29.07.2009

Envoie du Gros sur le Tour

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Nous avions donné rendez-vous au col de Bluffy à tous ceux qui voulaient représenter les couleurs de la Savoie sur le Tour de France. Une fois sur zone, l'objectif est d'avoir une bonne place pour être vus et entendus. Mais certains fans du Tour étant là depuis la veille, on doit sortir immédiatement notre botte secrète : du reblochon et de l'EPO (Eau Pastis Olive). Les négociations se déroulent ainsi dans la bonne humeur et nous voilà bien installés. Toutes les deux minutes environ, les drapeaux de Savoie et les snailles snaille.jpgvont s'agiter au passage des coureurs. Au fil des heures, l'ambiance, tout comme la météo, devient électrique : les gendarmes se font narguer, les spectateurs se mettent au milieu de la route, un trublion suit les coureurs en ski de fond au son des cloches… Et là, c'est au tour d'Armstrong d'attaquer la montée. Il doit envoyer du gros s'il veut revenir sur Contador. C'est peut-être la raison pour laquelle le caméraman préfère alors détourner son objectif de Lance Armstrong pour faire un zoom sur une bannière « Envoie du Gros ». banderolle envoie du gros.jpgMais qui sont ces deux jeunes hommes qui arborent le nom de notre association ? Installés légèrement plus haut qu’eux, nous n'avons malheureusement pas pu les remercier. En tout cas, grâce à eux, l'objectif est pleinement atteint. Même la télé britannique a diffusé ce passage en direct ! On peut rentrer avec de bons souvenirs de cette journée sur le Tour. Mais on fera encore plus fort en 2010 !

www.envoiedugros.fr

 

26.07.2009

Les frères Roger font leur cinéma

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L’été ne résume pas à l’alternative plage ou alpage. Nous ne rechignons pas à poser nos séants dans les fauteuils, plus ou moins confortables, d’une salle obscure et fraîche. Nous avons dans notre besace de quoi satisfaire les spectateurs les plus exigeants, dont vous faites partie à coup sûr évidemment. Bien sûr, nul besoin de monter à la capitale pour les voir, ils seront tous à l’affiche de votre cinéma de proximité préféré.

Soyons galants, commençons par Jaffa, un film israélien de Keren Yedaya (sorti le 10 juin dernier). Autant vous dire les choses franchement : nous pensions dormir pendant cette projection. Nous nous étions judicieusement assis sur la dernière rangée de fauteuils, loin de nos collègues exploitants venus assister à ce visionnement qui clôturait l’assemblée générale de l’ACRIRA (Association des Cinémas Indépendants de la Région Alpine), dans la très belle et vaste salle de la Mure (Isère). On pensait que ce serait une énième variation sur le conflit israélo-palestinien, idéale pour un petit clopet.

Eh bien nous n’avons pas fermé l'œil, happés que nous fûmes dès les premiers plans par cette tragédie moderne, située comme le titre du film l’indique à Jaffa. Une histoire d’amour impossible entre Mali, jeune israélienne de 21 ans, fille de Reuven qui tient un garage, et Toufik, employé Arabe de ce dernier. Nous  ne vous dirons rien de plus pour ne pas vous priver du plaisir et de l’émotion que nous avons eus à nous laisser entraîner par le grand talent de cette réalisatrice, déjà remarquée il y a 5 ans avec Mon trésor. La force et la justesse des interprètes, le scénario impeccablement ficelé sur un thème vieux comme le monde, l’utilisation des décors (le garage, un parking sur lequel Roméo et Juliette se retrouvent, l’appartement familial) : tout concourt à faire de Jaffa un film qu’il faut absolument voir. Notre engouement est moindre pour Le temps qu’il reste, d’Elia Suleiman, tourné lui aussi en Israël, mais par un palestinien.  Vous aviez peut-être vu Intervention divine en 2002, magnifique film politico-burlesco-poétique. Suleiman récidive dans une veine un peu plus intimiste en racontant l’histoire de sa famille à Nazareth depuis 1948. Le cadrage est toujours impeccable, l’humour keatonien présent… mais le cinéma de Suleiman, basé sur une certaine forme de redondance, contient ses propres limites, le spectateur étant parfois décontenancé, voire un peu perdu. Le genre de film à voir en étant parfaitement reposé. Restent de grands moments de cinéma : notamment cette scène incroyable dans laquelle Suleiman, puisqu’il joue dans son propre film, saute à la perche par-dessus le Mur… Ce moment vaut à lui seul le détour.

