31.10.2009

Empreintons avec modération

L’empreinte écologique est une évaluation pertinente pour la prise de conscience des défis environnementaux. Elle rappelle que l’homme n’a qu’une planète.

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Pour assurer la pérennité de l’espèce humaine, il faudra assurer le maintien des ressources renouvelables nécessaires à un mode de vie décent. Or, depuis le début des années 80, de nombreux écologistes pensent que l’espèce humaine prise dans sa globalité consomme plus de ressources que la terre peut en fournir d’une manière durable. Pour donner une dimension chiffrée à ce problème, des scientifiques ont mis au point un concept basé sur l’espace nécessaire aux êtres humains pour assurer les ressources indispensables à leur niveau de vie. C’est l’empreinte écologique. Son calcul englobe principalement les ressources alimentaires et énergétiques (chauffage, transport) ainsi que la production de biens de consommation. Pour simplifier, ne sont pas compris ni l’impact des pollutions qui s’accumulent lentement et dégradent la biosphère ni la disparition de la biodiversité.

Pour comprendre le principe du calcul de l’empreinte, prenons l’exemple de la nourriture. On va calculer pour une communauté donnée la surface nécessaire pour produire les céréales, les légumineuses, les légumes, les fruits et l’espace pour élever le bétail qui fournit lait et viande. L’espace va varier selon que la communauté est plus ou moins végétarienne ou que le rendement des cultures est plus ou moins élevé selon leur type et les conditions climatiques. Ces données sont bien connues et généralement disponibles dans les statistiques économiques des états et des régions. On va ensuite comparer cette surface à la surface disponible. Cette surface ne comprend pas toute la surface naturelle disponible hors zones urbanisées ou zones industrielles, car certaines zones ne sont pas cultivables, par exemples les hautes montagnes ou les déserts. On arrivera donc après correction à un chiffre de surface bio-disponible. La comparaison avec les chiffres de consommation permet de voir si la communauté est autosuffisante ou si elle consomme plus que la capacité renouvelable bio-disponible pour l’agriculture considérée. Cependant, une communauté peut être par exemple excédentaire en capacité de production de bois et déficitaire en capacité de production alimentaire.

Il est donc intéressant pour tenir compte des échanges commerciaux et de faire le calcul en prenant l’ensemble de ressources consommées au niveau mondial comparées aux ressources bio-disponibles.

En moyenne mondiale globale, les besoins de terre par habitant excèdent les capacités en espace bio-productif de la terre. Aujourd’hui, la surface écologique productive disponible par habitant est d’environ 2 hectares. L’empreinte écologique moyenne par habitant est de 2,9 hectares. Pour rendre le résultat du calcul plus parlant, disons qu’il faudrait aujourd’hui au rythme de consommation actuel environ 1,5 planète pour satisfaire l’ensemble des besoins de l’humanité. Si l’on prend en compte le niveau de consommation d’un habitant des USA, ce serait six planètes qui seraient nécessaires. Pour l’Europe, on arrive à trois planètes. Dans le cas de l’Inde, on est à une planète. Les pays pauvres, notamment en Afrique, n’excèdent pas généralement par leur consommation les capacités bio-disponibles moyennes de la terre.

A partir des données de chaque pays, des méthodes de calcul simplifiées - mais qui donnent de bons ordres de grandeur - ont été élaborées. Elles permettent à chacun d’évaluer dès la fin de l’école primaire grâce à des  grilles disponibles sur Internet sa propre empreinte écologique traduite en terme d’équivalent planète. A la fin de cet article, nous vous proposerons donc une grille simplifiée pour que vous puissiez vous livrer à l’exercice d’une manière ludique dans un temps assez court.

Mais avant cela, venons en à notre pays et à notre région Savoie. Si l’on prend la France comme base de calcul, on s’aperçoit que celle-ci est excédentaire en forêts et champs cultivés, mais déficitaire en ressources halieutiques. Elle est aussi très déficitaire en ressources énergétiques. Dans ce dernier domaine, un des plus critiques, il apparaît clairement que la transformation de terres agricoles en champs destinés à produire de bio-carburants ne ferait que provoquer une crise alimentaire tant les surfaces nécessaires seraient démesurées.

Il serait très intéressant que nos deux chers conseils généraux fassent une évaluation pour la région Savoie. Si nous sommes favorisés du point de vue énergétique, du fait d’une forte capacité en ressource d’énergie hydraulique et de nombreuses forêts, nous disposons de moins d’espace agricole bio-disponible que la moyenne française. Par ailleurs la dispersion des populations dans les zones de montagne accroît du fait des transports nos consommations de combustible fossile non renouvelable. L’industrie touristique est également une source de grosses consommations d’énergies, en particulier pour le chauffage des bâtiments en station de ski l’hiver. Il y a donc fort à parier que notre empreinte est proche voire plus forte que la moyenne française.

Il est donc souhaitable que les Savoyards, et particulièrement tous les écoliers de notre région, s’initient à ces calculs d’abord pour bien prendre conscience des limites de la nature. A l’intérieur d’une même région, l’empreinte écologique d’une personne dépend beaucoup de son mode de vie et de l’attention qu’elle porte aux conséquences de ses gestes. Ainsi, chaque personne pourra réfléchir à des modifications de comportement qui pourront réduire son empreinte et anticiper  la profonde mutation de société qui sera de toute façon impérative dans les prochaines années. Dans cette voie, une motivation légitime peut être celle de la remise en question du bonheur apporté par la croissance du produit national brut (PNB). D’ailleurs, depuis les années 70, si le PNB a doublé, le chômage aussi et l’on ne peut pas dire que le bonheur aitbeaucoup augmenté. C’est donc probablement plus dans le qualitatif que les hommes de demain devront le trouver.

