et veulent « déboulonner » la commission Baroso dans laquelle il y a pourtant des socialistes ! Heureusement, les Espagnols (aussi socialistes qu’en France !) et les Britanniques n’ont pas la même attitude bravache !
Autre aberration franco-française : le découpage électoral pour ce scrutin. C’est bien Paris qui a décidé de ces huit régions qui ne ressemblent à rien par peur de donner trop de sièges aux dissidents de tout poil, extrême droite et extrême gauche confondues. L'Europe demandait un scrutin de liste pour que toutes les tendances soient représentées. Et comme notre système politique est franchement réducteur, on n'a pas hésité à faire un découpage sans queue ni tête. Personne n’a véritablement moufeté ! L’Europe mérite mieux que cela tout de même !
On est surpris du peu d'intérêt des électeurs pour ce scrutin, mais les Français envoyés à Strasbourg font deux à trois fois moins de travail que leurs homologues des autres pays ! Ils passent leur temps dans leur circonscription, nous dit-on, mais, en fait, le vrai travail du Parlement européen se fait sans eux ! Quel gâchis ! Cette attitude « négationniste » de l’esprit français d’aujourd'hui est une plaie. Il y a un peu plus de 30 ans, quand je suis venu en Savoie, j’avais trouvé ici un comportement plus positif, moins dans le dénigrement qu’ailleurs dans l'hexagone... Malgré une certaine résistance à l’ambiance franco-française, les Savoyards sont soumis à cette dictature du « non par principe » instituée aujourd’hui en dogme. Nous devons y résister, c’est pourquoi, il faut aller voter le 7 juin prochain pour des gens, quelque soit la liste, qui ont montré leur intérêt pour les affaires intracommunautaires, pour qui l’harmonisation des normes ne correspond pas forcément à un renoncement aux valeurs. Chez les Verts, au Modem et ailleurs, ces gens-là existent. Ne croyons pas que tous sont pourris... En affirmant cela, c’est notre propre identité que nous salirions davantage. Un Savoyard, Michel Barnier, bien impliqué dans l'Europe, est en lice. Hélas, son chef lui a ordonné d’aller se battre en Ile de France. Il est obligé de se livrer à ce dernier hara kiri dans un parti totalement autoritaire. Ailleurs, c’est Vincent Peillon qui se demande quelle est la logique de son parachutage dans le Sud-est. Nos grands partis dominants sont pris de vertige antidémocratique. Ce n’est pas une raison pour bouder les urnes, bien au contraire !
Gérard Menachemoff
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27.05.2009
Toxiques Affaires
Ce vendredi 15 mai, à Chambéry, il fallait en vouloir pour braver la pluie et s’entasser dans l’atmosphère un brin désuète de la salle Jean Renoir. Ce vieux cinéma de quartier aux épaisses moquettes murales accueillait en effet, à l’initiative de l’association Vers un monde meilleur, le Professeur Claude Reiss, venu en voisin isérois nous parler du danger des molécules chimiques. Pas très fun pour un vendredi soir. Et il ne fallait pas compter sur les affichettes annonçant l’événement en lettres capitales - Cancer, alimentation et environnement : les liens - pour égayer l’atmosphère. Malgré tous ces éléments légèrement anxiogènes et la concurrence féroce, ce soir-là, d’un Thalassa spécial, Sur le sentier du littoral de Deauville à Dieppe , ils étaient une bonne soixantaine prêts à écouter religieusement les pourquoi et comment qu’on va tous mourir.
Après quelques soucis dus à un micro défaillant ou à la voix du Professeur Reiss un peu faiblarde, la conférence commence par ce constat alarmant, mais malheureusement sans surprise : le nombre de cancers a explosé ces dernières décennies. Les cas de cancers dans l’Union Européenne ont en effet doublé en un peu plus de vingt ans, passant d’un million deux cent mille cas en 1980 à deux millions trois cent mille en 2006 (source INED). Autre chiffre éloquent, les cancers du cerveau ont été multipliés par quinze en un siècle, et, de manière générale, les maladies neuronales (Alzheimer, Parkinson et autres scléroses en plaques) n’ont cessé de progresser de manière stupéfiante depuis les années quatre-vingt.