Nous gardions le saugrenu pour la bonne bouche : Les derniers jours du monde, des Frères Larrieu. Connaissez-vous le cinéma des Larrieu ? Si vous avez déjà vu Sabine Azéma courir nue dans un alpage ou Phlippe Katerine en moine naturiste, alors vous avez vu un film des Larrieu. Le Voyage aux Pyrénées en l’occurrence. Un film qui partagea l’an dernier les spectateurs en deux clans : ceux qui quittèrent la salle en vociférant « c’est quoi cette merde ? » et les autres, dont nous faisions partie, qui furent sensibles à l’univers des frérots où sexe et cimes font bon ménage. Leur dernier opus est un film ambitieux, qui se passe dans les Pyrénées bien sûr, dont ils sont natifs, mais aussi à Taïwan, Paris, Pampelune, Toulouse ou encore au Canada. Une vraie odyssée jamesbondesque pour Mathieu Amalric qui incarne Robinson, dont la vie est happée dans un grand tourbillon apocalyptique et coloré. Les frères Larrieu sont surprenants, c’est la première de leurs nombreuses qualités. Ainsi, cette scène d’ouverture : les yeux d’Amalric qui se réveille en gros plan. La caméra recule, on s’aperçoit qu’il lui manque une main. Il enfile sa prothèse, se lève, nu, va à sa fenêtre qui s’ouvre sur une plage. « Il fait beau, je sors »… To be continued, comme on dit, et vous ne serez pas au bout de vos surprises, foi de Roger !

Pour finir, on ne dira rien sur Non ma fille, tu n’iras pas danser, le prochain film de Christophe Honoré (Dans Paris, les chansons d’amour, La belle personne). On n’a pas supporté la classique crise de la trentaine,  borderline et parisienne (mais attention hein : d’origine bretonne !). Et puis les acteurs d’Honoré ont une remarquable propension à susciter notre agacement (Louis Garrel, ici, Romain Duris dans Dans Paris). Mais bon, on vous laisse juger. On préfère parler de ce qu’on aime.

Les frères Roger

 

Jaffa : à la Turbine (Cran-Gevrier) du 12 au 18 août et à la MJC Novel d'Annecy les 22 et 25 août. A surveiller dans les autres salles...

Le temps qu’il reste : sortie le 12 août

Les derniers jours du monde : sortie le 19 août

Non ma fille tu n’iras pas danser : sortie le 2 septembre

 

Plus d’info sur le site de l’ACRIRA où vous trouverez les coordonnées et les sites de toutes les salles adhérentes (20 en pays de Savoie): www.acrira.org

 

21.07.2009

Arso s'expose

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                                                      La référence

 

En 2007, pour  l’exposition « PHOTOPHYTO », à l’Abbaye d’Annecy-le-Vieux, Lucien Mermet-Bouvier travaillait sur le thème imposé « végétal ». Il en est résulté deux séries : « Belladona » et « Fleurs et Primeurs ».

Dans ces photographies, nous avons assisté, sans le savoir, à un dénie de grossesse puisque ce fut à cette occasion que le personnage d’ARSO est né. Une exposition d’ART BIO (sans Drac et sans Frac) fera le point sur ce travail; elle montrera ces deux séries encore jamais exposées dans leur intégralité.

Elle se déroulera à la MAISON DES ARTS CONTEMPORAINS à Pérouges, dans l’Ain, près de Lyon, du 1er au 31 août 2009.

Le vernissage aura lieu le vendredi 31 Juillet à 18 H.

Cette exposition, appelée « 2 + 1 », se fera  en compagnie de Fanny Chabaud (sculpteur) et de Marina Duhamel-Herz (peintre).

La Voix vous invite à vous rendre à ce festival estival du burlesque fait art.

 

 

18.07.2009

Gens du voyage : la "patate chaude" de l’été

Patate_1.jpgLe 6 juillet dernier, le maire d’Albertville dont la ville venait d’être transformée en camping géant à la suite de l’action déterminée des agriculteurs de Doussard, ne jurait que par le soi-disant terrain départemental d’accueil des gens du voyage situé à Voglans. La patate chaude de chaque été refaisait donc la une. L’ennui, c’est que les gens du voyage eux-mêmes ne veulent pas s’y rendre car les lieux sont dans un état de saleté repoussant après le passage de certains de leurs compatriotes d’asphalte qui n’hésitent pas à étendre dans les champs voisins jusqu’aux abords immédiats de la commune de Voglans, les marques en noir et blanc de leur présence. L’ennui, c’est que le même préfet de Savoie qui, ces dernières années, a signé plusieurs arrêtés de réquisition du terrain privé de Voglans pour l’accueil des gens du voyage a également approuvé, le 28 juin 1999, le plan de prévention du risque d’inondation du bassin chambérien incluant la commune de Voglans. Et là surprise ! Le soi-disant site départemental de Voglans est classé par le PPRI en zone 1 avec interdiction d’aires de stationnement. Un paragraphe précise même que les installations fixes d’accueil ou de services ainsi que les réseaux d’électricité et de gaz sont interdits. Seul un classement en zone 2 aurait permis la création d’une aire de stationnement. Pire, la circulaire n° 2003-43 du 8 juillet 2003 relative aux grands rassemblements des gens du voyage signé par M.Claude GUEANT, par délégation du Ministre de l’Intérieur, indique : « les terrains mis à disposition des grands groupes sont à rechercher, prioritairement, dans le patrimoine de l’Etat… Ainsi peuvent être utilisés des terrains situés sur le domaine public ou privé de l’Etat. »

