25.11.2009
L’omelette allobroge
Pour tous ceux qui veulent tremper le biscuit dans le génépi, le chef Salengro livre sa recette de l'omelette allobroge. Allez, santé bonheur !
Dessert pour 4 personnes
Ingrédients
¾ de litre de glace à la vanille
500 g de gâteau de Savoie
Une bouteille de liqueur de génépi
Et pour la meringue italienne :
- 5 blancs d’œufs
- 150 g de sucre
- Dans un plat rond de 27 cm de diamètre, environ, disposez le gâteau de Savoie.
- Trempez le biscuit en l’imbibant d’un verre de liqueur de génépi allongé d’eau.
- Surmontez le gâteau avec la glace à la vanille en respectant les reliefs exacts du Mont Blanc.
- Réservez au freezer.
- Préparez la meringue italienne :
- - Battez les œufs en neige.
- - Faites chauffer le sucre dans 20 cl d’eau.
- - Continuer à battre les blancs en incorporant le sirop brûlant en filet
- - Laissez refroidir.
- Sortez la glace et le biscuit et masquez les avec la meringue sur une épaisseur de 3cm.
- Remettez au freezer quelques instants puis passer le Mont-Blanc sous le grill juste le temps de dorer légèrement la meringue.
- Servez aussitôt après avoir planté au sommet un chamois en plastique et un drapeau italo-savoyard sur la frontière.
- Arrosez de génépi chauffé.
- Flambez en évitant le chamois ou le drapeau.
- Finissez la bouteille.
- Quand la descente est terminée, commencez à slalomer en dégustant sans attendre la fonte des glaces. Bon alpes petit.
Santé bonheur
Santé bonne humeur
16:38 Publié dans La recette du chef Salengro | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : salengro, omelette, allobroge, génépi
21.11.2009
Identité savoyarde
Sarko veut parler d'identité nationale, mais l'identité régionale, on peut en causer ? Benjbe exige une région Savoie pour que les Savoyards sachent enfin qui ils sont.

Le président Sarkozy nous gratifie d’un discours au cours duquel il souhaite « redéfinir l’identité nationale » en France. Cette même identité qu’il définie comme étant issue de la résistance, des grands auteurs et des racines chrétiennes de la France. Et d’enchainer sur les menaces qui planent sur cette fameuse identité. En l’occurrence le refus du travail, de l’autorité et le communautarisme. Un point de vue plus que douteux, qui n’est pas sans ravir certains électeurs d’une droite extrême et qui rappelle des moments peu glorieux de l’histoire récente.
A en croire les médias, les limites de l’identité nationale s’arrête à votre origine ethnique et votre religion. Autrement dit, une personne d’origine magrébine et de confession musulmane est-elle française ?
A aucun moment dans le débat il n’est fait mention au fait que la France est composée de plusieurs peuples. Corse, basque, breton, savoyard, alsacien… Ce n’est pas le problème. Tout le monde sait très bien que les Bretons, les Corses ou les Savoyards sont français et que, par conséquent, ils ont parfaitement intégré les valeurs et normes prônées par l’Etat français. En revanche, le jeune magrébin des cités qui loue un culte à Mahomet doit impérativement rentrer dans le moule comme les autres. Un moule qui a parfaitement marché en Savoie. Un modèle du genre. Une réussite qui a dépassé toutes les espérances.
Comment, en l’espace de 150 ans, un peuple millénaire a pu se dissoudre, au point de disparaître complément ? Où est passé l’histoire de Savoie, où est passé sa langue, où sont passés sa culture et ses valeurs ?
La France a parfaitement pris soin de toute faire disparaitre sous le tapis et de cadenasser l’éducation. Car il ne faut pas se voiler la face, l’absence de l’apprentissage de l’histoire savoyarde à l’école est le facteur essentiel du déclin de l’identité savoyarde. 99,99% des jeunes savoyards ignorent tout du sol qu’ils foulent jours après jours en se rendant dans leurs salles de cours.
Combien d’enfants pourraient reconnaître les drapeaux qui flottent fièrement au dessus des rues de Chambéry et Annecy ? Aucun !
Et que dire de la division de la Savoie en deux ? Elle a créer une rivalité d’une stupidité sans fondement mais d’une réussite sans égale pour le contrôle de la population. Comme le dit le célèbre adage : diviser pour mieux régner. La Savoie en est un triste exemple.