Pour Claude Reiss, au-delà de ces cascades de chiffres, il y a une réalité nommée pollution chimique. Une pollution omniprésente à laquelle nous sommes tous confrontés dans notre vie de tous les jours, comme l’explique le professeur. « Rien que dans une maison, le moindre objet du quotidien peut être composé de matières chimiques néfastes pour notre santé. Evidemment, en premier lieu notre alimentation, à cause des pesticides agricoles ou de certains additifs. Mais aussi les produits ménagers, par exemple les liquides vaisselles, ainsi que beaucoup d’objets auxquels on ne pense pas toujours, tels les plastiques des biberons ou le revêtement d’une boîte de coca. Et puis il y a surtout les cosmétiques, qui, pour la plupart, sont tellement nocifs qu’ils devraient selon moi être vendus en pharmacie. » Bref, quasiment tout notre environnement immédiat serait contaminé par les quelques 100 000 produits chimiques en circulation, un nombre qui augmente chaque année grâce aux 2 000 à 2 500 nouveautés qui arrivent sur le marché. Y en aura donc pour tout le monde. Mais nous ne sommes pas pour autant tous logés à la même enseigne. Ainsi, carte de France à l’appui, Claude Reiss démontre que les cancers du poumon sont beaucoup plus importants dans les zones de forte pollution industrielle, comme le Nord Pas de Calais et la Lorraine, qu’en Vendée, par exemple. Et de rajouter, sourire en coin : « La preuve que ce type de cancer n’est pas uniquement dû aux effets de la cigarette, car je pense pouvoir dire que l’on fume autant à Dunkerque qu’à La Roche-sur-Yon. »
Petite blagounette vite oubliée au moment d’entrer dans le vif du sujet, véritable cheval de bataille du Professeur pour lequel il s’active depuis des années : sa méthode d’évaluation de toxicité des produits chimiques. Fondée sur la toxicogénomique (observation de cellules mises en contact avec les produits chimiques), elle s’oppose à la méthode actuelle d’évaluation basée sur les tests effectués sur les animaux. Selon Claude Reiss, ces tests, aujourd’hui couramment pratiqués, ne permettent pas de bien évaluer les risques toxiques pour l’espèce humaine, car aucune espèce animale n’est le modèle biologique de l’autre. Reiss dénonce également un coût exorbitant de plusieurs centaines de milliers d’euros et de trois à cinq ans de recherche pour chaque produit chimique testé. « Ma méthode, elle, permet de tester la toxicité d’un produit en une semaine pour un coût avoisinant les dix mille euros. »
Malgré une certaine reconnaissance scientifique et un soutien de la part de responsables politiques, la toxicogénomique doit faire face à des oppositions en haut lieu et notamment au niveau de la Commission Européenne. Il faut dire que l’on touche là à certains intérêts qui dépassent largement le cadre purement scientifique. « Les députés européens ont voté majoritairement en faveur de la toxicogénomique, confie Claude Reiss. Ils ont parfaitement compris l’intérêt de cette méthode, mais c’est au niveau de la commission européenne que ça bloque. On voit ici les limites des institutions européennes. Car même si la Commission Européenne reconnaît notre travail, elle continue les tests animaliers, tout simplement parce qu’elle est influencée par les lobbies de l’industrie chimique. Aujourd’hui, les autorisations de mise sur le marché d’un produit dépendent de ces tests, bien plus faciles à manipuler. Et comme ce sont les industriels eux-mêmes qui les financent, ils n’ont aucun intérêt à ce que les choses changent. »
Loin d’être abattus par la surdité des pouvoirs publics européens, le Professeur Reiss et son équipe ont décidé de réagir en créant, il y a quelques années, une association, Antidote Europe, qui compte aujourd’hui six cents membres. Elle multiplie les actions internationales auprès des gouvernements européens et va jusqu’à défier par voie juridique la Commission de Bruxelles pour défaut de prise en compte de la santé des populations européennes.
Après une heure et demie de discours, la conférence se termine par la traditionnelle séance de questions du public, pendant laquelle une femme au crâne recouvert d’un foulard prend le micro et annonce son cancer du sein : « J’ai bu vos paroles, j’ai toujours fait attention à ce que j’ai mangé, je n’ai jamais été malade, mais après tout ce que vous avez dit, je vois bien que nous sommes intoxiqués… » Elle finit son intervention en sanglots avant de s’en excuser. Emotion dans la salle. Quant à l’ultime question, elle pourrait à elle seule résumer l’impression finale d’une soirée qui, bien que salutaire et instructive, peut laisser pensif. Interrogé sur la pureté de l’eau, Claude Reiss conseille d’abord de ne pas acheter d’eau en bouteilles à cause des composants plastiques… avant d’ajouter d’éviter également l’eau du robinet, car infectée par les tuyauteries, nous laissant ainsi bien désarmés avec le sentiment étrange d’être victimes d’enjeux qui nous dépassent.
La balle est désormais dans le camps des pouvoirs publics. A eux de prendre leurs responsabilités et de prouver leur indépendance d’esprit et de choix face aux toutes puissances industrielles. Le plus tôt sera le mieux…
Frédéric Delville
Plus d’infos sur www.antidote-europe.org
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26.05.2009
De Succo à Zucco

C'est l'histoire d'une trajectoire, folle et incontrolable. Une trajectoire teintée à l'hémoglobine, celle de Roberto Succo, tueur en série d'origine italienne. Vers la fin des années 80, il marqua son passage dans notre région par une série de meutres sans réelles motifs, d'enlèvements et d'agressions tout aussi gratuites. Détournant Succo en Zucco, Bernard-Marie Koltès, à l'image de son personnage, trangresse les codes de la société comme ceux du théatre. En l'élevant au rang de mythe, il réussit à transformer un fait divers condamnable en un drame où la poésie de son écriture sublime la folie de ses personnages. On se rappelle que cette pièce avait été déprogrammée à Chambéry au moment de sa sortie en 1991, après un débat mené jusqu'au conseil municipal. Elle fut considérée à l'époque comme une provocation à l'égard des familles des victimes. 17 ans plus tard, les ateliers amateurs du chapiteau théatre compagnie remontent la pièce sous chapiteau à Curial, à quelques centaines de mètres de l'Espace Malraux où elle aurait dû se jouer à l'époque. Une revanche pour cette oeuvre considérée par des metteur en scène comme Bruno Boeglin ou Jean-Louis Martini comme une pièce majeure du théatre contemporain qui nous renvoie simplement à la violence du monde réel. Après une première représentation donnée hier, une nouvelle occasion de découvrir Roberto Zucco vous sera donnée lundi prochain : ne le ratez pas.
