01.10.2009
Ce soir je serai la plus belle…
Le 13 septembre, le tout Chambéry assistait au couronnement de Miss Pays de Savoie. Une soirée de paillettes entre champagne tiède et chaude ambiance...

18h00 En ce début de soirée quasi automnal, la foule se presse par petits groupes aux abords du Manège. Ici, on est plutôt habitué à recevoir des colloques sur les prothèses dentaires ou sur l’avenir du tourisme en montagne, mais dans quelques heures, on va couronner une jeune inconnue, élue, le temps d’un soir aux allures de sacrements païens, reine de beauté des pays de Savoie. Est-ce un vieux fantasme ? Une curiosité malsaine ? Ou tout simplement l’envie de voir un peu de cuisseaux ? Toujours est-il que je suis là, moi aussi, à me faufiler tant bien que mal jusqu’à l’entrée où se déroule une sélection draconienne. « Vous êtes qui ? Journaliste ? Vous vous mettez là-bas. » On me dirige vers un groupe d’une dizaine de personnes qui patientent comme ils peuvent, éparpillés sous les palmiers défraîchis du hall. Et me voilà aux cotés de deux photographes accrédités. L’un s’adresse à l’autre, tout en manipulant son appareil façon rubik‘s cube. « Tu crois que ça va finir à quelle heure cette saloperie ? Quoi, minuit ? Putainnn… » Laissant le gars à sa consternation j’observe, derrière les baies vitrées, le ballet des arrivées. Tout le gratin chambérien endimanché s’agglomère sous un soleil rasant. Je reconnais quelques visages, des commerçants ou des notables du coin. D’après ce que m’a dit la standardiste du comité Miss Pays de Savoie, la majorité d’entre eux ont été invités et n’ont donc pas eu à
s’acquitter des cinquante euros demandés pour le dîner spectacle.
18h30. Une dame qui se présente comme étant Gamra Dumont (présidente du comité savoyard et co-organisatrice de la soirée) nous indique que l’on va nous faire monter à l’étage des réjouissances. Le journaliste du Dauphiné se plaint d’avoir perdu une heure. « On vous avait dit 17h30, ouverture des portes ! », réplique la présidente, avant de s’excuser du bout des lèvres pour le retard. Arrivés à l’étage, un gars en costume s’en prend au type chargé de placer les gens à table. « Je ne veux pas qu’on me rembourse, j’ai payé, je veux ma place ! » Ça démarre fort. J’en profite pour faire le tour de la salle immense dans laquelle s’entassent peu à peu les 500 convives. Les journalistes sont lâchés dans la nature et essaient de se faire le plus petit possible au milieu des tables de restaurant. De ce coté là non plus, rien n’a été prévu. In extremis, je me dégote un siège à une table, semble-t-il un peu oubliée, tout au fond de la salle. Une famille m’y rejoint. Eux aussi se retrouvent sans place et en veulent particulièrement à Gamra Dumont, qui les a envoyés bouler malgré les quelques trente euros par personne dépensés simplement pour assister au spectacle. Mais les serveurs ont la bonne idée de déposer des bouteilles de champagne aux tables, ce qui calme tout le monde, ou presque. La sérénité revenue, la cérémonie peut enfin commencer.
