29.09.2009

Aimer

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(extrait de la série Bleu Blanc Rouge)

25.09.2009

Une occupation tout en douceur

Une fois n’est pas coutume, Henri se réjouit d'une occupation. Et il nous rappelle que les Burgondes ont laissé sur la terre des sapins des traces indélébiles.

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L’épisode burgonde dura peu de temps, mais il marqua profondément la Savoie. Les Burgondes étaient une ethnie qui descendait du sud de l’actuelle Suède. Au terme de différentes migrations, à Nöel de l’an 405, ils traversent le Rhin gelé avant de débarquer, entre 413 et 417, dans la province Viennoise. En 422, le préfet Honorius leur abandonne l’Allobrogie. Le roi Gondicaire fait alors de Vienne sa capitale. Cette époque est mouvementée et les Burgondes se retrouvent pris en sandwich entre les Huns et les Romains. Gondicaire sera d’ailleurs tué par Attila en 436, un an après que son peuple se soit incliné face au général romain Aetius. Celui-ci les ‘‘cantonnera’’ dans certaines terres allobroges, en Yverdon et autour du lac de Neuchâtel. Les Burgondes deviennent en somme des  ‘‘réfugiés’’, des personnes déplacées. Mais en 443, la Sapaudia (ou Sabaudia), la terre des sapins, leur est attribuée par les Romains. Et en 460, le royaume Burgonde se place sur les pourtours de la Savoie d’aujourd’hui. Trois ans plus tard, l’empereur Sévère fait une dernière grâce aux Burgondes en leur confiant officiellement la gestion de ce territoire. C’est à cette période que Clovis devient, en assassinant tous les autres chefs de son peuple, le roi des Francs, mais pas de la Sabaudia. Il va épouser Clotilde, la nièce du roi burgonde Gondebaud, quelques années après avoir battu ses troupes en 486 lors du célèbre épisode du vase de Soisson. Cela prouve au moins que les Allobrogo-Burgondiens n’étaient pas dans le coup !

Sidoine Apollinaire, poète latin et chrétien qui fut préfet de Rome puis évêque de Clermont, disait que bien qu’amoureux du Léman, il n’aimait pas les Burgondes qui s’y étaient installés. Il écrivait ainsi à un ami : ‘‘Que veux-tu que je t’écrive ? Placé parmi ces bandes chevelues, obligé d’affronter des mots germaniques, de louer d’un visage souriant ce que chante le Burgonde vorace qui répand sur sa chevelure un beurre aigri… Heureux tes yeux, ton nez et tes oreilles, loin de ces géants auquel suffirait à peine la cuisine Antinoüs ! ’’  Ils avaient la santé ! C’est pourtant une forte fièvre de leur roi qui va conduire les Burgondes à devenir chrétiens. Guéri par saint Avit, Gondebaud se convertit et christianise son royaume. Et en 505, cinq ans après avoir établi sa capitale à Genève, il promulgue à Ambérieu les ‘‘lois Gombettes’’, applicables à tous ses sujets. Ces lois offrent l’équité et l’égalité des droits entre les nouveaux et les anciens habitants. Elles vont devenir la base de notre droit. En s’installant en Allobrogie, les Burgondes ne sont pas venus prendre, mais ont donné à la Savoie une paix féconde et nous ont délivrés de l’abusive fiscalité romaine. Jusqu’à leur défaite contre les Francs en 534, ce peuple aux mœurs douces exerça une occupation pacifique qui modifia profondément les Allobroges sur lesquels l’élément romain n’avait eu que peu ou point d’influence, en dehors des villes. Ils défrichèrent les forêts et amenèrent leur race bovine ainsi que le ramequin - la crème de fromage. Les Burgondes ont aussi marqué l’Allobrogie par des patronymes aujourd’hui encore familiers (Chabert, Challamel, Baud…) et tous les toponymes avec des suffixes en ‘‘inge’’ et ‘‘ens’’ (Tanninges, Bohringe, Brens, Marlens…). Pour tout cela, nous leur sommes définitivement redevables.

Henri Dénarié

22.09.2009

A la con, c’est si bon

Fred est parti en virée à Thônes où il a gravi les marches du Festival international du film à la con. Là où la connerie dégage une lueur d’espoir.

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Jamais le titre honorifique de terre hospitalière n’aura aussi bien collé à une ville qu’à celle de Thônes, qui accueillait en cette fin d’été la cinquième édition du Festival International du Film à la Con. Pendant deux jours, les vendredi 11 et samedi 12 septembre, une bande de doux-dingues, tous encartés à l’asso Label Vie d’Ange, a investi la salle des fêtes de la capitale du reblochon et ses proches alentours. Objectif annoncé : mettre à l’honneur le film court amateur et surtout une certaine idée de la déconne et de la convivialité.

Samedi 12 en fin d’aprèm, on a enfilé notre plus beau costard pour assister, sapés tels des premiers communiants, à la soirée de clôture du festival. Sur le tapis rouge, ouvert à  tous et foulé aux pieds par un public transgénérationel, des serveurs aux noeuds papes XXL1-festival du film a la con 002.jpg nous accueillent, plateaux de verres de blanc et de toasts au tarama à la main. Comme ça. Simplement pour nous remercier d’être venus. Au même moment, sur scène, des groupes régionaux accompagnent notre déglutition de leur mélopées déglinguées et braillardes, soutenus par deux pom-pom girls en tenue rose et noire.

Florent, le big boss de l’événement, débarque fringué en veste mauve à paillettes, chemise blanche et noeud pape rouge vif  (définitivement l’accessoire indispensable de  la soirée). Il apostrophe un gars dans la foule : « T’as vu, j’me suis fait la moustache d’Adolf Hitler en négatif… ». Les deux comparses se marrent sur ce bout de rectangle éclairci au-dessus des lèvres. Puis, d’un bond, Flo se téléporte sur scène pour balancer au micro la suite du programme. Une annonce approximative dans laquelle on croit comprendre que, dans la salle principale, seront diffusés et récompensés les films sélectionnés pour les prestigieux… Connards d’or, pendant que les amateurs de blanc et de tarama pourront continuer à se baffrer en visionnant les quelques trente vidéos recalées et projetées en boucle au rez-de-chaussée.

