31.08.2009

La ration savoyarde

EDG_ration_combat.JPG

Mais que mangent nos militaires ? Après avoir reçu quelques photos de nos chasseurs alpins en Afghanistan, on s'est demandé si la bonne cuisine savoyarde ne leur manquait pas trop. On a alors appris qu'il y avait des rations de combat "Diots - Crosets" et "Tartiflette".
Envoie du Gros s'en ai procuré et les a malheureusement testé pour vous. EDG_Afghanistan.jpg

Pour la tartiflette, même William Saurin arrive a y mettre 16% de reblochon. Ben, pour les bidasses, 13% suffisent ! On peut dire que c'est normal qu'elle soit dégueue, vu qu'elle est fabriquée à Loudun, en Poitou-Charentes...  En revanche, les rations "Diots - Crosets" sont faites dans la Yaute, à Alby sur Chéran. Mais c'est encore pire ! C'est bourré d'huile de palme, d'amidon transformé, de manioc, et j'en passe...

Petite anecdote : des amis parisiens d'un militaire ont trouvé ça bon. Sans commentaire.

www.envoiedugros.fr

28.08.2009

Au commencement étaient les Allobroges

On se devait de vous rappeler que nos ancêtres étaient les Allobroges. Portrait de ce peuple vaillant par celui qui ne chantait pas avec le coq gaulois.allobroges1.jpg

Tout d’abord une petite précision de langage : ab ruti signifie celui qui est en dehors de la route et ab usé celui qui est en dehors de l’usage. N’étant ni l’un ni l’autre, si je me retrouve en rébellion contre la mentalité françouillarde révérencielle vis à vis du "Jules-Ferrisme" ethnocideur, c’est pour être un Allobroge vaillant ! Et rappeler qu’il y a bien longtemps, alors que les marécages régnaient sur Lutèce, existait l’Allobrogie. Connus pour être ceux qui permirent à Hannibal de franchir les Alpes en 218 av JC, les Allobroges peuplaient les terres de ce qu’on appellera la Savoie. Ils ont pour origine d’avoir été, à l’Age du Fer, ceux qui auraient repoussé les Ceutrons, un peuple resté dans l’âge de bronze. Ils se divisent en trois classes : les chevaliers, les druides et le peuple d’en bas si cher à Raffarin. Le pouvoir dépend des chevaliers, mais ceux-ci sont assistés par les druides et consultent régulièrement le peuple. L’organisation politique est fédérale, la "Nation" étant divisée par Cantons ou par Tribus. Le roi est élu par les guerriers. Grâce aux écrivains grecs Strabon et Apollodore, on connaît les mœurs des Allobroges. On sait qu’avec eux, les Alpes, pourvues de richesses naturelles, sont bien cultivées. Et que s’ils partagent leur héritage entre les males, nos ancêtres respectent néanmoins énormément la famille. Les femmes sont ainsi protégées par la loi et maîtresses du foyer. Comme toujours.

Reconnus pour leur courage et leur mépris de la mort, les Allobroges sont de vaillants combattants. Mais malgré leur arme favorite, le javelot, ils vont s’incliner face aux légions romaines. En 121 av JC, quatre ans après que les Romains aient décidé de s’élargir en Allobrogie, bien qu’unis aux Arvernes, nous sommes battus sur les bords du Rhône. Commence alors la période allobrogeo-romaine qui va durer plus de 500 ans. Après une occupation initiale sévère, les Allobroges intègrent la Narbonnaise, établie en Province du Sénat Romain. Ils disposent des droits fondamentaux. L’Allobrogie est donc romaine avant Jules César, à la différence des peuples de l’ouest du Rhône qui vont devenir des "colonies" romaines. Au passage, on note que celles-ci appelleront à leur secours les Romains pour les défendre contre les invasions helvètes et teutonnes. Et lorsque Jules César les délivre, ils le "remercient" à Gergovie, avec à leur tête Vercingétorix. Suite à cette trahison, le scribe de César les dénomme "Gallias" dans les Commentaires de la guerre des Gaules, en souvenir de 390 av. JC, date à laquelle Rome fut envahit par des Gallias qui déféquèrent dans le Sénat. Les Gaulois deviennent ainsi pour César des "hommes de merde". Mais pour les romains, les Allobroges ne sont pas des Gaulois, comme on peut le voir dans l’Atlas historique Putzger où ils ne sont pas comptés avec les peuples celtes. Tout comme à nos frères africains, nous aurait-on menti sur nos ancêtres les Gaulois ? Désormais, vous savez que nos ancêtres étaient Allobroges.