Les politiciens savoyards sont également un cas a part entière. Fasciné par l’argent et le pouvoir que leur promet une France corrompue, ils vendraient femmes et enfants pour une place chaude à coté d’un député ou d’un sénateur de l’Essonne, du Val de Marne ou des Yvelines. Comment ne pas jalouser les Corses ou Bretons dont certains politiciens défendent leurs terres comme leurs enfants ? Avez-vous déjà entendu un politicien savoyard s’inquiéter du changement climatique et des répercutions catastrophique qu’il aura sur l’économie locale ? Sommes nous en train de préparer l’après tourisme hivernal, lorsque des stations auront fermé, faute de neige, et que le PIB savoyard fondera aussi vite qu'il a prospéré quand les Anglais et les Russes sont arrivés dans nos petits villages de berger plusieurs fois centenaires ?
Aujourd’hui qu’en est-il ?
Posez la question à un jeune Savoyard : qu’est ce que la Savoie ? Il vous répondra que c’est un endroit dans les Alpes où l’on mange de la tomme et de la fondue. Demandez lui qu’est ce qu’être savoyard ? Il vous dira que c’est vivre dans le département de la Savoie. A ne pas confondre avec le Haut-savoyard, résidant en Haute-Savoie. Attention, ce n’est pas du tout la même chose. C’est comme la couture et la haute couture.
L’identité nationale, c’est aussi reconnaître l’identité des peuples qui la compose et non faire en sorte que ceux-ci disparaissent. Je suis français, mais je suis également savoyard. J’aime la Savoie. J’aime cette terre, son histoire, sa culture, sa gastronomie. J’aime voir les cimes enneigés, les marmottes gambadées librement dans les alpages, ces châteaux accrochés sur leurs pitons rocheux et ces gens chaleureux et braves.
Oui, je suis savoyard !
Exigeons une région Savoie et une éducation savoyarde.
Benjbe
18:29 Publié dans Tribune libre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : identité nationale, région savoie, nation, région
18.11.2009
Donnons à la Savoie son musée
Alors que des « spécialistes » sont conviés au château pour plancher sur le Musée savoisien, André Palluel nous livre sa recette pour un vrai musée de Savoie.
La « cession du Musée savoisien » par la ville de Chambéry au conseil général du département de la Savoie et la réunion proche au château d’une assemblée de « spécialistes » (dont je crains l’impuissance si elle est trop grande) m’amène à écrire ce petit « état des lieux » que je communique à La Voix des Allobroges, le seul média savoyard susceptible de le publier en ces temps d’incertitude et de pauvreté intellectuelle.
La question est donc : Pourquoi et comment un musée d’histoire de Savoie ?
Les oppositions culturelles
Les touristes viennent ici pour chercher l’originalité d’une province forte d’un passé particulier (« cette province qui fut autrefois un état », disait le professeur Lovie). L’appétit est d’autant plus fort qu’il repose sur une ignorance absolue de l’opinion à ce sujet. Or les grands musées régionaux ne considèrent le plus souvent que l’aspect alpin. De ce fait, les autorités politiques ou culturelles (essentiellement muséographiques) ne veulent entendre parler que d’ethnographie, mais avec le principe très répandu parmi les muséographes de ne pas insister sur les « costumes folkloriques ». Un seul musée en présente aujourd’hui à Saint-Jean de Maurienne, puisque celui d’Hauteville a fermé et qu’aucun n’est présenté valablement au Musée savoisien. En fait, seuls quelques musées réputés secondaires peuvent se vanter de rappels historiques (Thonon, Thônes, Conflans, Saint-Jean de Maurienne, Moutiers), Chambéry se drapant orgueilleusement dans un esthétisme classique.
Les problèmes pratiques
Il y a d’abord la petitesse du Musée savoisien, qui a tout juste de quoi donner des « impressions » sur les collections entassés dans ses réserves face à de « modestes » salles de présentation. Le réaménagement du musée suppose dès maintenant le choix fondamental d’entrer en possession des locaux de la mission catholique italienne dont on envisage le déplacement. La ville de Chambéry, qui a déjà manqué l’acquisition du studio Dumont Mollard et qui a bloqué le musée par un prétendu musée de la résistance conçu uniquement dans le besoin de satisfaire les mouvements d’ancien combattants (loin de vouloir oublier la guerre, il importait aussi de savoir les conditions d’une quelconque commémoration), ne peut pas se permettre de rater cette nouvelle occasion.