Avant la grande transhumance vers la cérémonie officielle, plusieurs personnages haut en couleur font leur apparition près du bar. Un type, aux lunettes énormes, engoncé dans un costume gris trop étroit, fourre son micro sous le nez des badauds pour recueillir leurs impressions. Il est accompagné d’un grand gars en salopette, flanqué d’une caméra surdimensionnée. Ils portent un badge (com)presse. Des gamins aux cheveux gominés et lunettes de soleil jouent les producteurs blindés et arrogants entre les jambes1-1-1-1-festival du film a la con 036.jpg des gens…

Quelques instants plus tard, à l’étage, dans une salle de cinq cents places pleine à craquer, on retrouve Florent, maître de cérémonie à la décontraction déconcertante et aux déhanchés impeccables. Il lance la cérémonie. Jusqu’à minuit se succèdent ainsi vingt-sept courts métrages de six minutes maxi, mais aussi de fausses pubs pour véritables partenaires financiers du festival, défilé de mode décalé intitulé Chair de poules en cages et autres lectures de poèmes bidons vantant la vallée de Thônes. Tout ça dans une ambiance survoltée où se mêlent sifflets, cris et éclats de rires collectifs.  

Dans un coin, nommé un peu pompeusement VIP, un jury de cinq membres oeuvre dans l’ombre afin de décerner le Connard du meilleur scénario, celui du meilleur acteur (remis finalement à une actrice…) et le Grand Connard d’or. Un jury à la partialité toute relative, du propre aveu du plus barré d’entre eux, Anselme, charismatique ambassadeur de la fondue savoyarde croisé alors que nous étions sur le point d’engloutir une bonne ration de chili con carne à cinq euros l’assiette. « On est un jury corruptible, ouvert à toute proposition. » A la découverte de notre identité, il ajoutera un petit message perso pour le rédac chef : « La Voix des Allobroges ?... Vous ferez un gros bisou de ma part à Brice Perrier... ». 1-1-1-1-festival du film a la con 057.jpg

Quant aux films, ils sont autant de défis lancés au septième art. Derrière des titres tels que Les Ricains 2, Nespresso what else ou le très inspiré Controverse enfantine sur la relativité générale, on découvre des histoires aux scénarii pour le moins alambiqués. Il s’y mêle histoires d’amour à l’eau de rose, faux documentaires ou encore satires du cinéma d’auteur à la française. Les effets spéciaux à deux balles cinquante sont dignes des années 70-80, les montages foireux et les BO réunissent Sardou et Ferrat. Alors que certaines œuvres flirtent avec le génie surréaliste, d’autres sentent drôlement le fromage ou sont tout simplement nulles, mais, après tout, on s’en fout. Car de toute évidence, tout ce festival, plus proche de l’humour grolandais que des paillettes cannoises, n’est qu’un prétexte. Un prétexte à la déconne, à la libération par l’humour et l’autodérision.

1-1-1-festival du film a la con 016.jpgEn ces temps de crise, dans une société parano et surfliquée qui s’enfonce chaque jour un peu plus dans une morosité poisseuse, ces crétineries sont salvatrices. Elles agissent comme une soupape de décompression et semblent nous indiquer une autre voie, un ailleurs refuge de nos illusions perdues. L’idée qu’il existe quelque part un espoir.

Frédéric Delville

 

En exclusivité, la Voix vous offre maintenant le visionnage d’un des films présentés à Thônes cette année. Intitulé Abboie !, il est réalisé par Christophe Colonel, jeune réalisateur chambérien dont nous avons déjà présenté le film Mémoire des Halles.

http://www.dailymotion.com/user/chatboite/video/x1dxaw_ab...

18.09.2009

Les chauves-souris ou la politique de l’autruche ?

Les chauves-souris des Epinettes feront-elles prendre conscience à l'agglo de Chambé qu’il faut stopper la fuite en avant de l’urbanisation ? Ça serait trop bat' !

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SAUVONS LA ZONE HUMIDE DES EPINETTES A LA MOTTE SERVOLEX !

LETTRE OUVERTE AUX ELUS DE CHAMBERY METROPOLE

Chauves-souris contre emplois : article racoleur et simplificateur s’il en est, paru dans le Dauphiné Libéré du 25 juillet 2009 à propos du projet d’aménagement de la zone humide des Epinettes à La Motte-Servolex, pour stigmatiser, une fois de plus, les empêcheurs de « croître en rond » ! (ndlr : voir aussi l’article suivant accompagné d’une vidéo http://www.ledauphine.com/la-motte-servolex-br/-les-chauv...

La Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature (FRAPNA) Savoie ne saurait s’abstenir de prendre position dans un débat qui la concerne au premier chef. Le devenir de ce rare (dans toutes les acceptions du terme) îlot de verdure, représente en effet un enjeu considérable pour toutes les personnes soucieuses de protection de l’environnement. Cet enjeu est double, à la fois écologique et emblématique.

ENJEU ECOLOGIQUE

Les chauves-souris

Il convient, d’abord, de citer celles par lesquelles le scandale est arrivé, les mangeuses d’emplois,terreur des grands projets économiques : nous voulons bien évidemment parler des chauves-souris qui ont élu domicile aux Epinettes. Il ne saurait être question de demander à tout le monde d’éprouver la même fascination que nous pour le seul mammifère volant : sauf curiosité naturelle innée, il y faudrait une éducation du regard et de la sensibilité qui n’est pas toujours dans l’air du temps, même si les actions conduites en ce domaine par la FRAPNA, avec l’aide de plusieurs collectivités publiques, rencontrent un vif succès. Nous ne nous lancerons pas davantage dans un exposé sur les bienfaits de ces insectivores à un moment où l’homme ne peut plus esquiver de s’interroger sur les limites de l’utilisation des produits chimiques même si, pour rester dans la logique de l’article incriminé, la chimie, c’est de l’emploi ! Nous nous contenterons d’en appeler au respect de la biodiversité dont tout le monde s’accorde aujourd’hui à admettre l’importance. En théorie du moins, car de la reconnaissance intellectuelle d’un fait aux choix pratiques nécessaires, il y a un pas que nos sociétés ont de la peine à franchir. Un communiqué récent de France Nature Environnement (FNE) est à cet égard particulièrement édifiant. Rendant compte d’une synthèse de la Commission Européenne des rapports nationaux évaluant l’état de conservation des habitats naturels et des espèces sauvages d’intérêt communautaire, il y est fait mention de résultats alarmants : 65% des habitats naturels et 52% des espèces sont en état de conservation défavorable en Europe. Allons nous continuer à scier la branche sur laquelle nous sommes assis ?