ROBERTO ZUCCO, une pièce de Bernard-Marie Koltès.
Interprétée par le chapiteau théatre compagnie.
Mise en scène de Stéphanie Migliorini.
Prochaine représentation Lundi 1er juin à 20h30 sous chapiteau. Tarif unique : 6 Euros. Rens et résa : 0686402246.
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23.05.2009
Le citoyen européen parlera-t-il esperanto ?
L’Europe, aujourd’hui, c’est quoi ? Que représente-t-elle pour l'Européen moyen qui n'ira sans doute pas voter le 7 juin prochain ? Pas grand-chose. Mais quand même au moins une monnaie, l'euro. Peut-être aussi une Commission très lointaine cherchant à concilier les exigences des Etats et celles de différents lobbies. Ou alors l’Eurovision, cette vision d’un continent où à peu près tout le monde s’exprime en anglais et où les femmes - qu’elle viennent d’Ukraine, d’Albanie ou d’Espagne - briguent la palme de la plus chaudasse en s'affairant à devenir des clones de Beyoncé. Une vision que notre invité, Kristian Garino, s’est bien gardé de regarder. Le modèle anglo-saxon dominant l’Europe comme il domine le monde, c’est le véritable fléau pour ce Savoyard qui voit la langue anglaise comme un outil utilisé par ceux qui gouvernent, principalement en coulisse, pour nous asservir. Et oui, Garino, il y va franco. Pour les dernières présidentielles (Voir Voix des allobroges n°12), la lettre qu’il a envoyée à tous les maires de France pour réclamer leur parrainage les invitait ainsi à prendre acte du « coup d’état du 11 septembre ». « Personne ne s’en est plaint dans les 150 courriers que j’ai reçus en réponse, précise-t-il. Les gens prennent de plus en plus conscience de ce genre de manipulation. » Aujourd’hui, Kristian se présente aux élections européennes dans la circonscription du Sud Est à la tête de la liste Europe Démocratie Esperanto (EDE), un parti qui sera présent dans toutes les circonscriptions françaises. Tarin installé à Chambéry enseignant l’histoire-géo - « et la citoyenneté », précise-t-il – au collège de Novalaise, il a pour ambition de faire comprendre que la pratique de l’esperanto est l’unique moyen d’arriver à une communication saine et constructive entre des Terriens, et d’abord des Européens, appelés à prendre en mains leur destin de citoyen. Et si c’était vrai ?
Kristian Garino, pourquoi se présenter aux élections européennes pour prôner l’esperanto ?
Depuis des années, on a fait pas mal de tentatives pour interpeller les députés sur le sujet, notamment à propos de l’option esperanto au bac. Mais on n’a rien obtenu et ils ont joué de notre crédulité. Alors en restant dans l’optique de toucher le public, le plus évident était d’aller aux élections européennes. Les gens de l’esperanto n’étaient pas vraiment murs pour faire ça, mais, à une poignée, on s’est quand même lancé en 2004. Aujourd’hui, EDE est largement reconnu par le mouvement esperanto. Et on peut retourner à ces élections européennes en étant plus rodé.
Des listes EDE seront-elles présentes dans plusieurs pays ?
On sera en France et en Allemagne. Normalement, on aura du être présent dans quatre ou cinq pays, mais il y a des endroits où les élections sont complètement verrouillées. En Allemagne, on demande 4000 signatures pour pouvoir présenter une liste, mais, dans certains pays, il en faut 100 000 ou alors il y a un véritable barrage financier.
Ce n’est pas le cas en France ?
Non, il n’y a pas de ticket d’entrée. Tu réunis ce que tu veux comme pognon et si tu présentes des comptes validés par un expert comptable à la commission nationale des comptes de campagne, ça ouvre le droit à une défiscalisation à 66%.
Reste à payer les bulletins…
Oui, et si jusqu’en 2007 il n’y avait pas de taille prescrite, depuis un décret passé par Sarkozy, un format A5 est exigé. C’est un peu grand. On aurait préféré faire des trucs plus petits pour économiser de l’argent et du papier. Mais les grands partis, eux, s’en moquent, car ils sont sûrs d’être remboursés en faisant au moins 3%. Ils peuvent donc se permettre d’imprimer, rien que pour la circonscription du sud est, sept millions de circulaires envoyées avec sept millions de bulletins de vote, plus sept autres millions de bulletin destinés aux mairies. Un vrai gachis écologique. Nous, avec 50 à 60 000 euros, on va quand même pouvoir mettre des bulletins partout, même si on n’en distribuera que les mairies un nombre correspondant à 10% des électeurs inscrits. Et pour la Savoie et la Drome, on a cassé notre tirelire : une profession de foi y sera envoyée dans tous les foyers inscrits. On verra si y a un impact. Mais de toute façon, la première chose qu’on veut décrocher, c’est une certaine médiatisation. Car les élections, c’est le seul moment où on peut exister. Et bien qu’on soit vu comme des utopistes, au moins, ça brasse un peu.