On ne doit pas éluder le problème de la faiblesse des collections. En 1560 comme en 1860, les souverains ont vidé consciencieusement le château de leurs souvenirs de familles. Les révolutions, brutales ou non, n’ont rien arrangé. Seul la mairie de Montmélian dispose ainsi de l’unique buste connu de Charles-Albert et le Musée savoisien ne possède aucun tableau historique. Là encore, seuls quelques musées secondaires (les même que cité ci-dessus) peuvent permettre certains rappels historiques. Devant cette faiblesse fondamentale, les conservateurs du Musée savoisien ont préféré opté pour des choix non historiques (Monsieur Manoury vers un village ethnologique, monsieur Aubert vers une musée de peinture, monsieur Hamman vers un musée de sculpture), ce qui satisfait leurs goûts, leurs formations (plus artistique qu’historique) et leur prudence pour ne pas affronter les politiques ou les intellectuels et érudits locaux.
Les problèmes intellectuels
Il y a une véritable ambiguïté vis-à-vis de l’histoire générale. Parler du thermalisme, de l’alpinisme, de l’agriculture ou du baroque est intéressant, mais non essentiel car non caractéristique de la Savoie. On se perd dans la nécessité de relier l’aspect savoyard à la nécessaire histoire générale, ce qui exige aussi de dangereuses options fondamentales. Rappelons-nous ici l’échec des Amis des musées, qui ont tenté en 1980-85 de faire de Chambéry une capitale du baroque.
De leur côté, les érudits insistent plus sur la richesse de la province que sur la nécessité de la présenter à la fois scientifiquement et pédagogiquement. Et cela ne remonte pas à hier si l’on se remémore l’opposition des intellectuels savoyards au député Théodore Reinach qui, en 1910, prônait des expositions sur l’histoire de Savoie en prétextant que ce sujet était le monopole des « vrais Savoyards » qui, d’ailleurs, n’en avaient pas besoin puisqu’ils avaient assez de connaissances à ce sujet. Ceci explique que, en dehors de son appellation, le Musée savoisien est resté comme à ses origines dans une conception classique d’un mélange d’archéologie, d’ethnologie et d’histoire qui évitait l’accusation de « trop en dire », ou, à l’inverse, de « ne rien en dire ». Car il est difficile de concilier les exigences des érudits et de l’élite avec les besoins inconscients et mal formulés de l’opinion moyenne.
Il faut également faire face au refus officiel (lui aussi inconscient bien qu’obstiné) de trop parler de la Maison de Savoie. Soulignons une certaine tradition de nos élus savoyards hostiles à toute référence à la Maison de Savoie, lui reprochant ses abandons de la Savoie dans le passé et ses mauvaises fréquentations actuelles (pour ne pas dire plus). Cette opposition idéologique est très caractéristique des mentalités françaises en comparaison de l’opinion italienne, beaucoup plus souple pour ce qui est de la conservation des patrimoines. Alors on veut bien parler des princes de Savoie jusqu’au XVème siècle (quand ils étaient considérées comme français), à la rigueur jusqu’à la révolution de 1792, mais pas question de les envisager ensuite car devenus trop « italiens ». Le Musée savoisien a une seule collection de portraits (que l’on s’est empressé de mettre en réserve) et les tableaux de l’abbaye d’Hautecombe, jugés secondaire et sans valeur historiques (par les spécialistes lyonnais), restent invisibles, même à Hautecombe… D’ailleurs, pourquoi présenter des effigies sur des personnages totalement inconnus des visiteurs, puisqu’aucune indication n’est jamais donnée sur chacun d’eux ?
Nous devons aussi prendre conscience du danger du localisme. L’opposition entre les deux conseils généraux gène l’intérêt pourtant manifeste de parler de toute la Savoie, d’autant que les politiciens et notables, très sensibles à leur renoms et influences, n’accordent que du bout des lèvres leur accord pour des activités au chef lieu de leur département. Ils préfèrent, et de loin, concentrer sur leurs « vallées » les patrimoines et les souvenirs.