Michel Roulet

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Testez maintenant votre empreinte écologique avec le quizz de Passerelleco.

 

Alimentation. Prenez une base 8000

Vous achetez des produits emballés, préparés, transformés, cuisinés : +2000

À chaque repas, vous avez beaucoup de perte (surplus jetés) : +2000

Vous êtes gros mangeur : +2000

Vous achetez à des producteurs locaux, au marché : -2000

Vous achetez plutôt au supermarché : +2000

Vous êtes végétarien : -2000

Vous achetez surtout des produits bios : -1000

Vous avez un beau jardin potager : -2000

Résultat pour l’alimentation : . . . . . . . . . . . .

 

Eau. Prenez une base 600

Vous prenez souvent des bains ? +300

Vous arrosez souvent votre gazon ? +400

Vous avez une machine à laver la vaisselle ? +600

Vous prenez surtout des douches, pas tous les jours ? -100

En général, vous veillez à économiser l’eau ? -200

Vous récupérez l’eau de pluie, ou vous utilisez des toilettes sèches ? -200

Résultat pour l’eau : . . . . . . . . . . . .

 

Electricité. Prenez une base 6000

Vous avez un chauffe-eau Solaire : -1500

Vous avez des stop veille : -300

Vous êtes équipé de lampe éco : -500

Vous n'avez que des appareils électroménager A et A + : - 1000

Vous avez un écran de télévision plat (LCD) : +5000

Votre électricité provient des énergies renouvelables : /2 le total

Résultat pour l’électricité : . . . . . . . . . . ..!

 

Ordures

- Si vous produisez très peu d’ordures, ou si vous recyclez, compostez ou réutilisez tout ce qui est possible, comptez 6000.

- Si vous produisez beaucoup d’ordures, ou si vous ne recyclez rien du tout, comptez 20000.

- Entre les deux, faites une estimation entre 6000 et 20000.

Résultat pour les ordures : . . . . . . . . . . . .

 

Papier

Si vous achetez beaucoup de journaux et livres, comptez 3000.

Si lisez peu de journaux, revues et vous préférez la bibliothèque, comptez 1000.

Entre les 2, faites une estimation entre 1000 et 3000.

Résultat pour le papier :. . . . . . . . . . . .

 

Transports

Si vous vous déplacez uniquement à pied ou en vélo, passez à la rubrique suivante !

Si vous vous déplacez à cheval, demandez lui quelle est sa surface de pâturage utile.

En voiture combien en moyenne faites vous de kilomètres par an (ou par semaine X 50) comme conducteur ou passager ? (Au besoin, déduisez le kilomètrage du nombre de pleins que vous faites par mois.)

Si votre voiture consomme plus de 10 l au 100, multipliez par 2 le résultat obtenu.

Si vous êtes passager ou si vous avez très souvent un ou des passagers, divisez par 2 (Résultat Voiture : . . . . . . . . . .)

Combien de kilomètres faites vous par semaine en moyenne en moto ou mobilette ? Multipliez ensuite ce chiffre par 30. (Résultat Moto : . . . . . . . . . )

Combien de kilomètres faites-vous par semaine en moyenne en transports publics ? Multipliez ensuite ce chiffre par 20 (Résultat Transports Publics : . . . . . . . . . . )

Combien d’heures voyagez vous en moyenne en avion par année ? Multipliez ensuite ce résultat par 500. (Résultat pour l’avion : . . . . . . . . . . . .)

Résultat pour le transport: . . . . . . . . . . . .

 

Chauffage. Prenez une base 9000

Si vous chauffez à 19°C le jour et à 16° la nuit et lors des absences : -1500

Si vos murs, toitures et sols sont fortement isolés : -3000

Si vos murs, toitures et sols sont moyennement isolés : -1500

Si vous avez une chaudière récente (-2 ans) ou très performante : - 2000

Si vous avez du double vitrage performant : -500

Résultat pour le chauffage : . . . . . . . . . . .

 

VOTRE EMPREINTE ECOLOGIQUEempreinte_ecologique.gif

Lorsque vous en êtes là, vous devez additionner les résultats des 8 rubriques différentes

Résultat : . . . . . . . . .*/10000

=

. . . . . . . .  HECTARES

*Ce chiffre est également le nombre de m² nécessaires à la planète pour assurer votre mode de vie.

Petite précision il n’ y a sur la Terre qu’environ 2,2 hectares productifs disponibles par personne...

  

Résultats

Si votre empreinte est inférieure à 1,1 hectare (score inférieur à 11000)

C’est exceptionnel : votre mode de vie laisse de la place pour la vie sauvage de la planète, et pour tous ses autres habitants, humains, animaux, ou végétaux. Attention toutefois à ne pas négliger votre satisfaction personnelle et votre épanouissement. N’oubliez pas de penser global : vous n’êtes pas seul sur la planète ! Si vous êtes en autarcie, développez les échanges informels.

Si votre empreinte est comprise entre 1,1 et 3,3 hectares (score inférieur à 33000)

Bravo ! Votre empreinte correspond à peu près à la surface disponible équitablement. Le savoir peut vous encourager à persévérer dans votre démarche écologique.  Si vous avez l’impression de faire beaucoup d’efforts, ce résultat peut vous inviter à relâcher la pression dans certains domaines, et à privilégier d’autres types d’action. Souvenez-vous également que l’écologie supportable est autant intérieure qu’extérieure...