19h00 Gilbert Perrier, président du comité interprofessionnel des vins de Savoie et autre organisateur de l’événement, lance la soirée. « On a refusé plus de 300 personnes, alors soyez indulgents si vous n’êtes pas encore placés et dite-vous que vous faites partie des privilégiés… » Ceux qui ont payé pour assister au show et se retrouvent sans place apprécieront cette délicate entrée en matière. Vient l’entrée des premières miss, habillées sobrement de longues robes sombres. Elles s’approchent à tour de rôle du micro pour décliner leurs identités. « Bonsoir à tous ! Je m’appelle Marion Baumard, j’ai 18 ans, je pratique la danse sportive depuis l’age de 12 ans et je pense avoir atteint tous mes objectifs dans cette discipline. C’est pour cela que je me suis lancée dans l’élection de Miss Pays de Savoie. » « Bonsoir ! Je m’appelle Angélique Favre, j’ai 18 ans, et je prépare actuellement un BTS Management des unités commerciales… » Leurs démarches sont un peu hésitantes, leurs voix déraillent parfois sous le coup de l’émotion. Elles portent un énorme numéro au poignet droit, ce qui accentue le sentiment d’assister à l’élection de la plus belle génisse d’une foire agricole. Pendant qu’un type au smoking noir et cheveux gominés explique les règles du vote, je partage un verre de champagne à peine frais avec mes voisins de tablée. Ils sont parents avec Amélie Gagliardi, la candidate numéro 8, et sont venus spécialement de la Yaute pour l’encourager. Ils m’expliquent qu’Amélie, pour arriver ici, a simplement répondu à une annonce en envoyant photo et lettre de motivation. Sur la base de ce courrier, elle et cinquante-deux autres jeunes filles ont été convoquées début août à Epagny, près d’Annecy, pour une journée où elles durent prendre la pose et se soumettre à une batterie de tests pour vérifier leurs mensurations, mais aussi répondre à des questions de culture générale, du genre : en quelle année le mur de Berlin est il tombé ? Les seize à parader ce soir sont les survivantes de cet écrémage. Et Madame Gagliardi d’ajouter dans un soupir : « Ca fait maintenant trois jours qu’elle est partie pour préparer cette cérémonie et, depuis, non seulement on n’a pas pu la voir, mais on n’a pas non plus de ses nouvelles… »
20h30 Sur scène, c’est l’heure du très attendu défilé en maillots de bain. Dans une ambiance soudainement électrique, les miss se déhanchent dans leur une pièce en uni bleu au son d’un R’NB survitaminé. Les photographes mitraillent comme jamais. Une partie de la salle se lève pour mieux voir, sous les cris des autres. « Assis ! Assis ! Bon sang ! » Après ce moment de chaude émotion collective, le speaker annonce le ramassage des bulletins de vote du public, suivi d’une demi-heure de pose afin de procéder au dépouillement. Aussitôt, une horde de serveuses, elles aussi en pause, dévalent les escaliers, hilares et filent les unes vers les toilettes, les autres dehors pour fumer une clope. J’en profite moi aussi pour sortir de ce boomker redécoré façon bonbonnière et vais manger un bout dans l’un des troquets du coin.
21h15 De retour, le show a déjà repris. Justine, jeune journaliste à l’Essor Savoyard, m’annonce que j’ai loupé l’entrée en scène de Geneviève de Fontenay, qui aurait fait éclater de rire l’assemblée en déclarant qu’il valait mieux assister à l’élection de Miss Pays de Savoie que de regarder Secret Story… Après que d’anciennes miss aient interprétés des tableaux vivants, à la limite du ridicule, sur des airs de musiques classiques revisitées à la sauce techno, Geneviève is back. La dame au chapeau crie son attachement à la Savoie : « Je suis un peu savoyarde, parce que mes parents ont fait leur voyage de noces à Annecy et c’est là qu’ils m’ont conçue… Pourquoi les prochaines élections de Miss France n’auraient-elles pas lieu en Savoie ? A Chambéry ! » Bernadette Laclais, présente au premier rang, reste de marbre, mais la salle exulte. D’ailleurs, à chacune de ses interventions, De Fontenay fera un véritable tabac à l’applaudimètre. Bien plus que les miss, c’est elle la vraie star de la soirée.
22h30 Enfin, à la suite d’une interminable séance de blabla et d’une ribambelle de récompenses aussi secondaires que publicitaires - le prix Savoie Expo, l’élection Miss Sympathie (t’es pas belle, mais t’es cool) ou encore celle de Miss élégance (t’es pas belle, mais t’as du style) - , voici enfin venu le couronnement auquel on ne croyait plus. Dans le public, les avis divergent entre ceux qui verraient bien Gallay Artémise accéder au Saint Graal, ceux pour qui Tiare Edwige mériterait de l’emporter et ceux qui n’ont pas d’opinion, mais attendent poliment que ça se termine pour rentrer chez eux. Attention, roulement de tambour… le speaker prend sa plus belle voix : Edwige Tiare est élue Miss Pays de Savoie 2009 ! Applaudissements à tout rompre dans la salle. La jeune Aixoise de 22 ans essuie ses premières larmes et on lui égraine la liste des cadeaux qu’elle remporte. Entre une trousse de beauté et le traditionnel cadeau d’un an de coiffure gratos chez Saint Algues, on y trouve aussi un DVD sur l’histoire des Comtes de Challes… Pas sûr qu’il termine dans sa vidéothèque idéale. Dans une dernière intervention, Geneviève De Fontenay, voulant certainement avoir un mot pour les déçues, affirme que les élections de miss, c’est comme pour le Président de la République, « ce n’est pas toujours le meilleur qui est élu ». Sympa pour la toute fraîche Miss Pays de Savoie…