Il faut par ailleurs tenir compte de nos inévitables et nécessaires voisins suisses, valdotains et piémontais sur lesquels nos responsables manifestent une réserve de mauvais aloi. Qui connaît le Musée national romand de Prangins ? Qui a reconnu et étudié le succès du Musée de Bard ? Qui a jamais cherché à reproduire (ou au moins photographier) les grands tableaux historiques des châteaux piémontais ? Le Piémont, en particulier, jouit d’un patrimoine historique inestimable et d’une rare souplesse qui devrait permettre d’en tirer orgueilleusement profit. La région Piémont ne cesse en effet de rappeler qu’elle fut autrefois un royaume, même dit de Sardaigne, et cela surtout depuis le déclin industriel des années 1970 qui l’amène actuellement à se reconvertir dans le tourisme, d’où cette éclatante restauration des châteaux princiers de la couronne de Turin. L’accession de Gianni Oliva, grand historien de la Maison de Savoie, au poste d’assesseur régional à la culture est caractéristique de cette souplesse et de cette largeur de vue. Cependant, si le Piémont peut-être un modèle, il n’en est pas moins un partenaire difficile : toujours aimable, certes, mais fort exigeant sur ses indemnités, ses garanties et ses prétentions.
Rappelons enfin que l’opinion cherche en permanence la nouveauté, d’où la nécessité de chercher sans arrêt de nouvelles réalisations, d’où l’intérêt des expositions temporaires et des réalisations informatiques.
Alors à quel choix arriver ?
La perspective d’un musée savoyard exige, tout d’abord, de parler de l’ancien état savoyard, ce que semble redouter, en tout ou en partie, beaucoup de responsables aussi bien politiques que culturels, alors que, justement, c’est ce que veulent voir les touristes venus au Musée savoisien. Cela implique la nécessité de parler de la Maison de Savoie entre le XIème et le XIXème siècle (compris), et de montrer les signes de cet état (le cadastre, le tabellion, les rouleaux de chatellenies, les uniformes) et ses variations (ne serait-ce qu’un ensemble de cartes).
Il faudra parler de toutes les spécificités de cet état (d’autant que nos voisins et ex partenaires en parlent peu) et montrer les grandes particularités savoyardes (tout ce qui distingue la province de ses voisins), notamment les paysages transalpins et leur habitat. Il s’agira d’accompagner cet effort d’une politique culturelle de prise de conscience par l’opinion de l’héritage culturel local. C’est jusqu’alors toujours trop discret ou dispersé. Il faut renforcer les liens entre les autorités, les musées et les différents médias locaux. Il faut surtout s’appuyer de façon moderne sur l’informatique (à grande dimension) qui permet de palier la pauvreté des vestiges muséographiques et de doubler une « présentation statique d’un noyau central » par une politique systématique d’information (même numérique), à partir d’expositions temporaires dont l’ensemble peut former à moyenne échéance une formidable collection propre à être communiqués aux régions et états voisins. Les temps actuels nous permettent de franchir ce pas en conciliant les techniques modernes avec un intense et nécessaire besoin de communication pour donner à la Savoie ce qui lui manque le plus, la conscience d’elle-même (comparons la nullité du sentiment savoyard actuel avec l’importance de celui des Bretons ou des Alsaciens).
En conclusion
Je crains que tout ceci ne corresponde pas aux principes de l’école du patrimoine et aux principes de nos conservateurs de musée peu concernés par les besoins du public et par l’histoire, préférant l’art pour l’art et le seul plaisir des spécialistes, alors que, en même temps, ils ne cessent de proclamer leur volonté d’ouvrir le musée au « grand public ». Quant au département, il ne sent pas qu’un tel projet ne peut que décevoir, faute de faire les choix nécessaires sur le local, sur le but cherché, sur les moyens utilisés. Il est pourtant grand temps de donner à la Savoie son musée.
André Palluel-Guillard, professeur émérite de l’Université de Savoie
01:04 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, savoie, musée, palluel-guillard
15.11.2009
L'origine de la photographie

10:49 Publié dans L'instant Arso | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lucien mermet bouvier, arso, photo
10.11.2009
25 ans ! Quel bel âge !
Le festival du cinéma rural de La Biolle fête ses 25 ans. L’occasion de prendre conscience par l’image que la ruralité est aussi notre avenir.

Voici 1/4 de siècle que chaque année à la Biolle, les bénévoles de l'association du Festival du Cinéma Rural se réunissent pour rassembler des films, courts et longs, professionnels et amateurs ; des réalisateurs connus ou en passe de l'être ; des intervenants spécialisés ou non ; des artistes... Chaque année, depuis 25 ans, nous réfléchissons, programmons, éditons, installons, projetons, accueillons pour le plaisir des yeux des petits et grands. Et chaque année, les applaudissements, les sourires et l'intérêt de nos 2000 spectateurs fidèles sont au rendez-vous pour notre plus grande satisfaction !