Une zone humide

La zone humide des Epinettes comporte des habitats et espèces d’intérêt européen. Elle est intégrée en tant que telle à la Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique (ZNIEFF) de type 1 dite de Pré Lombard (La Motte-Servolex). Ce statut particulier de la zone des Epinettes est clairement rappelé dans le Mémento du patrimoine naturel du territoire de Chambéry publié en 2007 par Chambéry Métropole et le Conservatoire du Patrimoine Naturel de la Savoie (CPNS). N’y a-t-il pas là autant de raisons qui plaident pour sa conservation ? Sinon, où est la cohérence ? La zone humide des Epinettes fonctionne en équilibre hydrostatique avec la Leysse lors des crues. Il s’agit donc d’un milieu aquatique annexe de ce cours d'eau qu’il convient de conserver pour respecter d'ores et déjà l’orientation fondamentale n°6 du prochain Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) Rhône Méditerranée, orientation qui vise à « Préserver et développer les fonctionnalités naturelles des bassins et des milieux aquatiques ».

Une zone boisée

Dans la continuité de son Agenda 21, qui prévoit déjà lui-même au moins trois actions allant dans le sens de la conservation d'espaces du type de ceux représentés par la zone humide des Epinettes, Chambéry Métropole s’est engagée dans un Plan Climat. Or les boisements humides des Epinettes constituent un puits de carbone dans un secteur particulièrement émetteur de gaz à effet de serre (importante circulation automobile (VRU, autoroute), et zones industrielles et d’activités.

La végétation des Epinettes constitue un secteur refuge essentiel pour la faune dans le cadre du corridor biologique appuyé sur la Leysse et s’inscrivant, à ce titre, dans le réseau des trames vertes et bleues du récent Grenelle I de l’Environnement. Et ce, d’autant plus que les travaux de protection contre les crues prévus au contrat de bassin versant du lac du Bourget, risquent de déstructurer, à moyen terme, d’autres éléments constitutifs de ce corridor biologique. Sur un plan sensible et paysager, la zone boisée des Epinettes avec notamment ses aubépines, prunelliers et aulnes caractérisés par une maturité avancée, présente un intérêt évident d’espace vert périurbain rompant la monotonie de l’alignement d’enseignes et de panneaux en tous genres le long de la VRU en entrée de ville. Il s’agit également d’un des trois derniers boisements frais d’accompagnement de l’Avenue Verte qui, s’il devait disparaître, ne conservera de verte que le nom !

UN ENJEU EMBLEMATIQUE

Toutes les raisons évoquées précédemment militent à elles seule pour la conservation de la zone des Epinettes, et elles devraient suffire à emporter la conviction des élus.

Nous voudrions cependant en ajouter une autre qui serait la volonté de manifester, clairement et de manière courageuse, une prise de conscience réelle et sincère du défi qui est plus que jamais à relever par les décideurs en situation de gérer l’occupation des sols. S’il est un domaine dans lequel tous les « Grenelles » n’arrivent pas à donner le change, c’est bien celui de l’espace qui est inexorablement dévoré par une urbanisation continue. Comme la plupart des territoires, si ce n’est plus en raison de sa configuration, la région chambérienne n’est pas épargnée par le phénomène. Quand on sait le sol déjà consommé par une réalisation comme Savoie Technolac et celui qui le sera par les extensions d’ores et déjà programmées de la zone à terme, n’est il pas temps d’affirmer par les décisions appropriées que l’espace ne sera plus la variable d’ajustement de tous nos choix, mais au contraire que sa sauvegarde représentera un a priori incontournable.

Certes, il ne manque pas d’adeptes de la croissance à tout prix pour dire que la création d’emplois éclipse toute autre considération. Mais nous ne devons pas plier l’échine devant des arguments spécieux et suicidaires.

Spécieux, car ils montent le plus souvent « en épingle » les emplois créés dans un secteur sans véritablement tenir compte de ceux supprimés ailleurs. Ainsi, concernant le projet de ZAC des Epinettes, une partie non négligeable des emplois annoncés dans la presse proviendraient de simples transferts de départements voisins ! Quant aux créations nettes d'emplois qui ne sont pas légion, faut-il s’émouvoir s’il advient comme ce fut le cas d’un précédent projet envisagé aux Epinettes qu’elles aient lieu dans des régions où l’emploi est en déclin plutôt qu’en Savoie ? Ne serait-ce pas tout simplement cela l’aménagement du territoire ?

Suicidaires, car ils reviennent à prôner à plus ou moins longue échéance, mais avec certitude, la destruction de notre cadre et de nos conditions de vie. Ainsi, en ce qui concerne le bassin chambérien, en quelques décennies, nous avons consommé et bien souvent gaspillé des centaines d’hectares de milieux naturels et de terres agricoles. A supposer que le développement des grandes surfaces ait constitué une évolution pertinente, ce qui est loin d’être prouvé, notamment au plan macro économique, n’aurait-il pas été plus judicieux de concentrer les entreprises sur plusieurs niveaux, parking dessous et panneaux solaires dessus, plutôt que d’étaler des bâtiments sur un seul niveau, au milieu de mornes parking ? Est-ce là le modèle d’aménagement que nous laisserons en héritage à nos successeurs ? Où trouveraient-ils encore les espaces nécessaires à cette croissance frénétique ? Comment éviteront-ils l’étouffement qu’on leur prépare ? 

