02.06.2009

Marche silencieuse pour que sonnent les cloches

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L'affaire avait fait du bruit l'année dernière, les cloches des vaches du village de Villaz se faisant entendre jusqu'au JT de Jean-Pierre Pernault. Souvenez-vous, c'était en septembre et un agriculteur de cette commune des Aravis faisait l'objet d'une plainte d'un autre villageois qui en avait raz le bol d'entendre sonner les cloches la nuit. Immédiatement, des habitants de Villaz lancèrent une pétition pour soutenir l'agriculteur.

Aujourd'hui, à la veille du dénouement de cette affaire devant le tribunal d'Annecy, les pétitionnaires envoient le communiqué ci-dessous pour inviter à une marche silencieuse afin que continuent de sonner les cloches.

 

 LES CLOCHES DE VACHES MISES EN CAUSE
AU TRIBUNAL D'ANNECY 

Lors d’une plainte  pour nuisances sonores déposée par un habitant  de Villaz , plus de 350 citoyens de notre commune ont  manifesté  leur soutien  à l’agriculteur concerné . Par cette pétition, ils ont aussi  exprimé leur souhait de voir maintenir  des pratiques et  traditions ancestrales de notre agriculture.

 Le jugement aura lieu le  mercredi  10 juin 2009 à 9 h

au Palais de Justice d’Annecy

Pour que demain, la mélodie des cloches des vaches soit toujours présente dans nos campagnes. Nous vous invitons à poursuivre votre soutien par votre participation à une manifestation silencieuse sur le parvis du Palais de Justice à 8h30.

 

 

05.02.2009

Les JO des écotartuffes ?

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« Pour la région Savoie, contre les Jeux. » Voilà ce que titrait la semaine dernière le Dauphiné dans un article qui présentait le positionnement des Verts région Savoie sur deux sujets qui pourraient à priori n’avoir que peu de rapport. C’est d’ailleurs ce que pensent les Verts savoyards qui n’ont absolument pas souhaité lier les deux problématiques. « On a juste donné une conférence de presse pour annoncer différentes choses et d’abord notre positionnement sur les prochaines élections européennes, confie Gérard Blanc, conseiller municipal vert à la Ravoire et délégué à Chambéry Métropole. Et puis les journalistes nous ont posé des questions, notamment sur ces deux sujets d’actualité, auxquelles on a répondu. C’est tout. Il n’y a pas de lien entre nos critiques sur les JO et notre positionnement sur la région Savoie. »

En fait, les Verts ne sont même pas officiellement contre les JO à Annecy. «  Même si certains de nos membres peuvent s’engager dans des comités anti JO, les Verts ne sont pas contre les jeux, affirme Pierre Viguié, le secrétaire régional. A la mairie de Chambéry comme à l’agglo d’Annecy, quand il s’est agit de se prononcer sur ce projet des JO, les élus verts se son abstenus. Nous sommes pour un retour aux valeurs de l’Olympisme et c’est les dérives du gigantisme ou du dopage qui ne nous plaisent pas. Alors où que se déroulent les jeux, on veut un retour à la charte de l’olympisme et un respect de l’environnement. » Mais justement, ces JO d’Annecy, on nous les promet propres. C’est même un des principaux arguments avancés par les élus et d’abord par Thierry Billet, adjoint chargé de l’environnement à  Annecy. La preuve ultime que ces jeux seraient écolos, selon Billet, c’est qu’il a réussi à convaincre Yann Arthus-Bertrand de soutenir officiellement la candidature annecienne. On peut ainsi lire ceci sur le blog de l’élu annecien :thierry billet.jpg

« Ce soutien est une garantie que les engagements pris sur le plan environnemental seront respectés et en particulier qu'un bilan carbone "prévisionnel" sera géré en continu sur le projet de JO de manière à aboutir à un impact nul en carbone pour la réalisation de ces Jeux. C'est au demeurant ce que rappelle Yann : Les infrastructures olympiques fondées sur la démesure et l’utilisation d’importantes quantités de matériaux et d’énergie mènent souvent à une impasse. De nombreuses villes olympiques ont construit d’immenses structures coûteuses devenues aujourd’hui des éléphants blancs. Mes échanges avec Thierry Billet, votre maire-adjoint à l’environnement, m’ont éclairé sur un point : Annecy souhaite développer un modèle de ville olympique responsable dont l’empreinte écologique serait la plus réduite possible. »