23h00 La scène est prise d’assaut par une cohorte de journalistes et de photographes suivie de près par des centaines de fans. Les gardes du corps sont débordés. Geneviève littéralement agrippée par le bras par des badauds prêts à tout pour lui tirer portrait. Dans cette marée humaine, j’arrive à me hisser aux cotés de la nouvelle tête couronnée pour lui poser une question qui me titille. Alors Edwige, comment se sont passées ces journées de préparations à l’élection ? Vous aviez le droit de sortir ou vous viviez en vase clos ? Regards décontenancés de la belle. Aussitôt, une main me barre l’accès aux Miss. C’est un vigile en noir, sorti de je ne sais où. « C’est bon monsieur, plus de questions. » Je proteste mollement, puis m’éclipse. Une fois dehors, j’aperçois une autre candidate, traînant sa valise à roulettes. Finis les projecteurs et les robes de soirée, elle a retrouvé un bon vieux jean et ressemble à Cendrillon à la sortie du bal, attendant son carrosse (et son mec probablement), pour rejoindre sa chaumière. Je retente le coup. Mademoiselle. Vous venez de la soirée ? Je peux vous demander comment se sont passés les trois jours de préparations ? Regards noirs. « Mais, vous êtes journaliste ? Où ça, au Dauphiné ? » Heu… non ! « De toute
façon, je ne peux pas répondre à ça, on a une close de confidentialité signée avec le comité d’organisation… » Elle dégaine son portable. « Allo ? Chéri, tu viens me chercher ? » Je laisse Cendrillon sur le trottoir, et m’interroge sur cette fameuse préparation si particulière qu’elle nécessite une close de confidentialité, avant de finir par quitter les lieux. Laissant derrière moi les couronnes, les écharpes, les miss, leurs secrets, et le Manège. Désenchanté.
Frédéric Delville
22:44 Publié dans Enquêtes et reportages | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : miss pays de savoie, chambéry, madame de fontenay
22.08.2009
Rosemary, grunge is not dead !
En 1940, les Kennedy envoyaient en hôpital psychiatrique leur fille aînée, considérée comme schizophrène et instable. Son nom : Rosemary. Histoire cachée de la grande Histoire, histoire d’une enfant délaissée et oubliée. Coïncidence, en 2009, en Savoie, un groupe tente de redonner vie au grunge, style musical considéré comme has been depuis au moins quinze ans, enfant délaissé et oublié de l’histoire de la musique. Leur nom : Rosemary.
Rosemary, « A group with a girl name », annoncent-ils sur leur stickers, n’a pourtant rien d’un de ces groupes de rock composés de minets au look étudié pour faire frissonner des bandes de filles pré pubères. C’est qu’ici, on aime le rock, le pur, le dur, le brut. Pas du genre à raccrocher le bombers ou le vieux cuir à clous, râpé, pour suivre le sens du vent. Créé il y a 10 ans dans la très résidentielle (et pour tout dire ennuyeuse) ville de la Ravoire (lieu de naissance et de mort du staracadémicien Grégory Lemarchal), Rosemary est, comme beaucoup d’autres, un groupe de lycéens. Des débuts sur lesquels Thomas Leymore, 27 ans aujourd’hui, chanteur/leader et seul rescapé du groupe initial, revient en toute modestie : « On était trois copains, on avait des potes musiciens au lycée, alors on s’y est mis comme ça… De toute façon, jouer au foot ou aller en boite, ça me disait rien. Mais on n’avait aucune formation. On n’était même pas de vrais musiciens. »
Tel un bon vin, Rosemary va prendre soin de mûrir et de s’affiner à l’abri des murs du garage de leurs paternels, avant de sortir enfin de l’ombre pour ce que Thomas qualifie de « premières armes » : quelques concerts locaux et les premières maquettes. En 2004, tout s’accélère vraiment. Le groupe se disloque et Thomas, esseulé, voit débarquer Bruno, le nouveau batteur suivi, en fin d’année, de Fred, grand gars à la casquette ornée de pointes métalliques vissée sur le crâne. Fort de cette nouvelle équipe (qui forme encore le Rosemary actuel), le groupe est prêt à passer à la vitesse supérieure et à assurer la promo live d’un premier cd. Mais c’est surtout Thomas qui va donner un véritable coup d’accélérateur. Avec l’un de ses potes, prénommé Jérôme, il crée Minimal Chords, qui, installée dans les désormais réputés locaux Larsen de Chambé, tire dans tous les sens : concerts, distribution de disques, parrainage de jeunes groupes et même émission radio en collaboration avec Radio Ellébore. Un sacré coup de boost pour la scène alternative chambérienne. Une énergie dont va également profiter Rosemary, qui se retrouve de plus en plus sur scène.