Devant la gravité de la situation, la FRAPNA Savoie saisit l’occasion offerte par le devenir de la zone humide des Epinettes pour en appeler à un sursaut des élus concernés afin qu’ils marquent un tournant radical dans les modalités d’utilisation du territoire dont ils ont la responsabilité. Qu’ils sachent faire désormais de l’économie de l’espace et du respect du milieu, une priorité, car ce choix constitue plus que jamais le seul qui soit, dans tous les sens du terme, véritablement révolutionnaire et gage d’avenir.

Tâche ardue, certes, car l’ampleur du défi à relever pour sortir d’une spirale mortifère est telle que l’on préfère souvent refouler, plus ou moins consciemment, ce que notre intelligence nous révèle, plutôt que de devoir remettre en cause radicalement une façon de vivre vouée à l’échec et à la souffrance. Pourtant, refuser la politique de l’autruche, c'est à dire ne pas laisser la réalité s’imposer d’elle-même, et comme toujours en pareille circonstance, de manière brutale et cataclysmique, constitue la véritable grandeur du politique.90125858_6e079d6802.jpg

Sauver la zone des Epinette de la destruction pourrait donc constituer un bel exemple de clairvoyance et de courage. Puissent nos aimables chauves-souris aider les élus du bassin chambérien à faire un choix dont ils auraient à s’honorer et sortiraient grandis. Tel est pour la nature et pour notre territoire, et donc pour les hommes qui l’habitent, notre vœu le plus cher. Que tous ceux qui s’investiront dans ce combat soient assurés de notre soutien le plus total et de notre contribution pour que le moment venu, la reconnaissance qu’ils auront légitimement méritée soit au rendez-vous, même si la plus belle et la plus intangible des satisfactions pour un élu restera toujours celle du devoir accompli.

Chambéry, le 8 septembre 2009

Pour la FRAPNA Savoie,

Le Président, Pierre MEYER

www.frapna.org

15.09.2009

La culture celtique tient à son FIL

Revenant du Festival interceltique de Lorient, Pascal Garnier y voit un exemple à suivre pour une Europe des régions encore en gestation.

annuler.jpg--festival.jpgAvec ses 700 000 festivaliers, d’après les indications données après chaque édition par les Renseignements généraux, le festival interceltique de Lorient est le plus grand festival de France. Cette année encore, il  a atteint ses objectifs, malgré la crise. Pourtant, du 31 juillet au 9 août, il n’a  accueilli aucune des stars de la chanson bretonne connues du grand public, tel Alan Stivell, Denez Prigent ou Dan Ar Braz. La Galice, région espagnole située au nord du Portugal - la plus méridionale des cinq nations celtes historiques du Festival interceltique -, était  l’invitée d’honneur de cette 39è édition. Deux phénomènes, Carlos Nunez et Susana Seivane, ont fait partager la chaleur qui se dégage de la gaïta, cornemuse typiquement ibérique. Vous n’aviez jamais entendu parlé de ces artistes ? Logique, car ils sont à peu près inconnus chez nous, mais, au sein de la confrérie celtique, ce sont des stars. C’est donc à guichet fermé qu’ils ont joué à Lorient. Nous avons pu aussi compter sur les mélopées marines des chanteuses de SonDeSeu (groupe comparable à un orchestre de musique classique, mais qui utilise les instruments et le répertoire de la tradition musicale galicienne) pour entraîner le public sur un des chemins de la Galice, dont le plus connu est celui de St Jacques de Compostelle. Chaque année, plus de 3 500 chanteurs, musiciens et danseurs font le succès de ce l’on nomme ici le FIL. Et tout ce beau monde a une fois de plus défilé le dimanche 2 août dans les rues de Lorient, lors de la grande parade des nations celtes, qui a rassemblé cet été plus de 70 000 personnes.

A la tête du festival, on retrouve Lisardo Lombardia. Cet Asturien transforme progressivement la grande réunion festive des peuples celtes en un haut lieu du militantisme culturel, tout en restant fidèle à sa philosophie originelle. « Nous sommes un festival qui porte la fierté de nos cultures celtiques plurielles, au même titre que le partage et le métissage. Nous défendons, enfin, le fait que nos musiques traditionnelles soient des musiques actuelles, loin du folklore. Et nous prenons plaisir à partager la découverte d’artistes de talent de Bretagne et des pays celtiques. En conséquence, l’Interceltique n’a jamais voulu être un festival de catalogue, mais, bien au contraire, un festival de recherche, de créations et de rencontres. Donc un festival ouvert au monde. »

Bien dans cette démarche culturelle, voici ce que déclare le groupe galicien Berrogüetto : « Nous abordons tous les problèmes de la société actuelle. Mais nous n’oublions pas d’incorporer dans nos textes des paroles de morceaux traditionnels. Les régions rurales de la Galice disparaissent petit à petit à cause de la pression urbaine, mais ces paroles portent en elles des relations humaines profondes, car la société paysanne fonctionne comme une grande famille. La Galice a une histoire rurale très forte, un peu comme la Bretagne. La culture et les traditions y sont encore très vivantes. Par nos musiques et nos paroles, nous essayons d’apporter aux citadins toute l’esthétique de cette richesse. Nous voulons montrer que le monde rural est écologiquement et humainement durable. Notre discours est donc en fait à la fois local et global. La Galice est un petit pays qui n’a pas encore d’indépendance, même si nous avons plus d’autonomie que les Bretons. Sauf que nous ne pouvons pas décider pleinement de ce qui est bon pour nous en matière d’écologie, de social, de langue. Minoritaire, notre culture est encore défavorisée. D’un autre coté, nous sommes pour la construction de l’Europe. Mais pas d’une Europe basée sur l’économie et l’argent. Nous attendons une Europe qui aide les personnes et les cultures à circuler. Une Europe des peuples. »

1004129-1257395.jpgEn venant au FIL, on sent vite que le discours politique n’est jamais loin, même si le plus souvent il s’exprime avec discrétion. Ainsi l’Union Démocratique Bretonne (UDB), le parti autonomiste local (centre gauche), tient un stand sur lequel on peut  croiser des dirigeants du Bloc Nationaliste Galicien (BNG). On pouvait aussi  discuter avec  les responsables de Bretagne Réunie, association qui milite depuis longtemps pour la réunification du département de la Loire-Atlantique et de Nantes - capitale historique - à la Région Bretagne. Tout ceci s’insère harmonieusement dans la philosophie générale et on ne peut envisager cette manifestation sans leur présence.