arthus bertrand.jpegVu que Yann a été convaincu grâce à ses échanges avec Thierry, je ne demandais moi aussi qu’à l’être. Alors armé de mon petit clavier, j’envoie un mail à Thierry Billet pour lui poser une question toute simple, en rapport direct avec la déclaration de la figure tutélaire de l’écologie qu’est devenue le maître de la photo aérienne : quelles vont donc être les infrastructures construites pour ces jeux et où seront-elles situées ? Une question basique et élémentaire pour avoir une idée de l’impact environnemental de ces jeux. Et bien voici la réponse de Billet : «  Adressez vous au Comité d'organisation au Conseil général... Je n'ai pas les éléments sportifs en mains. » Eléments sportifs ? Je ne lui demandait pourtant pas si le ski de bosse en faki allait devenir une discipline olympique, mais ce qu’on allait construire comme infrastructure de type patinoire ou tremplin. L’élu annecien ne serait donc en rien au courant de ces futures installations, mais il a néanmoins réussi à convaincre Arthus-Bertrand qu’on ne tomberait pas dans la démesure. Après cela, faut pas s’étonner si certains en viennent à qualifier ce genre de personnage d’écotartuffes.

Direction donc le conseil général où l’attaché de presse nous informe que  « 70 à 80% des infrastructures sportives existent déjà. Les investissements concerneraient deux patinoires et un anneau de vitesse. » Elle ajoutera par la suite qu’un tremplin de saut sera aussi construit à La Clusaz. Cela fait quand même de gros équipements à bâtir. Mais c’est quoi alors les infrastructures existantes ? « Les pistes homologuées, patinoires, sites d'entraînement, piste de bob de La Plagne... », nous répond le conseil général. La piste de bob, ok, ça c’est du lourd. Les patinoires ? Mais on vient de nous dire qu’on va en construire trois ! Quant aux pistes de ski, c‘est sûr qu’elles sont déjà là, mais certains candidats aux JO auraient-ils prévu de bâtir les montagnes nécessaires aux épreuves olympiques ? Bref, pas grand-chose n’existe en réalité aujourd’hui en matière d’infrastructures, mais on nous certifie que 70 à 80% sont déjà existantes. Et Yann Arthus-Bertrand cautionne. L’écotartufferie en pleine action !

Un autre argument de Thierry Billet pour démontrer le côté écologique de ces jeux, c’est que grâce à eux, la Haute-Savoie va enfin pouvoir s’équiper en infrastructures ferroviaires. « Qui ne voit pas que les jeux sont un formidable accélérateur de projet ?, clame ainsi Billet sur son blog. Jusqu'à présent, les jeux ont servi, en France, à faire des autoroutes; ceux d'Annecy 2018 devraient permettre de faire du logement à énergie positive et du transport ferroviaire... De quel droit se passerait-on de cet accélérateur tout en réclamant... du transport ferroviaire ? » C’est clair que des autoroutes, chez nous, on n’en a plus trop besoin, surtout depuis qu’on en a même deux pour relier Annecy à Genève. Mais de là à dire que ceux qui veulent du ferroviaire n’aurait pas le droit de s’opposer aux jeux… Billet repousse encore un peu plus le bouchon. « Les jeux entraînent le département sur une mauvaise voie. Ce n’est pas une priorité et il y a mieux à faire que ça, estime Pierre Viguié. On a un retard extraordinaire en Haute-Savoie sur le transport ferroviaire et le logement social. Le projet des jeux permet aux élus de ne rien faire en les attendant. Mais ce n’est pas les jeux qui paieront les trains ! Ça sera à nous de les payer. Et le comité olympique n’exigera rien pour le ferroviaire. Alors peut-être que les JO donneront un coup de pieds aux fesses aux élus pour développer le ferroviaire, mais on ne devrait pas avoir besoin de ça. Et les JO relancent en revanche la mauvaise idée que la Savoie sera encore en 2018 la patrie du ski, alors qu’il faudrait plutôt songer à travailler à ce que nos usines à ski s’activent toute l’année. Il faut aujourd’hui d’abord penser à autre chose que le ski. Il ne s’agit pas de raser les stations, mais de tacher de les reconvertir, surtout celles qui sont situées à moins de 2000 m dans lesquelles sont prévus ces JO. »

