22.08.2009

Rosemary, grunge is not dead !

m_fbe137a0e632436a9cad8008cbece1ba.jpgEn 1940, les Kennedy envoyaient en hôpital psychiatrique leur fille aînée, considérée comme schizophrène et instable. Son nom : Rosemary. Histoire cachée de la grande Histoire, histoire d’une enfant délaissée et oubliée. Coïncidence, en 2009, en Savoie, un groupe tente de redonner vie au grunge, style musical considéré comme has been depuis au moins quinze ans, enfant délaissé et oublié de l’histoire de la musique. Leur nom : Rosemary.

Rosemary, « A group with a girl name », annoncent-ils sur leur stickers, n’a pourtant rien d’un de ces groupes de rock composés de minets au look étudié pour faire frissonner des bandes de filles pré pubères. C’est qu’ici, on aime le rock, le pur, le dur, le brut. Pas du genre à raccrocher le bombers ou le vieux cuir à clous, râpé, pour suivre le sens du vent. Créé il y a 10 ans dans la très résidentielle (et pour tout dire ennuyeuse) ville de la Ravoire (lieu de naissance et de mort du staracadémicien Grégory Lemarchal), Rosemary est, comme beaucoup d’autres, un groupe de lycéens. Des débuts sur lesquels Thomas Leymore, 27 ans aujourd’hui, chanteur/leader et seul rescapé du groupe initial, revient en toute modestie : « On était trois copains, on avait des potes musiciens au lycée, alors on s’y est mis comme ça… De toute façon, jouer au foot ou aller en boite, ça me disait rien. Mais on n’avait aucune formation. On n’était même pas de vrais musiciens. »

Tel un bon vin, Rosemary va prendre soin de mûrir et de s’affiner à l’abri des murs du garage de leurs paternels, avant de sortir enfin de l’ombre pour ce que Thomas qualifie de  « premières armes » : quelques concerts locaux et les premières maquettes. En 2004, tout s’accélère vraiment. Le groupe se disloque et Thomas, esseulé, voit débarquer Bruno, le nouveau batteur suivi, en fin d’année, de Fred, grand gars à la casquette ornée de pointes métalliques vissée sur le crâne. Fort de cette nouvelle équipe (qui forme encore le Rosemary actuel), le groupe est prêt à passer à la vitesse supérieure et à assurer la promo live d’un premier cd.  Mais c’est surtout Thomas qui va donner un véritable coup d’accélérateur. Avec l’un de ses potes, prénommé Jérôme, il crée Minimal Chords, qui, installée dans les désormais réputés locaux Larsen de Chambé, tire dans tous les sens : concerts, distribution de disques, parrainage de jeunes groupes et même émission radio en collaboration avec Radio Ellébore. Un sacré coup de boost pour la scène alternative chambérienne. Une énergie dont va également profiter Rosemary, qui se retrouve de plus en plus sur scène.

Depuis, les concerts n’ont cessé de s’enchaîner, égrainant une liste impressionnante de dates et de villes aux six coins de l’hexagone, mais aussi au-delà, dans des lieux aussi exotiques que le Centro Social el Passo de Turin, le Risk Music Fest de Lausanne ou les scènes alternatives de Leipzig. Une trajectoire et un CV volontairement underground, mis en lumière par certaines premières parties aux cotés de noms connus et reconnus, même des non-initiés, comme ce 17 décembre 2005 où le trio s’est produit au Scarabée (Chambéry) avant les Burning Heads. Ou le 15 décembre 2007 dans la même salle en ouverture du concert de No one is innocent. Des moments magiques ? Pas si sûr… « Les mecs sortent de la loge juste au moment de jouer et tu ne peux même pas leur parler parce qu’ils te snobent », déplorent-ils, avant que Thomas n’enchaîne sur des souvenirs plus agréables avec les Mass Hystéria ou encore à propos d’un concert aux Abattoirs de Bourgoin-jallieu en janvier dernier : « On a été appelés à la dernière minute en remplacement d’un groupe qui ne pouvait finalement plus venir. Résultat : on a eu à peine cinq minutes de répète, alors on a joué sans pression, dans une ambiance délirante. La salle était blindée et le contact avec les Tagada Jones, qui jouaient ce soir là, est super bien passé. Eux, au moins, on sent qu’ils sont là pour faire de la musique, on est dans la même tendance. »

Des rencontres qui, en tous cas, ont fini d’asseoir leur notoriété et font désormais de Rosemary la référence grunge-punk dans la région. Une notoriété que ces trois puristes préfèrent entretenir en multipliant les scènes locales, quitte à bouffer du bitume plus qu’il n’en faut, dormir un peu n’importe où - bien souvent dans leur minibus - et jongler comme ils peuvent avec leurs boulots respectifs.