Le festival se veut aussi plus écologique, équitable et solidaire en accueillant depuis maintenant six ans un « Village solidaire » où l’on peut retrouver des stands d’artisanat, d’alimentation équitable, des expositions, des vidéos, des campagnes de sensibilisation (biodiversité, cultures minoritaires, écohabitat…), une restauration bio, un espace internet et logiciel libre, entre autre. Le festival s’est également engagé à travers une charte signée avec la région et l’ADEME dans une démarche agenda 21.

Un petit regret toutefois : on ne sentait pas assez que le FIL a consacré quarante années d’effort pour la renaissance culturelle et économique de la Bretagne. C’est qu’en la rassemblant avec ces sœurs celtiques acculées à la mer, le FIL a été un levier pour sortir la Bretagne de l’anonymat dans lequel l’état jacobin voulait l’enserrer. L’installation l’année prochaine d’une exposition retraçant les quarante ans du festival devrait permettre de combler cette lacune.

SIBR_2395032_1_20080810_px_300__w_ouestfrance_.jpgDifficile de parler de cette manifestation sans donner un aperçu de l’intendance. Coté budget, cela représente  globalement 4.1 millions d’euros, plus les aides matérielles dont celle de la ville de Lorient estimée à 750 000 €. Le Festival s’autofinance à 65 % (ce qui en fait le festival qui s’autofinance le plus en France) et reçoit 35 % de subventions diverses. Pour ce qui concerne les ressources humaines, neuf permanents forment le socle du Festival à l’année. Un effectif qui gonfle à une trentaine dans les bureaux à l’approche du rendez-vous, plus une régie technique d’une bonne vingtaine de personnes. Pendant le déroulement du FIL, il faut aussi compter sur une centaine d’intermittents techniques. Tout cela génère 800 fiches de paye, concernant 600 salariés, auxquels viennent prêter main forte 800 bénévoles. Pour l’anecdote, durant le festival, la ville de Lorient se couvre de pas moins de 9 627 m2 de chapiteaux !

Pendant ce temps-là, se tenait sur un week-end à Plaines-Joux les Brasses, pas très loin d’Annemasse,  le 8è festival de musique alpine, Feufliazhe, basé lui sur le concept tout aussi légitime d’interalpin. Le désir d’enracinement culturel est un phénomène universel, d’autant plus fort que la mondialisation libérale exerce ses ravages. Mais en Bretagne comme en Savoie, des citoyens qui ne veulent pas voir leur culture péricliter se sont levés pour tenter de construire, pas à pas, l’Europe culturelle des Régions.

Pascal Garnier

Plus d’infos sur ces deux festivals :

www.festival-interceltique.com

www.feufliazhe.com

11.09.2009

« Nous sommes entrés dans les temps fondus »

Depuis le Festival du film à la con de la vallée du fromage rond, l'ambassadeur Anselme nous souhaite la bienvenue dans les Années Fondues.

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Membre indéboulonable du jury du splendide Festival du film à la con qui débute ce soir à Thônes (http://www.festival-film-ala-con.com/), il évolue dans l’astral illuminé de la vallée du fromage rond où il savoure les Années Fondues. Anselme les attendait depuis la publication, au milieu des années huitante, d’un manifeste intitulé Vive la fondue !, ouvrage sans précédent qui allait lui permettre de rencontrer les producteurs de la société Musique et Fromage. « Ces suppôts de l’infâme, de l’ignoble, de la perfide raclette nous dirent amicalement bonjour et au revoir. » Malgré cela, le premier ambassadeur de la fondue entreprend de développer une nouvelle discipline, les Beaux-Arts-Ménagers. Il va alors mêler chanson et fromage dans ses spectacles comme dans sa vie. Il entreprend de réaliser la plus grande fondue du monde, mais aussi la plus petite. Il invente l’attaché-case-fondue, muni de son réchaud et de tous les ingrédients nécessaires, afin de faire partager son plat fétiche à tout moment et en tout lieu, rendant au passage sa femme jalouse de l’omniprésence de cette maîtresse fromagère.

En jouant son propre rôle dans le film des grolandais Benoît Delépine et Gustave de Kervern Avida, en 1997, notre ambassadeur trouve enfin une reconnaissance digne de son immense talent. Il en donnera une nouvelle démonstration ce week-end à Thônes, où son fils Gaston, qui retirera pour l'occasion le caquelon qu'il aime tant se mettre sur le tête, tiendra par ailleurs les platines. En attendant, on vous laisse avec cette sublime comptine pour rejoindre les temps fondus. « Nous voici dans les temps fondus et mélangés, de par le monde cuisiniers et vacanciers s’accordent à dire et à penser : Allons-nous-fondre !? Sous un soleil de plomb, dans un gros caquelon. Allons-nous-fondre ?! Dans les flammes de l’enfer, sous les radiations nucléaires. Allons-nous-fondre !? Et devenir la fondue, mangé par Père Ubu. Allons-nous-fondre ?! Avec toi ma belle F. dans l’orgasme universel. Etre ou ne pas être de… La Fondue, telle est la digestion. »

Anselme, comment es-tu devenu l’ambassadeur de la fondue ?

Comme nous devenons des adultes, je suis devenu l’ambassadeur de la fondue. Au départ, je l’accompagnais, j’en mangeais depuis l’âge de sept ans. Et puis elle s’est imposée. Des copains me demandaient d’en faire pour trente personnes, cinquante, puis six cents, mille. A une époque, j’étais très sollicité et je ne pouvais pas refuser. Je mangeais de la fondue tous les jours. Mais je n’ai pas voulu m’autoproclamer roi de la fondue. Devenir ambassadeur m’a permis d’en parler en étant moins présomptueux.