Si votre empreinte est supérieure à 8,8 hectares (score supérieur à 88000)

Si tout le monde était comme vous, il faudrait plus de 4 planètes pour subvenir aux besoins de l’humanité (moyenne aux états unis : 6 planètes !). Comme il n’y en a qu’une, les ressources naturelles s’épuisent et des éléments aussi vitaux que l’air, l’eau et la terre, se détériorent. Par ailleurs, votre mode de vie se base indirectement sur l’exploitation de 6 milliards d’être humains et contribue à l’extinction de milliers d’espèces vivantes chaque année. En fait, il est possible de vivre de manière plaisante et respectueuse des autres habitants présents et à venir de la Terre. Prenez conscience de vos véritables besoins profonds et des diverses manières d’y répondre, et choisissez la moins nuisible. Réduisez le temps que vous consacrez au travail et à la consommation, et profitez plus simplement de la vie.

 

Conclusion

L’empreinte écologique est une mesure de notre impact sur la planète. Elle peut nous accompagner sur le chemin d’une civilisation durable. Ensemble, imaginons et mettons en oeuvre des manières simples et réalistes pour réduire notre empreinte écologique sur la planète !

Pour en savoir plus, téléchargez la version pédagogique sur www.passerelleco.info 

28.10.2009

Les Francs arrivent en force

De la venue des Francs au règne de Charlemagne, la terre des Allobroges connaît une période de grande turbulence. Mais se dessine un pays nommé Savoie.

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Alors qu’ils epeuffent la Gallia, mettant un terme à l’histoire des Gaulois, les Francs deviennent maîtres de la Burgondie, et donc de la Savoie, en 534, lors de leur victoire à Autun. Connus pour punir leurs femmes en les attachant par les pieds à la queue des chevaux, à poil qui plus est, ils furent, en terre allobroge comme ailleurs, atroces et féroces tant par leurs mœurs que par leurs institutions. Ils sont les précurseurs de la cavalerie jacobine, imposant avec autorité les prémices de la centralisation. Ils vont commencer par se partager l’Allobrogie avec les Ostrogoths qui occupent la zone sud de la Savoie actuelle. Mais en 536, le roi des Ostrogoths cède ses conquêtes à Clotaire et toute la Savoie devient franque. Dans le règne franc, il y a trois classes : les Leudes, les hommes libres et enfin les colons. Les Leudes sont les chefs francs. Ils asservissent les hommes libres que sont en fait les Burgondes. On ne parlera même pas du sort des colons, en réalité les colonisés qui sont les descendants des Allobroges. Lors de la période franque, la notion d’Allobroge va d’ailleurs disparaître. La faute à la mainmise franque, mais aussi à celle de l’Eglise qui se sert une bonne part du gâteau, débordant largement le spirituel pour s’occuper du domaine économique et accaparer les richesses. Cette attitude provoquera une réaction de résistance et conduira à la naissance du féodalisme. Un mouvement à l’origine populaire puisqu’il permet aux faibles de se défendre face aux rois Francs, qui allaient devenir de plus en plus fainéants, ainsi que face à l’Eglise.

Charlemagne délimite nos provinces

Après la prise de pouvoir de Charles Martel, les rois francs changent de dynastie, et voici venu le temps des Carolingiens. En 747, c’est Pépin, l’un des fils de Charles Martel qui devient roi des Francs après que son frère Carloman lui eut offert les Etats qu’il avait hérités de son père. Il traverse alors la Savoie pour aller combattre les Lombards qui, avec à leur tête le très costaud roi Didier, repoussent l’offensive tout comme leurs ancêtres l’avaient déjà fait près de deux cents ans auparavant. charlemagne_small.jpgLe successeur de Pépin est son fils Charlemagne. Avec toujours en tête de combattre les Lombards pour agrandir son pré carré –, cette fois l’opération sera un succès – Charlemagne passe à Genève en 782. A cette occasion, il délimite les cinq provinces de Savoie qui aujourd’hui encore portent le nom de Genevois, Chablais, Faucigny, Tarentaise et Maurienne. Il fait cela pour le compte de l’Eglise qui va désormais s’organiser chez nous avec cette division géographique et administrative. Toujours au service du pape, Charlemagne peut être considéré comme un bon pépé, mais dans le genre de Staline comme en témoignent ses crimes contre les paiens de Saxe. Deux ans après sa mort, en 816, on va trouver le nom de Saboia, pour la première fois écrit, dans l’acte de partage de Thionville entre les fils de Charlemagne. Une Saboia qui allait se retrouver trente ans plus tard attribuée à Lothaire, petit-fils de Charlemagne et fils de Louis le Débonnaire, qui hérita lors du traité dit des Quatre Rivières d’une partie de l’Empire allant de l’Alsace à Rome en passant par la Provence et la Lotharingie. Un traité qui laissait entrevoir les limites de ce qui allait devenir le Saint Empire romain germanique. Mais ça, c’est une autre histoire…

Henri Dénarié

22.10.2009

Vers la recentralisation ?

Pour l’Union démocratique bretonne, Nicolas Sarkozy annonce une recentralisation à marche forcée. La réforme territoriale lance-t-elle la campagne des régionales ?

logo2001.gifLe projet de loi dit de « réforme territoriale et libertés locales » présenté, par Nicolas Sarkozy ce mardi à Saint-Dizier, constitue une régression sans précédent pour la démocratie territoriale depuis l'avancée des lois de décentralisation de 1982 et 1983 qui avaient donné aux régions le statut de collectivités territoriales à part entière.

Alors que la demande est grande en matière d’évolution institutionnelle : approfondissement de la décentralisation, clarification du rôle des collectivités locales… ce projet de loi ne simplifie en rien le « mille-feuille » institutionnel français, il crée même un échelon supplémentaire, la métropole ou pôle métropolitain.

Alors que partout en Europe la régionalisation avance, la France est incapable de remettre en cause son jacobinisme sclérosant d’un autre âge. Rien n’est dit sur les doublons de l’administration d’Etat en région, source de gaspillage d’argent public et de confusion des rôles. Par contre, la notion même d'intérêt régional est niée par la disparition de la clause de « compétence générale » que le législateur a confiée aux régions il y a 25 ans. Le fait régional est lui aussi remis en cause par l'instauration du mode de scrutin à base locale du « conseiller territorial », élu à deux têtes, qui siégera au Département et à la Région. Pour l’UDB, c’est une aberration et un très grave retour en arrière, car on substitue à l’assemblée régionale élue sur un projet, un assemblage d’élus de cantons.