Depuis, les concerts n’ont cessé de s’enchaîner, égrainant une liste impressionnante de dates et de villes aux six coins de l’hexagone, mais aussi au-delà, dans des lieux aussi exotiques que le Centro Social el Passo de Turin, le Risk Music Fest de Lausanne ou les scènes alternatives de Leipzig. Une trajectoire et un CV volontairement underground, mis en lumière par certaines premières parties aux cotés de noms connus et reconnus, même des non-initiés, comme ce 17 décembre 2005 où le trio s’est produit au Scarabée (Chambéry) avant les Burning Heads. Ou le 15 décembre 2007 dans la même salle en ouverture du concert de No one is innocent. Des moments magiques ? Pas si sûr… « Les mecs sortent de la loge juste au moment de jouer et tu ne peux même pas leur parler parce qu’ils te snobent », déplorent-ils, avant que Thomas n’enchaîne sur des souvenirs plus agréables avec les Mass Hystéria ou encore à propos d’un concert aux Abattoirs de Bourgoin-jallieu en janvier dernier : « On a été appelés à la dernière minute en remplacement d’un groupe qui ne pouvait finalement plus venir. Résultat : on a eu à peine cinq minutes de répète, alors on a joué sans pression, dans une ambiance délirante. La salle était blindée et le contact avec les Tagada Jones, qui jouaient ce soir là, est super bien passé. Eux, au moins, on sent qu’ils sont là pour faire de la musique, on est dans la même tendance. »
Des rencontres qui, en tous cas, ont fini d’asseoir leur notoriété et font désormais de Rosemary la référence grunge-punk dans la région. Une notoriété que ces trois puristes préfèrent entretenir en multipliant les scènes locales, quitte à bouffer du bitume plus qu’il n’en faut, dormir un peu n’importe où - bien souvent dans leur minibus - et jongler comme ils peuvent avec leurs boulots respectifs.
A l’opposé de beaucoup de groupes d’aujourd’hui, Rosemary est plus adepte des plans rencontres que des plans de carrière et préfère venir vous serrer la pince directement plutôt que de soigner la présentation de son site My Space. Une pointe d’authentique qui fait du bien dans un monde d’authentoc. Une fraîcheur et une réelle passion pour le rock, confirmées par leur musique distillée le long d’albums volontairement courts et voulus comme des instantanés de leurs états d’âmes. Sorti en 2007, Tracks for a lifetime (Chansons pour une existence) est plein de spontanéité. On se laisse emporter par le chant éraillé d’une voix grave et rugueuse posée sur une musique enragée aux accents métalleux par moments, plus punk à d’autres. Et divine surprise quand une ballade aussi romantique que noire nous offre une plage de récupération au milieu de ce chaos jouissif.
Une tendance à un certain apaisement que The Angel’s share (La part des anges) confirme. Dans ce dernier opus qui sortira en septembre, les trois angelots au cœur de cuir nous gratifient d’une touche de subtilité supplémentaire. Même si l’entame dépote toujours autant (Not really happy, My favorite one), même si basse et batterie se déchaînent encore, c’est pour mieux nous emmener vers des sommets plus nirvanesque, des mélodies limites pop où la voix de Thomas fait merveille. Le cd se termine par le morceau Half a girl, à la fois très planant et au texte incompréhensible, dans lequel Thomas semble susurrer ou plutôt murmurer au micro.
Oui, c’est ça, il murmure. Il murmure aux oreilles des jeunes groupes qu’il chaperonne, que l’on peut faire de la musique pêchue, mais pleine de finesse. Il murmure aux oreilles des rockeurs à papa qu’il vaut mieux soigner sa musique que sa coupe de cheveux. Enfin, il murmure aux oreilles de tous les sceptiques, pour qui le grunge n’était plus qu’un lointain souvenir de leurs années lycée, que NON, décidément, le grunge n’est pas mort !
Frédéric Delville
Rosemary sera en concert les 28 et 29 août au Brin de Zinc (Chambéry) à 21h00
Pour plus d’info : www.myspace.com/myfavoriteonerosemary
09:50 Publié dans L'Eléphantino | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rosemary, chambéry, brin de zinc
11.08.2009
Place d'It', place au fric !
