21.11.2009

Identité savoyarde

Sarko veut parler d'identité nationale, mais l'identité régionale, on peut en causer ? Benjbe exige une région Savoie pour que les Savoyards sachent enfin qui ils sont. 

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Le président Sarkozy nous gratifie d’un discours au cours duquel il souhaite « redéfinir l’identité nationale » en France. Cette même identité qu’il définie comme étant issue de la résistance, des grands auteurs et des racines chrétiennes de la France. Et d’enchainer sur les menaces qui planent sur cette fameuse identité. En l’occurrence le refus du travail, de l’autorité et le communautarisme. Un point de vue plus que douteux, qui n’est pas sans ravir certains électeurs d’une droite extrême et qui rappelle des moments peu glorieux de l’histoire récente.

A en croire les médias, les limites de l’identité nationale s’arrête à votre origine ethnique et votre religion. Autrement dit, une personne d’origine magrébine et de confession musulmane est-elle française ?

A aucun moment dans le débat il n’est fait mention au fait que la France est composée de plusieurs peuples. Corse, basque, breton, savoyard, alsacien… Ce n’est pas le problème. Tout le monde sait très bien que les Bretons, les Corses ou les Savoyards sont français et que, par conséquent, ils ont parfaitement intégré les valeurs et normes prônées par l’Etat français. En revanche, le jeune magrébin des cités qui loue un culte à Mahomet doit impérativement rentrer dans le moule comme les autres. Un moule qui a parfaitement marché en Savoie. Un modèle du genre. Une réussite qui a dépassé toutes les espérances.

Comment, en l’espace de 150 ans, un peuple millénaire a pu se dissoudre, au point de disparaître complément ? Où est passé l’histoire de Savoie, où est passé sa langue, où sont passés sa culture et ses valeurs ?

La France a parfaitement pris soin de toute faire disparaitre sous le tapis et de cadenasser l’éducation. Car il ne faut pas se voiler la face, l’absence de l’apprentissage de l’histoire savoyarde à l’école est le facteur essentiel du déclin de l’identité savoyarde. 99,99% des jeunes savoyards ignorent tout du sol qu’ils foulent jours après jours en se rendant dans leurs salles de cours.
Combien d’enfants pourraient reconnaître les drapeaux qui flottent fièrement au dessus des rues de Chambéry et Annecy ? Aucun !

Et que dire de la division de la Savoie en deux ? Elle a créer une rivalité d’une stupidité sans fondement mais d’une réussite sans égale pour le contrôle de la population. Comme le dit le célèbre adage : diviser pour mieux régner. La Savoie en est un triste exemple.

Les politiciens savoyards sont également un cas a part entière. Fasciné par l’argent et le pouvoir que leur promet une France corrompue, ils vendraient femmes et enfants pour une place chaude à coté d’un député ou d’un sénateur de l’Essonne, du Val de Marne ou des Yvelines. Comment ne pas jalouser les Corses ou Bretons dont certains politiciens défendent leurs terres comme leurs enfants ? Avez-vous déjà entendu un politicien savoyard s’inquiéter du changement climatique et des répercutions catastrophique qu’il aura sur l’économie locale ? Sommes nous en train de préparer l’après tourisme hivernal, lorsque des stations auront fermé, faute de neige, et que le PIB savoyard fondera aussi vite qu'il a prospéré quand les Anglais et les Russes sont arrivés dans nos petits villages de berger plusieurs fois centenaires ?

Aujourd’hui qu’en est-il ?

Posez la question à un jeune Savoyard : qu’est ce que la Savoie ? Il vous répondra que c’est un endroit dans les Alpes où l’on mange de la tomme et de la fondue. Demandez lui qu’est ce qu’être savoyard ? Il vous dira que c’est vivre dans le département de la Savoie. A ne pas confondre avec le Haut-savoyard, résidant en Haute-Savoie. Attention, ce n’est pas du tout la même chose. C’est comme la couture et la haute couture.

L’identité nationale, c’est aussi reconnaître l’identité des peuples qui la compose et non faire en sorte que ceux-ci disparaissent. Je suis français, mais je suis également savoyard. J’aime la Savoie. J’aime cette terre, son histoire, sa culture, sa gastronomie. J’aime voir les cimes enneigés, les marmottes gambadées librement dans les alpages, ces châteaux accrochés sur leurs pitons rocheux et ces gens chaleureux et braves. 

Oui, je suis savoyard !

Exigeons une région Savoie et une éducation savoyarde.

Benjbe

08.11.2009

« On ne doit pas éviter la question savoyarde »

Pour Philippe Meirieu, tête de liste d’Europe Ecologie en Rhône-Alpes, la région Savoie serait-elle une évidence ?

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La désignation de Philippe Meirieu comme tête de liste d’Europe Ecologie en Rhône-Alpes est apparue comme une évidence. Le célèbre pédagogue a ainsi presque fait l’unanimité autour de son nom ce samedi 7 novembre à Lyon. Promouvoir la région Savoie sera-t-il aussi évident pour Europe Ecologie dans les mois qui viennent ? Mis à part Malika, notre députée bien aimée qui a une fois de plus bien parlé, personne n’a abordé le sujet à la tribune lors des assises d’Europe Ecologie. Alors au terme d’une journée durant laquelle Cécile Duflot a posé comme objectif de gagner la région afin que Rhône-Alpes devienne un territoire écologiquement exemplaire, nous avons voulu savoir si Phillippe Meirieu envisageait d’en faire aussi un terrain d’expérimentation privilégié pour le régionalisme différencié.

Philippe Meirieu, comment percevez-vous la spécificité savoyarde exprimée par Région et Peuples Solidaire et le Mouvement Région Savoie ?

Les deux départements savoyards sont animés par une réflexion très ancienne autour de l’idée régionaliste. Il faut entendre et écouter les revendications qui en découlent, car elles sont porteuses de valeurs de proximité. Elles conduisent à un moyen de rapprocher le citoyen des lieux de pouvoir tout en articulant le pays selon les particularités du territoire. Ce sont donc de vraies valeurs.

Le but du MRS, c’est la création d’une région Savoie et donc la division de Rhône-Alpes. Etes-vous prêt à cela ?

Il faut réfléchir très sérieusement à cette hypothèse.

Le respect de la revendication savoyarde passe-t-il par la présence de représentants du MRS à des places importantes sur les listes des régionales ?

Oui, et il y aura des gens de Région et peuple Solidaire, donc du Mouvement Région Savoie, sur les listes en Savoie. C’est évident.

Mais la question du régionalisme différencié, qui doit se traduire en Rhône-Alpes par la création d’une région Savoie, aura-t-elle une place centrale lors de la campagne ?

Aujourd’hui, je ne sais pas si ce sera central. Il faut d’abord que les Savoyards précisent leur position là-dessus. Mais on ne doit pas éviter de traiter la question savoyarde.

Dans l’appel aux écologistes en Rhône-Alpes qui a été lancé dernièrement, on ne parle pourtant pas de régionalisme différencié et de l’aspiration à une région Savoie. Pourquoi ?

Si cela n’a pas été notifié dans l’appel, c’est qu’il y a une forme d’évidence.

Propos recueillis par Brice Perrier

04.09.2009

Mettre ses actes en accord avec ses pensées

Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes, expose dans la Voix sa politique savoyarde à six mois des régionales. Aux Savoyards de s'y mettre !