Pour donner un avant-goût aux Savoyards qui vont donc recevoir votre profession de foi, quel est le programme proposé par EDE ?
On prétend refonder la démocratie, même si c’est un peu emphatique. Le débat citoyen n’existe pas du tout au niveau européen. Et on pense que le préalable à ce débat, c’est une langue commune. C’est le ciment d’un état d’esprit. Mais jusque-là, l’Europe reste une étrangeté. Quand je demande à mes élèves s’ils se sentent européens, à peine deux ou trois lèvent la main. Déjà, au niveau national, les gens sont un peu débordés par la démocratie, mais, à l’échelon européen, c’est encore pire. Sans doute parce que c’est une démocratie très indirecte, court-circuitée par près de 5000 bureaux de lobbies installés à Bruxelles pour influencer le travail de la commission. Ça ne poserait pas de problème si le Parlement était un vrai contre-pouvoir, mais ce n’est pas le cas. Cette structure européenne permet à une sorte de gouvernement parallèle de faire la loi en Europe. Et depuis 1961, ils ont décrété que la langue européenne serait l’anglais. Cela permet de renforcer l’Empire américain, et même si la France joue parfois au canard noir, on arrive quand même à la tenir en laisse.
Pour vous, l’esperanto serait le seul moyen de contrer cet empire ?
C’est à mon avis le seul moyen pacifique, et je ne vois pas d’autres options que pacifiques. La violence, c’est leur méthode à eux. Mais à terme, il ne peut y avoir d’émancipation que par la culture et la démocratie. Alors la France a bien réussi l’unité linguistique par la force, en tuant les langues régionales. Et c’est cette unité linguistique qui a permis l’unité de la République. Mais on ne veut pas faire ça avec l’esperanto. Il faut accepter la diversité et toutes les langues.
Vous êtes dans une approche fédéraliste ?
Personne ne veut aujourd’hui prononcer ce mot, mais il n’y a pas d’autre solution. Au début, on voulait parler de langue fédérale, mais cela n’a pas été accepté car certains pensaient que ça ne serait pas compris et deviendrait contre-productif. Pourtant, un véritable fédéralisme est le moyen de s’opposer à des groupes de pressions multinationaux très puissants. S’il y avait une véritable répartition démocratique des compétences entre les différents échelons régionaux, nationaux et européens, ce serait beaucoup plus difficile pour les sphères de pouvoir qui se cachent derrière les Etats d’exercer leur contrôle, notamment par leur pouvoir sur la monnaie.
Et vous pensez arriver à lutter contre ses sphères de pouvoirs à l’aide d’une langue aujourd’hui ultra-marginale ?
On nous dit toujours qu’on est utopiste, mais, dans l’histoire, des utopies sont devenues des réalités, même si d’autres problèmes ont pu survenir après coup. Ne serait-ce que la pensée écologique. Ceux qui défendaient cela étaient vus il n’y a pas longtemps comme des utopistes. Et aujourd’hui, même si ça peut être récupéré, la parole écologique est sur toutes les lèvres. L’esperanto est un moyen pour le citoyen européen aujourd’hui affaibli de commencer par établir une communication. Alors l’idée est de prendre à témoin les Européens et de leur dire qu’ils doivent faire des choses eux-même. Car s’il est certain qu’on entre dans une mondialisation, le problème, c’est laquelle. Il faut donc déjà en parler et construire l’unité européenne comme une étape. Sauf que, jusqu’alors, il n’y a pas de cohésion, car il n’y a pas de langue commune.
Il y a bien l’anglais qui sert de langue internationale. Et il a peut-être l’avantage d’être une langue relativement simple…
Elle reste sélective et les locuteurs d’Angleterre auront toujours un avantage indéniable. Rien que le fait d’admettre qu’une langue nationale devienne commune, pour moi, c’est non. D’ailleurs, jamais un homme n’a vanté cela, d’où le principe du multilinguisme appliqué à l’échelon internationale, qui dit que toutes les langues se valent, même si certaines plus que d’autres. L’anglais a ainsi pu être imposé à la Banque centrale européenne, mais c’est parce que l’Empire anglo-américain a triomphé et qu’une aristocratie moderne a décidé que l’anglais devait s’imposer. Après, quand on dit que l’anglais est facile à bien parler, c’est faux, à part pour ceux qui le pratiquent de manière très courante. L’esperanto est infiniment plus facile à apprendre que l’anglais, mais c’est un discours que personne n’entend car le sujet est tabou dans les médias. L’apprentissage de l’esperanto est sept à dix fois plus rapide que celui de n’importe quelle langue. Après une heure de cour à des élèves de 6ème, je peux leur faire faire une dictée avec les correspondances phonétiques sans la moindre faute. C’est une langue d’une souplesse incroyable qui permet une communication simple et efficace. Et ce qu’on veut, c’est donner aux gens la communication universelle comme principe de base.
Combien d’hommes parlent l’esperanto dans le monde ?
Entre un… et dix millions ! En fait, c’est inchiffrable. Mais c’est une des langues les plus utilisées sur internet, car les gens qui parlent l’esperanto recherchent la communication.
Quel pourrait être le déclic qui ferait que cette langue déjà assez ancienne s’impose finalement aujourd’hui pour transformer les relations internationales ?