A l’opposé de beaucoup de groupes d’aujourd’hui, Rosemary est plus adepte des plans rencontres que des plans de carrière et préfère venir vous serrer la pince directement plutôt que de soigner la présentation de son site My Space. Une pointe d’authentique qui fait du bien dans un monde d’authentoc. Une fraîcheur et une réelle passion pour le rock, confirmées par leur musique distillée le long d’albums volontairement courts et voulus comme des instantanés de leurs états d’âmes. Sorti en 2007, Tracks for a lifetime (Chansons pour une existence) est plein de spontanéité.  On se laisse emporter par le chant éraillé d’une voix grave et rugueuse posée sur une musique enragée aux accents métalleux par moments, plus punk à d’autres. Et divine surprise quand une ballade aussi romantique que noire nous offre une plage de récupération au milieu de ce chaos jouissif.

1266916316_m.jpgUne tendance à un certain apaisement que The Angel’s share (La part des anges) confirme. Dans ce dernier opus qui sortira en septembre, les trois angelots au cœur de cuir nous gratifient d’une touche de subtilité supplémentaire. Même si l’entame dépote toujours autant (Not really happy, My favorite one), même si basse et batterie se déchaînent encore, c’est pour mieux nous emmener vers des sommets plus nirvanesque, des mélodies limites pop où la voix de Thomas fait merveille. Le cd se termine par le morceau Half a girl, à la fois très planant et au texte incompréhensible, dans lequel Thomas semble susurrer ou plutôt murmurer au micro.

Oui, c’est ça, il murmure. Il murmure aux oreilles des jeunes groupes qu’il chaperonne, que l’on peut faire de la musique pêchue, mais pleine de finesse. Il murmure aux oreilles des rockeurs à papa qu’il vaut mieux soigner sa musique que sa coupe de cheveux. Enfin, il murmure aux oreilles de tous les sceptiques, pour qui le grunge n’était plus qu’un lointain souvenir de leurs années lycée, que NON, décidément, le grunge n’est pas mort !           

Frédéric Delville

Rosemary sera en concert les 28 et 29 août au Brin de Zinc (Chambéry) à 21h00

Pour plus d’info : www.myspace.com/myfavoriteonerosemary

 

14.07.2009

Le grand test

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En ce mois de juillet, la Voix se met en mode été et vous propose de jouer à son grand test savoyard.  Pour savoir si vous êtes incollable sur votre région et si vous êtes digne d’habiter en Savoie, répondez vite à ces 20 questions.

 

 

1- Entre 121 avant J.C. nos ancêtres allobroges furent vaincus, mais par quel peuple ?

A)   Les Romains et leurs légionnaires

B)   Les Huns et leurs hordes barbares

C)   Les Mauriennais et leurs terribles marmottes d’assauts

 

2- Jean-Jacques Rousseau a vécu 9 ans à Chambéry. Quel est le nom de l’ouvrage qu’il a écrit dans notre région ?

A)   Il n’a rien écrit en Savoie

B)   Rêverie du promeneur solitaire

C)   Le guide du routard des pays de Savoie

     

3- A Chambéry, que représente la fontaine des Eléphants, appelée vulgairement « les quatre sans culs » ?

A)   La traversée des Alpes d’Hannibal à dos d’éléphants

B)   Les exploits militaires en Indes du comte De Boigne

C)   L’hommage rendu par la population chambérienne lors de la mort de Babar

 

4- Comment s’appelle le jeune héritier de la famille royale de Savoie ?

A)   Victor-Emmanuel

B)   Emmanuel-Philibert

C)   John Travolta

 

5- Les crozets font partie de ces incontournables spécialités Savoyardes tellement recommandées dans le cadre d’un régime, mais d’où viennent-ils exactement ?