Alors que la situation financière des collectivités locales est tendue, la logique centralisatrice et libérale du gouvernement l’amène à supprimer la taxe professionnelle, ce qui affaiblira d’autant, la déjà faible autonomie fiscale des collectivités.

Nicolas Sarkozy fait une fois de plus la démonstration de son mépris du fait territorial. Diviser pour mieux régner et mettre en œuvre sa politique libérale telle est la double ambition de ce projet de loi que l'UDB et ses élus régionaux appellent à combattre de façon radicale.

La lutte pour l'abandon de ce projet néfaste constituera assurément un des enjeux des prochaines élections régionales. L'UDB, avec Europe Ecologie Bretagne, y portera un vrai projet de démocratie territoriale et de régionalisation politique qui inclura évidemment l'indispensable réunification administrative de la Bretagne.

Mona Bras, porte-parole de l’UDB.

17.10.2009

Moules poulettes Eugène Pi

Mais comment se faire un bon plat de moules ? En l'agrémentant de génépi, répond évidemment notre chef grolandais.

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Entrée pour 4 personnes:

Ingrédients

 1 litre de moules de bouchots

 2 verres de Génépi sec

 25 cl de crème fleurette

 50 cl de vin blanc d’Apremont

 1 échalote grise

 1 branche de céleri

 1 sachet d’encre de seiche

 persil plat

 poivre de séchouan

 sel 

 

  •  Nettoyez et lavez les moules
  •  Goutez puis chauffez le vin blanc et flambez-le
  •  Epluchez et émincez l’échalote
  •  Dans une casserole, faites ouvrir les moules avec l’échalote et le céleri. Dès l’ouverture retirez-les.
  •  Enlevez une des deux coquilles des bivalves cher Lapalisse et réservez sous film alimentaire mon cher Watson.
  •  Filtrez le jus des moules.
  •  Prélevez en 2 X 5 cl dans deux bols. Dans le premier versez un verre de Génépi. Buvez le deuxieme. Dans le deuxieme bol ajoutez l’encre de seiche.
  •  Faites refroidir et graniter les deux préparations (jus de moules plus Génépi, jus de moules plus encre) au freezer.
  •  Melangez le reste du jus de moules au vin blanc. Réduire au feu d’un tiers.
  •  Ajoutez la crème. Faites réduire d’un tiers à nouveau.
  •  Servez les demi-moules vivement réchauffées dans cette crème poulette bouillante dans 4 bols poivrés au séchouan.
  •  Dégustez rapidement apres y avoir déposé une petite boule de granité blanc au Génépi et une petite boule de granité noir a l’encre.
  •  Vous pouvez maintenant savourer le moules-boules à la fois chaud et froid, noir et blanc, arrosé de Génépi ou de vin blanc. Affirmez votre côté masculin-feminin, mais ne soyez pas tiède et ne soyez pas gris.

Santé bonheur

Santé bonne humeur

13.10.2009

La Savoie droit au but

Le rassemblement régionaliste de St Félix a démontré que, en entrant dans le jeu politique, la Savoie peut l’emporter en mars prochain. Alors tous droit au but !

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Il y a un an, quand on évoquait 2010, l’année des 150 ans de l’annexion, on ressentait ici ou là la crainte que cet anniversaire aille de paire avec l’enterrement de la Savoie. Faut dire que cette région que nous avons tenté de faire vivre avec La Voix des Allobroges se dirigeait apparemment sans moufeter vers une dissolution rhônalpine avec un Sarkozy qui envisageait la fin des départements. Aujourd’hui, la donne a changé. En nous rendant ce 10 octobre à St Félix, on l’a constaté de visu lors du rassemblement organisé par le Mouvement Région Savoie. Dans son style corse usant de la métaphore sportive, François Alfonsi y résumera ainsi le nouvel état des lieux politique : « La Savoie peut mettre un but en mars prochain. » Soit en savoyard : y a une occasion inespérée d’envoyer des élus régionalistes à Lyon. Des hommes ou des femmes qui figureront sur une liste, celle d’Europe Ecologie, susceptible de remporter la présidence à Charbonière tout en représentant des régions et des peuples solidaires. On pourrait ainsi bientôt voir Rhône-Alpes devenir favorable à sa scission afin de permettre à la Savoie de devenir officiellement une région. Comme pour en témoigner, Gérard Leras, président du groupe des Verts à Charbonière et candidat potentiel à la présidence de la région Rhône-Alpes, est d’ailleurs présent à St Félix.

Le MRS a donc su retourner la situation. En attirant à sa tribune deux députés européens (Malika Benarab Attou et François Alfonsi), les responsables des Verts savoyards et rhonalpins ainsi que des élus valdotains qui, tous, se positionnent clairement pour une région Savoie, il réussi même aujourd’hui un tour de force. Deux hommes en sont à l’origine, Pierre Ottin-Pecchio et Thierry Dupassieux. Ils ont pris l’initiative de rejoindre la mouvance d’Europe Ecologie en mars dernier en créant un comité thématique dédiée à la région Savoie. Cela leur a donné l’opportunité de participer activement à la campagne des Européennes avec Malika Benarab Attou et François Alfonsi pour la porter sur le terrain de la région Savoie européenne, avec le succès que l’on sait. Alors ce matin, à la tribune, Ottin-Pecchio et Dupassieux reviennent sur un printemps qui a marqué un tournant décisif de par chez nous. Un printemps qui s’est prolongé pour eux lors des journées d’été d’Europe Ecologie à Nîmes. « Il faisait très chaud, quarante degrés, se rappelle Pierre Ottin-Pecchio. Mais on a passé des moments extraordinaires. De 15 à 85 ans, tout le monde se parlait. Il y avait d’ailleurs beaucoup de femmes… et pas que des moches ! Cela m’a rappelé l’ambiance de la Sorbonne en 68.  » Le sexe à tout va en moins, avouera quand même le septuagénaire…

