28.10.2009
Les Francs arrivent en force
De la venue des Francs au règne de Charlemagne, la terre des Allobroges connaît une période de grande turbulence. Mais se dessine un pays nommé Savoie.
Alors qu’ils epeuffent la Gallia, mettant un terme à l’histoire des Gaulois, les Francs deviennent maîtres de la Burgondie, et donc de la Savoie, en 534, lors de leur victoire à Autun. Connus pour punir leurs femmes en les attachant par les pieds à la queue des chevaux, à poil qui plus est, ils furent, en terre allobroge comme ailleurs, atroces et féroces tant par leurs mœurs que par leurs institutions. Ils sont les précurseurs de la cavalerie jacobine, imposant avec autorité les prémices de la centralisation. Ils vont commencer par se partager l’Allobrogie avec les Ostrogoths qui occupent la zone sud de la Savoie actuelle. Mais en 536, le roi des Ostrogoths cède ses conquêtes à Clotaire et toute la Savoie devient franque. Dans le règne franc, il y a trois classes : les Leudes, les hommes libres et enfin les colons. Les Leudes sont les chefs francs. Ils asservissent les hommes libres que sont en fait les Burgondes. On ne parlera même pas du sort des colons, en réalité les colonisés qui sont les descendants des Allobroges. Lors de la période franque, la notion d’Allobroge va d’ailleurs disparaître. La faute à la mainmise franque, mais aussi à celle de l’Eglise qui se sert une bonne part du gâteau, débordant largement le spirituel pour s’occuper du domaine économique et accaparer les richesses. Cette attitude provoquera une réaction de résistance et conduira à la naissance du féodalisme. Un mouvement à l’origine populaire puisqu’il permet aux faibles de se défendre face aux rois Francs, qui allaient devenir de plus en plus fainéants, ainsi que face à l’Eglise.
Charlemagne délimite nos provinces
Après la prise de pouvoir de Charles Martel, les rois francs changent de dynastie, et voici venu le temps des Carolingiens. En 747, c’est Pépin, l’un des fils de Charles Martel qui devient roi des Francs après que son frère Carloman lui eut offert les Etats qu’il avait hérités de son père. Il traverse alors la Savoie pour aller combattre les Lombards qui, avec à leur tête le très costaud roi Didier, repoussent l’offensive tout comme leurs ancêtres l’avaient déjà fait près de deux cents ans auparavant.
Le successeur de Pépin est son fils Charlemagne. Avec toujours en tête de combattre les Lombards pour agrandir son pré carré –, cette fois l’opération sera un succès – Charlemagne passe à Genève en 782. A cette occasion, il délimite les cinq provinces de Savoie qui aujourd’hui encore portent le nom de Genevois, Chablais, Faucigny, Tarentaise et Maurienne. Il fait cela pour le compte de l’Eglise qui va désormais s’organiser chez nous avec cette division géographique et administrative. Toujours au service du pape, Charlemagne peut être considéré comme un bon pépé, mais dans le genre de Staline comme en témoignent ses crimes contre les paiens de Saxe. Deux ans après sa mort, en 816, on va trouver le nom de Saboia, pour la première fois écrit, dans l’acte de partage de Thionville entre les fils de Charlemagne. Une Saboia qui allait se retrouver trente ans plus tard attribuée à Lothaire, petit-fils de Charlemagne et fils de Louis le Débonnaire, qui hérita lors du traité dit des Quatre Rivières d’une partie de l’Empire allant de l’Alsace à Rome en passant par la Provence et la Lotharingie. Un traité qui laissait entrevoir les limites de ce qui allait devenir le Saint Empire romain germanique. Mais ça, c’est une autre histoire…
Henri Dénarié
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25.09.2009
Une occupation tout en douceur
Une fois n’est pas coutume, Henri se réjouit d'une occupation. Et il nous rappelle que les Burgondes ont laissé sur la terre des sapins des traces indélébiles.