Alors cette année encore, plus que jamais, nous comptons sur votre présence pour venir célébrer avec nous 25 ans d'imagination, d'audace et de convivialité...
Le Festival de cinéma rural commence mercredi soir 11 novembre, jour férié ! Bien reposés, vous pourrez ainsi venir tranquillement terminer votre journée en beauté, devant le superbe film "Finis Terrae" accompagné en direct par des musiciens (pour un tarif adulte de 5 euros !!!! )... Ce sera également l'occasion de découvrir deux expos photos et des petits films réalisés par les lycéens de Poisy... Rendez-vous à 20h00 !!!!
Le festival continue ensuite jusqu'au dimanche 15 novembre avec documentaires, fictions, court-métrages, débats, table d'hôte conviviale....
A bientôt au festival !
L'association du festival de cinéma rural de la Biolle.
Plus d'infos sur www.cinerural-labiolle.org
18:48 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la biolle, cinéma, ruralité
08.11.2009
« On ne doit pas éviter la question savoyarde »
Pour Philippe Meirieu, tête de liste d’Europe Ecologie en Rhône-Alpes, la région Savoie serait-elle une évidence ?

La désignation de Philippe Meirieu comme tête de liste d’Europe Ecologie en Rhône-Alpes est apparue comme une évidence. Le célèbre pédagogue a ainsi presque fait l’unanimité autour de son nom ce samedi 7 novembre à Lyon. Promouvoir la région Savoie sera-t-il aussi évident pour Europe Ecologie dans les mois qui viennent ? Mis à part Malika, notre députée bien aimée qui a une fois de plus bien parlé, personne n’a abordé le sujet à la tribune lors des assises d’Europe Ecologie. Alors au terme d’une journée durant laquelle Cécile Duflot a posé comme objectif de gagner la région afin que Rhône-Alpes devienne un territoire écologiquement exemplaire, nous avons voulu savoir si Phillippe Meirieu envisageait d’en faire aussi un terrain d’expérimentation privilégié pour le régionalisme différencié.
Philippe Meirieu, comment percevez-vous la spécificité savoyarde exprimée par Région et Peuples Solidaire et le Mouvement Région Savoie ?
Les deux départements savoyards sont animés par une réflexion très ancienne autour de l’idée régionaliste. Il faut entendre et écouter les revendications qui en découlent, car elles sont porteuses de valeurs de proximité. Elles conduisent à un moyen de rapprocher le citoyen des lieux de pouvoir tout en articulant le pays selon les particularités du territoire. Ce sont donc de vraies valeurs.
Le but du MRS, c’est la création d’une région Savoie et donc la division de Rhône-Alpes. Etes-vous prêt à cela ?
Il faut réfléchir très sérieusement à cette hypothèse.
Le respect de la revendication savoyarde passe-t-il par la présence de représentants du MRS à des places importantes sur les listes des régionales ?
Oui, et il y aura des gens de Région et peuple Solidaire, donc du Mouvement Région Savoie, sur les listes en Savoie. C’est évident.
Mais la question du régionalisme différencié, qui doit se traduire en Rhône-Alpes par la création d’une région Savoie, aura-t-elle une place centrale lors de la campagne ?
Aujourd’hui, je ne sais pas si ce sera central. Il faut d’abord que les Savoyards précisent leur position là-dessus. Mais on ne doit pas éviter de traiter la question savoyarde.
Dans l’appel aux écologistes en Rhône-Alpes qui a été lancé dernièrement, on ne parle pourtant pas de régionalisme différencié et de l’aspiration à une région Savoie. Pourquoi ?
Si cela n’a pas été notifié dans l’appel, c’est qu’il y a une forme d’évidence.
Propos recueillis par Brice Perrier
17:34 Publié dans Interviews | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe écologie, philippe meirieu, élections, région savoie
03.11.2009
Pour une nouvelle politique touristique
Bien que conforté par le projet des JO, la fuite en avant du développement en montagne ne pourra pas durer. Plaidoyer pour une autre politique touristique.
Aujourd'hui, la stratégie touristique en montagne ne repose que sur l'artillerie lourde.