Après être revenue sur quelques fondamentaux culinaires, la Voix fait sa rentrée politique dans une saison 2009-2010 qui s’annonce passionnante. Car les élections européennes et la percée d’Europe Ecologie ont de par chez nous changé la donne. La circonscription Sud-Est a ainsi envoyé à Bruxelles deux euro-députés décidés à s’engager pour la création d’une région Savoie, le Corse François Alfonsi et la Chambérienne Malika Benarab Attou. C’est du jamais vu. Dans la ligne de mire de tout le monde, désormais, il y a les élections régionales, dont la campagne va se dérouler alors que sera débattue au Parlement la réforme des collectivités locales et qu’on s’apprêtera à commémorer en Savoie les 150 ans de l’annexion à la France. Un contexte exceptionnel, qui pourrait permettre de complètement chambouler le paysage politique régional et de donner enfin à la Savoie un nouveau statut. Mais on peut aussi craindre qu’elle ne se dissolve dans Rhône-Alpes, dans le cas où la réforme conduirait à une petite mort des départements phagocytés par des régions de tailles soi-disant européennes.hqdefault.jpg

Le président de la région Rhône-Alpes semble pour sa part vouloir la chérir cette Savoie, en lui offrant une place de choix au sein d’une entité rhônalpine où notre histoire et notre identité particulières seraient mises d’avantage en avant, avec même, si les Savoyards en font la demande, quelques privilèges en matière de délégation de compétences. Selon le socialiste Jean-Jack Queyranne, un premier signe concret a d’ailleurs été donné cet été avec la reconnaissance du francoprovençal (connu aussi sous le nom d’arpitan ou tout simplement de langue savoyarde) et de l’occitan par la région Rhône-Alpes (voir http://lavoixdesallobroges.hautetfort.com/archive/2009/08...). On a donc saisi cette occasion pour aller tâter le terrain du côté de Charbonière et lancer une année politique appelée à être placée sous le signe de la région.

Jean-Jack Queyranne, que représente pour vous la reconnaissance par Rhône-Alpes des langues régionales qui a eu lieu cet été ?

C’est un acte vraiment important pour la région. Une reconnaissance, mais aussi l’engagement de lancer un certain nombre d’actions dans les domaines du patrimoine et de la création artistique. Le pire danger qui guette la culture, c’est celui de l’uniformité. Le problème se pose dans notre région, en particulier au niveau linguistique. Or les langues sont porteuses de visions du monde originales et participent à la définition de notre identité. Certaines langues sont menacées et, s’il faut défendre la place du français dans le monde, il faut aussi défendre le plurilinguisme en France. Une évolution est apparue depuis que Lionel Jospin a ratifié la charte de reconnaissance des langues régionales. Aujourd’hui, il est important de dire que les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.

Le jour du vote de cette reconnaissance, vous avez dit que le francoprovençal et l’occitan donnaient un sens à une région qui en était dépourvue. N’est-ce pas un aveu terrible de dire que Rhône-Alpes n’avait pas de sens ?

Ces langues donnent un sens à Rhône-Alpes dans la mesure où notre région est le reflet de son pluralisme. Notre force, c’est la diversité de nos territoires. Et si l’on a pu parler de région dépourvue de sens, c’est d’abord parce que nous sommes dépourvus d’identité historique. Rhône-Alpes n’est pas la Bretagne ou la Bourgogne.

Ou la Savoie…

La Savoie a toute sa place en Rhône-Alpes. Je ne suis pas favorable à une région Savoie, mais l’identité de la Savoie doit être reconnue dans la région Rhône-Alpes. Alors je ne sais pas si les deux départements savoyards seront amenés à se réunir, mais je suis favorable à ce que l’Assemblée des Pays de Savoie puisse avoir d’avantage de responsabilités. La région pourrait même déléguer certaines compétences.

Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait jusqu’à présent ?

L’APS n’en a pas exprimé la volonté. Mais je suis ouvert à cette possibilité.

Les Savoyards ne veulent rien ?

Je n’irai pas jusque-là, mais l’APS s’est montrée très timorée. Elle aurait pu faire beaucoup plus.

Les Verts se sont pour leur part prononcés pour une région Savoie…

Les Verts ont ici deux structures. Une sur les deux départements savoyards et une sur les six autres départements de Rhône-Alpes. Mais je n’ai pas eu de demande particulière chez eux par rapport à la région Savoie. C’est peut-être une question d’organisation interne.

Cécile Duflot a demandé clairement cette région Savoie lors de son audition devant le comité Balladur pour la réforme des collectivités territoriales…

Je ne savais pas. Mais là, d’après l’avant-projet issu des travaux de ce comité Balladur, on est plus dans une logique de grande région que de séparation.

Vous avez déclaré que la taille ne devait pas être un élément décisif pour définir une région…

Je l’ai dit quand on parlait de lier Rhône-Alpes et l’Auvergne. Rhône-Alpes est déjà grand comme la Suisse, pas besoin de l’agrandir.

Et la Savoie ?  A-t-elle la taille nécessaire pour être reconnue comme une région française ?

Je souhaite que la Savoie soit reconnue en Rhône-Alpes. Cela passe par la reconnaissance de la langue et par celle de l’histoire, notamment à l’occasion des 150 ans de l’annexion.

Les Verts vont plus loin et veulent faire de la Savoie un exemple particulièrement représentatif de ce que devrait être un régionalisme différencié. Or c’est votre principal partenaire au conseil régional et, lors des élections européennes, Europe Ecologie a fait en Rhône-Alpes de meilleurs scores que le PS, particulièrement en Savoie. Comment allez-vous vous positionner lors des régionales de 2010 avec Europe Ecologie qui devrait défendre l’idée de région Savoie ?

Il ne faut pas jouer le repli sur la Savoie, ce n’est pas ce qui fait la force de Rhône-Alpes. C’est sa diversité qui lui donne son dynamisme et sa compétitivité. Je crois que c’est aussi l’intérêt de la Savoie d’avancer dans Rhône-Alpes. Les Verts peuvent penser différemment, mais je souhaiterais plutôt des régions plus fortes.

La campagne des régionales, qui va se dérouler en pleine réforme des collectivités, sera-t-elle l’occasion de discuter de ce que doit être une région ?

Bien sûr, il faudra en parler, car le développement des régions serait une très bonne chose. Cela doit être porté par les élus et les citoyens. Et quant à savoir ce qu’il convient de faire pour la Savoie, c’est d’abord aux Savoyards et à leurs élus de le dire.

Cela vous arrangerait que la Savoie quitte Rhône-Alpes, vu qu’elle vote à droite…

Je ne fais pas ce genre de calcul. Et puis les élus de droite savoyards, ils font des grandes déclarations pour la région Savoie, mais il n’y a pas beaucoup de réalisations, à part l’orchestre des pays de Savoie. Ils en restent à des positions de principe. Le Faucigny a par exemple rapporté les déclarations de Gaymard, quasi indépendantistes, mais cela n’est pas du tout cohérent avec ce qu’il dit à Paris ou avec ce qu’il fait. Il faut mettre les actes en rapport avec ses pensées.

Et à vous, Hervé Gaymard a-t-il fait part de ses propositions pour une Savoie réunifiée ?

Pas du tout. Mais il y a quelques jours, dans le Dauphiné Libéré, il a mis beaucoup d’eau dans son vin.

Christian Monteil vous a-t-il de son côté parlé de la façon dont il envisage l’avenir des pays de Savoie ?

Non, je ne l’ai jamais entendu s’exprimer là-dessus.