L’épisode burgonde dura peu de temps, mais il marqua profondément la Savoie. Les Burgondes étaient une ethnie qui descendait du sud de l’actuelle Suède. Au terme de différentes migrations, à Nöel de l’an 405, ils traversent le Rhin gelé avant de débarquer, entre 413 et 417, dans la province Viennoise. En 422, le préfet Honorius leur abandonne l’Allobrogie. Le roi Gondicaire fait alors de Vienne sa capitale. Cette époque est mouvementée et les Burgondes se retrouvent pris en sandwich entre les Huns et les Romains. Gondicaire sera d’ailleurs tué par Attila en 436, un an après que son peuple se soit incliné face au général romain Aetius. Celui-ci les ‘‘cantonnera’’ dans certaines terres allobroges, en Yverdon et autour du lac de Neuchâtel. Les Burgondes deviennent en somme des ‘‘réfugiés’’, des personnes déplacées. Mais en 443, la Sapaudia (ou Sabaudia), la terre des sapins, leur est attribuée par les Romains. Et en 460, le royaume Burgonde se place sur les pourtours de la Savoie d’aujourd’hui. Trois ans plus tard, l’empereur Sévère fait une dernière grâce aux Burgondes en leur confiant officiellement la gestion de ce territoire. C’est à cette période que Clovis devient, en assassinant tous les autres chefs de son peuple, le roi des Francs, mais pas de la Sabaudia. Il va épouser Clotilde, la nièce du roi burgonde Gondebaud, quelques années après avoir battu ses troupes en 486 lors du célèbre épisode du vase de Soisson. Cela prouve au moins que les Allobrogo-Burgondiens n’étaient pas dans le coup !
Sidoine Apollinaire, poète latin et chrétien qui fut préfet de Rome puis évêque de Clermont, disait que bien qu’amoureux du Léman, il n’aimait pas les Burgondes qui s’y étaient installés. Il écrivait ainsi à un ami : ‘‘Que veux-tu que je t’écrive ? Placé parmi ces bandes chevelues, obligé d’affronter des mots germaniques, de louer d’un visage souriant ce que chante le Burgonde vorace qui répand sur sa chevelure un beurre aigri… Heureux tes yeux, ton nez et tes oreilles, loin de ces géants auquel suffirait à peine la cuisine Antinoüs ! ’’ Ils avaient la santé ! C’est pourtant une forte fièvre de leur roi qui va conduire les Burgondes à devenir chrétiens. Guéri par saint Avit, Gondebaud se convertit et christianise son royaume. Et en 505, cinq ans après avoir établi sa capitale à Genève, il promulgue à Ambérieu les ‘‘lois Gombettes’’, applicables à tous ses sujets. Ces lois offrent l’équité et l’égalité des droits entre les nouveaux et les anciens habitants. Elles vont devenir la base de notre droit. En s’installant en Allobrogie, les Burgondes ne sont pas venus prendre, mais ont donné à la Savoie une paix féconde et nous ont délivrés de l’abusive fiscalité romaine. Jusqu’à leur défaite contre les Francs en 534, ce peuple aux mœurs douces exerça une occupation pacifique qui modifia profondément les Allobroges sur lesquels l’élément romain n’avait eu que peu ou point d’influence, en dehors des villes. Ils défrichèrent les forêts et amenèrent leur race bovine ainsi que le ramequin - la crème de fromage. Les Burgondes ont aussi marqué l’Allobrogie par des patronymes aujourd’hui encore familiers (Chabert, Challamel, Baud…) et tous les toponymes avec des suffixes en ‘‘inge’’ et ‘‘ens’’ (Tanninges, Bohringe, Brens, Marlens…). Pour tout cela, nous leur sommes définitivement redevables.
Henri Dénarié
08:35 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : henri dénarié, histoire, savoie, burgondes
08.09.2009
Le musée de l’avenir
Hervé Gaymard lance un nouveau concept : un Musée Savoisien qui parlerait de… l’avenir. Aurait-il honte de notre passé ?