A midi, Alain Favre, président du MRS, présente une motion exposant le nouveau positionnement de son mouvement au sein d’Europe Ecologie. Après quelques amendements réclamés par l’assistance, elle est adoptée à l’unanimité moins trois abstentions, notamment celle d’un certain Patrice Abeille, visiblement mécontent de voir le régionalisme savoyard échappé au moule savoisien qui est le sien. Mais en s’intégrant pleinement au sein d’Europe Ecologie, le MRS a choisi de changer d’optique en revenant vers les fondamentaux écologistes que défendaient déjà les régionalistes savoyards dans les années 70 et 80 (trouvez ici la motion dans son intégralité: http://www.m-r-s.fr/post/2009/10/11/Convention-du-MRS-à-...). Allez, ça s’arrose, et voici donc venu le moment de trinquer et de casser la croûte alors que s’achève cette matinée où seuls étaient conviés les membres du MRS.

st felix 3.jpgLes invités sont maintenant arrivés et l’après-midi démarre avec un exposé sur le fédéralisme de Peire Costa, un Occitan de la Fédération Régions et Peuples solidaires. Il rappelle que « l’objectif du fédéralisme est de rechercher un équilibre local/universel ». Malika Attou enchaîne en affirmant que « si l’avenir se joue au niveau européen, les régions sont l’avenir de l’Europe. » Bref, vive l’Europe fédérale des régions ! Reste qu’il y a encore du pain sur la planche pour y arriver, car, selon François Alfonsi, « la Savoie connaît aujourd’hui une situation coloniale. Ce territoire devenu français dans l’histoire récente n’a même pas une instance qui permette à son peuple de faire vivre sa démocratie. C’est typique d’une domination coloniale. La Savoie doit donc exister à travers une entité administrative propre. Et les Verts peuvent le comprendre, car, chez eux, il n’y a pas beaucoup d’énarques ou de généraux à la retraite, ces piliers du système centraliste régalien. »  « Un des principes coloniaux est d’ailleurs l’utilisation du territoire par la puissance coloniale, renchérit Gérard Leras. En Savoie, il n’y a pas une pratique destinée durablement à l’intérêt local. Regardez la gestion des tunnels du Mont Blanc ou du Frejus. Qu’est-ce que c’est ? De la prédation alpine ! »

En guise d’alternative à la prédation, Robert Louvain, ancien président de la région autonome du Val d'Aoste, appelle à une logique de coopération alpine qui ne soit pas qu’économique. « Le 150ème anniversaire d’une division non naturelle entre la Savoie et le Val d’Aoste doit être l’occasion de repenser nos relations. Il y a une pensée commune aux gens de montagne qui doit redevenir une source d’inspiration. Il ne faut plus de frontières fermées, mais quelque chose de très vivant. » Une région qui dépasse les frontières, voilà l’avenir d’une pensée globale combinée à une action locale. Et cela en transcendant aussi les clivages politiques ? « Droite ou gauche ? L’écologie politique, c’est autre chose. On est ailleurs, dans une troisième voie, martèle Malika Attou. L’étiquette n’est pas importante. Ce qui compte aujourd’hui, c’est d’avantage de voir que la commission Balladur envisage une recentralisation du pouvoir, alors qu’on assiste en même temps à une décentralisation du pouvoir de bitumisation avec la DTA refusée par nos élus locaux. (voir cet article sur la DTA : http://www.enviscope.com/18102-dta-alpes-nord-analyse.html) » La vie est faite de paradoxes. Maintenant, les choses peuvent aussi bouger dans le bon sens. « On est encore loin de l’Europe des régions, constate Jean Blanc, berger à Bonneval sur Arc. Mais de St Félix émerge peut-être un avenir nouveau. »

Cet avenir nouveau, il passe par quoi ? Par des élus nouveaux pardi ! « Pour changer la société, il faut aller à la bataille afin de prendre les manettes, rappelle Malika Attou. La période actuelle est très stimulante, mais il ne faut pas louper le coche. Je serai donc présente dans la campagne des régionales. » « Ces élections doivent permettre aux régionalistes de saisir des opportunités, précise François Alfonsi. Parce qu’on peut passer sa vie à avoir raison tout seul, mais à quoi ça sert ? La région Savoie passera donc par le soutien des candidats qui la demandent. Et n’oublions pas qu’en politique, le pire, c’est les points qu’on pourrait marquer et qu’on laisse filer. » 7519_151761322407_95103977407_2835585_3522933_n.jpgEt oui ! Des buts, c’est des buts qu’il faudra marquer en conclusion d’une campagne qui offre une opportunité unique de porter haut la vision d’une région ouverte sur l’Europe et en pleine adéquation avec ce monde entrant dans une nouvelle ère. Alors qui pour s’y frotter ? « Il faut choisir des élus teigneux, solides, ce qui ne veut pas dire guerrier, mais tenace », confie Gérard Leras. « Des gens disponibles et vigilants, enchaîne Renée Poussard, la conseillère régionale verte haut-savoyarde. Et n’oublions pas que le temps est au pragmatisme. Alors à nous de tous nous rassembler et de convaincre, car ce sont les petits ruisseaux qui font de grandes rivières. » Compris Renée, le canal allobroge rejoindra donc la vague savoyarde de 2010 pour promouvoir une Europe écologique riche de la diversité de ses territoires.