Pourquoi donc l’Etat ne réquisitionne-t-il pas une partie de l’aérodrome de Challes-les-Eaux dont il est le propriétaire ? Autre question. Pourquoi n’avons-nous jamais entendu le conseiller général d’Aix-Sud ou les élus verts, parfaitement intégrés dans les conseils municipaux de Chambéry, d’Aix les Bains et de bien d’autres communes savoyardes, intervenir en brandissant cette même circulaire n°2003-43  qui mentionne que les dispositions de l’article R.443-10 du code de l’urbanisme prévoyant des interdictions en cas d’atteinte à la sécurité, la salubrité, aux paysages naturels, à l’activité agricole ou à la conservation des milieux naturels, de la faune ou de la flore, sont opposables au stationnement des caravanes des voyageurs ? Dernière précision, le soi-disant site départemental de Voglans est classé en zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF de type 1) et se trouve en bordure d’un cours d’eau conduisant directement au lac du Bourget ! Après tout ! Pourquoi embêter les gens du voyage avec cela car les autorités savent bien que les eaux usées d’Aix les Bains mélangées avec les eaux de pluies se déversent dans le lac du Bourget lorsque les pluies d’orages saturent la station d’épuration d’Aix les Bains ?

Marcel Girardin

 

14.07.2009

Le grand test

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En ce mois de juillet, la Voix se met en mode été et vous propose de jouer à son grand test savoyard.  Pour savoir si vous êtes incollable sur votre région et si vous êtes digne d’habiter en Savoie, répondez vite à ces 20 questions.

 

 

1- Entre 121 avant J.C. nos ancêtres allobroges furent vaincus, mais par quel peuple ?

A)   Les Romains et leurs légionnaires

B)   Les Huns et leurs hordes barbares

C)   Les Mauriennais et leurs terribles marmottes d’assauts

 

2- Jean-Jacques Rousseau a vécu 9 ans à Chambéry. Quel est le nom de l’ouvrage qu’il a écrit dans notre région ?

A)   Il n’a rien écrit en Savoie

B)   Rêverie du promeneur solitaire

C)   Le guide du routard des pays de Savoie

     

3- A Chambéry, que représente la fontaine des Eléphants, appelée vulgairement « les quatre sans culs » ?

A)   La traversée des Alpes d’Hannibal à dos d’éléphants

B)   Les exploits militaires en Indes du comte De Boigne

C)   L’hommage rendu par la population chambérienne lors de la mort de Babar

 

4- Comment s’appelle le jeune héritier de la famille royale de Savoie ?

A)   Victor-Emmanuel

B)   Emmanuel-Philibert

C)   John Travolta

 

5- Les crozets font partie de ces incontournables spécialités Savoyardes tellement recommandées dans le cadre d’un régime, mais d’où viennent-ils exactement ?

A)   d’Aime

B)   de Moutiers

C)   d’Albertville

 

6- Quel est le nom du plus prestigieux des bateaux restaurants naviguant sur le lac d’Annecy ?

A)   Le Chamois d’or

B)   Le Cygne

C)   Le Libellule

 

7- Dans quel film d’Eric Rohmer avec Jean-Claude Brialy, Annecy et son lac sont-ils mis en valeur ?

A)   Le genou de Claire

B)   Conte d’été

C)   Mon curé chez les nudistes

 

8- Parmi ces trois groupes de musique Savoyards, trouvez lequel vient des bords du lac d’Annecy ?

A)   L’orchidée d’Hawaï

B)   Les Crazy Edelweiss

C)   Coming soon

 

9- En  1980, quel coureur cycliste de renom a remporté  les championnats du monde cyclisme de  Sallanches ?

A)   Greg Lemond 

B)   Ghislain Lambert

C)   Bernard Hinault

 

10- Dans quelle station huppée ont lieu chaque année à la mi-janvier les internationaux de polo sur neige ?

A)   Plaimpalais

B)   Courchevel

C)   Megève

 

11- En 1897, quel Président de la République monte jusqu’au col de la Vanoise pour inaugurer un refuge qui prendra son nom quelques années plus tard ?