Il n’y a finalement qu’Europe Ecologie qui risque de vous poser un casse-tête sur ce sujet en réclamant une région Savoie lors des régionales de 2010…

Si c’est le cas, ça ne sera pas un soucis, même si je pense que la Savoie est mieux dans Rhône-Alpes. En 1998, dans des circonstances exceptionnelles, le représentant de la Ligue savoisienne a bien voté pour moi. D’abord pour des valeurs démocratiques, en raison de la menace du Front National, mais aussi car j’avais pris des engagements pour la reconnaissance de l’identité et de l’histoire de la Savoie. Je n’ai pas eu les moyens de les mettre en application à l’époque, mais on vient de le faire avec la reconnaissance des langues régionales.

Seriez-vous en fait tout disposé à défendre l’identité savoyarde alors que nos élus ne revendiquent rien ?

Des élus de gauche portent cette identité savoyarde et la revendiquent.

Ah bon ?

Oui, notamment Bernadette Laclais à Chambéry. Elle est dans cette démarche et je pense qu’il faut la favoriser pour les festivités des 150 ans. Nous sommes d’ailleurs à ce sujet en dialogue avec de grandes collectivités.

Rhône-Alpes va-t-elle organiser un événement pour l’anniversaire de l’annexion ?

Ce n’est pas à la région de faire des projets à la place des territoires. Mais des projets vont nous être soumis, pour lesquels on prévoit une enveloppe spécifique.

Les deux départements ont-il proposé quelque chose ?

Non, pas à ce jour. Je ne sais pas s’ils ont un projet, et s’il est commun. Mais si l’APS n’avait pas un projet pour le printemps prochain, ça serait un peu décevant.

Les conseils généraux savoyards préfèrent en tout cas éviter de se pencher sur l’histoire en tenant à l’écart les sociétés savantes. C’est un peu comme si l’annexion de 1860 était un sujet tabou. On ne parle d’ailleurs que de rattachement…

Il ne faut pas de tabou. L’histoire, et surtout l’histoire récente, peut faire l’objet de débat, car il n’y a pas de pensée unique dans ce domaine. Et personne n’est jamais mort d’avoir fait un débat.

Entretien : Brice Perrier

 

25.06.2009

Kabyle, donc têtue comme une Mauriennaise !

malika horizontal.jpgElle sera notre représentante au Parlement européen (1). Et voilà une élue qui nous plait bien. Pourvu que ça dure ! Après avoir rencontré Malika Benarab-Attou, on se dit en tout cas que l’élection de cette Chambérienne qui revendique sa culture berbère est une vraie chance pour la Savoie. Car si nos conseillers généraux s’illustrent toujours par leur silence alors que se mitonne la réforme des collectivités locales, la représentante d’Europe Ecologie sera désormais l'avocate du régionalisme savoyard de Chambéry à Bruxelles. Un régionalisme qui revient vers ses fondamentaux écolos et humanistes développés dans les années 1970 pour répondre aux exigences du monde d’aujourd’hui. Tout ça grâce à cette députée verte à la chevelure violette qui a redonné des couleurs vives à la politique savoyarde, à force d’obstination. Car la Kabyle est têtue comme une Mauriennaise !

Malika Benarab-Attou, ça fait quoi de devenir députée européenne ?

Vous savez, j’ai un itinéraire de militante qui a débuté dans le monde associatif à Lyon au début des années 1980. C’était un moment où des gens se faisaient tirer dessus, simplement parce qu’ils étaient maghrébins. Et quand les coupables se retrouvaient devant la justice, ils recevaient une peine ridicule. On trouvait que la société française était globalement raciste, alors on a créé les JALB, les Jeunes Arabes de Lyon et Banlieue. On ne voulait surtout pas du mot beur, qui ne représentait pas une réalité violente. On ne voulait pas non plus de la politique d’assimilation d’une société française post-coloniale. Nous avions fédéré un mouvement politique plutôt radical avec les autres grandes villes de France et nous arrivions à nous faire entendre. Nous commencions à être assez craint par le pouvoir, car nous étions autonomes. Mais tout ça a été balayé par Mitterrand qui a créé de toutes pièces SOS racisme pour véhiculer le discours édifiant du « on s’aime tous ». Du jour au lendemain, les médias se sont mis à nous ignorer. Et sans les médias, qu’est-ce que tu peux faire en politique ?

C’est très intéressant, mais cela ne nous dit pas ce que ça vous fait d’être élue au Parlement de Strasbourg...

C’est juste pour vous dire pourquoi je reviens en politique. Car après cette époque lyonnaise, j’en suis arrivé au constat que la société française ne voulait pas de nous. Alors j’ai voulu aller voir ailleurs si l’herbe n’était pas plus verte et je suis partie aux Etats-Unis. J’étais encore Algérienne et ne souhaitais pas devenir Française. Mais aux Etats-Unis, tout le monde m’appelait la Française. Cela m’a questionné sur mon identité. Je me suis rendu compte que j’étais en fait plus française que ce que les Français m’avaient laissé croire. J’ai revu mon positionnement et je suis revenue. A la même époque, j’ai aussi eu un questionnement sur mes origines kabyles, et ma mère m’a enseigné la culture et la langue berbère.

Bien, maintenant, au moins, on vous connaît mieux. Mais, sinon, cette élection, ça ne vous a pas marqué plus que ça ?

Si, bien sûr, c’est très enthousiasmant. Car avec une troisième place sur la liste, c’était vraiment la candidature du pari. D’habitude, les Verts font dans les 10%, mais, là, il en fallait au moins 15. Alors je suis bien contente d’avoir gagné mon pari !

Même 10%, pour les Verts, c’était réservé aux grands millésimes électoraux. Mais vous pensiez quand même pouvoir être élue ?

Oui, je sentais que c’était possible. Les copains rigolaient et ne comprenaient pas pourquoi je me battais pour avoir cette troisième place sur la liste, car cela n’a pas été facile de l’obtenir. On me disait que ça ne servait à rien, qu’il n’y aurait pas plus de deux élus. Mais je suis Kabyle, donc assez têtue. En arrivant en Savoie, je me suis d’ailleurs rendue compte que les gens d’ici étaient pareils, surtout les Mauriennais. Je vois ça comme une qualité, celle de ceux qui s’accrochent, car ils sont montagnards. Les Kabyles et les Savoyards ont vraiment ça en commun. Après, cette élection, elle m’enthousiasme aussi car elle arrive à un moment important et décisif. Et je crois que l’Union Européenne est le bon niveau pour faire bouger les choses et prendre un vrai tournant. Le niveau national est un peu obsolète et l’Europe, si l’outil est bien utilisé, peut apporter des solutions dans le monde multipolaire qui est en train de se dessiner sous nos yeux. Alors au-delà de l’enthousiasme, il y a le sentiment d’une grande responsabilité. L’envie de ne pas décevoir.

Les politiques ont souvent donné l’impression qu’une place de député européen, c’est surtout une bonne planque assez bien payée où l’on peut se la couler douce car on n’a pas vraiment de comptes à rendre aux électeurs…

Le résultat de ça, c’est 60% d’abstention. Mais là, nous allons rendre des comptes aux citoyens. Je veux garder les pieds dans la glaise des territoires, même si la tête est dans les étoiles européennes. On retournera voir le peuple et on s’est engagé à faire des allers retours tous les quinze jours. Et puis j’aurais une assistante parlementaire à plein temps à Chambéry.

Vous considérez-vous comme une élue savoyarde ?

Oui, car le territoire est important. Et il y a le projet de création d’une région Savoie que les Verts ont présenté au comité Balladur pour la réforme des collectivités locales. C’est quelque chose qui me concerne aujourd’hui en tant que député, car la politique doit prendre en compte les réalités territoriales. On doit aussi favoriser une territorialisation de la production, notamment agricole, ce qui permettrait de diminuer le fret routier et les transports de marchandises. En Savoie, ce sont évidemment des problématiques qui se posent et une région permettrait de mieux prendre en compte les particularités de notre territoire.