Brice Perrier

07.10.2009

Le réveil savoyard passe par Saint-Félix

Rendez-vous samedi 10 octobre à Saint-Felix pour un rassemblement régionaliste. Avec Europe Ecologie, l'heure du réveil savoyard a sonné !

ee_stfelix_s.jpgDepuis ce printemps et la campagne des élections européennes qui a conduit à l'élection de notre députée Malika Benarab-Attou, le régionalisme savoyard renaît en revenant vers ses origines écologistes.

A la veille d'une année 2010 où le 150ème anniversaire de l'annexion pourrait coincider avec une véritable reconnaissance administrative de l'entité savoyarde, le Mouvement Région Savoie organise un rassemblement régionaliste ouvert à tous. Vous pourrez y rencontrer Malika ainsi que François Alfonsi, lui aussi élu député européen dans la circonscription Sud Est sur la liste Europe Ecologie. Seront également présent des représentants des Verts et du monde associatif. Tous seront là pour échanger avec vous, répondre à vos questions et recueillir vos doléances et aspirations.

L'enjeu est simple : la Savoie pourrait dès l'année prochaine devenir une région exemplaire en expérimentant ce régionalisme différencié mis en avant par les Verts et Europe Ecologie. Aux Savoyards donc de s'y mettre et d'agir pour faire de leur région un symbole de cette diversité culturel et géographique qui doit faire la force et la richesse de la France comme de l'Europe. Dans le respect de la nature, bien sûr.

Découvrez ci-dessous le programme qui vous attends samedi et rendez-vous à l'ancienne mairie de Saint-Félix (200 route d'Aix-les-Bains) pour construire ensemble dès aujourd'hui la Savoie de demain.

 

RASSEMBLEMENT REGIONALISTE 

Samedi 10 octobre 2009, une après-midi de rencontre et de discussion, en introduction à la campagne électorale d'Europe Ecologie pour les élections régionales de mars 2010. Accès libre.

14H00 Le régionalisme, ses réalités, ses complémentarités et ses enjeux pour l'Europe, pour Rhône-Alpes, pour la Savoie.

Avec la participation de :

Pèire Costa, Chargé de mission à la Fédération RPS,

Malika Benarab Attou, Députée européenne (Chambéry),

François Alfonsi, Député européen (Corse),

Pierre Viguié, secrétaire des Verts-Région Savoie,

Khaled Deghane, responsable associatif,

Alain Favre, Président du MRS.

 

16H30 Table-ronde : Que peut-on attendre d'un conseiller régional/territorial ?

Avec la participation de :

François Alfonsi, ex-Conseiller territorial à l'Assemblée régionale corse, 

Gérard Leras, responsable du groupe Verts au Conseil régional Rhône-Alpes.

Renée Alice Poussard, conseillère régionale Rhône-Alpes,

Alain Favre. 

 

Autres participations prévues: une délégation du Congrès mondial Amazigh, une délégation de la Vallée d'Aoste, des représentants de l'association La région Savoie j'y crois.

 

Au moment où toutes les lignes bougent, faisons aussi bouger la Savoie !

05.10.2009

Le fédéralisme différencié

La vision de la région d'Europe Ecologie est un fédéralisme différencié. Donnons vie en Savoie dès 2010 à cette région nouvelle que présente ici Tudi Kernaleggen.

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La philosophie écologiste sur la question des institutions territoriales peut être résumée en trois concepts, porteurs de trois valeurs : subsidiarité (proximité), péréquation (solidarité), régionalisme (humanité). L’horizon, le sens, de ces trois valeurs est la démocratie, et elles s’inscrivent dans une vision ascendante du pouvoir.

Le premier concept est celui de subsidiarité, porteur de la valeur de proximité.

Le principe de subsidiarité est une maxime politique et sociale selon laquelle la responsabilité d’une action publique doit être allouée à la plus petite entité capable de résoudre le problème d’elle-même. C’est une forme poussée de décentralisation. L’idée est de rapprocher au maximum le pouvoir, et donc la prise de décision mais aussi le débat politique, du citoyen.

- Le deuxième concept est celui de péréquation, porteur de la valeur de solidarité.

La péréquation est le système de transfert d’impôts entre les entités fédérées d’un État fédéral (comme dans les systèmes allemand et canadien par exemple). C’est un principe de solidarité entre les régions riches et pauvres.

Le troisième concept est celui d’identité, porteur de la valeur d’humanité.

L’idée suggérée avec ce troisième concept est que les institutions territoriales doivent être faites avant tout pour les personnes qui y habitent. C’est-à-dire qu’il faut des institutions à taille humaine dans lesquelles les habitants se reconnaissent. Ce qui compte ce sont l’histoire, la culture, les réseaux socio-économiques, la complémentarité, la volonté de vivre ensemble, et non pas les ciseaux d’un technocrate.

L’horizon, le sens, des ces trois valeurs est la démocratie et elles s’inscrivent dans une vision ascendante et polycentrique du pouvoir.C’est-à-dire d’une part que la légitimité du pouvoir provient du citoyen, et d’autre part que chaque pouvoir doit disposer de ses contre-pouvoirs par une séparation respectée des trois pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ; mais aussi, et on voit là l’héritage fédéraliste du mouvement écologiste, par une séparation territoriale des pouvoirs. Les régions doivent obtenir les moyens de fonctionner comme des contre-pouvoirs.

Savoie.gifLe système politique prôné par les Verts pour mettre en application ces principes et valeurs est celui du fédéralisme différencié.

Le fédéralisme différencié prend le contre-pied radical du système centralisé jacobin. Il souhaite remplacer la pyramide des pouvoirs descendants du centre vers la périphérie et le local par une pyramide des pouvoirs ascendants de l’échelon géographiquement le plus petit à l’échelon géographiquement le plus grand, selon un principe de subsidiarité et non de hiérarchie. Ce système donnerait naissance enfin aux contre-pouvoirs territoriaux qui manquent tellement en France.