A)   René Coty

B)   Georges Clémenceau

C)   Félix Faure

  

12- Quelle célèbre station savoyarde fut surnommée le « Brasilia des neiges » à l’issue de sa construction en 1966 ?

A)  Avoriaz

B)  Les Arcs

C)  Copacabana en Faucigny

 

13- Quel était le nom du tueur en série d’origine italienne qui défraya la chronique en Savoie fin des années 80 ?

A)   Roberto Zucco

B)   Roberto Succo

C)   Gratien Ferrari

 

14- Le 3 Juillet dernier Laurence Ferrari épousait en grandes pompes à Paris (16ème), une autre personnalité de la région. Quel était, ce jour là, l’heureux élu ?

A)   Yann Barthès (présentateur TV de Chambéry)

B)    Renaud Capuçon (violoniste de Chambéry)

C)    Dominique Dord (Maire d’Aix les Bains)

 

15- Parmi ces 3 radios, laquelle n’est pas issue des pays de Savoie ?

A)   Couleur 3

B)   Ellebore

C)   ODS 

 

16- Quel immense complexe de discothèque se trouve à St Julien en Genevois ?

A)   Le Maracuja

B)   Le Maharadja

C)   Le Macumba

 

17- Vous venez de Maurienne et franchissez le col du Galibier, dans quel département vous trouvez-vous ?

A)   L’Isère

B)   Les Hautes-Alpes

C)   Le Pas-de Calais

 

18- Classez ces cols savoyards par ordre de grandeur du plus petit au plus grand

A)   Le col du Petit St Bernard, le col des Saisies, le Cormet de Roselend

B)   Le Cormet de Roselend, le col du Petit St Bernard, le col des Saisies

C)   Le col des Saisies, le Cormet de Roselend, le col du Petit St Bernard

 

19- Quel est le nom du cours d’eau qui traverse toute la Maurienne ?

A)   L’Arly

B)   L’Arc

C)   Le Gange

 

20- Donnez la traduction correcte de cette phrase en patois :

« Tan mé on brafe la merda, pè mandre lè chwan »

A)   Plus on brasse la merde, plus ça sent mauvais.

B)   Si tu traverses ce lac à la brasse, tu vas t’emmerder !

C)   J’en ai marre de cette merde, y a vraiment rien dans ce daubé !

 

 

 

Réponses au test

1- Réponse A : Les Romains souhaitaient ainsi créer un axe sécurisé entre Milan, Aoste et Lemencum (Chambéry)

2- Réponse A : La cité des Ducs inviterait-elle légèrement à la glande ?

3- Réponse B : Benoît de Boigne, enrichi par des années de succès militaires en Indes, revient dans sa ville natale de Chambéry en 1804.  Elevé au rang de comte par Victor-Emmanuel, il dépense alors son temps et son argent à la construction de monuments pour Chambéry.  On lui doit le financement entre autres du théâtre Dullin et de la rue de Boigne.  Ca valait bien un monument non ?!

4- Réponse B et C : C’est évidemment Emmanuel-Philibert, époux de l’actrice Clothilde Courau.  Mais après la prestation du jeune prince dans l’émission de télévision de la Raï Uno, Ballando con le stelle, la réponse C paraît également valable.

5- Réponse B : Les crozets, dont le nom vient de croé qui veut dire petit en patois, ont été inventés par François Fraissard.

6- Réponse C : Le M.S. libellule

7- Réponse A : Le genou de Claire

8- Réponse C : Les Coming Soon qui, bien que se réclamant d’un pays imaginaire appelé le Kinderminster, viennent de la cité annécienne.

9- Réponse C : Bernard Hinault, Ghislain Lambert n'ayant pas pu prendre le départ suite à un contrôle positif à l'EPO (eau, pastis, olive).

10- Réponse C : Megève bien sûr !  Merci qui, merci Nadine…

11- Réponse C : Félix Faure

12- Réponse A : Avoriaz.  Copacabana sur Faucigny n’existant naturellement pas !

13- Réponse B : Roberto Succo à ne pas confondre avec Zucco, adaptation théâtrale de la vie du tueur en série écrite par Bernard-Marie Koltès.

14- Réponse B : Renaud Capuçon. Quoiqu’un mariage Dord-Ferrari ça aurait eu de la gueule….

15- Réponse A : Couleur 3 qui est une radio Suisse from Lausanne. Ellebore est, elle, Chambérienne et ODS Annécienne.

16- Réponse C : Le Macumba of course !

17- Réponse B : Les Hautes-Alpes. Non ! Le succès de Bienvenue chez les ch’tis ne nous a pas rapproché géographiquement des p’tits gars du Nord.