Selon toi, la fondue est à l’origine de l’humanité…

A l’ambassade académique, nous avons une hypothèse assez osée qui dit que, il y a deux cents millions d’années, sur la Pangée, le continent unique, il y avait la grande table de l’humanité où tout le monde était rassemblé pour déguster une immense fondue. Et puis les continents ont dérivé et les hommes furent séparés pour toujours.

La fondue reste quand même un plat communautaire…

C’est un des rares plats qui se partage collectivement, comme le couscous. Au contraire de la raclette qui est l’antifondue par excellence, avec les appareils d’aujourd’hui où chacun a sa petite assiette. Et puis une fondue se mange entre gens de confiance. D’ailleurs, je demande toujours dans les restaurants s’il leur arrive de servir de la fondue dans des repas d’affaire. Et bien non, la fondue se mange entre amis.

Pourquoi penses-tu que nous voici arrivés dans les Années Fondues ?

A l’aube du troisième millénaire, toutes les époques, toutes les idéologies, tous les courants artistiques sont mélangés. Nous sommes donc entrés dans les temps fondues. Ou dans l’étang fondue. Dans un orgasme universel. On sera d'ailleurs en plein dedans tout le week end lors du festival. Alors viendez tous à Thônes, dans la vallée du fromage rond !

Propos recueillis par Brice Perrier

10.09.2009

Remettons le Tonkin sur les rails

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L'association pour la réouverture de la ligne du Tonkin vous donne rendez-vous samedi 12 septembre, à Meillerie, pour un rassemblement pro-Tonkin.

Avec le changement climatique et la fin des énergies fossiles, on comprend mieux l'intérêt de rouvrir des voies encore entretenues et de faire continuer un train qui roule toujours du côté Suisse. Mais tout n'est pas gagné : la réouverture du Tonkin est encore combattue par les partisans d'une route (où ? sur pilotis ?) qui s'acharnent contre le rail, et les quelques riverains, qui préféreraient voir circuler des vélos. Pourtant, cette voie ferrée permet certes de relier la Suisse à la France, mais aussi ce bout du lac au reste du département de la Haute-Savoie !

Alors allez-y nombreux pour défendre le train et le remettre sur de bons rails, car c'est la voie de l'avenir.

 

Programme :

10h           Rendez-vous à 10h devant la mairie de Meillerie

10h15        Allocutions. Présentation de la pétition pro-Tonkin



10h30         « Opération escargot » sur la route pendant 15 minutes. Distribution de tracts aux voitures et aux passants



10h45         Fin de l’opération. Verrée de l’amitié sous le porche de la mairie 

Les participants sont invités à se munir d'un gilet jaune fluo.

08.09.2009

Le musée de l’avenir

Hervé Gaymard lance un nouveau concept : un Musée Savoisien qui parlerait de… l’avenir. Aurait-il honte de notre passé ?

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Quel monde vivons nous ! De quoi voulez-vous parler avec quiconque ? La religion n'intéresse plus grand monde (encore faudrait-il qu'"ils" y comprennent quelque chose, ou même qu'"ils" pensent à quelque chose, ce qui n'est guère évident vu le poids des medias qui vous disent tout ce qu'il faut penser). La politique ? Il est de bon ton de ne pas en parler ouvertement. Les autres ? On ne va s'ennuyer à en dire du bien et on en a déjà tellement dit du mal. Le passé ? Mais il est irrémédiablement mort ! Le présent ? Ne nous attachons pas à la conjoncture trop fragile et éphémère... Alors, une seule solution : l'avenir. Du moins, c'est l'avis de Monsieur Gaymard qui nous prévoit un Musée Savoisien ouvert sur l'avenir, alors que, manifestement, on n'a jamais bien présenté le passé de cette pauvre Savoie (voir http://www.ledauphine.com/savoie-150-anniversaire-cela-se...). Voilà qui nous promet bien des perspectives sur le Musée Savoisien, qui, paraît-il, va changer de patron en passant de la ville de Chambéry au Conseil Général. Notons d’ailleurs, une fois de plus, que la discrétion l'a emporté, puisque aucun media n'en a parlé jusqu’ici...

Il y aurait tant à faire sur le passé que l'on comprend très bien que l'on préfère parler d'avenir, ou plutôt on a tellement peu réussi à parler du passé que l'on est maintenant tenté par l'inverse. Cela ne fera pas l'affaire des touristes mais, bien sûr, plutôt celle de nos conseillers généraux autrement plus intéressés, surtout qu'ils pourront alors passer par le biais de leurs techniciens d'autant plus spécialisés qu'ils ne sont en rien liés au pays et, de ce fait, garantis contre toute partialité ou même contre tout intérêt profond. 

Qui, au conseil général, est allé visiter le nouveau musée des Alpes au fort de Bard en vallée d'Aoste, chef d'oeuvre de muséographie, de pluridisciplinarité et de pédagogie ? Nos amis valdotains ont mis le temps, mais quelle réussite ! Ne soyons pas jaloux, mais quand même, puisque, anti-racisme aidant, nous ne sommes pas plus bêtes qu'eux et, cependant, ils l'ont fait et pas nous ! Et sans orgueil nous ne pouvons pas nous plaindre ou même les envier, ce qui nous permet de continuer à dormir gentiment...

Il y a quelques mois, on parlait beaucoup au Conseil Général d'un musée de Savoie au château rénové et restauré. Mais avec le projet du Musée Savoisien, on n'en parle plus. Alors en effet que reste-t-il ? Rien ou presque, et dans l'ignorance générale, qui, au château, a connu et se rappelle l'exposition (bilingue) présentée l'an passé aux archives d'Etat de Turin sur le Saint Suaire et qui a laissé les rares Savoyards visiteurs dans une totale indifférence ? A défaut de grande histoire, parlons au moins de la "petite", mais encore faut-il trouver des volontaires.