Quel monde vivons nous ! De quoi voulez-vous parler avec quiconque ? La religion n'intéresse plus grand monde (encore faudrait-il qu'"ils" y comprennent quelque chose, ou même qu'"ils" pensent à quelque chose, ce qui n'est guère évident vu le poids des medias qui vous disent tout ce qu'il faut penser). La politique ? Il est de bon ton de ne pas en parler ouvertement. Les autres ? On ne va s'ennuyer à en dire du bien et on en a déjà tellement dit du mal. Le passé ? Mais il est irrémédiablement mort ! Le présent ? Ne nous attachons pas à la conjoncture trop fragile et éphémère... Alors, une seule solution : l'avenir. Du moins, c'est l'avis de Monsieur Gaymard qui nous prévoit un Musée Savoisien ouvert sur l'avenir, alors que, manifestement, on n'a jamais bien présenté le passé de cette pauvre Savoie (voir http://www.ledauphine.com/savoie-150-anniversaire-cela-se...). Voilà qui nous promet bien des perspectives sur le Musée Savoisien, qui, paraît-il, va changer de patron en passant de la ville de Chambéry au Conseil Général. Notons d’ailleurs, une fois de plus, que la discrétion l'a emporté, puisque aucun media n'en a parlé jusqu’ici...
Il y aurait tant à faire sur le passé que l'on comprend très bien que l'on préfère parler d'avenir, ou plutôt on a tellement peu réussi à parler du passé que l'on est maintenant tenté par l'inverse. Cela ne fera pas l'affaire des touristes mais, bien sûr, plutôt celle de nos conseillers généraux autrement plus intéressés, surtout qu'ils pourront alors passer par le biais de leurs techniciens d'autant plus spécialisés qu'ils ne sont en rien liés au pays et, de ce fait, garantis contre toute partialité ou même contre tout intérêt profond.
Qui, au conseil général, est allé visiter le nouveau musée des Alpes au fort de Bard en vallée d'Aoste, chef d'oeuvre de muséographie, de pluridisciplinarité et de pédagogie ? Nos amis valdotains ont mis le temps, mais quelle réussite ! Ne soyons pas jaloux, mais quand même, puisque, anti-racisme aidant, nous ne sommes pas plus bêtes qu'eux et, cependant, ils l'ont fait et pas nous ! Et sans orgueil nous ne pouvons pas nous plaindre ou même les envier, ce qui nous permet de continuer à dormir gentiment...
Il y a quelques mois, on parlait beaucoup au Conseil Général d'un musée de Savoie au château rénové et restauré. Mais avec le projet du Musée Savoisien, on n'en parle plus. Alors en effet que reste-t-il ? Rien ou presque, et dans l'ignorance générale, qui, au château, a connu et se rappelle l'exposition (bilingue) présentée l'an passé aux archives d'Etat de Turin sur le Saint Suaire et qui a laissé les rares Savoyards visiteurs dans une totale indifférence ? A défaut de grande histoire, parlons au moins de la "petite", mais encore faut-il trouver des volontaires.
Bref, on en arrive toujours la même conclusion. Les autorités nous disent qu'il n'y a aucun spécialiste local valable, d'où la nécessité d'en "importer". Et l'opinion de se plaindre en privé et toujours dans une totale ignorance de l'absence de toute référence culturelle locale valable... Alors que le vrai problème est celui d'une province qui a perdu le sens de ses origines et de ses particularités, faute d'une politique culturelle "bien tournée". On le voit avec l'indifférence de l'opinion vis-à-vis de l'anniversaire de 1860. On n'est pas prêt d'y renoncer avec les perspectives muséographiques actuelles.
André Palluel Guillard
07:03 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musée, savoie, gaymard, palluel guillard
28.08.2009
Au commencement étaient les Allobroges
On se devait de vous rappeler que nos ancêtres étaient les Allobroges. Portrait de ce peuple vaillant par celui qui ne chantait pas avec le coq gaulois.