Henri Dénarié

La révision des 150 ans

2010, c'est demain ! Cela va donc bientôt faire 150 ans que la Savoie est annexée à la France. Et alors que l'on s'affaire ici où là à organiser - le plus discrètement possible ? - des festivités, la Voix tenait a placer la balle sur un terrain que souhaitent éviter nos conseils généraux : l'histoire. 

On a ainsi proposé au sympathique fondateur du site 150ans.savoie.info, consacré à la Savoie du temps de l'annexion, de publier ici une fois par mois un de ses articles. Refus très poli, car cela nuirait au référencement sur google de voir dupliquer ses papiers sur différents sites. Certains ne se gènent pas pour le faire avec ceux de la Voix, mais, de notre côté, comme des naïfs du net, on se dit que c'est mieux que l'info circule, tant que les gens savent d'où elle vient. A chacun sa logique.

Donc pas d'échange de contenu en bonne et due forme, mais, de l'histoire, on va vous en donner quand même. Du moins vous en redonner, car, en guise de petite révision pour les 150 ans, on va poster sur ce blog les chroniques historiques publiées dans les treize premiers numéros de la Voix par le regretté Henri Dénarié. Des chroniques le plus souvent inspirées par le très exhaustif dâtier de l'histoire de Savoie qu'avait écrit notre historien autodidacte préféré. Avec toujours son point de vue bien tranché qui incitera peut-être certains à venir le commenter ou même le contester. C'est tout l'intérêt d'être sur un blog.

Apprêtez-vous donc à remonter bien plus loin que 1860, jusqu'aux Allobroges. Mais pour comprendre l'histoire de la Savoie, ce n'est pas plus mal d'aller à sa source. Après, que ceux qui souhaitent nous parler de l'époque de l'annexion sache que ces colonnes et cette nouvelle rubrique leurs sont bien évidemment ouvertes. Alors, André, si tu nous lis... Tes confrères aussi !

22.08.2009

Rosemary, grunge is not dead !

m_fbe137a0e632436a9cad8008cbece1ba.jpgEn 1940, les Kennedy envoyaient en hôpital psychiatrique leur fille aînée, considérée comme schizophrène et instable. Son nom : Rosemary. Histoire cachée de la grande Histoire, histoire d’une enfant délaissée et oubliée. Coïncidence, en 2009, en Savoie, un groupe tente de redonner vie au grunge, style musical considéré comme has been depuis au moins quinze ans, enfant délaissé et oublié de l’histoire de la musique. Leur nom : Rosemary.

Rosemary, « A group with a girl name », annoncent-ils sur leur stickers, n’a pourtant rien d’un de ces groupes de rock composés de minets au look étudié pour faire frissonner des bandes de filles pré pubères. C’est qu’ici, on aime le rock, le pur, le dur, le brut. Pas du genre à raccrocher le bombers ou le vieux cuir à clous, râpé, pour suivre le sens du vent. Créé il y a 10 ans dans la très résidentielle (et pour tout dire ennuyeuse) ville de la Ravoire (lieu de naissance et de mort du staracadémicien Grégory Lemarchal), Rosemary est, comme beaucoup d’autres, un groupe de lycéens. Des débuts sur lesquels Thomas Leymore, 27 ans aujourd’hui, chanteur/leader et seul rescapé du groupe initial, revient en toute modestie : « On était trois copains, on avait des potes musiciens au lycée, alors on s’y est mis comme ça… De toute façon, jouer au foot ou aller en boite, ça me disait rien. Mais on n’avait aucune formation. On n’était même pas de vrais musiciens. »