Dans une ville soi-disant d'Art et d'Histoire, il est plus qu'étonnant de voir un édifice religieux faire l'objet d'un plan de déconstruction. Surtout quand on sait que ce qui a été construit au cours du siècle dernier, ou même dans celui d'avant, repose sur des fondations solides et qu'il peut être, pour ne pas dire doit être, conservé, même si son utilisation n'est plus d'actualité !
Il en est ainsi de l'ancien bâtiment des soeurs de Saint Joseph, qui sera démoli au début de l'année 2010 pour laisser place à un autre bâtiment abritant commerces, locaux administratifs et logements... de standing !
Détrompez-vous, cher(e)s Chambérien(ne)s : la ville socialiste dans laquelle vous habitez ne va pas faire de la mixité sociale à cet endroit de la ville, où, justement, les prix n'auront rien à envier de ce qui se pratique dans la très huppée rue de Boigne. Eh oui, votre municipalité, si elle a le coeur à gauche, a bel et bien le portefeuille à droite. Elle fera par conséquent la part belle aux futurs riches acquéreurs de l'angle de la place d'Italie (une place dont on peut voir sur l’illustration ci-dessus à quoi elle devrait ressembler) ; vous pourrez toujours entrer dans cet "immeuble", mais ce ne sera pas pour y poser vos valises, plutôt pour y faire vos démarches administratives, étant donné que la ville y installera certains de ses services (on ne sait pas encore lesquels).
Outre le caractère exclusif (financier) de cette nouvelle construction, on aura la surprise - désagréablement assez fréquente depuis que les architectes n'éprouvent aucune nostalgie envers ce qui faisait de beau dans les années 1800/1900 - de voir s'ériger le mauvais goût en lieu et place du vieil édifice, qui aurait pu faire l'objet d'un rafraîchissement puis d'un réaménagement intérieur pour y faire vivre toutes les catégories socio-professionnelles de la population chambérienne ou d'autres contrées voisines…
Mais les bonnes soeurs n'ont peut-être plus le coeur sur la main et tout comme la ville de Chambé, elles pensent aux gros plutôt qu'aux petits !
On notera à côté de tout cela que, encore une fois, les arbres seront absents aux abords des appartements de luxe, la ville préférant ces grosses jardinières plus encombrantes qu'utiles en matière d'oxygène et d'air frais !
Azzedine Zalif
11:18 Publié dans Tribune libre | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chambéry, patrimoine, architecture
18.06.2009
Dernière tournée aux Halles
« Ils auraient mieux fait de raser le Palais de Justice ! » À l’image, l’homme, un verre à la main, se tient tout fier de sa saillie, au milieu de ses compagnons de comptoir occupés à s’esclaffer sur ce bon mot. Cette scène est l’une des nombreuses séquences drôles ou cocasses qui émaillent le documentaire de Christophe Colonel sur la rénovation des Halles de Chambéry, Mémoire des Halles.
Grâce à une technique que l’on pourrait qualifier de sous-marine, ce jeune réalisateur, Chambérien lui-même, a su prendre son temps afin d’amadouer l’autochtone. Pendant un an, de mars 2007 à mars 2008 - date qui coïncide à l’ouverture des halles provisoires place du Palais de Justice -, Christophe a fait du bar « Chez Christiane » son QG du samedi matin, jour de marché. Dans ce lieu mythique du coin des Halles, à la patronne haute en couleur, il a su enchaîner les tournées et se mêler subrepticement aux conversations en cours. « Il fallait absolument gagner la confiance des clients du bar qui sont des habitués et éviter au maximum le coté voyeur. Alors, on était bien obligés de tourner au blanc, comme tout le monde », raconte Christophe Colonel. Mais en sachant astucieusement porter le verre au bord des lèvres, quitte à balancer en catimini son contenu dans le bac à fleurs le plus proche, il a gardé les idées claires en se focalisant sur l’objectif initial : dégainer sa micro caméra (pour plus de discrétion) et prendre le pouls de cette populace occupée à diluer dans l’alcool son émoi de voir disparaître ses Halles.