Tout d’abord une petite précision de langage : ab ruti signifie celui qui est en dehors de la route et ab usé celui qui est en dehors de l’usage. N’étant ni l’un ni l’autre, si je me retrouve en rébellion contre la mentalité françouillarde révérencielle vis à vis du "Jules-Ferrisme" ethnocideur, c’est pour être un Allobroge vaillant ! Et rappeler qu’il y a bien longtemps, alors que les marécages régnaient sur Lutèce, existait l’Allobrogie. Connus pour être ceux qui permirent à Hannibal de franchir les Alpes en 218 av JC, les Allobroges peuplaient les terres de ce qu’on appellera la Savoie. Ils ont pour origine d’avoir été, à l’Age du Fer, ceux qui auraient repoussé les Ceutrons, un peuple resté dans l’âge de bronze. Ils se divisent en trois classes : les chevaliers, les druides et le peuple d’en bas si cher à Raffarin. Le pouvoir dépend des chevaliers, mais ceux-ci sont assistés par les druides et consultent régulièrement le peuple. L’organisation politique est fédérale, la "Nation" étant divisée par Cantons ou par Tribus. Le roi est élu par les guerriers. Grâce aux écrivains grecs Strabon et Apollodore, on connaît les mœurs des Allobroges. On sait qu’avec eux, les Alpes, pourvues de richesses naturelles, sont bien cultivées. Et que s’ils partagent leur héritage entre les males, nos ancêtres respectent néanmoins énormément la famille. Les femmes sont ainsi protégées par la loi et maîtresses du foyer. Comme toujours.
Reconnus pour leur courage et leur mépris de la mort, les Allobroges sont de vaillants combattants. Mais malgré leur arme favorite, le javelot, ils vont s’incliner face aux légions romaines. En 121 av JC, quatre ans après que les Romains aient décidé de s’élargir en Allobrogie, bien qu’unis aux Arvernes, nous sommes battus sur les bords du Rhône. Commence alors la période allobrogeo-romaine qui va durer plus de 500 ans. Après une occupation initiale sévère, les Allobroges intègrent la Narbonnaise, établie en Province du Sénat Romain. Ils disposent des droits fondamentaux. L’Allobrogie est donc romaine avant Jules César, à la différence des peuples de l’ouest du Rhône qui vont devenir des "colonies" romaines. Au passage, on note que celles-ci appelleront à leur secours les Romains pour les défendre contre les invasions helvètes et teutonnes. Et lorsque Jules César les délivre, ils le "remercient" à Gergovie, avec à leur tête Vercingétorix. Suite à cette trahison, le scribe de César les dénomme "Gallias" dans les Commentaires de la guerre des Gaules, en souvenir de 390 av. JC, date à laquelle Rome fut envahit par des Gallias qui déféquèrent dans le Sénat. Les Gaulois deviennent ainsi pour César des "hommes de merde". Mais pour les romains, les Allobroges ne sont pas des Gaulois, comme on peut le voir dans l’Atlas historique Putzger où ils ne sont pas comptés avec les peuples celtes. Tout comme à nos frères africains, nous aurait-on menti sur nos ancêtres les Gaulois ? Désormais, vous savez que nos ancêtres étaient Allobroges.
Henri Dénarié
15:13 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : allobroges, savoie, histoire
La révision des 150 ans
2010, c'est demain ! Cela va donc bientôt faire 150 ans que la Savoie est annexée à la France. Et alors que l'on s'affaire ici où là à organiser - le plus discrètement possible ? - des festivités, la Voix tenait a placer la balle sur un terrain que souhaitent éviter nos conseils généraux : l'histoire.
On a ainsi proposé au sympathique fondateur du site 150ans.savoie.info, consacré à la Savoie du temps de l'annexion, de publier ici une fois par mois un de ses articles. Refus très poli, car cela nuirait au référencement sur google de voir dupliquer ses papiers sur différents sites. Certains ne se gènent pas pour le faire avec ceux de la Voix, mais, de notre côté, comme des naïfs du net, on se dit que c'est mieux que l'info circule, tant que les gens savent d'où elle vient. A chacun sa logique.
Donc pas d'échange de contenu en bonne et due forme, mais, de l'histoire, on va vous en donner quand même. Du moins vous en redonner, car, en guise de petite révision pour les 150 ans, on va poster sur ce blog les chroniques historiques publiées dans les treize premiers numéros de la Voix par le regretté Henri Dénarié. Des chroniques le plus souvent inspirées par le très exhaustif dâtier de l'histoire de Savoie qu'avait écrit notre historien autodidacte préféré. Avec toujours son point de vue bien tranché qui incitera peut-être certains à venir le commenter ou même le contester. C'est tout l'intérêt d'être sur un blog.