Rejetant l’unitarisme uniformisant qui prévaut en France, le fédéralisme différencié suggère au contraire l’idée, suivant le modèle espagnol ou canadien, que chaque région pourrait avoir un statut différent, des compétences différentes, en fonction de ses revendications.

Enfin, pour les écologistes, la région doit être avant tout un espace politique de débats démocratiques et de prise de décisions, et non une entreprise en concurrence avec les autres régions.

Tudi Kernalegenn : Responsable de la commission régions et fédéralisme d'Europe Ecologie

01.10.2009

Ce soir je serai la plus belle…

Le 13 septembre, le tout Chambéry assistait au couronnement de Miss Pays de Savoie.  Une soirée de paillettes entre champagne tiède et chaude ambiance...

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18h00 En ce début de soirée quasi automnal, la foule se presse par petits groupes aux abords du Manège. Ici, on est plutôt habitué à recevoir des colloques sur les prothèses dentaires ou sur l’avenir du tourisme en montagne, mais dans quelques heures, on va couronner une jeune inconnue, élue, le temps d’un soir aux allures de sacrements païens, reine de beauté des pays de Savoie. Est-ce un vieux fantasme ? Une curiosité malsaine ? Ou tout simplement l’envie de voir un peu de cuisseaux ? Toujours est-il que je suis là, moi aussi, à me faufiler tant bien que mal jusqu’à l’entrée où se déroule une sélection draconienne. « Vous êtes qui ? Journaliste ? Vous vous mettez là-bas. » On me dirige vers un groupe d’une dizaine de personnes qui patientent comme ils peuvent, éparpillés sous les palmiers défraîchis du hall. Et me voilà aux cotés de deux photographes accrédités. L’un s’adresse à l’autre, tout en manipulant son appareil façon rubik‘s cube. « Tu crois que ça va finir à quelle heure cette saloperie ? Quoi, minuit ? Putainnn… » Laissant le gars à sa consternation j’observe, derrière les baies vitrées, le ballet des arrivées. Tout le gratin chambérien endimanché s’agglomère sous un soleil rasant. Je reconnais quelques visages, des commerçants ou des notables du coin.  D’après ce que m’a dit la standardiste du comité Miss Pays de Savoie, la majorité d’entre eux ont été invités et n’ont donc pas eu àmiss france 1.jpg s’acquitter des cinquante euros demandés pour le dîner spectacle. 

18h30.  Une dame qui se présente comme étant Gamra Dumont (présidente du comité savoyard et co-organisatrice de la soirée) nous indique que l’on va nous faire monter à l’étage des réjouissances. Le journaliste du Dauphiné se plaint d’avoir perdu une heure. « On vous avait dit 17h30, ouverture des portes ! », réplique la présidente, avant de s’excuser du bout des lèvres pour le retard. Arrivés à l’étage, un gars en costume s’en prend au type chargé de placer les gens à table. « Je ne veux pas qu’on me rembourse, j’ai payé, je veux ma place ! » Ça démarre fort. J’en profite pour faire le tour de la salle immense dans laquelle s’entassent peu à peu les 500 convives. Les journalistes sont lâchés dans la nature et essaient de se faire le plus petit possible au milieu des tables de restaurant. De ce coté là non plus, rien n’a été prévu. In extremis, je me dégote un siège à une table, semble-t-il un peu oubliée, tout au fond de la salle. Une famille m’y rejoint. Eux aussi se retrouvent sans place et en veulent particulièrement à Gamra Dumont, qui les a envoyés bouler malgré les quelques trente euros par personne dépensés simplement pour assister au spectacle. Mais les serveurs ont la bonne idée de déposer des bouteilles de champagne aux tables, ce qui calme tout le monde, ou presque. La sérénité revenue, la cérémonie peut enfin commencer.

19h00 Gilbert Perrier, président du comité interprofessionnel des vins de Savoie et autre organisateur de l’événement, lance la soirée. « On a refusé plus de 300 personnes, alors soyez indulgents si vous n’êtes pas encore placés et dite-vous que vous faites partie des privilégiés… » Ceux qui ont payé pour assister au show et se retrouvent sans place apprécieront cette délicate entrée en matière. Vient l’entrée des premières miss, habillées sobrement de longues robes sombres. Elles s’approchent à tour de rôle du micro pour décliner leurs identités. « Bonsoir à tous ! Je m’appelle Marion Baumard, j’ai 18 ans, je pratique la danse sportive depuis l’age de 12 ans et je pense avoir atteint tous mes objectifs dans cette discipline. C’est pour cela que je me suis lancée dans l’élection de Miss Pays de Savoie. » « Bonsoir ! Je m’appelle Angélique Favre, j’ai 18 ans, et je prépare actuellement un BTS Management des unités commerciales… » Leurs démarches sont un peu hésitantes, leurs voix déraillent parfois sous le coup de l’émotion. Elles portent un énorme numéro au poignet droit, ce qui accentue le sentiment d’assister à l’élection de la plus belle génisse d’une foire agricole. Pendant qu’un type au smoking noir et cheveux gominés explique les règles du vote, je partage un verre de champagne à peine frais avec mes voisins de tablée. Ils sont parents avec Amélie Gagliardi, la candidate numéro 8, et sont venus spécialement de la Yaute pour l’encourager. Ils m’expliquent qu’Amélie, pour arriver ici, a simplement répondu à une annonce en envoyant photo et lettre de motivation. Sur la base de ce courrier, elle et cinquante-deux autres jeunes filles ont été convoquées début août à Epagny, près d’Annecy, pour une journée où elles durent prendre la pose et se soumettre à une batterie de tests pour vérifier leurs mensurations, mais aussi répondre à des questions de culture générale, du genre : en quelle année le mur de Berlin est il tombé ? Les seize à parader ce soir sont les survivantes de cet écrémage.  Et Madame Gagliardi d’ajouter dans un soupir : « Ca fait maintenant trois jours qu’elle est partie pour préparer cette cérémonie et, depuis, non seulement on n’a pas pu la voir, mais on n’a pas non plus de ses nouvelles… »