18- Réponse C : col des Saisies (1 633m), Cormet de Roselend (1 968m), col du Petit St Bernard (2 188m)

19- Réponse B : L’Arc, bien entendu.  Même si la Maurienne est souvent considérée comme le parent pauvre des vallées touristiques de Savoie, le Gange coule toujours en Inde.

20- Réponse A : Plus on brasse la merde plus ça sent mauvais. Une phrase d’une philosophie bien terre à terre.

 

Jusqu’à 3 fautes :

Bravo ! Préparez votre costard, dans une heure des employés municipaux viendront vous chercher pour une cérémonie à l’issue de laquelle Hervé Gaymard vous fera citoyen d’honneur de la Savoie et une grosse bise par-dessus le marché ! Veinard(e) !

De 3 à 10 fautes :

C’est bon, vous pouvez rester habiter dans les pays de Savoie.  Mais ne la ramenez pas trop non plus. On est en république, mais il y a des limites…

Au-delà de 10 fautes :

Bravo ! Préparez votre valoche, dans une heure des employés municipaux viendront vous chercher pour vous emmener aux portes de nos départements dont vous êtes banni(e) à jamais.  Il vous reste au choix : l’Ain, l’Isère ou le suicide… cool !!!

09.07.2009

La langue savoyarde à Paris

Tout récemment, deux écrivains savoyards reconnus jusqu’à Paris, Valère Novarina et Paul Desalmand,  ont fait paraître, chez des éditeurs de cette noble capitale (P.O.L. et Arcadia), des ouvrages au sein desquels ils n’hésitent pas à faire l’éloge de la langue savoyarde.

images.jpegValère Novarina est né (en 1947) à Chêne-Bougeries, dans le canton de Genève, mais il est fondamentalement originaire de Thonon ; dans L’Envers de l’esprit, paru en juin de cette année, il fait du “très-très beau patois savoyard” l’une de ses “langues nourricières”, faisant d’elle une “langue humiliée et victorieuse, langue qui se venge, qui invente et qui rit : langue idiote et idiome de la vengeance poétique qui renverse qui se sort par la vie de toute situation ; langue non pas des manuels, mais des mains, de ceux qui ont des mains et des outils dont ils changent selon la saison, langue des marcheurs et arpenteurs, langue portant les pas, langue qui sait chaque point du sol et connaît le paysage par cœur, le pourquoi de chaque nom”. Bref, il aime le caractère organique, physique, de cette langue rythmée par la vie même, ainsi que sa capacité à expliquer le nom des lieux, et donc à en dévoiler l’âme.

capture2.jpgQuant à Paul Desalmand, né à Bonneville (en 1937) mais originaire d’Arenthon, il est l’auteur d’un roman intitulé Les Fils d’Ariane (paru au printemps dernier), au sein duquel, ayant contesté l’apport de l’Église et de ses prêtres en Savoie, il affirme que “les instituteurs ont fait beaucoup plus pour une amélioration de la vie de ce peuple” ; et néanmoins, il reconnaît que “leur seul défaut était leur mépris pour la culture locale.” D’ailleurs, dans certaines régions de France, la religion se faisait en langue vernaculaire : c’était le cas en Bretagne, ou au Pays basque, et la République a imposé le français aussi pour cette raison, les langues régionales étant fréquemment assimilées par les philosophes à la “superstition” : les Bretons et les Basques étaient connus pour leur ferveur religieuse.

Quoi qu’il en soit, Paul Desalmand alimente ensuite son livre de quantité de mots savoyards, issus du souvenir des conversations animées des adultes côtoyés durant son enfance au bord de l’Arve. Notons qu’il fait de cette noble rivière le réceptacle de l’âme des habitants, comme d’autres ont pu le faire pour la Loire ; c’est très prometteur !

On peut dire que la perception des langues régionales change, à Paris. La modification de la Constitution a en partie provoqué cette évolution. Cela couvait, et cette réforme a ouvert une digue. Mais il faut dès lors remarquer à quel point l’édition française est liée à l’État, plus qu’on ne le croit en général. La reconnaissance éditoriale de l’histoire et de la littérature de la Savoie passe aussi par une reconnaissance administrative : on ne peut probablement pas y échapper.

Rémi Mogenet

 

05.07.2009

Les notables, un mal nécessaire ? Et pourtant

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Notable, un mot ancien sorti du vocabulaire courant ou réservé aux seuls spécialistes du XIX° siècle ?  Pas du tout, la « race » existe encore, mais, intelligente, elle a su évoluer et surtout se dissimuler derrière d’autres appellations : élites, cadres, membres remarqués de la société civile, personnalités… De quoi faire croire que tout a été modifié ou liquidé, alors que tout subsiste. Donc appelons « chat » un chat et un notable « notable ».