Apprêtez-vous donc à remonter bien plus loin que 1860, jusqu'aux Allobroges. Mais pour comprendre l'histoire de la Savoie, ce n'est pas plus mal d'aller à sa source. Après, que ceux qui souhaitent nous parler de l'époque de l'annexion sache que ces colonnes et cette nouvelle rubrique leurs sont bien évidemment ouvertes. Alors, André, si tu nous lis... Tes confrères aussi !
14:58 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : savoie, histoire, 150 ans
14.07.2009
Le grand test

En ce mois de juillet, la Voix se met en mode été et vous propose de jouer à son grand test savoyard. Pour savoir si vous êtes incollable sur votre région et si vous êtes digne d’habiter en Savoie, répondez vite à ces 20 questions.
1- Entre 121 avant J.C. nos ancêtres allobroges furent vaincus, mais par quel peuple ?
A) Les Romains et leurs légionnaires
B) Les Huns et leurs hordes barbares
C) Les Mauriennais et leurs terribles marmottes d’assauts
2- Jean-Jacques Rousseau a vécu 9 ans à Chambéry. Quel est le nom de l’ouvrage qu’il a écrit dans notre région ?
A) Il n’a rien écrit en Savoie
B) Rêverie du promeneur solitaire
C) Le guide du routard des pays de Savoie
3- A Chambéry, que représente la fontaine des Eléphants, appelée vulgairement « les quatre sans culs » ?
A) La traversée des Alpes d’Hannibal à dos d’éléphants
B) Les exploits militaires en Indes du comte De Boigne
C) L’hommage rendu par la population chambérienne lors de la mort de Babar
4- Comment s’appelle le jeune héritier de la famille royale de Savoie ?
A) Victor-Emmanuel
B) Emmanuel-Philibert
C) John Travolta
5- Les crozets font partie de ces incontournables spécialités Savoyardes tellement recommandées dans le cadre d’un régime, mais d’où viennent-ils exactement ?
A) d’Aime
B) de Moutiers
C) d’Albertville
6- Quel est le nom du plus prestigieux des bateaux restaurants naviguant sur le lac d’Annecy ?
A) Le Chamois d’or
B) Le Cygne
C) Le Libellule
7- Dans quel film d’Eric Rohmer avec Jean-Claude Brialy, Annecy et son lac sont-ils mis en valeur ?
A) Le genou de Claire
B) Conte d’été
C) Mon curé chez les nudistes
8- Parmi ces trois groupes de musique Savoyards, trouvez lequel vient des bords du lac d’Annecy ?
A) L’orchidée d’Hawaï
B) Les Crazy Edelweiss
C) Coming soon
9- En 1980, quel coureur cycliste de renom a remporté les championnats du monde cyclisme de Sallanches ?
A) Greg Lemond
B) Ghislain Lambert
C) Bernard Hinault
10- Dans quelle station huppée ont lieu chaque année à la mi-janvier les internationaux de polo sur neige ?
A) Plaimpalais
B) Courchevel
C) Megève
11- En 1897, quel Président de la République monte jusqu’au col de la Vanoise pour inaugurer un refuge qui prendra son nom quelques années plus tard ?
A) René Coty
B) Georges Clémenceau
C) Félix Faure
12- Quelle célèbre station savoyarde fut surnommée le « Brasilia des neiges » à l’issue de sa construction en 1966 ?
A) Avoriaz
B) Les Arcs
C) Copacabana en Faucigny
13- Quel était le nom du tueur en série d’origine italienne qui défraya la chronique en Savoie fin des années 80 ?
A) Roberto Zucco
B) Roberto Succo
C) Gratien Ferrari
14- Le 3 Juillet dernier Laurence Ferrari épousait en grandes pompes à Paris (16ème), une autre personnalité de la région. Quel était, ce jour là, l’heureux élu ?
A) Yann Barthès (présentateur TV de Chambéry)
B) Renaud Capuçon (violoniste de Chambéry)
C) Dominique Dord (Maire d’Aix les Bains)
15- Parmi ces 3 radios, laquelle n’est pas issue des pays de Savoie ?