Tel un bon vin, Rosemary va prendre soin de mûrir et de s’affiner à l’abri des murs du garage de leurs paternels, avant de sortir enfin de l’ombre pour ce que Thomas qualifie de  « premières armes » : quelques concerts locaux et les premières maquettes. En 2004, tout s’accélère vraiment. Le groupe se disloque et Thomas, esseulé, voit débarquer Bruno, le nouveau batteur suivi, en fin d’année, de Fred, grand gars à la casquette ornée de pointes métalliques vissée sur le crâne. Fort de cette nouvelle équipe (qui forme encore le Rosemary actuel), le groupe est prêt à passer à la vitesse supérieure et à assurer la promo live d’un premier cd.  Mais c’est surtout Thomas qui va donner un véritable coup d’accélérateur. Avec l’un de ses potes, prénommé Jérôme, il crée Minimal Chords, qui, installée dans les désormais réputés locaux Larsen de Chambé, tire dans tous les sens : concerts, distribution de disques, parrainage de jeunes groupes et même émission radio en collaboration avec Radio Ellébore. Un sacré coup de boost pour la scène alternative chambérienne. Une énergie dont va également profiter Rosemary, qui se retrouve de plus en plus sur scène.

Depuis, les concerts n’ont cessé de s’enchaîner, égrainant une liste impressionnante de dates et de villes aux six coins de l’hexagone, mais aussi au-delà, dans des lieux aussi exotiques que le Centro Social el Passo de Turin, le Risk Music Fest de Lausanne ou les scènes alternatives de Leipzig. Une trajectoire et un CV volontairement underground, mis en lumière par certaines premières parties aux cotés de noms connus et reconnus, même des non-initiés, comme ce 17 décembre 2005 où le trio s’est produit au Scarabée (Chambéry) avant les Burning Heads. Ou le 15 décembre 2007 dans la même salle en ouverture du concert de No one is innocent. Des moments magiques ? Pas si sûr… « Les mecs sortent de la loge juste au moment de jouer et tu ne peux même pas leur parler parce qu’ils te snobent », déplorent-ils, avant que Thomas n’enchaîne sur des souvenirs plus agréables avec les Mass Hystéria ou encore à propos d’un concert aux Abattoirs de Bourgoin-jallieu en janvier dernier : « On a été appelés à la dernière minute en remplacement d’un groupe qui ne pouvait finalement plus venir. Résultat : on a eu à peine cinq minutes de répète, alors on a joué sans pression, dans une ambiance délirante. La salle était blindée et le contact avec les Tagada Jones, qui jouaient ce soir là, est super bien passé. Eux, au moins, on sent qu’ils sont là pour faire de la musique, on est dans la même tendance. »

Des rencontres qui, en tous cas, ont fini d’asseoir leur notoriété et font désormais de Rosemary la référence grunge-punk dans la région. Une notoriété que ces trois puristes préfèrent entretenir en multipliant les scènes locales, quitte à bouffer du bitume plus qu’il n’en faut, dormir un peu n’importe où - bien souvent dans leur minibus - et jongler comme ils peuvent avec leurs boulots respectifs.

A l’opposé de beaucoup de groupes d’aujourd’hui, Rosemary est plus adepte des plans rencontres que des plans de carrière et préfère venir vous serrer la pince directement plutôt que de soigner la présentation de son site My Space. Une pointe d’authentique qui fait du bien dans un monde d’authentoc. Une fraîcheur et une réelle passion pour le rock, confirmées par leur musique distillée le long d’albums volontairement courts et voulus comme des instantanés de leurs états d’âmes. Sorti en 2007, Tracks for a lifetime (Chansons pour une existence) est plein de spontanéité.  On se laisse emporter par le chant éraillé d’une voix grave et rugueuse posée sur une musique enragée aux accents métalleux par moments, plus punk à d’autres. Et divine surprise quand une ballade aussi romantique que noire nous offre une plage de récupération au milieu de ce chaos jouissif.