A)   d’Aime

B)   de Moutiers

C)   d’Albertville

 

6- Quel est le nom du plus prestigieux des bateaux restaurants naviguant sur le lac d’Annecy ?

A)   Le Chamois d’or

B)   Le Cygne

C)   Le Libellule

 

7- Dans quel film d’Eric Rohmer avec Jean-Claude Brialy, Annecy et son lac sont-ils mis en valeur ?

A)   Le genou de Claire

B)   Conte d’été

C)   Mon curé chez les nudistes

 

8- Parmi ces trois groupes de musique Savoyards, trouvez lequel vient des bords du lac d’Annecy ?

A)   L’orchidée d’Hawaï

B)   Les Crazy Edelweiss

C)   Coming soon

 

9- En  1980, quel coureur cycliste de renom a remporté  les championnats du monde cyclisme de  Sallanches ?

A)   Greg Lemond 

B)   Ghislain Lambert

C)   Bernard Hinault

 

10- Dans quelle station huppée ont lieu chaque année à la mi-janvier les internationaux de polo sur neige ?

A)   Plaimpalais

B)   Courchevel

C)   Megève

 

11- En 1897, quel Président de la République monte jusqu’au col de la Vanoise pour inaugurer un refuge qui prendra son nom quelques années plus tard ?

A)   René Coty

B)   Georges Clémenceau

C)   Félix Faure

  

12- Quelle célèbre station savoyarde fut surnommée le « Brasilia des neiges » à l’issue de sa construction en 1966 ?

A)  Avoriaz

B)  Les Arcs

C)  Copacabana en Faucigny

 

13- Quel était le nom du tueur en série d’origine italienne qui défraya la chronique en Savoie fin des années 80 ?

A)   Roberto Zucco

B)   Roberto Succo

C)   Gratien Ferrari

 

14- Le 3 Juillet dernier Laurence Ferrari épousait en grandes pompes à Paris (16ème), une autre personnalité de la région. Quel était, ce jour là, l’heureux élu ?

A)   Yann Barthès (présentateur TV de Chambéry)

B)    Renaud Capuçon (violoniste de Chambéry)

C)    Dominique Dord (Maire d’Aix les Bains)

 

15- Parmi ces 3 radios, laquelle n’est pas issue des pays de Savoie ?

A)   Couleur 3

B)   Ellebore

C)   ODS 

 

16- Quel immense complexe de discothèque se trouve à St Julien en Genevois ?

A)   Le Maracuja

B)   Le Maharadja

C)   Le Macumba

 

17- Vous venez de Maurienne et franchissez le col du Galibier, dans quel département vous trouvez-vous ?

A)   L’Isère

B)   Les Hautes-Alpes

C)   Le Pas-de Calais

 

18- Classez ces cols savoyards par ordre de grandeur du plus petit au plus grand

A)   Le col du Petit St Bernard, le col des Saisies, le Cormet de Roselend

B)   Le Cormet de Roselend, le col du Petit St Bernard, le col des Saisies

C)   Le col des Saisies, le Cormet de Roselend, le col du Petit St Bernard

 

19- Quel est le nom du cours d’eau qui traverse toute la Maurienne ?

A)   L’Arly

B)   L’Arc

C)   Le Gange

 

20- Donnez la traduction correcte de cette phrase en patois :

« Tan mé on brafe la merda, pè mandre lè chwan »

A)   Plus on brasse la merde, plus ça sent mauvais.

B)   Si tu traverses ce lac à la brasse, tu vas t’emmerder !

C)   J’en ai marre de cette merde, y a vraiment rien dans ce daubé !

 

 

 

Réponses au test

1- Réponse A : Les Romains souhaitaient ainsi créer un axe sécurisé entre Milan, Aoste et Lemencum (Chambéry)

2- Réponse A : La cité des Ducs inviterait-elle légèrement à la glande ?

3- Réponse B : Benoît de Boigne, enrichi par des années de succès militaires en Indes, revient dans sa ville natale de Chambéry en 1804.  Elevé au rang de comte par Victor-Emmanuel, il dépense alors son temps et son argent à la construction de monuments pour Chambéry.  On lui doit le financement entre autres du théâtre Dullin et de la rue de Boigne.  Ca valait bien un monument non ?!

