01.07.2009

Un prince qui cherche encore ses voix

filiberto1.jpg

C’est l’été, il fait beau. Si ça se trouve, cher lecteur, vu que le web est aujourd’hui mobile, tu te trouves actuellement sur une plage de Savoie ou d’ailleurs en train de lézarder au soleil. Et qu’est-ce qui fait fureur comme lecture sur la plage ? Le people bien sûr ! Alors voici un peu de peopolitique avec les dernières aventures électorales du Prince de Savoie, car Emmanuel-Philibert ne lâche pas l’affaire. Rappelez-vous, dans un entretien exclusif accordé à la Voix en 2006 (http://lavoixdesallobroges.hautetfort.com/media/02/02/113...), l’heureux époux de la belle Clothilde Courau nous avait confié vouloir redorer le blason familial en Italie, pays dont les Savoie furent chassés pendant 40 ans, en s’attaquant à une carrière politique dans la péninsule. Son crédo était de se tourner résolument vers la jeunesse : « J’ai vu, depuis que je suis rentré en Italie, un grand problème de dialogue entre les jeunes et la politique. Il y a là quelque chose à faire. Et moi je peux me proposer en tant que haut-parleur qui amplifierait la voix des jeunes. Un porte-parole des jeunes vers la politique. »

Depuis, la réalité souvent brutale du suffrage universel a rattrapé Emmanuel-Philibert. Tout d’abord avec une véritable déconvenue aux élections législatives de 2008. A la tête de son tout nouveau parti Valeurs et futur, il s’était pris un beau gadin : 0.44 % des voix. Autant dire que ce jour-là, les djeuns ritals n’avaient pas trop kiffé l’héritier. Du coup, changement de stratégie lors des dernières élections européennes. Valeurs et Futur a été mis au placard et le Manu de Savoie s’est présenté cette fois comme tête de liste du parti centriste UDC pour la région Nord-Ouest de l’Italie, avec un programme qui prônait la défense de la culture et des produits régionaux. En misant sur un parti déjà installé dans le paysage politique italien, le jeune prince pensait bien pouvoir devenir député européen. Résultat : encore un échec, bien que plus mesuré, puisqu’il obtint 6.51% des voix, mais pas de siège au parlement de Strasbourg. Son altesse se déclara tout de même « content », mais ce score apparaît forcément décevant quand on sait l’énergie déployée pendant des mois par Emmanuel pour convaincre ses électeurs potentiels. C’est qu’il a promené sa silhouette princière jusque dans les plus sombres ruelles de Turin et sur les marchés de bleds parmi les plus reculés du Piémont ou du Val d’Aoste. Il n’hésita pas non plus à donner de sa personne en dehors du champ politique, histoire d’assoire son image dans l’inconscient italien.

On a pu en effet le voir cet hiver le samedi soir en prime time sur la Rai Uno dans une émission de télé réalité intitulée Ballando con le stelle (Danser avec une étoile). L’objectif avoué d’Emmanuel était de faire découvrir aux Italiens l’homme qui se cachait derrière le prince. Et là, au moins, il a été véritablement plébiscité en remportant le 21 mars dernier la finale avec 70% des suffrages des téléspectateurs. Il fut proclamé roi de la rumba et du tcha tcha tcha, après avoir enchaîné les paso-doble aux bras d’une grande brune plantureuse comme seule sait nous en gratifier la télé italienne. Le descendant des Savoie n’en était pas à son premier coup médiatique, car on a déjà pu le voir vanter les mérites de chaussures ou d’olives dans des publicités. Il avait aussi animé une émission de foot. Voulant également donner dans le bisness, il a lancé récemment sa propre ligne de vêtement frappé d’un logo aux armes de Savoie et baptisée, tout simplement, Prince d’Italie.

Mais voilà, malgré ce mélange des genres si tendance de l’autre côté des Alpes, n’est pas Berlusconi qui veut. Notre jeune héritier de Savoie est néanmoins convaincu qu’un avenir électoral plus radieux l’attend et il déclare vouloir poursuivre son chemin en politique. Il avance même, sans rire, un argument sensé démontrer qu’il serait vraiment à sa place dans les hautes sphères du pouvoir européen : « De toute façon, je connais bien les chefs d’Etat, puisqu’une bonne moitié sont de mes parents. » Imparable en ces temps de règne du peopolitique, non ?

Fred Delville