Le notable est forcément connu, même si les moyens de cette célébrité varient. « Bonnes et grandes » familles ? Eclat de certaines positions ? Mais on peut aussi jouer sur les « hommes neufs » alibis pour vanter une soi-disant ouverture démocratique des élites. Cette célébrité est ainsi cause et conséquence de la notabilité (plus cause chez les incapables arrivés seulement par héritage ou pillage, plus conséquence chez les jeunes ou chez les « neufs »). En tous les cas, elle est nécessaire pour l’action et l’éclat du personnage dans une société démocratique fondée sur la communication.

Cette célébrité nécessaire et suffisante se nourrit d’une triple volonté de savoir, de vouloir et de pouvoir :

Le savoir est une possibilité et une évidence vantée par les démocrates, qui souvent ne précisent pas ce que cela induit pour les domaines concernés ou les niveaux utiles (être un grand spécialiste de l’ahmarique éthiopien est une satisfaction culturelle, mais ne mène en rien à une quelconque efficacité publique).

Le vouloir est une nécessité, liée à l’ambition de rayonnement individuel ou d’action. Un notable se doit de créer quelque chose de remarquable, donc digne d’être remarqué dans sa présentation, dans son caractère, dans sa composition ou dans son histoire et par-delà au moins (ou surtout) dans son auteur. A quoi bon faire un don à une communauté quelconque si rien ne vient rappeler ce geste ? Et finalement pourquoi faire un tel geste si justement il ne contribue pas à étayer un avenir précis de renommée et de souvenir…?

Le pouvoir, voilà le grand critère du notable. Il permet de « faire avancer » un dossier, un « ami » ou une créature (au détriment d’autres bien entendu). Il exige de savoir placer ses pions, saisir un monopole et éliminer ses concurrents pour rester seul « maître du jeu ». Exercer  un pouvoir n’est pas forcément une partie de plaisir, mais quelle jouissance de savoir en profiter et d’y consacrer son intelligence, sa perspicacité et sa passion (même passer pour un martyr peut être efficace à la condition, bien sûr, que la peine ne soit pas trop longue). La pratique de ce jeu se fait dans tous les domaines et pas dans la seule politique, car aucune communauté humaine n’y échappe. Même les joueurs de boule ont leurs notables et que dire de l’industrie, de l’enseignement, du monde du droit, des arts, etc… 

Attention, un notable est le produit du rassemblement et du brassage de ces trois éléments, dont un ou deux ne peuvent suffire (il y a des cultivés sans ambitions et sans pouvoir, des puissants sans intelligence et sans volonté, des ambitieux voués à l’échec car sans appui ni habileté).

histoire_canne_XVIII_siecle_5.jpgY a-t-il toujours eu des notables ? Certes, il y a toujours eu des puissants et des élites, mais la phase historique précédente a été en Occident la noblesse fondée sur la naissance et la science des armes. En un sens, le notable est un élément récent, au pire du Moyen-Age. Mais le problème est moins dans le passé que dans le présent et l’avenir… L’illusion est de croire à la variabilité des situations alors qu’en fait le notable déteste perdre et s’accroche à son pouvoir au moins pour le transmettre à un juste héritier ou, au pire, à tirer le plus possible de profits et le plus longtemps. D’où l’intérêt essentiel des « réseaux », portes d’entrée de ce pouvoir et de ce rang. La franc-maçonnerie est connue, mais qui parle jamais des élèves des grandes écoles ou même tout simplement des « anciens » de tel ou tel collège privé (bien sûr les jésuites, mais combien d’autres ?). Il y aussi les  sociétés secrètes, les innombrables académies (qui font valoir l’intelligence et la culture de leurs membres), les clubs (plus ceux du Rotary que ceux des pêcheurs à la ligne) qui permettent de se retrouver entre gens du même – beau – monde, parlant le même « beau » langage dans les bons milieux socio-professionnels. Bien entendu, concilier deux ou trois critères fondamentaux est une chance inestimable. Un jeune noble sortant d’une école de commerce vaut mille fois mieux qu’un agrégé de sciences naturelles ou qu’un premier violon de l’orchestre de chambre de la sous-préfecture. Un jeune spécialiste de telle ou telle glande né dans une grande famille même désargentée a plus d’éclat qu’un « petit » médecin généraliste arrivé par la seule promotion sociale - à moins qu’il n’ait été « remarqué » par un  mandarin. Rien de nouveau à cela ? En fait, si, mais toujours dans des conditions identiques. On a pu discuter de la variabilité des hommes et des situations, mais le pouvoir ne se prend, ne s’exerce et ne se perd que dans de strictes conditions qui sont justement celles de la croissance et de la mort des notables.