1266916316_m.jpgUne tendance à un certain apaisement que The Angel’s share (La part des anges) confirme. Dans ce dernier opus qui sortira en septembre, les trois angelots au cœur de cuir nous gratifient d’une touche de subtilité supplémentaire. Même si l’entame dépote toujours autant (Not really happy, My favorite one), même si basse et batterie se déchaînent encore, c’est pour mieux nous emmener vers des sommets plus nirvanesque, des mélodies limites pop où la voix de Thomas fait merveille. Le cd se termine par le morceau Half a girl, à la fois très planant et au texte incompréhensible, dans lequel Thomas semble susurrer ou plutôt murmurer au micro.

Oui, c’est ça, il murmure. Il murmure aux oreilles des jeunes groupes qu’il chaperonne, que l’on peut faire de la musique pêchue, mais pleine de finesse. Il murmure aux oreilles des rockeurs à papa qu’il vaut mieux soigner sa musique que sa coupe de cheveux. Enfin, il murmure aux oreilles de tous les sceptiques, pour qui le grunge n’était plus qu’un lointain souvenir de leurs années lycée, que NON, décidément, le grunge n’est pas mort !           

Frédéric Delville

Rosemary sera en concert les 28 et 29 août au Brin de Zinc (Chambéry) à 21h00

Pour plus d’info : www.myspace.com/myfavoriteonerosemary

 

17.08.2009

Haro sur la chrysomèle

20080410_DNA003918.jpgAlors qu'a été découvert dans des champs de maïs des chrysomèles, un insecte parasite, on s'apprête à traiter le problème à coup de delthamétrine, un insecticide. Contrairement à ce qui a été fait par le passé, l'épandage ne se fera pas par hélicoptère, d'après ce qu'a déclaré la préfecture de Savoie.

Mais certains s'inquiètent néanmoins des traitements chimiques lourds qui devraient être utilisés dans nos champs. Nous publions ainsi deux communiqués, émis l'un par un citoyen savoyard, l'autre par la confédération paysanne 74.

 

Un risque majeur

Les parcelles de maïs entre Montmélian et Myans risquent très certainement d'être massivement traitées à la deltaméthrine dès le 17 août afin de lutter contre l'extension de la Chrysomèle de maïs, un petit insecte de la famille des coléoptères qui est un nuisible pour le maïs. Il existe deux solutions pour s'en débarrasser, soit la rotation des cultures (il faut savoir que les larves de ce parasite ont obligatoirement besoin du maïs pour se développer), soit l'épandage d'effluents chimiques toxiques. Toxique, oui, mais pour qui ? Pour la Chrysomèle de maïs en premier lieu, elles mourront toutes et c'est le but. Mais tous les autres insectes également, dont les abeilles. Cet épandage est donc une extermination de tout les ruchers de la combe de Savoie.

Les Humains y sont certes moins sensible, mais sensible tout de même. L'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) préconise : " En cas de contact cutané, laver immédiatement et abondamment avec de l'eau et du savon pendant 15 minutes. Retirer les vêtements souillés et ne les réutiliser qu'après décontamination. Si des lésions cutanées apparaissent ou si la contamination est étendue ou prolongée, consulter un médecin." (http://www.inrs.fr/inrs-pub/inrs01.nsf/IntranetObject-accesParReference/FT%20193/$FILE/ft193.pdf)  Dans le même document, on notera également que concernant la "toxicité sur l'Homme, peu de données [..] sont disponibles. Les effets connus sont essentiellement neurologiques à type de paresthésies mais aussi cutanéo-muqueux à type d'irritation." Rien n'est précisé pour les nouveaux nés, enfants et femme enceintes.

K-OTHRINE_100.jpgLes enjeux financier sont très important: pour les agriculteurs qui risque d'avoir de mauvaise récolte à cause de cet insecte. Et pour les vendeurs et fabriquant de pesticides qui s'imaginent déja les bénéfices record grâce à ce même insecte. Mais qui dit plus d'abeilles dit plus d'apiculture, donc plus de pollinisation, donc plus de fruits et légumes, donc plus de maraichage... Il me parait évident que ce type d'épandage est une absurdité.