Je n’en sais rien. Il faudrait déjà que les gens comprennent que l’anglo-américain va nous foutre dans la merde jusqu’au coup. Car le projet anglo-américain est morbide pour la planète et Obama n’y changera rien. D’énormes défis se posent à nous qui ne pourront être résolus qu’avec une reprise en main citoyenne et une véritable prise en compte de l’environnement, de la démographie et des relations internationales. On sait qu’il va y avoir des pots cassés, mais les Européens se disent sans doute encore, dans cette crise fabriquée par d’autres, qu’ils ne s’en sortent pas trop mal. Alors le déclic arrivera peut-être quand ça fera encore un peu plus mal. Mais nous, au moins, on aura posé des jalons et dit que certaines choses existent.
Le mot de la fin en esperanto ?
Esperanto staras kiel trezoro kiu kreskas kiam disigita. (L'esperanto est un trésor qui grandit quand on le partage)
Entretien : Brice Perrier
12:45 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : esperanto, europe, élections, kristian garino
19.05.2009
La Savoie porte-drapeau de la francophonie
Récemment, à Seynod, près d’Annecy, a eu lieu, à l’initiative de la Société des Auteurs savoyards, un forum de la Francophonie qui a accueilli
beaucoup d’écrivains illustres, parmi lesquels se trouvaient quelques Savoyards, tel Maxence Fermine ; les membres de la Société des Auteurs savoyards ont pu également présenter leurs œuvres au public. Des conférences furent organisées, où l’on parla de l’avenir de la Francophonie, et de la diversité en son sein.
Dans le livret de présentation, se trouvait un texte d’Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuelle de l’Académie Française, qui évoquait l’histoire littéraire de la Savoie. On pouvait y lire ceci : “province française depuis 150 ans seulement mais qui a donné au français certains de ses meilleurs écrivains, il n’est pas étonnant que la Savoie se saisisse aujourd’hui du drapeau de la Francophonie”. De belles paroles, émanant d’une dame dont je sais qu’elle connaît bien les écrivains savoyards ! Elle a du reste défendu une idée que j’ai moi-même défendue, sur l’influence de Xavier de Maistre (ndlr: dont vous pouvez découvrir le portrait ci-dessus) en Russie : par ses nouvelles Les Prisonniers du Caucase et La Jeune Sibérienne, cet écrivain de l’ancienne Savoie a créé un genre nouveau dans une Russie jusque-là surtout lyrique et épique, et peu portée au romanesque. Xavier de Maistre était marié à une tante de l’épouse du poète Pouchkine, le père de la littérature russe ; et il vivait à Saint-Pétersbourg à une époque où l’aristocratie russe affectait de bien connaître le français et plaçait ses enfants dans des établissements tenus par des Jésuites. Or, les frères de Maistre, en Russie, furent très proches de ceux-ci. On dit même que beaucoup de Russes se convertirent au catholicisme en devenant de fervents adeptes de l’Introduction à la vie dévote, le principal livre de piété François de Sales, après justement que Xavier de Maistre l’eut répandu autour de lui. On peut donc remercier Hélène Carrère d’Encausse de son rappel gracieux.
Cependant, il faut admettre que le problème du statut de la littérature savoyarde en France n’a pas encore été résolu, malgré l’accueil plutôt chaleureux de l’Académie Française, qui doit tant à Vaugelas, et qui accueillit, en son sein, l’excellent Charles-Albert Costa de Beauregard, il y a environ un siècle. Autrefois, la Savoie n’appartenait qu’à la Francophonie ; aujourd’hui, elle appartient à la France. Et ainsi, on ne sait pas où mettre les anciens écrivains savoyards. La conséquence en est, à mes yeux, que les institutions n’assument pas ce patrimoine. Celles-ci sont d’ailleurs orientées dans le sens du patriotisme républicain, je crois ; elles ne sont donc pas propices à l’intérêt qu’on pourrait porter à la littérature de l’ancienne Savoie. La Francophonie ne résout pas le problème, puisqu’elle est essentiellement un organe de coopération entre l’État français et des pays étrangers, la plupart du temps anciennes colonies. Là aussi, le ressort en est politique.
Les conférences que j’ai pu entendre à Seynod parlaient plus, selon moi, de politique que de littérature. La place de la littérature française dans le monde est une question qui a trait au marché du livre francophone tel qu’il peut être soutenu par les États. Mais même la problématique d’un apport culturel d’origine étrangère au sein de la création littéraire n’a pas à ma connaissance été abordée. On pourrait par exemple se demander si la tendance à mettre en français les épopées orales africaines, ou à reprendre dans des livres actuels l’histoire de la Savoie ducale, pouvait renouveler une inspiration littéraire essoufflée par sa restriction à Saint-Germain-des-Prés. Je dois dire que je n’ai pas noté de réflexion sur ce sujet. Il n’est donc pas étonnant que l’on n’ait pas non plus évoqué le statut des anciens auteurs savoyards.
Rémi Mogenet
16:59 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : savoie, francophonie, hélène carrère d'encausse, xavier de maistre
17.05.2009
Coup de gueule !
Coup de gueule ! C'est ainsi qu'est titré le communiqué publié ci-dessous que vient de nous envoyer l'Association pour le respect du site du Mont Blanc. Et si l'ARSMB pique une colère, c'est qu'elle est aujourd'hui exaspérée tant par les fourberies des gouvernants que par l'absence de mobilisation populaire pour imposer aux décideurs de prendre enfin les décisions qui s'imposent en matière de transport de marchandises.