20h30 Sur scène, c’est l’heure du très attendu défilé en maillots de bain. Dans une ambiance soudainement électrique, les miss se déhanchent dans leur une pièce en uni bleu au son d’un R’NB survitaminé. Les photographes mitraillent comme jamais. Une partie de la salle se lève pour mieux voir, sous les cris des autres. « Assis ! Assis ! Bon sang ! » Après ce moment de chaude émotion collective, le speaker annonce le ramassage des bulletins de vote du public, suivi d’une demi-heure de pose afin de procéder au dépouillement. Aussitôt, une horde de serveuses, elles aussi en pause, dévalent les escaliers, hilares et filent les unes vers les toilettes, les autres dehors pour fumer une clope. J’en profite moi aussi pour sortir de ce boomker redécoré façon bonbonnière et vais manger un bout dans l’un des troquets du coin.miss france 3.jpg

21h15  De retour, le show a déjà repris. Justine, jeune journaliste à l’Essor Savoyard, m’annonce que j’ai loupé l’entrée en scène de Geneviève de Fontenay, qui aurait fait éclater de rire l’assemblée en déclarant qu’il valait mieux assister à l’élection de Miss Pays de Savoie que de regarder Secret Story… Après que d’anciennes miss aient interprétés des tableaux vivants, à la limite du ridicule, sur des airs de musiques classiques revisitées à la sauce techno, Geneviève is back. La dame au chapeau crie son attachement à la Savoie : « Je suis un peu savoyarde, parce que mes parents ont fait leur voyage de noces à Annecy et c’est là qu’ils m’ont conçue… Pourquoi les prochaines élections de Miss France n’auraient-elles pas lieu en Savoie ? A Chambéry ! » Bernadette Laclais, présente au premier rang, reste de marbre, mais la salle exulte. D’ailleurs, à chacune de ses interventions, De Fontenay fera un véritable tabac à l’applaudimètre. Bien plus que les miss, c’est elle la vraie star de la soirée.

22h30 Enfin, à la suite d’une interminable séance de blabla et d’une ribambelle de récompenses aussi secondaires que publicitaires - le prix Savoie Expo, l’élection Miss Sympathie (t’es pas belle, mais t’es cool) ou encore celle de Miss élégance (t’es pas belle, mais t’as du style) - , voici enfin venu le couronnement auquel on ne croyait plus. Dans le public, les avis divergent entre ceux qui verraient bien Gallay Artémise accéder au Saint Graal, ceux pour qui Tiare Edwige mériterait de l’emporter et ceux qui n’ont pas d’opinion, mais attendent poliment que ça se termine pour rentrer chez eux. Attention, roulement de tambour… le speaker prend sa plus belle voix : Edwige Tiare est élue Miss Pays de Savoie 2009 ! Applaudissements à tout rompre dans la salle. La jeune Aixoise de 22 ans essuie ses premières larmes et on lui égraine la liste des cadeaux qu’elle remporte.  Entre une trousse de beauté et le traditionnel cadeau d’un an de coiffure gratos chez Saint Algues, on y trouve aussi un DVD sur l’histoire des Comtes de Challes… Pas sûr qu’il termine dans sa vidéothèque idéale. Dans une dernière intervention, Geneviève De Fontenay, voulant certainement avoir un mot pour les déçues, affirme que les élections de miss, c’est comme pour le Président de la République, « ce n’est pas toujours le meilleur qui est élu ». Sympa pour la toute fraîche Miss Pays de Savoie…

23h00 La scène est prise d’assaut par une cohorte de journalistes et de photographes suivie de près par des centaines de fans. Les gardes du corps sont débordés. Geneviève littéralement agrippée par le bras par des badauds prêts à tout pour lui tirer portrait. Dans cette marée humaine, j’arrive à me hisser aux cotés de la nouvelle tête couronnée pour lui poser une question qui me titille. Alors Edwige, comment se sont passées ces journées de préparations à l’élection ? Vous aviez le droit de sortir ou vous viviez en vase clos ? Regards décontenancés de la belle. Aussitôt, une main me barre l’accès aux Miss. C’est un vigile en noir, sorti de je ne sais où. « C’est bon monsieur, plus de questions. » Je proteste mollement, puis m’éclipse. Une fois dehors, j’aperçois une autre candidate, traînant sa valise à roulettes. Finis les projecteurs et les robes de soirée, elle a retrouvé un bon vieux jean et ressemble à Cendrillon à la sortie du bal, attendant son carrosse (et son mec probablement), pour rejoindre sa chaumière. Je retente le coup. Mademoiselle. Vous venez de la soirée ? Je peux vous demander comment se sont passés les trois jours de préparations ? Regards noirs. « Mais, vous êtes journaliste ? Où ça, au Dauphiné ? » Heu… non ! « De toutemiss france 2.jpg façon, je ne peux pas répondre à ça, on a une close de confidentialité signée avec le comité d’organisation… » Elle dégaine son portable. « Allo ? Chéri, tu viens me chercher ? » Je laisse Cendrillon sur le trottoir, et m’interroge sur cette fameuse préparation si particulière qu’elle nécessite une close de confidentialité, avant de finir par quitter les lieux. Laissant derrière moi les couronnes, les écharpes, les miss, leurs secrets, et le Manège. Désenchanté.         

Frédéric Delville

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