Les Verts ont exposé à Balladur le concept de régionalisme différencié. De quoi s’agit-il ?

On ne doit pas se demander si une région doit couvrir deux ou dix départements. Ce n’est pas le problème. Il faut aussi évacuer ce comportement jacobin qui a conduit à créer des départements qui ne correspondent pas à grand-chose. La région doit avoir un fondement historique, culturel ou linguistique. La Savoie a ainsi été citée par Cécile Duflot (ndlr : secrétaire nationale des Verts) comme le cas typique de région différenciée que l’on souhaiterait avoir, car elle a une vraie cohérence qu’elle tire d’abord de son histoire.

On comprend pourquoi vous avez eu le soutien du Mouvement Région Savoie, dont certains membres ont créé un comité pour faire campagne à vos côtés, ce qui n’a pas manqué de faire grincer quelques dents au sein des Verts savoyards…

Le MRS était avec nous car il fait partie de Régions et Peuples Solidaires, avec qui les Verts ont passé un accord national. Mais il peut y avoir une méconnaissance mutuelle et le régionalisme est parfois vu comme un enfermement sur soi, alors que cela doit être un moyen d’aller vers les autres en étant bien dans ses baskets. SOS racisme, c’était de l’interculturel reposant sur du vent. Or l’interculturel est intéressant si chacun a travaillé sur sa culture, ce qui permet ensuite d’aller vers l’universel. L’idée n’est pas de se dire qu’on est le plus beau ou le meilleur, mais de faire vivre à travers les régions des cultures différentes, comme on doit préserver la biodiversité.

La région pourrait aussi être un moyen de transcender les frontières actuelles, notamment en Savoie où une région naturelle et historique nous unie au bassin lémanique et aux versants suisses et italiens du pays du Mont-Blanc. Pensez-vous que l’Europe pourrait permettre la création d’un nouveau type de structure transfrontalière ?

Beaucoup de choses bougent actuellement et je crois que l’Europe a vocation à être plus intégrée. Les Verts sont pour un vrai fédéralisme qui implique un vrai regard transfrontalier. Mais je ne crois pas à des régions transfrontalières pour tout de suite. L’Europe est encore un cumul d’Etats qui sont trop puissants. Il y a une exigence d’arriver à dépasser l’Etat-Nation, mais cela va être difficile à mettre en œuvre.

Avant d’avoir en Savoie une région transfrontalière, il faudrait de toute façon commencer par être reconnue comme une région française suite à la réforme des collectivités locales…

Oui, et chez les Verts, on estime qu’il faut véritablement simplifier le mille-feuille administratif en le réduisant à trois échelons : la communauté de communes, la région et l’Etat. On pense que le département ne sert plus à grand-chose. Alors c’est sûr que quand on dit ça, les conseillers généraux ne sont pas d’accord…

Ils ne veulent pas perdre leur poste ! On pourrait d’ailleurs penser que les Verts adoptent une telle position parce qu’ils ont très peu de conseillers généraux…

On ne doit pas faire de la politique pour avoir des postes, mais pour changer ce monde et le rendre plus vivable pour tous.

Sur quoi allez-vous travailler en tant que députée européenne ?

Je veux défendre le programme d’Europe Ecologie pour rendre la société et l’économie plus écologique. Il faut lancer de grands travaux pour arriver à une décroissance de notre empreinte écologique. On va également préparer le sommet de Copenhague sur le climat. Et puis il y a le renouvellement de la PAC qui doit aller vers de moins en moins de pesticides et de plus en plus de bio, avec une agriculture qui crée d’avantage de travail. Personnellement, je suis aussi très intéressée par les relations nord-sud et le projet d’Union pour la Méditerranée. Mais je ne vois pas cela comme Sarkozy qui souhaite d’abord permettre aux pays du Nord d’obtenir de nouveaux marchés au Sud. On doit plutôt agir pour améliorer la coopération afin de rendre les pays du sud plus vivables. Finalement, le but est surtout que l’Europe retrouve ses valeurs et notamment la fraternité qu’elle a trop souvent oubliée. L’économie, c’est bien, mais cela doit rester un moyen. Or en privilégiant l’économie et la finance, on a surtout contribué à augmenter les écarts de revenus. L’Europe doit donc redonner un espoir et une vision alors que nous vivons un tournant civilisationnel. Il faut aller vers une société où la culture ait une place importante et les peuples un vrai rôle à jouer. Y compris en Savoie !

(1)  La Savoie a désormais un deuxième député européen avec l’UMP Michel Dantin qui récupère la place de Norra Berra entrée au gouvernement.

Entretien : Brice Perrier

05.06.2009

Le vote utile pour une région Savoie

alfonsi.jpgLa Savoie a sa propre histoire ; elle doit donc bénéficier sur son territoire d'une véritable assemblée démocratique, l'Assemblée de Savoie, organe élu d'une Région Savoie, légitime revendication de simple bon sens. Pourquoi faire disparaître les siècles et les siècles d'Histoire de la Savoie qui ont précédé 1860 ? Dans un an on commémorera le 150ème anniversaire du rattachement. Les avis divergent sans doute parmi les savoyards sur le bilan de cette période récente, finalement assez courte au regard de l'Histoire. Mais, à tous, une évidence s'impose : l'Histoire de la Savoie est bien antérieure à cette date, et elle s'inscrit au cœur des Alpes.

La Savoie n'a jamais été partie prenante du « sillon rhodanien » que commande Lyon. Elle est bien plus une composante de la « République des Alpes » dont le dirigeant résistant valdotain Emile Chanoux avait, avant d'être assassiné par l'Etat italien, dessiné les contours politiques en unissant contre le fascisme les résistants alpins par delà leurs vallées. La Savoie doit valoriser son identité alpine dans le cadre de la construction européenne, et comment y parvenir sans s'appuyer sur une institution propre à la Savoie? Le rattachement à Rhône-Alpes étouffe l'identité savoyarde. Les Savoyards en ressentent une réelle frustration.

Mais, à ce jour, aucun mouvement politique n'a fait sienne cette revendication d'une Région Savoie, à l'exception des régionalistes et des écologistes. La liste Europe Ecologie réunit en effet les régionalistes de RPS (Régions et Peuples Solidaires) et l'ensemble des organisations du mouvement écologiste, et ils portent ensemble la revendication d'une Région Savoie. Les Verts l'ont fait savoir très officiellement lors des auditions menées par la « Commission Balladur » de l'Assemblée Nationale à propos de la future réforme administrative de la France. Et, dans le cadre du Rassemblement Europe Ecologie, ils réaffirment leur position en désignant un réginaliste corse  en seconde position sur la liste de la Région Sud-Est, place que j'occupe derrière Michèle Rivasi, avec notamment le soutien du Mouvement Région Savoie.

Pour mieux assurer l'avenir de la Savoie, la création d'une Région peut intervenir dans le cadre de la Constitution française, et cela dès les prochaines réformes qui sont programmées suite aux travaux de la Commission Balladur. Encore faut-il en faire monter la revendication de façon explicite et forte. En donnant à Europe Ecologie un score important le 7 juin prochain, les électeurs savoyards peuvent y contribuer. Elus députés européens, nous serons avec Michèle Rivasi mobilisés pour soutenir cette démarche qui seule peut définir un avenir européen à une Région Savoie forte de son identité propre.