Bref, là encore, la duperie des gouvernants est facilitée voire incitée par l'apathie de la population. Cela va durer encore longtemps ?
Hypocrisie, posture et forfaitures.
Stop, n’en jetez plus, la cour est pleine :
Au global, le Grenelle de l’Environnement enterré dans les couloirs de l’Assemblée, les programmes autoroutiers relancés, le ferroutage Luxembourg/Perpignan arrêté, le Lyon/Turin ferroviaire enlisé, les méga camions de 60 tonnes bientôt autorisés, le doublement du tunnel routier du Fréjus commencé, etc …
Face à ce festival de fourberies, l’heure est venue de nominer les responsables :
A tout seigneur, tout honneur, c’est au super-ministre Borloo que revient haut la main la médaille d’or. C’est lui qui porte entièrement la responsabilité de l’enlisement du Grenelle des transports. Médaille d’argent, son Secrétaire d’Etat Bussereau pour qui c’est confusion et débandade face à la pression des lobbys routiers et industriels. Médaille de bronze pour leurs affidés, ces députés amendeurs nocturnes et pdg publics formatés en apôtres du système. Tous ensemble, ils ont renié leurs promesses et tourné le dos à cette vérité qui dérange : l’urgence du transfert modal pour cause de changement climatique.
Au local, l’indifférence des populations à notre encontre, la démobilisation des adhérents, les agressions physiques et verbales de certains, la rancœur de pseudo-militants et les coups bas en tous genres.
Ni dupes ni soumis.
A l’ARSMB, c’est à nouveau la défiance envers un ordre établi que nous ne reconnaissons plus. Pourtant on y a cru. Deux années passées à positiver, à participer, à croire qu’un autre monde des transports était possible. Nous étions persuadés que la crise économique et financière qui nous touche de plein fouet serait l’élément déclencheur de cette opportunité.
Aujourd’hui finies les concessions. Plus question de s’accommoder. Ce n’est pas de l’incompréhension que nous ressentons, mais de la colère.
C’est pourquoi ce contexte délétère nous contraint à annuler l’édition 2009 de la montée à vélo prévue le 6 juin.
Nous restons l’arme au pied, libres de nos pas.
Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc.
11:47 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arsmb, transport modal, borloo
14.05.2009
Deux affaires qui tuent
Vendredi 15 et samedi 16 mai, deux films du réalisateur Bernard Nicolas seront projetés à Cran Gevrier à la Turbine, dans le cadre de rencontres débats organisées par l'association Survie 74. Deux films qui soulèvent deux affaires africaines, ou françafricaines, ayant abouties à la mort de deux hommes.
Tout d’abord L’assassinat du juge Borrel, une affaire française, vendredi à 20h30, qui relate l’histoire d’un meurtre maquillé en suicide. Ensuite Guy André Kieffer, un journaliste qui dérangeait, samedi à 18h, où l’on découvre comment un journaliste économique expert de la filière café-cacao peut déranger aussi bien la Côte d’Ivoire que la France et finir par disparaître.
La femme du juge Borrel, le frère de Guy André Kieffer et le réalisateur de ces deux films seront présents pour les débats qui suivront la projection de ces documentaires.
Pour en savoir plus, découvrez ci-dessous une présentation de ces affaires et des objectifs de l’association Survie.
L’affaire Borrel : Il y a quatorze ans, Bernard Borrel, juge français en poste à Djibouti, était retrouvé mort. Bernard Nicolas a enquêté durant plus de huit ans et livre ce document, plongeon édifiant dans les méandres d'une mystérieuse affaire. Tout a débuté le 19 octobre 1995, dans la république de Djibouti. Ce jour-là au petit matin, on découvre le corps calciné de Bernard Borrel, juge français envoyé comme coopérant dans cette ex-colonie. L'ambassade de France conclut au suicide. C'est la thèse qui sera retenue par la justice française. Pourtant, la veuve du magistrat ne croit pas à cette version. Dès mars 1997, elle porte plainte pour assassinat et entame un long combat. En 2002 enfin, le nouveau juge d'instruction - nommé après le déssaisissement des deux précédents - fait exhumer le corps de Bernard Borrel pour procéder à une nouvelle autopsie. En mars 2003, deux expertises révèlent que le juge avait été battu à mort avant que son corps ne soit calciné. Le supposé suicide devient bel et bien un assassinat. Depuis, deux questions restent entières : qui a fait assassiner le juge français ? Et pourquoi ? Les soupçons de la justice se sont portés sur l'entourage de l'actuel président djiboutien, Ismail Omar Guelleh. Le dossier embarrasse Paris, qui entretient de très bonnes relations avec son ancienne colonie, principale base militaire française en Afrique. L'affaire Borrel tourne à l'affaire d'État. Bernard Nicolas, le premier journaliste à avoir mis en doute la thèse officielle du suicide, produit de nouveaux documents et des témoignages inédits, qui éclairent les dessous de cette affaire.