Mais réduire ce film aux seules scènes de bar serait une erreur, même si elles en constituent les moments les plus croustillants. Car c’est avec la même dextérité que Christophe Colonel, Philippe Bard (à l’origine du projet) et Jean-Paul Collomb-Gris (conseiller technique) ont traîné leurs mocassins et leur pellicules à hauteur des étales du marché et jusque dans les ruelles avoisinantes. L’aspect historique des lieux est également traité de manière intéressante par Monique Dacquin, des Amis du vieux Chambéry. Les fans d’architecture n’ont pas non plus été oubliés avec l’intervention de Robert Dussud. Il nous éclaire sur les étonnantes utilisations passées du bâtiment, avant malheureusement de se perdre un peu dans des passages un poil technique sur les différences de béton, qui ont tendance à nous laisser de marbre.
Au final, ce sont les témoignages de ce que représentaient les Halles pour les Chambériens que l’on retient. Et si la nostalgie ou même une certaine fatalité face à ce que l’on nomme le progrès semble s’imposer à mesure que le film défile, c’est que l’attachement des Chambériens pour ce lieu emblématique, où toutes les classes sociales se brassent, est réel. Ce document a en tout cas le mérite de nous montrer la vie des Halles par le coté humain de la lorgnette, loin des agitations politico-économiques qui ont accompagné ce projet de rénovation depuis plus de 40 ans… (voir La Voix des Allobroges n° 10). Juste un mot pour finir à l’intention du pilier de chez Christiane. Le Palais de Justice, au cas où vous ne le sauriez pas, c’est l’ancien Sénat de Savoie. Et ça ne rase pas !
Frédéric Delville
Visionner ce documentaire :
http://www.dailymotion.com/user/chatboite/video/x68ajb_me...
01:08 Publié dans L'Eléphantino | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chambéry, les halles, documentaire, christophe colonel
06.05.2009
Question d'empreinte
Est-il possible de la mesurer l'empreinte que chacun d'entre nous a sur l'environnement de par sa consommation en ressources naturelles ? Oui, c'est ce qu'on appelle l'empreinte écologique.
Cette empreinte peut notamment se mesurer en terrain de foot utilisés pour satisfaire à vos besoins. Sur le site d'Agir 21, vous pouvez ainsi calculer votre empreinte personnelle en unités footbalistiques (http://www.agir21.org/flash/empreinteecoweb/loadcheckplugin.html). Tout cela en sachant qu'un Européen utilise en moyenne dix terrains et un Américain environ vingt, alors qu'une répartition équitable au niveau planétaire laisserait à chaque être humain la jouissance de trois terrains de foot seulement.
Une des questions principales qui se posent à nous dès à présent est donc de trouver comment réduire notre empreinte écologique. Mais pour cela, le préalable est sans doute de déjà bien savoir la mesurer. Pour nous aider à mieux cerner cette question d'empreinte, l'association Chiche Chambéry organise une conférence sur le sujet ayant comme intitulé : « L'empreinte écologique, un véritable indicateur alternatif ? » Nous vous laissons découvrir ci-dessous leur communiqué de présentation.
Cette conférence s'articulera autour d'Aurélien Boutaud, membre de la rédaction d’EcoRev’, revue critique d'écologie politique, et auteur du livre "L’empreinte écologique" aux éditions La Découverte. Aujourd'hui, l'empreinte écologique est l'indicateur alternatif qui connaît le succès le plus spectaculaire. A Chambéry par exemple, on la retrouve dans la démarche de l'agenda 21 local. « Nous devons nous mobiliser pour des objectifs ambitieux et pour cela, mettre en place des indicateurs pour mesurer notre empreinte écologique avant d'engager des actions pour l'améliorer », justifie Henri Dupassieux, l'adjoint chargé du développement durable. Mais quels sont les rouages et les mécaniques de l'empreinte écologique ? Aurélien Boutaud se penchera sur les entrailles de cet indicateur. Dans un monde dominé par les chiffres, ils nous expliquera dans quel contexte idéologique l'empreinte écologique a été conçu, ce qu'elle mesure exactement, ce qu'elle ignore, quels sont ses principaux manques, mais aussi ses atouts indéniables.
Jeudi 7 mai, 19h30, Espace Pierre Cot, Chambéry
19:38 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : empreinte écologique, chiche, chambéry
08.04.2009
C'est pas la faute à Rousseau
La municipalité de Chambéry a prévu de commémorer l’Annexion, en 2010, en fêtant notamment Jean-Jacques Rousseau, qui n’eut pourtant aucun rôle à jouer dans l’Annexion, si ce n’est, peut-être, de susciter des disciples républicains en Savoie. Mais cela ne joua justement pas de rôle en 1860 : cela n’en joua qu’en 1792 ! Il est de toute façon douteux que le séjour de Rousseau à Chambéry y ait créé des vocations républicaines spéciales : il n’avait alors encore rien écrit !