L’hiver dernier, la région Rhône-Alpes a soutenu la candidature pour les Jeux Olympiques d’hiver de 2018 présentée par la ville d’Annecy et le département de la Haute-Savoie. Ce projet symbolise l’avenir du tourisme tel que l’envisage la majorité des élus savoyards et rhônalpins. Principal pilier de l’économie savoyarde, le tourisme représente aujourd’hui 50% du PIB du département de la Savoie et 30% de celui de la Haute-Savoie, essentiellement grâce au tourisme d’hiver. Les JO sont censés conforter cette économie reposant sur une clientèle attirée par la neige.
« Ces jeux posent le futur du tourisme et des sports de montagne », déclare ainsi le maire de Chamonix. « J’espère que la désignation d’Annecy va permettre de débloquer de gros projets en attente. Aujourd’hui, on a 2 500 lits dans les placards », confie de son côté le directeur de l’office du tourisme de Flaine. Pour son confrère des Houches, « quelle que soit la décision du CIO, nous sommes d’ores et déjà gagnants. Pendant deux années, nous allons pouvoir communiquer à l’international sur notre département. » Communiquer, pourquoi pas, mais sur quoi ? Sur la conviction que l’avenir de l’économie de notre pays de montagne est plus blanc que jamais et que les stations savoyardes ont vocation à accueillir toujours plus de visiteurs étrangers en misant demain comme hier avant tout sur le ski ? Aujourd’hui, c’est a priori l’orientation prévue. C’est d’ailleurs que qu’avaient certifié dans le département de la Savoie les assises de « Savoie 2020 ». En Haute-Savoie, le projet de candidature aux JO affiche la même ligne d'horizon en s’appuyant sur des stations situées à 1 000 mètre d’altitude telle que Chamonix, Morzine ou la Clusaz. A l’heure du réchauffement climatique, c’est un peu comme si Annecy 2018 était « hors planète »…
Pas de limites au business
A l’image de la société toute entière, et malgré tous les avertissements, le monde de la montagne continue son business « as usual »… Et, en bon partisan de la méthode coué, il entretient avec ces JO le mythe d’un monde sans limite, refusant de voir que notre modèle touristique n’est plus soutenable à moyen comme à long terme. Côté ressources, les indicateurs sont au rouge : l’eau commence à manquer alors que se multiplient les réserves collinaires – il suffit de voir les alertes de cet automne lancées par la Préfecture de la Savoie –, le « trop » béton surcharge les paysages, le tout voiture empoisonne l’atmosphère... En prônant sans cesse le développement, les responsables semblent oublier que cela fait plus de dix ans que le marché du ski est dit mature, sans réelle perspective de développement. Dans tous les pays de Savoie, on cherche néanmoins à construire de nouveaux lits et les placards municipaux des stations regorgent de droits à bâtir, laissant à l’abandon les lits plus anciens. A-t-on pris conscience que, sur les 400 000 lits aujourd’hui présents en Tarentaise, 200 000 ne sont jamais remplis, y compris durant le grand rush de février ? Quelle sera la situation dans dix ans si l’on continue sur notre lancée ? En fait, la politique de l’aménagement de la montagne se résume généralement à de la promotion immobilière. On déroule ainsi un tapis rouge à la friche touristique, d’ores et déjà promise à la Maurienne, où les politiques de défiscalisation à l’origine d’un boom de l’immobilier sont dès aujourd’hui synonymes de faillites. Plutôt que de se remettre en question, on préfère agir comme si le gisement d’or blanc était éternel, et continuer comme avant dans l’espoir de multiplier les touristes en développant toujours plus la montagne.
S’obliger à raisonner à long terme
Il ne saurait bien sûr être question de renoncer au ski, incontournable pour l’économie savoyarde. Mais, face à l’urgence écologique, il faut juste de changer de paradigme, en s’obligeant à raisonner sur le long terme. Seulement voilà, personne ne veut prendre en charge cette vision dans la durée ! Les maires ont une approche de leur territoire à 6 ans (durée de son mandat), les exploitants de remontées mécaniques sont locataires de domaines à rentabiliser sur 18 ans (durée moyenne d’une délégation de service public) et l’Etat a presque disparu. Alors que la décentralisation aurait pu transmettre à la région le pouvoir de conduire une politique volontariste respectueuse de la problématique environnementale, elle s’est noyée dans les discours et le manque d’ambition d’une multitude d’acteurs publics aux intérêts contradictoires. Pourtant, tout le monde devrait être en mesure de comprendre que, de par sa consommation énergétique colossale (construction des bâtiments, chauffage, infrastructures routières, voitures…), le tourisme d’hiver ne peut plus être en adéquation avec les impératifs écologiques de notre temps. L’alternative est aujourd’hui la suivante : prévoir l’avenir et anticiper ou se condamner à subir brutalement les conséquences de la pénurie énergétique et du changement climatique. Croire que l’on aura plus de clients venus des quatre coins de l’Europe dans nos stations dans dix ans est une illusion. On l’a vu l’hiver dernier avec la crise. Il convient donc de changer d’optique et de commencer dès maintenant à mettre en œuvre une politique qui pourrait reposer sur quatre axes principaux.