Guy André Kieffer : Le 16 avril 2004, le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer a été kidnappé par un commando sur le parking d’un supermarché d’Abidjan, après avoir été attiré dans un piège par Michel Legré, beau-frère de Mme Simone Gbagbo, l’épouse du président Laurent Gbagbo. Michel Legré a été mis en examen le 21 octobre 2004 par le juge d’instruction français Patrick Ramaël pour “enlèvement et séquestration”. Supposé être placé en résidence surveillée à Abidjan, après un an et demi de détention, il circule pourtant librement, y compris hors du pays. Jean-Tony Oulaï, un ressortissant ivoirien se disant “ex-capitaine” de l’armée, et que certains témoins accusent d’avoir supervisé l’enlèvement du journaliste, a également été mis en examen pour “enlèvement et séquestration” en janvier 2006 en France et placé en détention. Mais l’enquête se heurte aux relations difficiles entre la France et la Côte d’Ivoire, aux difficultés pour mener des recherches sur place, et à l’omerta qui entoure les protagonistes de l’affaire, tous proches de la présidence ivoirienne.
Survie est une association (loi de 1901) qui milite en faveur de l’assainissement des relations franco-africaines et contre la banalisation des génocides. Elle fonde son action sur la légitimité qui incombe à chaque citoyen d’interpeller ses élus et d’exiger un contrôle réel du choix politique dans tous les domaines. Elle fonde son engagement sur la constatation que les problèmes de développement en Afrique sont avant tout d’ordre politique. Survie mène ainsi des campagnes d’information et de sensibilisation et réalise un travail d’interpellation des responsables politiques français. Ainsi Survie dénonce le soutien de la France aux dictateurs africains et milite pour la vérité et contre l’impunité des crimes de la France en Afrique.
10:27 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : affaire borrel, guy andré kieffer, bernard nicolas
11.05.2009
Le pot de terre ne veut pas casser
Le mois dernier, la Cour de Cassation a confirmé l’irrecevabilité de sept parties civiles qui contestaient les conclusions de la juge d’instruction dans l’affaire de l’incinérateur de Gilly sur Isère. Parmi ces parties civiles à qui l’on refuse le droit d’agir en justice, alors même que l’avocat général près de la Cour de Cassation avait produit un réquisitoire en leur faveur, se trouve l’Association citoyenne active de lutte contre les pollutions.
Dénonçant des décisions de justice qu’elle juge inacceptables, l’ACALP appelle à un rassemblement le 13 mai à Albertville pour témoigner devant la machine judiciaire de la résistance du pot de terre. Voici son communiqué.
L’ACALP, Association Citoyenne Active de Lutte contre les Pollutions, organise un rassemblement devant le Palais de Justice d’Albertville mercredi 13 mai 2009 à partir de 17h3O. Elle invite élus et population à venir la soutenir.
Depuis la fermeture de l’incinérateur de Gilly sur Isère en 2001, près de 8 années, la population et les victimes sont suspendues aux lenteurs et décisions judiciaires… Au fil des années le dossier a été vidé de son contenu, il n’y a plus ni victime ni responsable et encore moins de pollution, juste quelques infractions à la réglementation.
Que cette justice porte mal son nom !
D’irrecevabilités de parties civiles en multiples rejets, recours et reports d’audiences, d’expertises incohérentes en non-lieux déresponsabilisants, les techniques juridiques ont tendu à réduire peu à peu la réalité de cette catastrophe et de ses conséquences, dépossédant les victimes de leurs droits et déresponsabilisant les coupables.
Pour exprimer cette volonté qui nous a fait espérer en une justice respectueuse qui nous permette de savoir, de comprendre, de nous protéger, qui sanctionne les coupables, tous les coupables ;
Pour qu’enfin l’on puisse tirer les leçons des désastres sanitaires, environnementaux ;
Pour montrer la détermination citoyenne ;
Pour dire que le pot de terre ne veut pas casser devant le pot de fer…
10:42 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : acalp, justice, gilly sur isère
08.05.2009
Serez-vous le plus con du monde ?

Dans cette merveilleuse vallée de Thônes, se déroulera en septembre la 5ème édition de l'événement culturel majeur des pays de Savoie : le festival du film à la con. L'année dernière, nos amis les frères Roger avaient fait le déplacement depuis le triangle de Bornachon, mais ils étaient repartis sans rafler le connard d'or, ni même le moindre prix d'ailleurs, et cela malgré leur haut niveau de connerie. C'est que la concurrence est rude. Et certains artistes à la con peuvent parfois venir du bout du monde pour participer à la compétition thônaise.
Les Rogers seront sans doute encore présent en 2009 (et plus cons que jamais), mais, vous aussi, vous pouvez vous lancer dans l'aventure et être sélectionné pour participer à ce festival qui se tiendra en septembre. L'appel aux films à la con vient même d'être lancé et nous vous proposons maintenant de découvrir le communiqué des gentils organisateurs, l'association Label vie d'ange, qui vous donne les règles du jeu et vous invite à la création. Alors tentez votre chance et, qui sait, ce sera peut-être vous le plus con du monde qui repartira avec le prix du grand connard.
« euh … le festival des films les plus sélectionnés pour avoir envie de vivre »
- Festival les 11 et 12 septembre 2009 à Thônes.
- Réception des films avant le 15 juin 2009.
- Durée 6 minutes maximum avec titre et générique.
- Le film à la con est, par définition, accessible à tout le monde.
- Le film doit mettre en scène au moins un être humain.