A) Couleur 3
B) Ellebore
C) ODS
16- Quel immense complexe de discothèque se trouve à St Julien en Genevois ?
A) Le Maracuja
B) Le Maharadja
C) Le Macumba
17- Vous venez de Maurienne et franchissez le col du Galibier, dans quel département vous trouvez-vous ?
A) L’Isère
B) Les Hautes-Alpes
C) Le Pas-de Calais
18- Classez ces cols savoyards par ordre de grandeur du plus petit au plus grand
A) Le col du Petit St Bernard, le col des Saisies, le Cormet de Roselend
B) Le Cormet de Roselend, le col du Petit St Bernard, le col des Saisies
C) Le col des Saisies, le Cormet de Roselend, le col du Petit St Bernard
19- Quel est le nom du cours d’eau qui traverse toute la Maurienne ?
A) L’Arly
B) L’Arc
C) Le Gange
20- Donnez la traduction correcte de cette phrase en patois :
« Tan mé on brafe la merda, pè mandre lè chwan »
A) Plus on brasse la merde, plus ça sent mauvais.
B) Si tu traverses ce lac à la brasse, tu vas t’emmerder !
C) J’en ai marre de cette merde, y a vraiment rien dans ce daubé !
Réponses au test
1- Réponse A : Les Romains souhaitaient ainsi créer un axe sécurisé entre Milan, Aoste et Lemencum (Chambéry)
2- Réponse A : La cité des Ducs inviterait-elle légèrement à la glande ?
3- Réponse B : Benoît de Boigne, enrichi par des années de succès militaires en Indes, revient dans sa ville natale de Chambéry en 1804. Elevé au rang de comte par Victor-Emmanuel, il dépense alors son temps et son argent à la construction de monuments pour Chambéry. On lui doit le financement entre autres du théâtre Dullin et de la rue de Boigne. Ca valait bien un monument non ?!
4- Réponse B et C : C’est évidemment Emmanuel-Philibert, époux de l’actrice Clothilde Courau. Mais après la prestation du jeune prince dans l’émission de télévision de la Raï Uno, Ballando con le stelle, la réponse C paraît également valable.
5- Réponse B : Les crozets, dont le nom vient de croé qui veut dire petit en patois, ont été inventés par François Fraissard.
6- Réponse C : Le M.S. libellule
7- Réponse A : Le genou de Claire
8- Réponse C : Les Coming Soon qui, bien que se réclamant d’un pays imaginaire appelé le Kinderminster, viennent de la cité annécienne.
9- Réponse C : Bernard Hinault, Ghislain Lambert n'ayant pas pu prendre le départ suite à un contrôle positif à l'EPO (eau, pastis, olive).
10- Réponse C : Megève bien sûr ! Merci qui, merci Nadine…
11- Réponse C : Félix Faure
12- Réponse A : Avoriaz. Copacabana sur Faucigny n’existant naturellement pas !
13- Réponse B : Roberto Succo à ne pas confondre avec Zucco, adaptation théâtrale de la vie du tueur en série écrite par Bernard-Marie Koltès.
14- Réponse B : Renaud Capuçon. Quoiqu’un mariage Dord-Ferrari ça aurait eu de la gueule….
15- Réponse A : Couleur 3 qui est une radio Suisse from Lausanne. Ellebore est, elle, Chambérienne et ODS Annécienne.
16- Réponse C : Le Macumba of course !
17- Réponse B : Les Hautes-Alpes. Non ! Le succès de Bienvenue chez les ch’tis ne nous a pas rapproché géographiquement des p’tits gars du Nord.
18- Réponse C : col des Saisies (1 633m), Cormet de Roselend (1 968m), col du Petit St Bernard (2 188m)
19- Réponse B : L’Arc, bien entendu. Même si la Maurienne est souvent considérée comme le parent pauvre des vallées touristiques de Savoie, le Gange coule toujours en Inde.
20- Réponse A : Plus on brasse la merde plus ça sent mauvais. Une phrase d’une philosophie bien terre à terre.