Bref, on en arrive toujours la même conclusion. Les autorités nous disent qu'il n'y a aucun spécialiste local valable, d'où la nécessité d'en "importer". Et l'opinion de se plaindre en privé et toujours dans une totale ignorance de l'absence de toute référence culturelle locale valable... Alors que le vrai problème est celui d'une province qui a perdu le sens de ses origines et de ses particularités, faute d'une politique culturelle "bien tournée". On le voit avec l'indifférence de l'opinion vis-à-vis de l'anniversaire de 1860. On n'est pas prêt d'y renoncer avec les perspectives muséographiques actuelles.

André Palluel Guillard

04.09.2009

Mettre ses actes en accord avec ses pensées

Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, expose dans la Voix sa politique savoyarde à six mois des régionales. Aux Savoyards de s'y mettre !

Après être revenue sur quelques fondamentaux culinaires, la Voix fait sa rentrée politique dans une saison 2009-2010 qui s’annonce passionnante. Car les élections européennes et la percée d’Europe Ecologie ont de par chez nous changé la donne. La circonscription Sud-Est a ainsi envoyé à Bruxelles deux euro-députés décidés à s’engager pour la création d’une région Savoie, le Corse François Alfonsi et la Chambérienne Malika Benarab Attou. C’est du jamais vu. Dans la ligne de mire de tout le monde, désormais, il y a les élections régionales, dont la campagne va se dérouler alors que sera débattue au Parlement la réforme des collectivités locales et qu’on s’apprêtera à commémorer en Savoie les 150 ans de l’annexion à la France. Un contexte exceptionnel, qui pourrait permettre de complètement chambouler le paysage politique régional et de donner enfin à la Savoie un nouveau statut. Mais on peut aussi craindre qu’elle ne se dissolve dans Rhône-Alpes, dans le cas où la réforme conduirait à une petite mort des départements phagocytés par des régions de tailles soi-disant européennes.hqdefault.jpg

Le président de la région Rhône-Alpes semble pour sa part vouloir la chérir cette Savoie, en lui offrant une place de choix au sein d’une entité rhônalpine où notre histoire et notre identité particulières seraient mises d’avantage en avant, avec même, si les Savoyards en font la demande, quelques privilèges en matière de délégation de compétences. Selon le socialiste Jean-Jack Queyranne, un premier signe concret a d’ailleurs été donné cet été avec la reconnaissance du francoprovençal (connu aussi sous le nom d’arpitan ou tout simplement de langue savoyarde) et de l’occitan par la région Rhône-Alpes (voir http://lavoixdesallobroges.hautetfort.com/archive/2009/08...). On a donc saisi cette occasion pour aller tâter le terrain du côté de Charbonière et lancer une année politique appelée à être placée sous le signe de la région.

Jean-Jack Queyranne, que représente pour vous la reconnaissance par Rhône-Alpes des langues régionales qui a eu lieu cet été ?

C’est un acte vraiment important pour la région. Une reconnaissance, mais aussi l’engagement de lancer un certain nombre d’actions dans les domaines du patrimoine et de la création artistique. Le pire danger qui guette la culture, c’est celui de l’uniformité. Le problème se pose dans notre région, en particulier au niveau linguistique. Or les langues sont porteuses de visions du monde originales et participent à la définition de notre identité. Certaines langues sont menacées et, s’il faut défendre la place du français dans le monde, il faut aussi défendre le plurilinguisme en France. Une évolution est apparue depuis que Lionel Jospin a ratifié la charte de reconnaissance des langues régionales. Aujourd’hui, il est important de dire que les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.

Le jour du vote de cette reconnaissance, vous avez dit que le francoprovençal et l’occitan donnaient un sens à une région qui en était dépourvue. N’est-ce pas un aveu terrible de dire que Rhône-Alpes n’avait pas de sens ?

Ces langues donnent un sens à Rhône-Alpes dans la mesure où notre région est le reflet de son pluralisme. Notre force, c’est la diversité de nos territoires. Et si l’on a pu parler de région dépourvue de sens, c’est d’abord parce que nous sommes dépourvus d’identité historique. Rhône-Alpes n’est pas la Bretagne ou la Bourgogne.

Ou la Savoie…

La Savoie a toute sa place en Rhône-Alpes. Je ne suis pas favorable à une région Savoie, mais l’identité de la Savoie doit être reconnue dans la région Rhône-Alpes. Alors je ne sais pas si les deux départements savoyards seront amenés à se réunir, mais je suis favorable à ce que l’Assemblée des Pays de Savoie puisse avoir d’avantage de responsabilités. La région pourrait même déléguer certaines compétences.

Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait jusqu’à présent ?

L’APS n’en a pas exprimé la volonté. Mais je suis ouvert à cette possibilité.

Les Savoyards ne veulent rien ?

Je n’irai pas jusque-là, mais l’APS s’est montrée très timorée. Elle aurait pu faire beaucoup plus.

Les Verts se sont pour leur part prononcés pour une région Savoie…

Les Verts ont ici deux structures. Une sur les deux départements savoyards et une sur les six autres départements de Rhône-Alpes. Mais je n’ai pas eu de demande particulière chez eux par rapport à la région Savoie. C’est peut-être une question d’organisation interne.

Cécile Duflot a demandé clairement cette région Savoie lors de son audition devant le comité Balladur pour la réforme des collectivités territoriales…

Je ne savais pas. Mais là, d’après l’avant-projet issu des travaux de ce comité Balladur, on est plus dans une logique de grande région que de séparation.

Vous avez déclaré que la taille ne devait pas être un élément décisif pour définir une région…

Je l’ai dit quand on parlait de lier Rhône-Alpes et l’Auvergne. Rhône-Alpes est déjà grand comme la Suisse, pas besoin de l’agrandir.

Et la Savoie ?  A-t-elle la taille nécessaire pour être reconnue comme une région française ?

Je souhaite que la Savoie soit reconnue en Rhône-Alpes. Cela passe par la reconnaissance de la langue et par celle de l’histoire, notamment à l’occasion des 150 ans de l’annexion.