Comme l’histoire peut rendre intelligent, l’on sait évoluer et il est fini le temps (pas si ancien) des conservatismes obtus ou des conformismes absolus. Pour marquer sa capacité, chacun sait composer avec les nouveautés, aussi bien dans le domaine privé (du sexe, de la passion, du mariage) que dans le domaine social (avoir des relations en alibi dans tous les milieux différents du sien) ou culturel (porter un jean n’est pas mauvais, seule compte la manière dont il est porté et considéré ! Même critère pour le langage ou les considérations artistiques).

Finalement quoi de plus trompeur qu’un notable ? Il joue à la démocratie : je représente le peuple ou une partie de celui-ci, ou, à défaut, la conscience du peuple, alors que, à l’inverse, c’est moi qui pousse le  peuple à prendre conscience de ma valeur et donc à me faire confiance. Il joue à la méritocratie : ne suis-je pas le meilleur (alors qu’en fait je tiens ma position de bien d’autres éléments que de ma propre valeur) ? Il joue la nouveauté : avant moi rien que des mauvais (même ceux de mon propre camp ou clan) ou au mieux rien que des incomplets, alors que moi-même ne cesse en fait de « repasser les plats » du passé, mais en me gardant bien de le dire en faussant les présentations tout en gardant le cœur même du gâteau.

Même la Révolution est une idée de notables : les grandes Révolutions, que ce soit celle de 1789, celle de 1917 ou celle d’Iran où les grandes familles persanes du régime du Shah ont été remplacées par les dynasties de mollahs shiites, n’ont été que la source d’établissements de notables qui, par la suite, n’ont jamais voulu renoncer à leur pouvoir, même au prix de la renonciation à leurs propres valeurs initiales. Donc il est inutile de se fatiguer à croire aux slogans révolutionnaires toujours kidnappés par les notables profiteurs, qu’ils soient nouveaux ou anciens.

Faut-il croire à la terreur ? Eliminer systématiquement et continuellement tous les profiteurs et traîtres qui, tels l’hydre de Lerne, ne cessent de faire apparaître de nouvelles têtes ? On y avait pensé déjà en 1793, certains imaginant Robespierre tuant le  bourreau devenu trop puissant et enfin se guillotinant lui-même devant une  France vidée de sa population. Les anarchistes de la fin du XIX° siècle ont tenté le même but, tuer tous les notables sans faire attention, ce qui n’a rien fait que d’amener les grandes catastrophes du XX° siècle. Les bolcheviks et les maoïstes ont cru les éliminer définitivement en laissant le pouvoir aux seules masses, alors que leurs partis étaient en soi des pépinières de notables. Et que dire des démocraties occidentales nées des régimes parlementaires qui offrent le pouvoir aux plus malins et aux plus bavards, qui deviennent vite les plus profiteurs.

Alors, rester sceptique ? Cela ne mène à rien. Se battre pour devenir soi-même un notable ? Ce n’est qu’élargir le problème. Se sauver par l’ironie ? Pas facile, d’autant que cette arme n’est pas également répartie. Voici quand même quelques solutions simples : la méfiance systématique devant ces jeux de puissance ; savoir et apprendre à respecter les uns et mépriser les autres (les héritiers, les menteurs, les affabulateurs, les mégalomanes, etc…) ; et bien sûr ne rien faire de susceptible à leur laisser croire qu’ils sont individuellement éternels. Bref, encourager les bons (il y en a) pour mieux démasquer et renvoyer les mauvais (il y en a aussi beaucoup).1212211626_jean_bouise.jpg

Mais attention, le danger les rend méfiants et méchants. Chasser le notable, il revient au galop. Faites le partir par la porte, il revient pas la fenêtre. Alors débusquez le dans tous ses déguisements, dans toutes ses tanières et avec vigilance, car tout lui est bon pour sa conservation. Repoussez le avec acharnement, car il est partout, de toutes les tailles et ses formes sont infinies. Méfiez vous cependant de vous-même, car le mal est aussi contagieux que discret. A trop y penser, vous pouvez vous même être atteint.

Finalement, une arme essentielle : l’humour. « Le roi est nu », disait-on autrefois. Alors pourquoi pas un notable « tout nu » (psychologiquement) privé de tous son appareil de notabilité ? Le sérieux est forcément une défense et la caricature du notable. Alors c’est peut-être un service à lui rendre que de le convertir à l’humour. Il se peut que cela le rendre méchant dans un premier temps, mais, croyez-moi, il est assez intelligent pour savoir évoluer et, finalement, nous ne connaissons pas la fin de l’histoire. Pourquoi pas des notables spirituels et capables de se moquer d’eux-mêmes ? On en reparlera en temps utile, mais pensez-y… Ce n’est pas facile à trouver pour le moment, mais qui dit que la race ne va pas évoluer.