François ALFONSI

porte parole de Régions et Peuples Solidaires

n°2 de la liste Europe Ecologie conduite par Michèle Rivasi 

 

01.05.2009

« Développer le fédéralisme dans la fraternité »

dupassieux.jpgMembre du Mouvement Région Savoie et très proche de la Ligue Savoisienne, Thierry Dupassieux votera écologiste aux élections européennes de juin prochain. Cet homme qui cultive son jardin et son goût pour la politique a même créé, avec son ami Pierre Ottin Pecchio, un groupe de soutien à la liste Europe Ecologie axé sur la thématique de la région Savoie (http://www.europeecologie.fr/reseau/les-groupes/europe-ec...). Après avoir rempli les urnes dauphinoises, la Ligue serait-elle en train de s’incruster chez les écolos ?

Thierry Dupassieux, c’est quoi ce groupe Europe Ecologie Région Savoie ?

Au Mouvement Région Savoie et à la Ligue savoisienne, certains affichent leur positionnement écolo. C’est notre cas à Pierre Ottin Pecchio et à moi. Et là, deux choses nous ont incité à soutenir Europe-Ecologie à travers ce groupe : la position de Cécile Dufflot qui s’est prononcée pour une région Savoie (voir http://lavoixdesallobroges.hautetfort.com/archive/2009/02...) et le fait que, sur la liste du Sud Est pour les européennes, François Alfonsi, le trésorier de Régions et peuples solidaires, se trouve en seconde position.

La décision de créer ce groupe a-t-elle été prise avec les dirigeants de la Ligue et du MRS ?

On a décidé cela avec Pierre à l’occasion de l’assemblée du Mouvement Région Savoie, soutenu par Alain Favre, le président. Mais il faut savoir que des membres du MRS sont aussi à la ligue, et vice-versa. Cette fois, il a été décidé que c’était le MRS qui allait porté ça, pour rester très discret sur le côté indépendantiste, mais aussi parce que le MRS est membre de Régions et peuples solidaires qui a passé un accord au niveau national avec les Verts. Quand on a appris qu’Europe Ecologie avait mis en place un nouveau dispositif qui permet à chacun de monter un comité d’expression et de soutien axé sur la thématique de son choix, on s’est dit qu’il fallait en faire un de nature territoriale, comme d’autre en font sur les pesticides ou les problèmes de transport. On veut profiter de ce comité pour parler de fédéralisme et de Région Savoie, en mettant en avant l’article 72 de la constitution qui permet à la Savoie d’exister en tant que territoire disposant de compétences aujourd’hui exercées par Rhône-Alpes.

On pourrait penser que la Ligue cherche ici à faire de l’entrisme à Europe-ecologie, comme elle en a fait au MRS jusqu’à en prendre le contrôle…

C’est vrai que la ligue a pris le contrôle du MRS, mais, personnellement, même si je soutiens la Ligue, je n’en suis pas membre, à la différence de Pierre Ottin Pecchio. Et je ne souhaiterais rien avoir à faire avec la Ligue si elle n’acceptait pas d’adopter une position intermédiaire en prônant une région Savoie. J’ai d’ailleurs toujours dit que, sur le fond, je suis contre l’indépendance. Je suis par ailleurs membre des Verts avec qui j’ai aussi toujours été très clair. Et là, avec ce groupe, il ne s’agit pas du tout de faire de l’entrisme, mais de tenter d’arriver à une conjugaison de moyens.

Votre comité a-t-il un lien avec la liste qui va se présenter dans la circonscription du Sud Est aux européennes de juin ?

Non, les comités de soutien sont complètement indépendants des listes. Ils permettent juste d’utiliser l’outil informatique mis à disposition par Europe Ecologie.

Mais avez-vous besoin d’un agrément quelconque ?

Non.

Et que pense Europe-Ecologie de votre démarche ?

On est convié à participer au comité d’action régional et on vient d’être solliciter pour un déjeuner de travail à la Roche sur Foron le 15 mai, à l’occasion de la venue de Michèle Rivasi (ndlr : tête de liste pour le Sud Est) et François Alfonsi. Sinon, chez les Verts savoyards, environ une moitié des adhérents est pour la région Savoie, tandis que l’autre moitié y est opposée. Mais bon, je n’ai reçu aucune remarque négative jusqu’à présent. Et Malika Attou (ndlr : militante verte savoyarde qui figurera en troisième place sur la liste Europe Ecologie pour le Sud Est) ne voit aucun problème dans ce que l’on peut dire. En tant que Berbère, elle a très bien compris les enjeux du fédéralisme.

Même s’ils peuvent être divisés, les Verts se sont prononcés pour une région Savoie, tant au niveau national que savoyard. Europe-Ecologie va-t-elle porter ce sujet dans la campagne des européennes ?

Je crois que, comme dans tous les partis, ils vont éviter d’aborder la question de la réforme territoriale pendant ces élections. Car cela peut devenir un terrain électoralement glissant et à double tranchant. Alors ils ne vont pas mettre en avant la Région Savoie, mais peut-être que, dans les réunions publiques qui vont se tenir ici, le sujet pourra être abordé lors de  discussions. Avec Pierre, ce que l’on souhaite surtout, c’est arriver à conjuguer le principe de la fraternité avec celui de la diversité. Car chaque territoire doit exister avec ses spécificités. Le but n’est pas de revenir à une indépendance, mais de développer le fédéralisme dans un esprit de fraternité, et cela avec n’importe qui. Dans l’absolu, cela pourrait même se faire avec des Martiens ou des Atlantes ! Ce comité est donc un outil qu’on a saisi pour promouvoir ça, car on n’a très peu de moyens de s’exprimer et de défendre la fraternité dans la diversité.

Mais aujourd’hui, vous n’êtes que cinq dans votre comité…

Je voudrais bien que 300 ou 400 personnes s’inscrivent, mais tout le monde se méfie de tout le monde et se regarde en chien de faïence. Les Verts pensent déjà aux places sur les listes des futures régionales. Et les régionalistes disent que les Verts ne savent pas ce qu’ils veulent. Ils pensent que les Verts sont comme ci ou comme ça, tandis que les Verts voient les indépendantistes comme des gens d’extrême droite. Tout ça, c’est tout faux, mais les gens s’arrêtent là-dessus. Malgré cela, on essaie quand même d’agir positivement.

Pourquoi, selon vous, le régionalisme savoyard doit-il aller de pair avec l’écologie ?

Parce qu’on a un territoire totalement atypique dont les spécificités imposent de prendre particulièrement en compte les problématiques environnementales. Notre agriculture est très spécifique, essentiellement laitière et avec un peu de maraîchage. Elle doit tenir compte de la géographie qui a également des conséquences sur les modes de transports, sachant que la Savoie est un territoire de passage. C’est aussi un territoire très urbanisé, car, une fois qu’on enlève les alpages, les forêts, la haute montagne et les lacs, on est face à une urbanisation dix fois plus forte que dans la plupart des autres départements français. Cela pose donc un problème de gestion de l’espace. Nous avons aussi à préserver une très grande biodiversité. Il faut savoir que, si la France compte 4 000 sortes de plantes recensées, la Savoie en compte 2 000. Tout cela fait que la défense de la région Savoie passe par la défense de l’écologie. Ce n’est pas qu’un problème institutionnel, même si c’est l’article 72 qui devrait permettre aux territoires d’exister avec leur particularité.