Les Verts vont plus loin et veulent faire de la Savoie un exemple particulièrement représentatif de ce que devrait être un régionalisme différencié. Or c’est votre principal partenaire au conseil régional et, lors des élections européennes, Europe Ecologie a fait en Rhône-Alpes de meilleurs scores que le PS, particulièrement en Savoie. Comment allez-vous vous positionner lors des régionales de 2010 avec Europe Ecologie qui devrait défendre l’idée de région Savoie ?

Il ne faut pas jouer le repli sur la Savoie, ce n’est pas ce qui fait la force de Rhône-Alpes. C’est sa diversité qui lui donne son dynamisme et sa compétitivité. Je crois que c’est aussi l’intérêt de la Savoie d’avancer dans Rhône-Alpes. Les Verts peuvent penser différemment, mais je souhaiterais plutôt des régions plus fortes.

La campagne des régionales, qui va se dérouler en pleine réforme des collectivités, sera-t-elle l’occasion de discuter de ce que doit être une région ?

Bien sûr, il faudra en parler, car le développement des régions serait une très bonne chose. Cela doit être porté par les élus et les citoyens. Et quant à savoir ce qu’il convient de faire pour la Savoie, c’est d’abord aux Savoyards et à leurs élus de le dire.

Cela vous arrangerait que la Savoie quitte Rhône-Alpes, vu qu’elle vote à droite…

Je ne fais pas ce genre de calcul. Et puis les élus de droite savoyards, ils font des grandes déclarations pour la région Savoie, mais il n’y a pas beaucoup de réalisations, à part l’orchestre des pays de Savoie. Ils en restent à des positions de principe. Le Faucigny a par exemple rapporté les déclarations de Gaymard, quasi indépendantistes, mais cela n’est pas du tout cohérent avec ce qu’il dit à Paris ou avec ce qu’il fait. Il faut mettre les actes en rapport avec ses pensées.

Et à vous, Hervé Gaymard a-t-il fait part de ses propositions pour une Savoie réunifiée ?

Pas du tout. Mais il y a quelques jours, dans le Dauphiné Libéré, il a mis beaucoup d’eau dans son vin.

Christian Monteil vous a-t-il de son côté parlé de la façon dont il envisage l’avenir des pays de Savoie ?

Non, je ne l’ai jamais entendu s’exprimer là-dessus.

Il n’y a finalement qu’Europe Ecologie qui risque de vous poser un casse-tête sur ce sujet en réclamant une région Savoie lors des régionales de 2010…

Si c’est le cas, ça ne sera pas un soucis, même si je pense que la Savoie est mieux dans Rhône-Alpes. En 1998, dans des circonstances exceptionnelles, le représentant de la Ligue savoisienne a bien voté pour moi. D’abord pour des valeurs démocratiques, en raison de la menace du Front National, mais aussi car j’avais pris des engagements pour la reconnaissance de l’identité et de l’histoire de la Savoie. Je n’ai pas eu les moyens de les mettre en application à l’époque, mais on vient de le faire avec la reconnaissance des langues régionales.

Seriez-vous en fait tout disposé à défendre l’identité savoyarde alors que nos élus ne revendiquent rien ?

Des élus de gauche portent cette identité savoyarde et la revendiquent.

Ah bon ?

Oui, notamment Bernadette Laclais à Chambéry. Elle est dans cette démarche et je pense qu’il faut la favoriser pour les festivités des 150 ans. Nous sommes d’ailleurs à ce sujet en dialogue avec de grandes collectivités.

Rhône-Alpes va-t-elle organiser un événement pour l’anniversaire de l’annexion ?

Ce n’est pas à la région de faire des projets à la place des territoires. Mais des projets vont nous être soumis, pour lesquels on prévoit une enveloppe spécifique.

Les deux départements ont-il proposé quelque chose ?

Non, pas à ce jour. Je ne sais pas s’ils ont un projet, et s’il est commun. Mais si l’APS n’avait pas un projet pour le printemps prochain, ça serait un peu décevant.

Les conseils généraux savoyards préfèrent en tout cas éviter de se pencher sur l’histoire en tenant à l’écart les sociétés savantes. C’est un peu comme si l’annexion de 1860 était un sujet tabou. On ne parle d’ailleurs que de rattachement…

Il ne faut pas de tabou. L’histoire, et surtout l’histoire récente, peut faire l’objet de débat, car il n’y a pas de pensée unique dans ce domaine. Et personne n’est jamais mort d’avoir fait un débat.

Entretien : Brice Perrier

 

02.09.2009

Dahu au génépi

Retrouvez désormais sur le blog les recettes grolandaiso-allobroges du grand Chef Salengro, avec pour démarrer son mythique dahu, au génépi bien sûr.

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Ingrédients, pour 4 personnes

·      1 lapin des neiges savoyard ou à défaut un dahu

·      1 oignon rouge

·      1 litre de jus de carotte

·      du gras

·      du sel, du poivre

·      3 verres de génépi sec

 

 

·      Découpez ou faites découper la bête en six morceaux : les cuisses, les pattes avant et deux morceaux de rable. Gardez la tête pour la décoration.

·      Faites suer un oignon rouge émincé. Réservez sous film alimentaire.

·      Faites sauter, façon de parler, les morceaux salés du rongeur dans une cocotte de 28 cm environ à la graisse d’oie, huile d’olive, beurre, ou tout corps gras qui vous paraîtra sympathique.

·      Dorez comme il vous convient.

·      Flambez avec un verre de génépi.

·      Buvez le deuxieme.

·      Baissez le feu.

·      Réintroduisez l’oignon rouge (Bravo !) et déglacez, c’est le cas de le dire, la viande avec le jus de carotte, cuillère apres cuillère en arrosant pendant 32 mn environ.

·      Finissez le dernier verre de génépi, rectifiez-vous l’assaisonnement.

·      Servez chaud dans la cocotte avec la sauce réduite en disposant les deux cuisses du côté gauche et les deux pattes avant côté droit, pour reconstituer le dahu.

·      Une petite purée, puisque vous êtes en forme, de pomme de terre à l’huile d’olive accompagnera généreusement ce plat typique que vous rehausserez finalement de quelques peluches *.

Santé bonheur

Santé bonne humeur

*(de cerfeuil)

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