De la construction à la réhabilitation
Nos domaines skiables, les plus vastes du monde, sont bien assez grands. Notre parc immobilier dispose d’un nombre de lits très largement supérieur à celui des touristes susceptibles de les occuper. Il est donc grand temps de poser comme principe une limitation stricte à la construction de nouveaux lits pour tout miser sur la réhabilitation. Il s’agit d’apprendre à démolir pour reconstruire sur la station, afin de ne plus gagner sans cesse sur le paysage. Bien sûr, une multitude de lits étant inadaptés aux nouvelles demandes de la clientèle, le désir d’en construire de nouveaux conformes à cette demande est très présent. Mais le devoir des pouvoirs publics est aujourd’hui d’empêcher la poursuite du bétonnage de la montagne. Le problème est sur la table depuis plus de quinze ans, mais rien ou presque n’a été fait en matière de réhabilitation immobilière. C’est que la tache est difficile, en raison de la multiplicité des propriétaires. Le défi doit néanmoins être enfin relevé et des mécanismes nouveaux trouvés. Une mission conduite par les services de l’Etat, à la commande des ministères de l’Aménagement du territoire et du Tourisme, est d’ailleurs en cours sur ce sujet. Cela passera notamment par une véritable vision territoriale, car, jusqu’ici, le pouvoir en matière d’occupation des sols est beaucoup trop dans les mains des seuls maires soumis aux pressions de propriétaires fonciers très agressifs… sans parler de la concurrence entre stations, basée sur le plus grand nombre de lits d’accueil. Des outils de maîtrise et de vision territoriale existent : schémas de cohérence territoriaux, plans locaux d’urbanisme, Directive d’Aménagement des Alpes du Nord. S’ils ne sont pas en place, c’est que les élus ne les voient aujourd’hui encore que comme des contraintes et des diktats, alors qu’il faudrait justement s’en servir pour organiser sur le long terme cette vision du territoire. D’autant que ces documents d’encadrement – et particulièrement la DTA – intègrent l’épuisement constaté de la planète.
Un autre rapport au transport
Les premiers bilans carbone réalisés en stations le montrent clairement. Les remontées mécaniques interviennent pour moins de 2 % dans les émissions de gaz à effet de serre. C’est l’acheminement des touristes qui prend la part la plus importante, soit 74 % des émissions (avion et voiture essentiellement). Tout doit donc être fait pour inviter les touristes à utiliser des transports collectifs les moins polluants possibles. Et le train par priorité, mais cela ne suffira pas. Hormis en Maurienne, toutes les lignes de chemins de fer de nos vallées sont à voie unique. Il y a donc une réflexion profonde à engager pour que l’avenir soit au rail. Et il convient de développer des systèmes de cars qui, depuis les grandes villes, pourront acheminer les urbains jusqu’aux stations. Enfin, il faut tout faire pour faciliter l’information des touristes et usagers tout en développant l’inter modalité afin de mieux organiser le « dernier kilomètre », autrement dit la distance qui sépare la gare de la station. La Suisse est un exemple à suivre. Des initiatives sont aussi prises, par exemple, à Chamonix… avec un système de bus gratuits. La gratuité du transport est un élément incitatif indéniable, mais il a un coût.
Du tourisme 365 jours par an
Tous les responsables politiques ont aujourd’hui ce leitmotiv en bouche. Mais sur le terrain, rien ou pas grand-chose. Chaque année, en stations, l’essentiel des investissements continue de servir l’hiver. Le développement de l’été et des inter saisons est réduit à portion congrue. Même chose du côté des organisations de promotion, telle Savoie Mont Blanc, qui s’activent surtout pour la grande cavalerie touristique proposée par les stations les plus célèbres en hiver. Mais à quoi devrait servir l’argent public injecté dans le tourisme ? A faire la promotion de
sites de prestige exploités par des sociétés côtés en bourse ou à défendre un tourisme plus modeste et plus authentique répondant d’avantage aux exigences environnementales ? Les organismes publics devraient aujourd’hui mettre en avant et soutenir un autre tourisme. Celui qui se pratique tout au long de l’année. Certes, la randonnée à pied, à vélo ou à cheval, met moins d’argent dans la machine économique qu’une semaine à Courchevel. Mais des gîtes tenus par des gens désireux de travailler au pays sont aujourd’hui des produits à défendre. Promouvoir cette forme de tourisme inciterait d’ailleurs les locaux à être de véritable acteurs de l’économie touristique alors qu’ils sont bien souvent cantonnés au statut d’employés de grands groupes financiers.