Des particularités, il y en a aussi pas mal au sein d’Europe-Ecologie, qui veut rassembler bien au delà des Verts.  Mais avec notamment Cohn-Bendit faisant équipe avec Bové, alors qu’ils sont connus pour leurs positions opposées sur l’Europe, cette liste pour les européennes a des allures d'auberge espagnole...

Un peu, mais Cohn-Bendit et Bové peuvent évoluer. Et puis il faut arrêter avec les modes de fonctionnement technocratiques jacobins. On peut occuper des espaces différents sans avoir besoin de se confronter. Il est plus intéressant de se concentrer sur les points communs que sur les points de divergence. Et c’est tellement facile de tout détruire en quelques mots. En revanche, pour construire, il faut travailler dur.

Entretien : Brice Perrier

15.03.2009

« Nous devons être actifs et pas spectateurs »

michelbouvard06.jpgLors de la dernière réunion de l’Assemblée des pays de Savoie, Michel Bouvard avait alerté les conseillers généraux savoyards de l’enjeu historique auquel ils allaient devoir faire face avec le projet de réforme des collectivités territoriales qu’était en train de mitonner le comité Balladur. L’élu UMP avait ainsi appelé les représentants de nos deux départements à prendre conscience de leur responsabilité pour enfin se rassembler afin d’éviter qu’un territoire à l’histoire millénaire soit condamné à une dissolution rhônalpine. Alors maintenant que le rapport Balladur a été remis à Sarkozy, on a souhaité faire le point sur cette affaire avec le député savoyard.

Michel Bouvard, quel sort va être réservé à la Savoie d’après le contenu du rapport Balladur ?

Déjà, ce rapport n’est qu’une proposition. Le gouvernement va avoir le temps d’y réfléchir et le chef de l’Etat souhaite une concertation. Mais le rapport Balladur pose un certain nombre de principes qui modifient la donne pour nos départements, avec d’abord la disparition de la clause générale de compétence. Un certain nombre de compétences exercées par les départements savoyards seraient ainsi amenées à disparaître, notamment en ce qui concerne le tourisme et l’économie. Cela pose clairement un problème que je soulève depuis des années : deux départements regroupés donnent zéro compétence supplémentaire. Il nous faut donc obtenir autre chose qu’un département.

Une région Savoie ?

Oui, ou alors il faudra discuter du fait que des départements qui se regrouperaient garderaient la clause de compétence générale. C’est sans doute le point central. Car pour être clair, si nous n’avons pas cette compétence générale, il n’y a plus d’agence départementale touristique, Savoie - Mont-Blanc n’existe plus. Or le tourisme, c’est plus de 50% de l’activité du département de la Savoie et environ 40% de celui de la Haute-Savoie. Cela représente 80% de l’activité touristique en Rhône-Alpes. Par ailleurs, le département est aujourd’hui partie prenante en tant qu’aménageur de zone économique, comme Technolac et Alpespace en Savoie ou Archamps en Haute-Savoie. Tout cela ne serait plus possible en cas de suppression de la clause générale de compétence pour les départements. L’autre problème posé par le rapport Balladur, c’est la nature de la relation avec la région, du fait du mode électoral envisagé pour les conseillers territoriaux. Actuellement, les conseillers généraux sont élus au scrutin majoritaire, mais il est prévu des conseillers territoriaux uniques pour la région et le département, avec une partie élue à la proportionnelle, ce qui pose le problème des territoires de montagne, moins peuplé mais où se situe une grande partie des enjeux environnementaux et économiques.

Face à cette situation nouvelle, comment vous positionnez-vous ?

Comme je l’ai fait lors de la dernière réunion de l’Assemblée des pays de Savoie, car le rapport Balladur était assez prévisible. En 2004, Edouard Balladur parlait déjà d’évaporation du département. Et là, ça serait la première étape en retirant la compétence générale et en faisant que les élus départementaux seraient en fait d’abord des élus régionaux, vu que toutes les compétences seront pour la région. La proportionnelle favorisant les grandes agglomérations urbaines, on devrait aussi être face à un réflexe urbain plus que montagnard. Alors le plus simple pour les départements savoyards, c’est la fusion dans une collectivité unique pour la mise en place d’une région Savoie.

Mais le rapport Balladur invite aussi à faire de grandes régions…

Il ne dit pas qu’il faut de grandes régions, mais qu’il faut des regroupements, donc il va dans ce sens. Du coup, la capacité d’obtenir une région Savoie devient limitée et on a sans doute laissé passer le train dans le passé. La seule voie raisonnable serait donc que les départements qui se regroupent puissent conserver leur compétence générale et que, dans des territoires ayant une cohérence économique et historique, le conseil général récupère certaines compétences de la région.

Ce que propose Hervé Gaymard avec son Conseil des pays de Savoie…

Oui, ou une sorte de syndicat interdépartemental. Car pour le modèle de Gaymard, il faut une véritable volonté politique. Or quand on a créé l’APS, on a dit qu’on allait demander à la région certaines compétences, notamment au niveau des relations transfrontalières. Mais on n’a rien obtenu. J’ai d’ailleurs demandé le 23 janvier aux dirigeants de l’APS s’ils avaient réclamé ces compétences et s’ils avaient l’intention de le faire. J’attends toujours la réponse.

Finalement, en quoi une gestion savoyarde diffèrerait d’une gestion rhônalpine ?

Demain pas plus qu’hier, Rhône-Alpes n’aura pas la même approche de l’économie de la Savoie que les Savoyards. Pour la recherche, Rhône-Alpes voit deux grand pôles : Lyon et Grenoble. Elle n’aurait jamais misé sur l’INES (Institut national de l’énergie solaire) à Chambéry. Elle n’aurait jamais fait Technolac, trouvant sans doute que le lieu était plus approprié pour devenir une aire de repos et de loisir pour le guerrier économique urbain. Et Rhône-Alpes ne souhaite plus investir un centime d’argent public sur les domaines skiables, car elle estime que c’est une économie dépassée, alors que nous continuons d’investir dans ce secteur et sommes même opérateur de domaines skiables. Qu’aurait fait la région Rhône-Alpes avec le dépôt de bilan de Transmontagne (ndlr : société qui exploitait différents domaines skiables dont celui de Valfrejus) ? Elle aurait laissé la station fermer. Nous, on a porté le truc à bout de bras. Et le problème n’est pas dû à la majorité régionale actuelle, car cette tendance existait déjà avec la majorité précédente. C’est d’abord un problème de rapport urbains/montagnards. N’oublions surtout pas que nous sommes les deux seuls département de montagne de Rhône-Alpes, l’Isère étant divisé en deux entre la montagne et la plaine, la zone de plaine étant la plus dynamique. C’est pour ça qu’on doit garder la capacité d’influer sur les enjeux important en matière d’aménagement du territoire. On ne peut pas laisser ça à Rhône-Alpes. Et si la loi nous y contraint, il faudra en tirer les conséquences et demander à devenir une région nouvelle, ou un département avec des compétences élargies.

Mais lors de la dernière réunion de l’APS, et alors même que le contenu du rapport Balladur était prévisible, on ne peut pas dire que les élus savoyards soient apparus unis pour prôner une région Savoie que vous avez été à peu près le seul à réclamer…

J’ai peut-être été le seul à parler, mais les témoignages que m’ont faits mes collègues montrent que ma position était très largement partagée. Seulement, une fois de plus, il n’y a pas eu de vote.

Frédéric Zory, qui ne demandait plus une région Savoie lors de cette réunion, nous a confié qu’il la réclamerait à nouveau, comme tous les conseillers généraux, si la clause de compétence générale était supprimée. Maintenant que cela est proposé par la commission Balladur, les conseils généraux s’apprêtent-ils à faire front pour une région Savoie ?