André Palluel-Guillard

PS : L’auteur fournit sur demande motivée toutes les fiches techniques et personnelles qui lui ont permis de dresser ce petit tableau.

 

 

01.07.2009

Un prince qui cherche encore ses voix

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C’est l’été, il fait beau. Si ça se trouve, cher lecteur, vu que le web est aujourd’hui mobile, tu te trouves actuellement sur une plage de Savoie ou d’ailleurs en train de lézarder au soleil. Et qu’est-ce qui fait fureur comme lecture sur la plage ? Le people bien sûr ! Alors voici un peu de peopolitique avec les dernières aventures électorales du Prince de Savoie, car Emmanuel-Philibert ne lâche pas l’affaire. Rappelez-vous, dans un entretien exclusif accordé à la Voix en 2006 (http://lavoixdesallobroges.hautetfort.com/media/02/02/113...), l’heureux époux de la belle Clothilde Courau nous avait confié vouloir redorer le blason familial en Italie, pays dont les Savoie furent chassés pendant 40 ans, en s’attaquant à une carrière politique dans la péninsule. Son crédo était de se tourner résolument vers la jeunesse : « J’ai vu, depuis que je suis rentré en Italie, un grand problème de dialogue entre les jeunes et la politique. Il y a là quelque chose à faire. Et moi je peux me proposer en tant que haut-parleur qui amplifierait la voix des jeunes. Un porte-parole des jeunes vers la politique. »

Depuis, la réalité souvent brutale du suffrage universel a rattrapé Emmanuel-Philibert. Tout d’abord avec une véritable déconvenue aux élections législatives de 2008. A la tête de son tout nouveau parti Valeurs et futur, il s’était pris un beau gadin : 0.44 % des voix. Autant dire que ce jour-là, les djeuns ritals n’avaient pas trop kiffé l’héritier. Du coup, changement de stratégie lors des dernières élections européennes. Valeurs et Futur a été mis au placard et le Manu de Savoie s’est présenté cette fois comme tête de liste du parti centriste UDC pour la région Nord-Ouest de l’Italie, avec un programme qui prônait la défense de la culture et des produits régionaux. En misant sur un parti déjà installé dans le paysage politique italien, le jeune prince pensait bien pouvoir devenir député européen. Résultat : encore un échec, bien que plus mesuré, puisqu’il obtint 6.51% des voix, mais pas de siège au parlement de Strasbourg. Son altesse se déclara tout de même « content », mais ce score apparaît forcément décevant quand on sait l’énergie déployée pendant des mois par Emmanuel pour convaincre ses électeurs potentiels. C’est qu’il a promené sa silhouette princière jusque dans les plus sombres ruelles de Turin et sur les marchés de bleds parmi les plus reculés du Piémont ou du Val d’Aoste. Il n’hésita pas non plus à donner de sa personne en dehors du champ politique, histoire d’assoire son image dans l’inconscient italien.

On a pu en effet le voir cet hiver le samedi soir en prime time sur la Rai Uno dans une émission de télé réalité intitulée Ballando con le stelle (Danser avec une étoile). L’objectif avoué d’Emmanuel était de faire découvrir aux Italiens l’homme qui se cachait derrière le prince. Et là, au moins, il a été véritablement plébiscité en remportant le 21 mars dernier la finale avec 70% des suffrages des téléspectateurs. Il fut proclamé roi de la rumba et du tcha tcha tcha, après avoir enchaîné les paso-doble aux bras d’une grande brune plantureuse comme seule sait nous en gratifier la télé italienne. Le descendant des Savoie n’en était pas à son premier coup médiatique, car on a déjà pu le voir vanter les mérites de chaussures ou d’olives dans des publicités. Il avait aussi animé une émission de foot. Voulant également donner dans le bisness, il a lancé récemment sa propre ligne de vêtement frappé d’un logo aux armes de Savoie et baptisée, tout simplement, Prince d’Italie.

Mais voilà, malgré ce mélange des genres si tendance de l’autre côté des Alpes, n’est pas Berlusconi qui veut. Notre jeune héritier de Savoie est néanmoins convaincu qu’un avenir électoral plus radieux l’attend et il déclare vouloir poursuivre son chemin en politique. Il avance même, sans rire, un argument sensé démontrer qu’il serait vraiment à sa place dans les hautes sphères du pouvoir européen : « De toute façon, je connais bien les chefs d’Etat, puisqu’une bonne moitié sont de mes parents. » Imparable en ces temps de règne du peopolitique, non ?

Fred Delville

 

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