Tendre vers une diversification économique
Nos vallées ne doivent pas se résoudre à vivre uniquement du tourisme. Exemple particulièrement symptomatique de cette mono activité, la Tarentaise doit tendre vers un mode de vie qui ne soit plus exclusivement réglé par les allers et venues des touristes. Aime ou Bourg-Saint-Maurice ne peuvent plus avoir comme unique vocation d’être de simples sas d’accès aux stations. Il faut donc encourager les initiatives de ceux qui souhaitent exercer en pays de montagne une activité non touristique. Ceci est aujourd’hui parfaitement envisageable, ne serait-ce que grâce aux nouveaux modes de communication qui permettent désormais d’habiter en Tarentaise et de travailler avec le monde entier. L’accès facilité aux vallées, notamment par le train, ainsi qu’un cadre de vie exceptionnel peuvent aussi conduire des petites entreprises à s’installer.
La diversification économique passe également par le développement de l’agriculture de proximité nécessaire à une relocalisation de la production alimentaire. Encore faut-il ne pas avoir lâché les terrains à la promotion immobilière… Les politiques publiques doivent donc prendre conscience que redonner de la vie à nos vallées toute l’année est nécessaire. C’est en fait le seul moyen de permettre à la population locale d’être de moins en moins dépendante d’une activité touristique hivernale appelée à être de plus en plus fragile, car particulièrement soumise aux aléas climatiques, économiques et géopolitiques engendrés par la crise systémique globale à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés. Un hiver enneigé ne doit surtout pas le faire oublier.
D’autres JO pour une autre politique touristique ?
La candidature pour les JO de 2018 pourrait être une vitrine exceptionnelle en interne, comme en externe, pour une autre vision de l’avenir de nos territoires. Elle devrait prendre en compte le fait que le monde bouge. L’opinion publique aussi, elle qui porte de plus en plus d’attention à un usage respectueux de la planète, à un nouveau rapport au social et à l’économique. Le succès d’Europe Ecologie aux élections européennes en est un témoignage. Mais l’impression que l’on a à la lecture du dossier de candidature d’Annecy, c’est qu’il a été abordé d’une manière très conventionnelle, et tout juste « reverdi » en surface. Afin de symboliser une nouvelle approche de l’économie touristique montagnarde, ces JO devraient prendre le contre-pied complet du projet actuel, car celui-ci ne fait que conforter la politique des stations qui souhaitent continuer les constructions en les recouvrant d’un vernis estampillé développement durable. Ainsi, on parle de jeux écologiques en affirmant que 70 à 80 % des infrastructures olympiques seraient déjà existantes, alors que l’essentiel de celles prévues pour l’organisation des épreuves est à bâtir.
Un nouveau projet de JO pourrait être imaginé. Il serait porteur d’une véritable éthique, avec comme ligne de conduite : zéro nouvelle construction. Un projet volontairement économe – de l’argent public, des paysages, des ressources – et affiché comme tel. Un projet respectueux des sites et qui n’utiliserait que des infrastructures existantes, notamment celles situées à Chambéry, Albertville, Courchevel et Genève.
Un projet qui sortirait donc de son cadre haut-savoyard pour adopter une vraie logique de territoire. En se contentant d’organiser à Annecy les cérémonies d’ouverture et de clôture, on mettrait en avant un site fabuleux que nous avons le devoir de préserver en refusant de tomber dans la folie des grandeurs. On pourrait ainsi communiquer d’une façon réellement novatrice et écologique. Tout cela en associant pleinement les Savoyards dans une dynamique positive combinant la culture montagnarde et l’exigence environnementale, afin de faire de ce projet de JO le symbole d’une nouvelle politique touristique. Cette politique que nous appelons de nos vœux et qu’Europe Ecologie pourrait mettre en œuvre dans les mois et les années qui viennent.
Claude Comet et Brice Perrier
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