Jusqu’à 3 fautes :
Bravo ! Préparez votre costard, dans une heure des employés municipaux viendront vous chercher pour une cérémonie à l’issue de laquelle Hervé Gaymard vous fera citoyen d’honneur de la Savoie et une grosse bise par-dessus le marché ! Veinard(e) !
De 3 à 10 fautes :
C’est bon, vous pouvez rester habiter dans les pays de Savoie. Mais ne la ramenez pas trop non plus. On est en république, mais il y a des limites…
Au-delà de 10 fautes :
Bravo ! Préparez votre valoche, dans une heure des employés municipaux viendront vous chercher pour vous emmener aux portes de nos départements dont vous êtes banni(e) à jamais. Il vous reste au choix : l’Ain, l’Isère ou le suicide… cool !!!
11:50 Publié dans L'Eléphantino | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jeu, été, savoie
29.06.2009
Et de douze

Circulez y a rien à voir !
C'est le message véhiculé par l'Etat français qui ne souhaite pas faire savoir que des déchets nucléaires transitent régulièrement par la Savoie. Un nouveau convoi atomique est pourtant passé aujourd'hui au pied du Nivolet, comme on peut le voir sur cette photo.
Mais si Greenpeace n'était pas là pour évoquer le sujet et rappeler que la France sert aujourd'hui de poubelle nucléaire, qui le saurait ?
Découvrez ci-dessous le communiqué de l'association environnementale.
Depuis 8h00 ce matin, la gare de Modane était sous protection policière, pour le 12ème convoi de déchets Nucléaires en provenance d'Italie.
18:12 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : déchets nucléaires, savoie, transports, greenpeace
11.06.2009
La Savoie super tendance
Les élections européennes ont démontré que les Savoyards étaient plus "tendance" que les autres citoyens de l'hexagone. Ils ont plutot plus boudé les urnes qu'ailleurs et ils ont plus sanctionné le PS qu'ailleurs (encore que la Haute-Savoie ne donne que 10, 90 % à Vincent Peillon alors que la Savoie le gratifie de 14, 48%). Outre le très bon score de l'UMP (32,09 et 29,20%), ils ont aussi plébicité les Verts avec un 22,19 % pour la Yaute et 19,86 % dans le 73 ! Le Modem et le FN qui avaient le vent en poupe dans nos deux départements se rangent cette fois-ci dans la moyenne nationale. Les partis à gauche du PS n'apparaissent pas au dessus des 5 % fatidiques en Haute-Savoie et font un timide 5,51 % en Savoie. C'est donc un constat de "modernité" ou en tous cas de mode, tandis que certains départements ont cédé à l'attraction du régional de l'étape - comme la Vendée avec De Villiers - ou encore ont continué à mettre en tête les socialistes - comme l'Aude et le Pas de Calais. Mais ceci relève plus du reflexe que de la volonté de marquer la crise sociale par un vote de défiance.
Concernant les élus, le seul savoyard historique de l'étape, c'est Michel Barnier qui a d'ailleurs des chances d'accéder à la présidence du parlement ou d'intégrer la commission. Mais "notre" ministre s'est fait élire à la tête de la liste UMP en Ile de France. Et dans sa courte biographie sur internet le nom de la Savoie n'apparaît même pas (http://www.euractiv.fr/priorites-de-lue-elections/article/biographies-parlement-europeen-deputes-francais-2009-2014-001702). Pas plus d'ailleurs que dans celle de la "vraie" savoyarde de l'étape envoyée à Strasbourg : Malika Benarab-Attou, militante Verte, cadre à la sécurité sociale et qui travaille effectivement en Savoie depuis quelques années aprés être arrivée du "neuf quatre" (lisez Val de Marne), comme on dit aujourd'hui.
20:18 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : élections européennes, savoie, michel barnier, malika benarab-attou
08.06.2009
Malika, on compte sur toi !
Surfant sur la vague qui vient de porter haut les couleurs d'Europe Ecologie, particulièrement en Savoie, Malika Benarab Attou est devenue député européen. Elle sera donc la représentante de la Savoie à Strasourg. Et on peut espérer que cette berbère devenue savoyarde portera notre voix à l'échelon européen, car la défense des régions et de leurs réalités culturelles fait partie de ses fondamentaux en politique.