MK

 

Chrysomèle du maïs, pesticides et subventions : le trio infernal arrive en Haute-Savoie.

À la suite de la capture de 8 chrysomèles, insecte parasite du maïs, sur les communes de Bonneville et Ayse, un arrêté préfectoral impose aux 37 agriculteurs de la zone concernée de mettre en œuvre des mesures éradicatrices.

Le renoncement aux épandages de pesticide par hélicoptère va dans le bon sens. Mais l’environnement, et plus particulièrement les pollinisateurs, ne seront pour autant pas épargnés ; pour la campagne 2010, les semences et les cultures seront obligatoirement traités avec des produits phyto-sanitaires très agressifs.

Et les nuisances ne s’arrêteront aux 2 communes concernées. L’instauration d’une Contribution Volontaire Obligatoire (CVO), prélevée sur les ventes de semences, pour cofinancer avec l’État l’utilisation de ces pesticides, ne peut qu’encourager les dérives de la monoculture intensive et préparer de prochains désastres sanitaires.

La Confédération Paysanne 74 réaffirme que le retour à des pratiques agronomiques normales, incluant la rotation des cultures, est la meilleure solution aux risques parasitaires et la seule acceptable pour relever les défis environnementaux.

Confédération paysanne 74

 

11.08.2009

Place d'It', place au fric !

896-photo1-snap.jpgDans une ville soi-disant d'Art et d'Histoire, il est plus qu'étonnant de voir un édifice religieux faire l'objet d'un plan de déconstruction. Surtout quand on sait que ce qui a été construit au cours du siècle dernier, ou même dans celui d'avant, repose sur des fondations solides et qu'il peut être, pour ne pas dire doit être, conservé, même si son utilisation n'est plus d'actualité !

Il en est ainsi de l'ancien bâtiment des soeurs de Saint Joseph, qui sera démoli au début de l'année 2010 pour laisser place à un autre bâtiment abritant commerces, locaux administratifs et logements... de standing !

Détrompez-vous, cher(e)s Chambérien(ne)s : la ville socialiste dans laquelle vous habitez ne va pas faire de la mixité sociale à cet endroit de la ville, où, justement, les prix n'auront rien à envier de ce qui se pratique dans la très huppée rue de Boigne. Eh oui, votre municipalité, si elle a le coeur à gauche, a bel et bien le portefeuille à droite. Elle fera par conséquent la part belle aux futurs riches acquéreurs de l'angle de la place d'Italie (une place dont on peut voir sur l’illustration ci-dessus à quoi elle devrait ressembler) ; vous pourrez toujours entrer dans cet "immeuble", mais ce ne sera pas pour y poser vos valises, plutôt pour y faire vos démarches administratives, étant donné que la ville y installera certains de ses services (on ne sait pas encore lesquels).

Outre le caractère exclusif (financier) de cette nouvelle construction, on aura la surprise - désagréablement assez fréquente depuis que les architectes n'éprouvent aucune nostalgie envers ce qui faisait de beau dans les années 1800/1900 - de voir s'ériger le mauvais goût en lieu et place du vieil édifice, qui aurait pu faire l'objet d'un rafraîchissement puis d'un réaménagement intérieur pour y faire vivre toutes les catégories socio-professionnelles de la population chambérienne ou d'autres contrées voisines…

Mais les bonnes soeurs n'ont peut-être plus le coeur sur la main et tout comme la ville de Chambé, elles pensent aux gros plutôt qu'aux petits !

On notera à côté de tout cela que, encore une fois, les arbres seront absents aux abords des appartements de luxe, la ville préférant ces grosses jardinières plus encombrantes qu'utiles en matière d'oxygène et d'air frais !

Azzedine Zalif

 

06.08.2009

Noûtron patué i na brâva lingua

image_56012116.jpgC'est un événement auquel on ne croyait presque plus. En français, on dirait donc que c’est à marquer d’une pierre blanche. « Adon s-efan, no fau fare la crui u cümâclo ! », auraient pu s’écrier nos aînées commentant le vote de lô monchu de Charbonnières du 9 juillet 2009, décidant de « Reconnaître, valoriser, promouvoir l’occitan et le francoprovençal, langues régionales de Rhône-Alpes ». 