Si les orientations du comité Balladur sont confirmées, le basculement serait quasi automatique. Car il n’y a pas d’autre choix pour rester maître de notre destin.

Xavier Bertrand a demandé l’organisation de référendums consultatifs. Préconisez-vous cela, ou même un référendum décisionnel, dans les départements savoyards?

La proposition de Xavier Bertrand est en deçà de ce que permet la dernière réforme constitutionnelle, qui donne la possibilité aux deux départements de consulter les Savoyards. Et le rapport Balladur ne remet pas en cause la loi qui autorise la création de nouvelles régions, sur laquelle nous nous étions appuyés avec Bernard Bosson pour faire une proposition de loi appelant à la création d’une région Savoie à la fin des années 1990. Demain, les deux départements peuvent réclamer la création d’une région Savoie, mais la région Rhône-Alpes devrait alors en débattre, et ce n’est pas sûr qu’elle le veuille.

Il faudrait l’accord de Rhône-Alpes pour que soit créée une région Savoie ?

Dans l’état actuel des choses, le conseil régional doit en délibérer.

Mais si les Savoyards se prononçaient clairement par référendum, ça serait difficile de passer outre…

Oui, sans doute. D’autant que le problème de la taille peut être résolu par la constitution de syndicats interrégionaux, à qui seraient attribuées certaines compétences nécessitant d’être exercées sur un grand territoire. Mais à la limite, la forme juridique importe peu, en tout cas moins que par le passé. Et l’essentiel est d’avoir en Savoie les compétences dont on a besoin. Si la loi listait ces compétences, ça pourrait aller avec une structure disposant d’une autonomie interne au sein de Rhône-Alpes, ce qui éviterait la division et l’opprobre national d’une pensée unique qui dit que seules les grandes régions sont valables, négligeant d’ailleurs la réalité européenne qui montre que ce n’est pas le cas. Il n’y a qu’à voir le Val d’Aoste. Mais je ne fais pas une fixation sur le fait régional. Je refuse seulement la dilution de la Savoie et souhaite que les Savoyards conservent leur capacité à agir.

Alors, allez-vous maintenant travailler à la réussite d’un référendum qui permettrait aux Savoyards de conserver et même d’accroître cette capacité à agir dans le cadre d’une région Savoie ?

On se calme. Le président a dit qu’il fallait prendre le temps de la concertation. Il faut voir comment ce rapport est susceptible d’évoluer. Ensuite, bien évidemment, il faudra tirer toutes les conclusions et passer par une consultation directe, soit de la population, soit des conseils municipaux, sur le principe d’un regroupement. Mais avant que ça bouge, il faut que les Savoyards s’approprient le rapport, car, pour l’instant, ce n’est pas le cas. Faut pas mettre la charrue avant les bœufs ! Pour l’heure, je suis dans une phase où le rapport est sorti et ce n’est pas une surprise. Mais dans cette affaire, nous devons être vigilants, actifs et pas spectateurs. On doit arrêter de philosopher et prendre position.

Entretien : Brice Perrier

 

27.02.2009

Des Verts très clairs

On n'a pas pour habitude de relayer les communiqués des partis politiques, mais celui-ci nous plaît bien. Et on félicite les Verts pour ce texte signé par leur secrétaire nationale qu'ils ont publié après la première communication des travaux du comité Balladur pour la réforme des collectivités locales (retrouvez tous les épisodes du feuilleton de cette réforme sur le blog http://regionsavoie.hautetfort.com). thumb_Cecile_Duflot.jpgC'est que Cécile Duflot nous rappelle ici que l'important, pour une région, ce n'est pas la taille, mais plutôt sa réalité historique. Chacune doit ainsi avoir une véritable particularité, qui ne se mesure pas en terme de produit régional brut, mais constitue néanmoins sa véritable source de richesse dans une optique fédéraliste qui appelle à l'unité dans la diversité. Si seulement les élus savoyards pouvaient s'inspirer des Verts qui ont ici le mérite d'être très clairs.

 

Un petit pas peut-être

Communes, inter-communalités, départements, régions, Etat... Les Français ne comprennent rien au mille-feuilles administratif actuel. Le système actuel privilégie baronnies, cumul, petits arrangements entre amis. Une réforme est donc indispensable. Certaines pistes qui semblent émerger des travaux du comité Balladur pourraient être intéressantes. Ce serait en tout cas un petit coup de pied dans la fourmilière des intérêts conservateurs de ceux qui prétendent vouloir changer tout, en faisant tout pour que surtout rien ne change.

Une France moderne et démocratique doit s’appuyer sur ses régions historiques et un fédéralisme différencié. Les Verts souhaitent la création des régions Basque et Savoie ainsi que l’unification de la Bretagne. Il serait inconcevable de dissoudre la région Alsace ou de fusionner de manière incohérente des régions très différentes. Les conseils régionaux doivent aussi pouvoir mutualiser leurs actions en s’associant.

Il serait souhaitable de réformer en profondeur les conseils généraux, création artificielle du jacobinisme. Il faut s’interroger sur leurs légitimités, lorsque les élections cantonales connaissent des sommets d’abstention. Il est inacceptable que dans un même département la population de cantons puisse varier de un à quinze. Il est honteux que dans d’autres il n’y ait qu’une femme conseillère générale sur quarante élus (Orne). Au bénéfice de tous, la majorité des compétences du conseil général pourrait être ré-attribuée aux conseils régionaux ou aux communautés de communes.

Les Verts appuieront toute réforme des collectivités territoriales qui ira vers plus de démocratie, moins de cumul, plus de lisibilité et moins de jacobinisme. Le pire serait que cette réforme n’aboutisse qu’à servir les intérêts des petits barons locaux de l’UMP et du PS en cantonalisant les élections régionales. Ce serait un grave recul démocratique. Il est indispensable de mettre en place, à tous les niveaux, de véritables élections à la proportionnelle afin de garantir la diversité et le respect des territoires et des électeurs.

Il faut donc de vraies régions, de vrais communautés de communes, la fin du département comme collectivité territoriale, et surtout la proportionnelle afin de rapprocher la réalité politique de la réalité du pays.

Cécile Duflot, Secrétaire nationale

 

Par ailleurs et sans rapport avec le communiqué des Verts, si ce n'est la volonté de créer une région Savoie, une réunion publique organisée par l'association La Région Savoie j'y crois se tiendra samedi 7 mars à la mairie d'Albens de 9h à 11h.

03.02.2009

Zory s'explique

Alors que la France s’apprête à lancer une grande réforme des collectivités locales et que la commission Balladur recueille doléances et propositions auprès des élus locaux et nationaux, on a invité le Chablaisien Fréderic Zory à discuter avec nous. C’est que l’un des deux conseillers généraux de gauche de Haute-Savoie était connu pour ses positions favorables à une région Savoie. Mais il a changé de point de vue lors de la réunion de l’Assemblée des pays de Savoie (APS) qui s’est tenue le 23 janvier dernier à Annecy. On a voulu savoir pourquoi. fzory-presse-1.jpg

Fréderic Zory, lors du débat organisé par l’APS, on a appris que vous aviez changé d’avis. Vous n’êtes plus favorable à une région Savoie que vous aviez pourtant défendue vivement au début des années 2000. Pourquoi ce revirement ?

Je n’ai pas changé d’avis. Je suis devenu plus réaliste au regard de la situation départementale et du contexte politique général.

C’est à dire ?