4- Réponse B et C : C’est évidemment Emmanuel-Philibert, époux de l’actrice Clothilde Courau.  Mais après la prestation du jeune prince dans l’émission de télévision de la Raï Uno, Ballando con le stelle, la réponse C paraît également valable.

5- Réponse B : Les crozets, dont le nom vient de croé qui veut dire petit en patois, ont été inventés par François Fraissard.

6- Réponse C : Le M.S. libellule

7- Réponse A : Le genou de Claire

8- Réponse C : Les Coming Soon qui, bien que se réclamant d’un pays imaginaire appelé le Kinderminster, viennent de la cité annécienne.

9- Réponse C : Bernard Hinault, Ghislain Lambert n'ayant pas pu prendre le départ suite à un contrôle positif à l'EPO (eau, pastis, olive).

10- Réponse C : Megève bien sûr !  Merci qui, merci Nadine…

11- Réponse C : Félix Faure

12- Réponse A : Avoriaz.  Copacabana sur Faucigny n’existant naturellement pas !

13- Réponse B : Roberto Succo à ne pas confondre avec Zucco, adaptation théâtrale de la vie du tueur en série écrite par Bernard-Marie Koltès.

14- Réponse B : Renaud Capuçon. Quoiqu’un mariage Dord-Ferrari ça aurait eu de la gueule….

15- Réponse A : Couleur 3 qui est une radio Suisse from Lausanne. Ellebore est, elle, Chambérienne et ODS Annécienne.

16- Réponse C : Le Macumba of course !

17- Réponse B : Les Hautes-Alpes. Non ! Le succès de Bienvenue chez les ch’tis ne nous a pas rapproché géographiquement des p’tits gars du Nord.

18- Réponse C : col des Saisies (1 633m), Cormet de Roselend (1 968m), col du Petit St Bernard (2 188m)

19- Réponse B : L’Arc, bien entendu.  Même si la Maurienne est souvent considérée comme le parent pauvre des vallées touristiques de Savoie, le Gange coule toujours en Inde.

20- Réponse A : Plus on brasse la merde plus ça sent mauvais. Une phrase d’une philosophie bien terre à terre.

 

Jusqu’à 3 fautes :

Bravo ! Préparez votre costard, dans une heure des employés municipaux viendront vous chercher pour une cérémonie à l’issue de laquelle Hervé Gaymard vous fera citoyen d’honneur de la Savoie et une grosse bise par-dessus le marché ! Veinard(e) !

De 3 à 10 fautes :

C’est bon, vous pouvez rester habiter dans les pays de Savoie.  Mais ne la ramenez pas trop non plus. On est en république, mais il y a des limites…

Au-delà de 10 fautes :

Bravo ! Préparez votre valoche, dans une heure des employés municipaux viendront vous chercher pour vous emmener aux portes de nos départements dont vous êtes banni(e) à jamais.  Il vous reste au choix : l’Ain, l’Isère ou le suicide… cool !!!

18.06.2009

Dernière tournée aux Halles

1-afficheHalles.jpg« Ils auraient mieux fait de raser le Palais de Justice ! » À l’image, l’homme, un verre à la main, se tient tout fier de sa saillie, au milieu de ses compagnons de comptoir occupés à s’esclaffer sur ce bon mot. Cette scène est l’une des nombreuses séquences drôles ou cocasses qui émaillent le documentaire de Christophe Colonel sur la rénovation des Halles de Chambéry, Mémoire des Halles.

Grâce à une technique que l’on pourrait qualifier de sous-marine, ce jeune réalisateur, Chambérien lui-même, a su prendre son temps afin d’amadouer l’autochtone. Pendant un an, de mars 2007 à mars 2008 - date qui coïncide à l’ouverture des halles provisoires place du Palais de Justice -, Christophe a fait du bar « Chez Christiane » son QG du samedi matin, jour de marché. Dans ce lieu mythique du coin des Halles, à la patronne haute en couleur, il a su enchaîner les tournées et se mêler subrepticement aux conversations en cours. « Il fallait absolument gagner la confiance des clients du bar qui sont des habitués et éviter au maximum le coté voyeur. Alors, on était bien obligés de tourner au blanc, comme tout le monde », raconte Christophe Colonel. Mais en sachant astucieusement porter le verre au bord des lèvres, quitte à balancer en catimini son contenu dans le bac à fleurs le plus proche, il a gardé les idées claires en se focalisant sur l’objectif initial : dégainer sa micro caméra (pour plus de discrétion) et prendre le pouls de cette populace occupée à diluer dans l’alcool son émoi de voir disparaître ses Halles.