On sent bien le désir de la municipalité de Chambéry de se rattacher ostensiblement à la République française, puisque Rousseau est au Panthéon, à Paris. Or, en 1860, ce sont au contraire les catholiques qui ont encouragé les Savoyards à rejoindre la France de Napoléon III. De la part des Chambériens, cela manque un peu de cohérence, et même de dignité, à mon avis. Ils jouent la carte de la ville provinciale fidèle. Mais Chambéry a son histoire propre : elle n’est pas seulement une ville de la province française. Stendhal la louait, du reste, de ne pas imiter Paris. Ferait-il le même compliment aujourd’hui ? On peut en douter.
Pourtant, une voie de sortie est possible : un Chambérien important en son temps a joué un vrai rôle, dans l’Annexion : l’écrivain Jacques Replat, qui a vécu à Annecy, mais était né à Chambéry. Il a fait partie de la délégation des Savoyards qui se sont rendus à Paris pour que la Savoie ne fût pas partagée entre la France et la Suisse, et qu’elle demeure dans toute sa séculaire intégrité ! Replat fut lui-même catholique et patriote : il chantait la Savoie et ses grands hommes, dans ses livres. J’espère que ce n’est pas cela qui ne le rend pas enthousiasmant aux yeux des Chambériens actuels ; car le fait est qu’ils ne s’y intéressent guère.
Rémi Mogenet
09:19 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rousseau, annexion, chambéry
30.03.2009
Une fusion savoyarde pour le 1er avril

Voici ce qu'on pouvait lire ce matin sur Le P'tit Démocrate de Chambéry (http://leptitdemocratechambery.over-blog.com/).
SCOOP : La Savoie n'attendra pas 2014
Le P'tit démocrate est en mesure de révéler que, de source sûre, dans le cadre du projet de réforme des collectivités territoriales, voulu par le Président de la République, s'est tenu dans la matinée du Dimanche 29 mars 2009, une réunion confidentielle au Ministère de l'Agriculture, dans le bureau de Michel Barnier, en présence de Monsieur Balladur, entre l'ensemble des parlementaires savoyards,Messieurs Dord, Bouvard, Gaymard, Vial, Repentin, ainsi que Monsieur Louis Besson, à propos d'un projet de fusion des collectivités territoriales en Savoie. Déjà lors du comité syndical de Métropole Savoie qui a eu lieu Samedi 28 mars à l'université de Savoie, rue Marcoz, certains “initiés“ du bout des lèvres évoquaient cet événement. Une position semble s'être dégagée, et a été présentée hier soir à l'Elysée. Une fois la conformité constitutionnelle, et la compatibilité avec le code général des collectivités territoriales vérifiée, une annonce publique serait faite courant du mois d'avril. Le p'tit démocrate sans pour autant connaître la teneur de ce projet, dénonce toutefois le procédé employé, qui nous paraît être aux antipodes des pratiques de notre république démocratique.
Alors bien sûr, ça sent le canular à plein nez. On ne peut d'ailleurs que se demander de quelle fusion de collectivités territoriales on parle dans cette brève qui ne concerne que le département de la Savoie, tous les élus évoqués représentants le 73.
Mais ce matin, à Chambéry, lors de la réunion de la CCI où se trouvait nombre d'élus savoyards, c'était la nouvelle du jour. Et on s'interrogeait sur le scoop du p'tit démocrate: info ou intox ?
Le Daubé aussi s'est posé la question et a enquêté (et oui, ça lui arrive) pour savoir ce qu'il en était.
Alors chapeau au p'tit démocrate qui a créé le buzz du jour avec ce poisson d'avril lâché un 30 mars.
19:20 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le p'tit démocrate, chambéry, poisson d'avril
13.03.2009
Les Allobroges sont vaillants sur gelules.tv

C'est sûr que, de là-haut, Henri doit apprécier.
Gélules.tv est la nouvelle web TV installée à Chambéry. Son concept est tout simple : permettre à chacun de diffuser des vidéos réalisées à l'aide d'une web cam et donner ainsi aux habitants du bassin chambérien l'occasion de dire ce qu'ils veulent "à la télé".
Gélules propose aussi, et surtout jusqu'alors, des chroniques réalisées par pierre-jean, le créateur, et par des jeunes filles au physique plutôt avantageux qui vous annoncent la météo, les sorties ciné ou les nouvelles de la semaine.