Avec la commission Balladur, Sarkozy souhaite surtout régler leur compte à des régions qui sont à gauche. Il veut aussi faire croire que ce sont les collectivités locales qui sont responsables des déficits, alors qu’il ferait mieux de revoir sa politique.

Mais alors que vous aviez très vite rejoint l’association La région Savoie j’y crois à sa création, ça serait uniquement ce contexte politique qui ferait que vous n’y croyez plus aujourd’hui ?

Oui, j’ai été dans cette association, car elle rassemblait des élus de tous bords. Mais il y a rapidement eu un noyautage de la Ligue savoisienne qui en a pris le contrôle. Alors je n’ai pas changé de position, mais j’ai trouvé que cette association ne représentait plus assez la diversité.

Ah bon ? Ses dirigeants d’hier et d’aujourd’hui ont pourtant toujours semblé garder leur distance avec le mouvement savoisien… Mais revenons-en au contexte politique. N’est-il pas au contraire particulièrement favorable à une région Savoie alors que tout peut être remis à plat avec la réforme des collectivités locales ?

Il n’y a plus la dynamique que nous avons connue à l’époque de Tamié, en 1999 et les années suivantes. On avait alors réussi à avoir des positions communes qui s’opposaient à Rhône-Alpes et qui étaient favorables, soit à une région Savoie, soit à une région rassemblant les départements savoyards et l’Isère. Mais aujourd’hui, le contexte est d’abord législatif. Que va-t-il sortir de la commission Balladur ? Qu’est-ce qui va être adopté par le parlement ? L’avenir sera totalement différent si on prône un rapprochement entre région et département, si on va jusqu’à la fusion ou si on se contente d’un simple toilettage. Et que va-t-il advenir de la clause de compétence générale ?

Les élus savoyards ne doivent-ils pas proposer quelque chose ?

En fait, on a soixante-dix conseillers généraux et soixante-dix avis. Déjà, les deux présidents ne sont pas sur les mêmes positions, même si, à la tribune, tout le monde se soutient. Gaymard est pour un rapprochement, ce qui n’est pas le cas de Monteil qui met en avant le problème de la représentativité des conseillers généraux. Même les droites et les gauches des deux départements sont divisées sur le sujet. Et on ne sent pas d’envie de travailler ensemble. Un élément aurait pu changé la donne : l’APS. Mais depuis sept ans, on ne peut pas dire qu’elle suscite un enthousiasme délirant. Et aujourd’hui, tous les parlementaires qui se sont exprimés à l’APS le 23 janvier pensent que tout sera bâché d’en haut. On sait très bien qui va décider à la place de tout le monde.

Il n’y aurait donc pas besoin de se positionner avant de connaître la décision de Sarkozy ?

Ce sont les solutions qui seront proposées par la commission Balladur qui changeront les orientations des uns et des autres. Si on parle de fusion département/région ou de retirer la compétence générale, tout le monde sera pour une région Savoie. Mais jusqu’à présent, l’APS, c’est un peu comme une AG à la Sorbonne où chacun lance sa petite idée. Et au niveau du département de Haute-Savoie, on ne veut pas changer la situation actuelle, alors on ne prend pas d’initiative. Mais en cas de fusion, on réagira.

C’est un peu consternant pour la Savoie de voir que son avenir institutionnel ne dépend aucunement de la volonté de ses élus, mais seulement de décisions gouvernementales…

La majorité souhaite qu’il n’y ait pas de changement.

Pourtant il paraît évident pour tout le monde qu’il faut du changement dans l’organisation territoriale française…

Non, c’est d’abord l’idée de Sarkozy. Et la volonté d’avoir de grandes régions fusionnant les départements est contradictoire à la tenue d’une bonne politique locale. Sur une région Savoie, ça irait, mais sur Rhône-Alpes, on peut s’interroger. Il y a aussi la problématique de l’intercommunalité qui doit être posée.

Vos confrères de gauche du 73 se sont positionnés pour un rapprochement de la Savoie avec l’Isère. Vous les soutenez sur cette ligne ?

Non, même si je peux comprendre leur analyse concernant l’attractivité économique de l’Isère sur leur département. Mais pour nous, l'attractivité, elle est à Genève. Et puis cette idée de se rapprocher avec l’Isère est un moyen d’éluder le débat sur la région Savoie, d’autant que l’Isère n’est pas demandeuse. C’est aussi normal de tenter de s’appuyer sur une structure qui est à gauche.

Bref, on ne pense guère à la Savoie dans cette affaire…

Il n’y a plus de volonté majoritaire comme on l’a connu il y a dix ans.

Finalement, est-ce que cette volonté qui s’était exprimée dans l’esprit de Tamié n’était pas uniquement un moyen de contrer la Ligue Savoisienne qui venait d’obtenir un élu aux régionales de 1998 ? Maintenant que le phénomène savoisien est retombé, on ne se soucie plus de l’identité savoyarde…

C’est vrai que l’APS est née principalement pour trouver une réponse à la problématique de la Ligue savoisienne. Et sa situation actuelle peut être un élément qui explique cela. Car il a fallu se battre contre les idées reçues et la Ligue savoisienne a fait du tort à l’idée régionaliste. Ils parlaient même de monarchie…

Je ne crois pas…

On a tout eu ! Mais moi j’étais pour une région Savoie qui reste dans sa mission. Et aujourd’hui, il y a des questions qui posent problème pour une telle région, notamment pour les grands axes routiers ou ferroviaires et les communications internationales.

On en est donc réduit à attendre ce qui va se décider à Paris ?

On ne va pas dire ça comme ça, mais si on ne supprime pas le département, on ne souhaite pas de changement. Et si on change son fonctionnement avec notamment ce problème de la clause générale de compétence, on pourrait aller vers une région Savoie de défense.

Cela ressemblerait plus à une défense de vos postes ou de vos prérogatives qu’à une défense de la Savoie…

Non, car nos postes ne sont pas remis en cause, sous réserve d’une modification des modes de scrutin. Mais nos concitoyens sont attachés au mode d’élection des conseillers généraux et si le canton a bien un intérêt, c’est celui-là. Je n’ai pas l’impression de défendre ma fonction à corps et à cris. Et il ne faut pas tomber dans le populisme. Les conseillers généraux pensent surtout qu’ils mettent en œuvre de bonnes politiques et que modifier le système contribuerait à en mettre en place de mauvaises. On est donc dans la défense de nos concitoyens, même s’il y a bien sûr un certain corporatisme.

Entretien : Brice Perrier

03.01.2009

Avec Mammuuuth pour une région Savoie

La Savoie enfin réunie en 2009 ?

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Un membre bien actif du forum d'Envoie du Gros, pseudonommé mammuuuth, vient de lancer sur internet une pétition en faveur d'une région Savoie.

Forcément sympathisant d'une telle initiative, ce blog relaie donc l'info et le communiqué que mammuuuth, alias Stéphane Duffour, vient de nous faire parvenir :

" L'idée de la création d'une région Savoie à part entière a germé depuis longtemps dans les esprits, mais n'a jamais abouti à quelque chose de concret.

Le gouvernement devrait lancer courant 2009 une réforme des collectivités territoriales, mais les élus des deux départements savoyards se perdent en conjectures sur le sujet. Il est donc temps de faire entendre notre voix en signant - et en faisant signer - massivement la pétition mise en ligne sur : 

http://www.ipetitions.com/petition/pourlasavoie/

Pour:
- La reconnaissance de notre culture, de notre histoire et de nos traditions.
- La préservation d'un cadre de vie exceptionnel.
- Une gestion politique plus proche de nos concitoyens.
 
La Savoie n'est pas qu'une AOC ! "