Alors, Malika, on compte sur toi !
15:19 Publié dans Actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : malika benarab attou, député européen, écologie, région, savoie
19.05.2009
La Savoie porte-drapeau de la francophonie
Récemment, à Seynod, près d’Annecy, a eu lieu, à l’initiative de la Société des Auteurs savoyards, un forum de la Francophonie qui a accueilli
beaucoup d’écrivains illustres, parmi lesquels se trouvaient quelques Savoyards, tel Maxence Fermine ; les membres de la Société des Auteurs savoyards ont pu également présenter leurs œuvres au public. Des conférences furent organisées, où l’on parla de l’avenir de la Francophonie, et de la diversité en son sein.
Dans le livret de présentation, se trouvait un texte d’Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuelle de l’Académie Française, qui évoquait l’histoire littéraire de la Savoie. On pouvait y lire ceci : “province française depuis 150 ans seulement mais qui a donné au français certains de ses meilleurs écrivains, il n’est pas étonnant que la Savoie se saisisse aujourd’hui du drapeau de la Francophonie”. De belles paroles, émanant d’une dame dont je sais qu’elle connaît bien les écrivains savoyards ! Elle a du reste défendu une idée que j’ai moi-même défendue, sur l’influence de Xavier de Maistre (ndlr: dont vous pouvez découvrir le portrait ci-dessus) en Russie : par ses nouvelles Les Prisonniers du Caucase et La Jeune Sibérienne, cet écrivain de l’ancienne Savoie a créé un genre nouveau dans une Russie jusque-là surtout lyrique et épique, et peu portée au romanesque. Xavier de Maistre était marié à une tante de l’épouse du poète Pouchkine, le père de la littérature russe ; et il vivait à Saint-Pétersbourg à une époque où l’aristocratie russe affectait de bien connaître le français et plaçait ses enfants dans des établissements tenus par des Jésuites. Or, les frères de Maistre, en Russie, furent très proches de ceux-ci. On dit même que beaucoup de Russes se convertirent au catholicisme en devenant de fervents adeptes de l’Introduction à la vie dévote, le principal livre de piété François de Sales, après justement que Xavier de Maistre l’eut répandu autour de lui. On peut donc remercier Hélène Carrère d’Encausse de son rappel gracieux.
Cependant, il faut admettre que le problème du statut de la littérature savoyarde en France n’a pas encore été résolu, malgré l’accueil plutôt chaleureux de l’Académie Française, qui doit tant à Vaugelas, et qui accueillit, en son sein, l’excellent Charles-Albert Costa de Beauregard, il y a environ un siècle. Autrefois, la Savoie n’appartenait qu’à la Francophonie ; aujourd’hui, elle appartient à la France. Et ainsi, on ne sait pas où mettre les anciens écrivains savoyards. La conséquence en est, à mes yeux, que les institutions n’assument pas ce patrimoine. Celles-ci sont d’ailleurs orientées dans le sens du patriotisme républicain, je crois ; elles ne sont donc pas propices à l’intérêt qu’on pourrait porter à la littérature de l’ancienne Savoie. La Francophonie ne résout pas le problème, puisqu’elle est essentiellement un organe de coopération entre l’État français et des pays étrangers, la plupart du temps anciennes colonies. Là aussi, le ressort en est politique.
Les conférences que j’ai pu entendre à Seynod parlaient plus, selon moi, de politique que de littérature. La place de la littérature française dans le monde est une question qui a trait au marché du livre francophone tel qu’il peut être soutenu par les États. Mais même la problématique d’un apport culturel d’origine étrangère au sein de la création littéraire n’a pas à ma connaissance été abordée. On pourrait par exemple se demander si la tendance à mettre en français les épopées orales africaines, ou à reprendre dans des livres actuels l’histoire de la Savoie ducale, pouvait renouveler une inspiration littéraire essoufflée par sa restriction à Saint-Germain-des-Prés. Je dois dire que je n’ai pas noté de réflexion sur ce sujet. Il n’est donc pas étonnant que l’on n’ait pas non plus évoqué le statut des anciens auteurs savoyards.
Rémi Mogenet
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