Viguié s’inquiète aussi du gigantisme en matière d’infrastructure, malgré la caution d’Arthus- Bertrand. « On veut donc construire deux patinoires dans l’agglomération d’Annecy. Et lors des derniers jeux d’hiver, la grande patinoire contenait 40 000 personnes. C’est ça qu’on veut nous faire à Annecy ? Mais ça rime à rien ! D’autant que dans dix ans, est-ce qu’autant de monde se déplacera pour voir des épreuves olympiques ? Et on nous parle de bilan carbone zéro ! Dans dix ans encore plus qu’aujourd’hui, les gens regarderont les jeux devant leur télé, alors il n’y a pas besoin de bâtir des infrastructures démesurées. »  D’autant que là, on se dit que la région Savoie à laquelle croient les Verts en a déjà des infrastructures, notamment dans le 73. Mais, hormis la piste de bob, pas question d’y toucher, d’après ce qu’on nous a dit au conseil général. Le Hall Olympique d’Albertville ? On s’en moque. Le Phare de Chambéry (construit déjà, dans une pure logique savoyarde, avec l’objectif de piquer l’activité de la salle d’Albertville) ? Pas question de s’en servir. Tout ça pour respecter, d’après le conseil général, « le principe de compacité des sites, c'est-à-dire un périmètre olympique le plus restreint possible ». On prévoit pourtant des épreuves à Morzine, qui se situe bien plus loin d’Annecy que Chambéry ou Albertville. Même si les Verts n’y ont pas prêté attention, il y a donc en fait une véritable logique à être pour la région Savoie et opposé aux JO d’Annecy tels qu’ils se préparent. Et alors que la Venise des Alpes n’a évidemment pas besoin du prestige que lui apporteraient ces jeux et que le département de Haute-savoie est assez riche pour faire face à ses devoirs sans avoir besoin de tout ce cirque, on perçoit au final le signe d’une mégalomanie départementaliste dans ce projet dénué de toute cohérence régionale. Pour cela nous nous disons non au JO d’Annecy car oui à une région Savoie.

Brice Perrier

 

22.01.2009

Du jeu et des JO

Oui au JEU à Annecy, mais sans J.O. !

 

N’est-ce pas parce que la ville est située dans une magnifique aire de jeux naturelle que  de nombreux habitants et touristes ont choisi d’y vivre ou d’y passer ? Et oui ça nous plaît de jouer à  cache-cache dans la forêt du Semnoz, de nous prendre pour un oiseau en volant  depuis Planfay, de rivaliser de hardiesse sur les plongeoirs naturels du Roc de Chère…

Une comtesse aurait légué les terrains du Pâquier à la ville à condition que les enfants aient toujours le droit d’y jouer… Grand merci à elle, d’autant plus que les plus âgés ne s’en privent pas non plus. Et merci aussi aux collectivités et  associations qui facilitent toutes ces activités ludiques par des initiatives et des équipements. C’est ainsi encore sur le Pâquier à l’occasion des concerts et projections en plein air que beaucoup peuvent partager le plaisir de ce festival plutôt spécialisé qu’est le festival d’animation. La fréquentation des skate-parcs et autres via ferrata révèle aussi bien de nombreux talents que l’intérêt social de ces lieux de jeux et de rencontres. Jeux sportifs, jeux d’esprit, jeux stratégiques, tout pour se prendre au jeu.

Et oui même à des jeux payants, lorsque leur coût reste raisonnable et lorsque l’appât du gain ne fait pas oublier le respect de l’environnement. Rien de scandaleux par exemple dans le fait de payer les remonte-pentes ou un droit de ski de fond sur une belle piste bien tracée.  Et du fameux Pâquier, nous n’avons pas forcément envie de voir disparaître le manège et les petits chevaux à l’ancienne…

Et si certains aiment jouer en se mesurant aux autres, les occasions ne manquent pas dans le bassin annecien : combien de marathons ou autres épreuves, des plus classiques à des plus originales comme l’Ancilevienne ? Un grand savoir faire dans l’organisation sans doute, c’est bien, continuons… mais  dans la convivialité.

Jouons, entraînons-nous, improvisons, créons, mesurons-nous, admirons.

Avons-nous besoin des jeux olympiques pour cela ?

De l’expérience d’autres villes, nous avons appris que se si les J.O. sont générateurs de structures, ce ne sont pas de celles qui permettront d’améliorer les conditions de logement sur Annecy. Le prestige ? La surfréquentation des rives du lac ainsi que les surenchères dans l’immobilier montrent qu’Annecy n’a pas un besoin vital d’un coup de pub…

Ce qu’apporteraient les J.O. à coup sûr à notre agglomération : encore plus de démesure financière, donc encore plus d’inégalités,  toujours plus de contrôles, un renforcement de la tendance à cacher ce qui fait désordre.

Alors que ceux qui veulent développer le caractère ludique d’Annecy ne jouent pas aux Gentils Organisateurs de Joutes Olympico-mediatico-financières mais réfléchissent et nous associent à d’autres initiatives qui profitent à tous : par exemple à une 3ème piscine – parc aquatique qui  ne serait pas un luxe !

Oui à des jeux dont nous restons acteurs.

Oui à des jeux dont nous maîtrisons les règles.

Oui aussi aux jeux de l’amour et du hasard…

 

Mais non aux jeux du cirque médiatique

Non, les jeux ne sont pas faits, refusons les J.O.

 

 

Marie-Hélène Peyret