- Film fabriqué pour le festival (sinon… ne le dis pas).
« - ça t’amuses ?
- oui
- t’as rien d’autre à faire ?
- non »
Extrait de « Le grand voyageur », prix du meilleur acteur 2008.
Les 11 et 12 Septembre 2009 se déroulera, à Thônes (74), le Festival International du Film à la Con. Nous lançons dés aujourd’hui notre appel à film. Les films à la CONpétition devront être envoyés avant le 15 Juin 2009.
Appel aux films à la con
La connerie est accessible à tout le monde, c’est pourquoi nous attendons avec impatience les films à la con de chacun. Ces films devront faire 6 minutes maximum (titre et générique inclus) et mettront en scène au moins un être humain. Le film à la con est fabriqué pour le festival. Mais surtout il doit être envoyé à l’équipe du festival avant le 15 Juin 2009. Evidemment, le Festival étant International, vous pouvez nous envoyez vos films de l’étranger mais n’oubliez pas de les sous-titrés en Français.
Le Festival du Film à la Con
Nous avons voulu, après bien des précurseurs, que le Festival des Films à la Con entre dans la petite et la grande histoire cinématographique, « Le Septième Art étant souvent l’expression de Cons géniaux… » comme l’a confié, un Maître du genre, Jean Renoir à un ami super cool !
« Comment est-on passé du Sexe de la femme (Le Robert de poche dixit) au Imbécile, idiot (Le Robert de poche bis), et qu’est ce qui nous vaut aujourd’hui de trouver con, tout et n’importe qui, et de rester con lorsqu’on nous en demande une explication ?»
Et c’est grâce aux énergies et à la créativité de chacun, professionnels et amateurs, que nous pouvons essayer de répondre à ces interrogations lors du Festival International du Film à la Con qui se déroulera les 11 et 12 Septembre 2009 à Thônes (74) . Tout l’objectif du festival est là : rassembler des gens et des initiatives. « Nous avons tous les clefs de la connerie. »
Nous remettrons des prix pour féliciter chacun :
- Le prix du grand connard (le plus con du monde)
- Le prix de la meilleure actrice (eur) (ne joue pas au con)
- Le prix du public (quel bande de con)
- Le prix du scénario (je pense que c’est trop con)
- Le prix de la réplique (elle est bien bonne celle-là)
- Le prix du petit con (rien à dire, c’est parfait)
- Et peut être le prix du jury (…)
L’année dernière le Festival à rassembler 400 personnes le vendredi, et 598 le samedi. Nous espérons, cette année, que cette manifestation attire davantage de spectateurs.
ASSOCIATION LABEL VIE D’ANGE
E : contact@labelviedange.com
T : 04 50 66 86 43 – 06 70 36 21 77
A : studios le sonotone
10, rue louis haase – 74230 thônes
www.dailymotion.com/festifilmalacon/
10:58 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.05.2009
Question d'empreinte
Est-il possible de la mesurer l'empreinte que chacun d'entre nous a sur l'environnement de par sa consommation en ressources naturelles ? Oui, c'est ce qu'on appelle l'empreinte écologique.
Cette empreinte peut notamment se mesurer en terrain de foot utilisés pour satisfaire à vos besoins. Sur le site d'Agir 21, vous pouvez ainsi calculer votre empreinte personnelle en unités footbalistiques (http://www.agir21.org/flash/empreinteecoweb/loadcheckplugin.html). Tout cela en sachant qu'un Européen utilise en moyenne dix terrains et un Américain environ vingt, alors qu'une répartition équitable au niveau planétaire laisserait à chaque être humain la jouissance de trois terrains de foot seulement.
Une des questions principales qui se posent à nous dès à présent est donc de trouver comment réduire notre empreinte écologique. Mais pour cela, le préalable est sans doute de déjà bien savoir la mesurer. Pour nous aider à mieux cerner cette question d'empreinte, l'association Chiche Chambéry organise une conférence sur le sujet ayant comme intitulé : « L'empreinte écologique, un véritable indicateur alternatif ? » Nous vous laissons découvrir ci-dessous leur communiqué de présentation.
Cette conférence s'articulera autour d'Aurélien Boutaud, membre de la rédaction d’EcoRev’, revue critique d'écologie politique, et auteur du livre "L’empreinte écologique" aux éditions La Découverte. Aujourd'hui, l'empreinte écologique est l'indicateur alternatif qui connaît le succès le plus spectaculaire. A Chambéry par exemple, on la retrouve dans la démarche de l'agenda 21 local. « Nous devons nous mobiliser pour des objectifs ambitieux et pour cela, mettre en place des indicateurs pour mesurer notre empreinte écologique avant d'engager des actions pour l'améliorer », justifie Henri Dupassieux, l'adjoint chargé du développement durable. Mais quels sont les rouages et les mécaniques de l'empreinte écologique ? Aurélien Boutaud se penchera sur les entrailles de cet indicateur. Dans un monde dominé par les chiffres, ils nous expliquera dans quel contexte idéologique l'empreinte écologique a été conçu, ce qu'elle mesure exactement, ce qu'elle ignore, quels sont ses principaux manques, mais aussi ses atouts indéniables.
Jeudi 7 mai, 19h30, Espace Pierre Cot, Chambéry
19:38 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : empreinte écologique, chiche, chambéry