Mais gelules.tv a également eu la bonne idée de diffuser des chroniques vidéos sur l'histoire de Savoie très largement inspirées de celles que tenaient Henri Dénarié dans la Voix. Et c'est Anna qui s'y colle, une ravissante comédienne.
La deuxième gélule sur l'histoire de Savoie, selon Henri, vient d'être mise en ligne et a pour sujet les Allobroges, qui retrouvent ainsi de leur vaillance sur gelules.tv.
On vous invite à aller voir ça sur http://www.gelules.tv
12:58 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : allobroges, web tv, chambéry
25.02.2009
A quand la fin du tout routier ?
L’association anti-contournement autoroutier de Chambéry organise le 2 mars une réunion publique où sont conviés tous les Savoyards ainsi que les élus concernés par la problématique des transports en Savoie qui ne choisiront pas de pratiquer la politique de la chaise vide.
Nous publions ci-dessous le communiqué de l’ACAC et invitons tout le monde à participer à ce débat.
Cette année sera-t-elle celle de l'abandon définitif du projet de Contournement Autoroutier de Chambéry ?
Sera-t-elle aussi celle de l'accélération des projets alternatifs...?
A écouter les discours prononcés par les uns et les autres sur le développement durable en Savoie, on serait tenté d'y croire, mais la réalité est tout autre !
L'État indique clairement sa volonté de privilégier le tout routier en Savoie et ses projets ne souffrent aucun retard :
- La nouvelle liaison Annecy-Genève (19 km) a été réalisée en 3 ans.
- Le démarrage des travaux de la galerie du Fréjus avec un diamètre de 8 mètres est imminent
- Le contournement figure précisément dans le projet de Directive Territoriale d'Aménagement pour les Alpes du Nord. Comme d'habitude en Savoie, ce projet a été élaboré dans la plus extrême discrétion. Les modalités de sa réalisation sont même précisées : elles se traduiront par un désastre pour tout le bassin chambérien, de Montmélian à Aix-les-Bains.
Mais ces sujets étant particulièrement délicats, il convient de rassurer le citoyen. Pour cela, on lui tient des propos anesthésiants, et si ce n'est pas suffisant, on va jusqu'à prononcer des contrevérités.
Le piège se referme sur la Savoie.
On pourrait imaginer que la baisse récente du trafic, due à la crise, rend le contournement inutile. Mais, tout se met en place pour que la Savoie récupère le trafic routier international dont les autres départements des Alpes ne veulent pas. D’ici quelques années (2012 ?), lorsque le trafic poids lourds aura doublé sur la VRU, il sera trop tard pour s'opposer aux lobbies qui exigeront la réalisation rapide du contournement.
Les alternatives qui répondent aux critères du développement durable traînent :
- Lyon-Turin fret : On évoque désormais le début des travaux pour 2012-2013, mais uniquement pour le tunnel de base.
- Pour la partie purement française, dont les travaux auraient dû être déjà lancés : rien, silence radio !!!
- La ligne Nord-Sud entre Aix et Montmélian est toujours en cours d'étude et chacun y va de son idée : bus, train, tramway ?
La volonté de les réaliser est souvent exprimée. Mais, de manière quasi-systématique, on trouve de fausses « bonnes raisons » pour expliquer l'accumulation des retards.
Cette analyse est succincte, mais ne peut être contestée. Elle sera largement développée, arguments à l'appui, le lundi 02 mars à la Salle des Conventions (Parc des expositions de Chambéry, à coté du Phare ) à 20h 00 lors d’une réunion publique.
Notre association fera le point sur le projet de Contournement et, plus généralement, sur la problématique des transports en Savoie : Lyon-Turin, galerie du Fréjus, trafic sur la ligne ferroviaire historique, trafic de la VRU, transports alternatifs, propositions.
Ont été invités à assister et à participer à cette réunion :
- les maires de toutes les communes concernées directement par le Contournement Autoroutier de Chambéry.
- les députés,
- les sénateurs,
- le Président du Conseil général,
- le Président de Chambéry-métropole,
- le Président de Métropole-Savoie .
La parole sera donnée à ceux d'entre eux qui le souhaitent. Ils pourront ainsi exposer, avec un maximum de concision, leur position sur les différents sujets précités ainsi que les actions qu'ils comptent mener à leur propos.
Combien de chaises resteront vides ?
Après ces interventions, le débat sera lancé.
Association anti contournement autoroutier de Chambéry
www.acac73.com
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