Quelles que soient les intentions plus ou moins électoralistes des différents partis favorables, cette décision n’en reste pas moins une véritable avancée pour notre langue séculaire, désormais reconnue (comme le breton, le catalan, l’alsacien et l’occitan) par une instance de la République française. Ce que nos conseillers généraux n’ont jamais voulu ou oser faire, ceux de la Région Rhône-Alpes l’ont fait !  Gramessi à lû et onta vargonye à lo s-autro lû que no s-ant assalâ avoué de brâve parôle e balyi la bocca u beut ! Soit, en VF, merci à eux et honte aux autres qui nous ont amadoués avec des bonnes paroles et trompés à la fin !

« Fau afanâ e pa se marcorâ » (il faut mériter et pas se décourager) ! Les efforts des Savoyards (et des autres) engagés dans ce combat pour la reconnaissance se voient ainsi récompensés. L’Institù d’la lingua Savoiârda (ILS) mis en place dans cette intention par Marc Bron il y a quelques années, et présidé depuis peu (et pour six mois) par Pierre Grasset (chô qu’at ècrezu « lo Contye Bârbe d’Arvelâ »), se retrouve ainsi investi d’une nouvelle responsabilité : organiser la reconquête de ce trésor dont « l’intérêt social, culturel et patrimonial » est enfin reconnu politiquement. En espérant que ce nouvel élan fédérera encore plus les actions des différentes sociétés, associations (lo rebiolon, le Centre de la Culture Savoyarde de Conflans, l'Alliance culturelle arpitane…), sans oublier les initiatives locales et individuelles pour la (sur)vie de cette langue que çhi no avoué fiartâ , no balyem à nom patué (que nous appelons fièrement patois),  « particulièrement vivace en Savoie et Haute-Savoie », comme le souligne le communiqué de presse du Conseil Régional.

Si l’usage décline dramatiquement en Savoie comme ailleurs, l’attachement désintéressé des Savoyards à cet héritage ne se dément pas. En témoignent les nombreux dictionnaires parus ces dernières années (dictionnaire de Billième, de la Motte Servolex, de la Bâthie…) et, dernière contribution à la préservation, un livre dictionnaire dü patué de Pêjê (accompagné d’un enregistrement audio et DVD), qui sera présenté le vendredi 7 août à la salle polyvalente de Peisey-Nancroix, à 15 h et à 20 h. « Ce travail initialement entrepris par mon grand-père Donat Silvin (qu’écriyéve dien Dava Rossan-Na), puis continuer, à sa mort, par mon père, soutenu lui-même par deux chercheurs du CNRS, voit enfin le jour », nous précise Laurent Silvin, le petit-fils, illustrant ainsi notre ténacité de Savoyards à consarvâ cen-noutro. (conserver notre bien). Cette œuvre sera également mis en valeur à La Féta dü Patué que se tint poué sti an à Bôrc  (Bourg-Saint-Maurice) lo 12 e 13 settembro ! (1) L’occasion pour tous les patoisans de langue, d’oreille ou de cœur de faire vivre cette culture.

Alors on pourrait épiloguer sur les stratégies de chacun dans ce vote de Roun-Arp : celle des socialistes (résolument contre la Région Savoie), de l’UMP (qui n’a pas pris part au vote pour cause de crise ! cen qu’é fare de gônye !), sur la ringardise avouée des troupes de Mélenchon qui ont voté contre, comme le FN… E capoué, comme diraient lô pasnalyù! Cen que contye, i qu’u l-ant votâ oua !

Dom Vuillerot 

(1) Ce livre fait partie de la sélection retenue par l'organisateur du festival de Patois de
Bourg-St-Maurice les 12 et 13 septembre. Il sera en avant-première à la médiathèque de
Bourg-St-Maurice à partir du 28 août.

 

 

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