Mais réduire ce film aux seules scènes de bar serait une erreur, même si elles en constituent les moments les plus croustillants. Car c’est avec la même dextérité que Christophe Colonel, Philippe Bard (à l’origine du projet) et Jean-Paul Collomb-Gris (conseiller technique) ont traîné leurs mocassins et leur pellicules à hauteur des étales du marché et jusque dans les ruelles avoisinantes. L’aspect historique des lieux est également traité de manière intéressante par Monique Dacquin, des Amis du vieux Chambéry.  Les fans d’architecture n’ont pas non plus été oubliés avec l’intervention de Robert Dussud. Il nous éclaire sur les étonnantes utilisations passées du bâtiment, avant malheureusement de se perdre un peu dans des passages un poil technique sur les différences de béton, qui ont tendance à nous laisser de marbre.

Au final, ce sont les témoignages de ce que représentaient les Halles pour les Chambériens que l’on retient. Et si la nostalgie ou même une certaine fatalité face à ce que l’on nomme le progrès semble s’imposer à mesure que le film défile, c’est que l’attachement des Chambériens pour ce lieu emblématique, où toutes les classes sociales se brassent, est réel. Ce document a en tout cas le mérite de nous montrer la vie des Halles par le coté humain de la lorgnette, loin des agitations politico-économiques qui ont accompagné ce projet de rénovation depuis plus de 40 ans… (voir La Voix des Allobroges n° 10). Juste un mot pour finir à l’intention du pilier de chez Christiane. Le Palais de Justice, au cas où vous ne le sauriez pas, c’est l’ancien Sénat de Savoie. Et ça ne rase pas !

Frédéric Delville

Visionner ce documentaire :

http://www.dailymotion.com/user/chatboite/video/x68ajb_me...

 

26.05.2009

De Succo à Zucco

ZuccoLight copie.jpg

C'est l'histoire d'une trajectoire, folle et incontrolable. Une trajectoire teintée à l'hémoglobine, celle de Roberto Succo, tueur en série d'origine italienne. Vers la fin des années 80, il marqua son passage dans notre région par une série de meutres sans réelles motifs, d'enlèvements et d'agressions tout aussi gratuites. Détournant Succo en Zucco, Bernard-Marie Koltès, à l'image de son personnage, trangresse les codes de la société comme ceux du théatre. En l'élevant au rang de mythe, il réussit à transformer un fait divers condamnable en un drame où la poésie de son écriture sublime la folie de ses personnages. On se rappelle que cette pièce avait été déprogrammée à Chambéry au moment de sa sortie en 1991, après un débat mené jusqu'au conseil municipal. Elle fut considérée à l'époque comme une provocation à l'égard des familles des victimes. 17 ans plus tard, les ateliers amateurs du chapiteau théatre compagnie remontent la pièce sous chapiteau à Curial, à quelques centaines de mètres de l'Espace Malraux où elle aurait dû se jouer à l'époque. Une revanche pour cette oeuvre considérée par des metteur en scène comme Bruno Boeglin ou Jean-Louis Martini comme une pièce majeure du théatre contemporain qui nous renvoie simplement à la violence du monde réel. Après une première représentation donnée hier, une nouvelle occasion de découvrir Roberto Zucco vous sera donnée lundi prochain : ne le ratez pas. 

 

ROBERTO ZUCCO, une pièce de Bernard-Marie Koltès.

Interprétée par le chapiteau théatre compagnie. 

Mise en scène de Stéphanie Migliorini.

Prochaine représentation Lundi 1er juin à 20h30 sous chapiteau. Tarif unique : 6 Euros. Rens et résa : 0686402246.